‹ Correspondances intimes de l'Empereur Joseph II son ami le comte de Cobenzl et son primier ministre, le Prince de KaunitzChapitre 6 sur 18 · RÉPONSE DE COBENZL · texte numérisé non relu

RÉPONSE DE COBENZL

Pénétré des bontés que V. M. veut bien avoir pour moi et fort supérieures a mon peu de mérite, votre petit

billet , Sire, m'en est le plus cher et le plus précieux témoignage et me vaut autant que Toison et Grande- Croix. En mettant à vos pieds mes plus humbles remercîments, je m’en remets donc absolument pour l’un ou pour l’autre à ce que V. M. trouvera le mieux, entrer dans ses vues et dans ses dispositions relatives a la prochaine promotion. J’observerai seulement très-respectueusement que, les deux ordres étant égaux entre eux, ceux qui entrent les premiers dans l’un ou dans l’autre, sont censés les plus honorés aux yeux du public.

COBENZL A L’EMPEREUR

Il prie Joseph de conférer des prébendes à des dames.

Le 14 novembre 1783.

Une prébende à Nivelles l) étant venue à vacquer, le Prince Kaunitz se propose de la demander pour sa petite fille, Thürheim et Mme de Waldstein-Dux pour une de ses filles.

Quelque puissent être les intentions de V. M. à ce sujet, j’ai cru bien faire de l’en prévenir, pour qu’elle en dispose sans surprise selon son bon plaisir.

RÉPONSE DE L’EMPEREUR

Je vous suis fort obligé, et effectivement j’ai vite conféré la prébende à une des filles de M. Thun. Adieu.

q Ville du Brabant.

COBENZL A L’EMPEREUR

Benyowsky prie d’entrer au service de l’Empereur.

Le 30 novembre 1783.

Benyowsky, en me priant de mettre aux pieds de V. M. sa lettre très-humblement ci-jointe, dit que, revenu des Iles . . . A) ministère de France, pour lui faire tenir le paiement de 185,000 fr. qui lui étaient dûs, lui avait prescrit de servir la Porte contre les Russes, que ne voulant pas y souscrire et ne pouvant obtenir justice, il avait quitté le service de France et rendu la Croix de Saint- Louis, qu’enfin, retiré en Angleterre, il ne souhaitait rien autant que d’être employé au service de V. M.

RÉPONSE DE L’EMPEREUR

Vous lui répondrez que pour le présent il n’y a rien a faire ; d’ailleurs une si mauvaise tête ne fera bien nulle part.

COBENZL A L’EMPEREUR

Ce que désire le Prince de Württemberg.

Le 30 novembre 1783.

Stockmayer est venu me dire que le Duc régnant de Württemberg avait trouvé le moyen de lever l’obstacle qui s’opposait a son mariage de conscience avec la com-

q Illisible.

tesse de Hohenheim, et qu’ainsi il était résolu de l’épouser en face de l’église, s’il était sûr qu’après le mariage V. M. élèverait la comtesse à la dignité de Princesse d’Empire ; qu’enfin le Duc n’attendait que Sa réponse, pour prendre son parti.

Pour ne rien hasarder, je lui ai répondu que, généralement* parlant, j’étais persuadé que V. M. saisirait avec plaisir toute occasion d’obliger le Duc, que je ne pouvais cependant pas répondre absolument de ce que V. M. trouverait à propos de faire sur ce point en particulier, et qu’il n’y avait point d’autre moyen pour le savoir positivement, que de lui en faire la demande formelle au nom du Duc, à quoi il faudrait être autorisé; que cependant je penserais encore, s’il y avait quelque moyen de satisfaire le Duc sans le compromettre, et que nous en parlerions à la première rencontre.

Or, comme Stockmayer reviendra sans doute demain pour m’en parler encore, je supplie très-humblement V. M. de me faire connaître ce que je dois lui dire, et nommément ce que je dois lui répondre au cas qu’il me pressât de porter formellement les souhaits du Duc en son nom à la connaissance de V. M., pour en apprendre ses intentions souveraines.

