Ô CORRESPONDANCES DU SIÈCLE DERNIER
fort aimables et semblent se plaire à Paris. J'ai retrouvé en eux les enfants et les petits-enfants de personnes que j'ai connues à Vienne et cela m'a fait plaisir. Notre carnaval se terminera le 28 par un bal que donnera mon fils. Le procès Fieschi ' réveille de trop cruels souvenirs pour que nous puissions penser à nous amuser pendant sa durée. Je vous recommande les quatre incluses et je vous prie de continuer à me donner de vos nouvelles et de vos bons avis. Le Roi, qui me charge de vous dire bien des choses de sa part, le désire autant que moi.
Puissions-nous voir réaliser les désirs que nous formons pour ce que nous croyons pouvoir assurer le bonheur de notre fils chéri et la paix et la tranquillité de la famille ! Je suis sûre que vous y ferez de votre mieux et je vous prie de recevoir l'assiu-ance de mes sentiments pour vous.
Votre bien affectionnée.
Marie- Amélie.
(Archives Sainte- Aulaire.)
LA REINE MARIE-AMÉLIE AU COMTE DE SAINTE AULAIRE
Paris, le ao février i836.
J'ai appris avec bien delà peine, Monsieur, qu'une longue lettre que je vous avais écrite en réponse aux
' L'ulteiital de Fietchi remontait au 38 juillet i835 : mai» Tins-
UN PROJET DE MARIAGE DU DUC d'oRLÉANS 29
deux que j'avais reçues de vous, est encore aux Affaires étrangères. J'attribue ce retard aux pénibles événements qui se sont passés ici et à la suspension ministérielle où nous sommes encore *. Mais je serais bien fâchée que vous puissiez l'attribuera un oubli de ma part et douter de la satisfaction et de la reconnaissance que vos lettres avaient inspirées à moi et aux deux êtres qui me sont si chers et qui me chargent tous deux d'être leur interprète auprès de vous. La politique n'est pas de mon ressort, aussi je n'entrerai dans aucun détail sur tout ce qui se passe ; d'ailleurs je pense que vous serez bien informé et je me borne ù faire des vœux pour le bonheur, l'honneur et la tranquillité du Roi et de la France.
La mort de ma pauvre nièce ^ m'a bien frappée. Je suis sûre qu'on s'occupe activement à la remplacer, et je vous prie de me tenir bien au courant de tout ce que vous entendrez dire à ce sujet où vous êtes : tout allait si bien icipour ce que je souhaite. Vous recevrez par la diligence un paquet pour le prince Esterhazy ^ ; c'est un déjeuner de Sèvres que le Roi lui avait pro-
truction s'était prolongée, et le procès ne vint devant la cour des pairs qu'à la fin de janvier i836.
' Le point de départ de la crise avait été la présentation inopinée, par le ministre des Finances Humann, d'un projet de conversion dos rentes (i4 janvier i836). Après un replâtrage, le ministère Broglic- Guizot-Thiers, mis en minorité, avait démissionné (5 février), et le cabinet Tliiers ne devait être constitué que le 33 février.
' Marie-Cjhristine-Caroline-Joséphine-Gaëlane-KIise do Savoie, première femme du roi Ferdinand II des Deux-Siciles (neveu de Marie-Amélie), était morte le 3i janvier i836.
' Le prince Paul Esterhazy, chef de l'illustre famille magyare de cç ponij é^i^ ^lorç ambaçs^deui: d'A^qtriçhe à Londres,