RÉPONSE DE L’EMPEREUR

Les interceptes font voir clairement, qu’il n’est pas possible qu’il épouse restant catholique cette femme; c’est une finesse de sa part, et il n’y a qu’a lui répondre

que je n’étais point porté à augmenter le nombre des Princes d’Empire, encore moins de cette espèce.

COBENZL A L’EMPEREUR Cobenzl envoie (les lettres à l’Empereur.

Le 6 mars 1784.

Le courrier garde-noble était déjà parti ce matin, lorsqu’on m’apporta de la poste la lettre très-humblement ci-jointe, arrivée sous mon enveloppe, ce qui m’engage à l’adresser à mon père qui, si elle arrive à temps, aura l’honneur de la remettre h V. M. à son passage par Gorice, où l’enverra par un exprès à Trieste au cas que V. M. y fut déjà passé.

Il ne me reste qu’à me mettre à vos pieds avec la plus profonde soumission, priant le ciel de ramener V. M. sain et sauf à Vienne après un voyage qui doit avoir été mainte fois bien pénible et fatiguant.

RÉPONSE DE L’EMPEREUR

Mon cher Cobentzl. C’est à Gorice, cara patria 1), que j’ai reçu cette lettre ; j’y ai revu avec plaisir votre père et votre mère à une assemblée nombreuse qu’il y a eu. On vous demandera de ma chancellerie les chiffres avec Cobenzl de Russie, pour déchiffrer quelques passages

b Gorice était le pays natal de la famille Cobenzl.

de sa lettre. Adieu, à revoir. Dans quelques1) jours j’écris au Prince Kaunitz; pour votre cousin il faudra Y ambassadrer aussi, et puis pour le poste de Naples qu’il faut changer.

COBENZL A L’EMPEREUR

Il demande à l’Empereur la permission de se loger dans la demeure de la comtesse Chanclos.

Le 10 mai 1784.

Ayant saisi la première occasion qui s’est présenté, je viens de me défaire du logement que je m’étais arrangé il y a quatre ans, mais qui est devenu trop cher pour moi depuis que mes 2000 fl de Quartiergeld ont été réduits à 500.

Vu la difficulté de trouver tout de suite un autre logement qui me convienne et pour le local et pour le prix, si V. M. daignait le permettre, je voudrais engager Mme de Chanclos2) de me prêter le sien dont elle n’a pas besoin dans ce moment-ci, et qui par sa situation serait d’un grand agrément pour moi.

J’ose faire h V. M. cette très- humble prière dans la supposition qu’il lui soit absolument indifférent que ce quartier soit occupé ou non ; ainsi, si la chose vous contrariait le moins du monde, je supplie très respec- ! tueusement V. M. de vouloir bien oublier ma demande en me la pardonnant.

q Effacé : une 10aine de.

2) La comtessa Joséphine Chanclos était grande-maîtresse auprès de Mme l’Archiduchesse Élisabeth avec trois princesses et neuf comtesses comme dames d’honneur.

RÉPONSE DE L’EMPEREUR

J’ai donné ce logement à Mme de Chanclos , elle l’a meublé; je ne puis d’aucune façon en disposer, hors qu’elle ne me signifie de ne plus vouloir le garder.

Joseph.

COBENZL A L’EMPEREUR

Sur des lettres adressées à la Princesse Élisabeth.

Le 3 juin 1784.

V. M. saura probablement déjà que la Cour de Montbeillard revient a la charge, pour que V. M. assure par un acte public le sort de Mme la Princesse Elisabeth. Stockmayer est venu m’en faire la confidence, fort embarrassé et incertain s’il devait ou ne devait pas consigner tout de suite la lettre qu’on lui a envoyé pour V. M. Je prends la liberté de vous en prévenir, Sire, parce qu’au cas que vous aimiez mieux ne point recevoir cette lettre, il me serait aisé de persuader Stockmayer de garder la lettre, du moins jusqu’à nouvel ordre.

J’ai instruit le même homme des intentions de V. M. touchant les désirs du Duc régnant, et acheminé les choses de façon qu’au cas que le mariage en question puisse réellement avoir lieu, la famille s’emploie en sa faveur auprès de V. M.

RÉPONSE DE L’EMPEREUR

J'ai trouvé dans la lettre à Stockmayer le contenu de la lettre qui m'est adressé. J’attendais sa réception pour y fairè la réponse qu'elle aurait mérité. Mon neveu ne peut ni ne doit se marier avant qu'il en ait les forces physiques; le mariage en pure cérémonie ne convient pas à de jeunes gens qui vivent dans la même maison ; les promesses solennels sont abolies par la loi avant la consommation et l’acte de mariage. Ainsi je ne sais quel rat peut passer à ces gens par la tête ; s’ils ne sont pas assez assurés par tout ce que je fais et ai dit et écrit de même que mon frère et ma belle-soeur à eux et en Russie, ils n’ont qu'à reprendre leur Princesse — elle n’aura rien perdu d'avoir été ici. Adieu.

Joseph II.

L’EMPEREUR A COBENZL

I Sur la seconde géniture en Toscane et l’échangement de la Bavière.

Le 6 juin 1784.

Mon cher Cobentzl. Je vous prie de m’envoyer pour quelques heures seulement, l’acte minuté pour 1a. cessation de la seconde géniture en Toscane et puis :

l’instruction donnée à Lehrbach pour l’échange de la Bavière. Adieu.

COBENZL A L’EMPEREUR

Cobenzl prie l’Empereer d’augmenter les appointements de son cousin.

Le 12 juin 1784.

A la lettre très-humblement ci-jointe que mon cousin m’a prié de mettre aux pieds de V. M. au cas que le contenu me parût ne point être indiscret, je ne puis me dispenser d’ajouter avec la plus respectueuse soumission la réflexion que, connaissant les affaires domestiques de mon cousin, je vois que, s’il ne diminue pas la dépense qu’il a fait jusqu’ici, il se ruine infailliblement en très-peu d’années, tandis que d’un autre côté il est évident qu’en la réduisant il nuit aux intérêts de V. M.

Comme parent et ami je me crois obligé de lui représenter le danger auquel il s’expose ; mais, quoique très-rangé pour lui-même, je prévois qu’à moins que V. M. ne daigne l’assister, le zèle pour le service l’emportera sur mes conseils salutaires à ses dépens et à ceux de sa famille.

Il faut que vous recommandiez à votre cousin surtout beaucoup d’ordre dans sa maison, avec celui-là on fait beaucoup avec peu. Néanmoins, si l’augmentation de ses gages jusqu’à la somme de 50,000 fl. lui est nécessaire, je les lui assignerai, mais plus loin on ne peut

pas aller, vu que personne n’en a ni en a jamais eu davantage ; ainsi il réformera ou diminuera ce qui pourrait outrepasser ce revenu. Adieu.

COBENZL A L’EMPEREUR

Affaires de Hollande et différentes autres.

Le 10 juillet 1785.

Le Résident de Württemberg vient de me remettre la lettre très-humblement ci-jointe pour être présentée k V. M. de la part du Duc. Comme on m’a dit dans l’antichambre que V. M. ne voyait personne, j’ai cru ne point devoir tarder à la lui envoyer.

Un autre objet pour lequel je me suis présenté ces jours passés plusieurs fois k la porte de V. M. sans oser me faire annoncer, la sachant indisposée, ce sont les instances du Prince d’Anhalt-Zerbst qui veut k toute force se battre avec les Hollandais.

Son premier ministre comte Morsiani, envoyé nouvellement et tout exprès ici pour demander k V. M. un corps k commander, n’osant vous importuner, Sire, avec les extravagances de son maître me prie instamment de lui écrire un billet ostensible dans lequel je lui dirais seulement en mon propre et privé nom, que j’aurais tout lieu de croire qu’au cas que l’année prochaine il y eut encore guerre avec les Hollandais, V. M. fournirait au Prince occasion de signaler son zèle et son courage. Marsiani assure qu’avec cela son maître content rentrerait

a présent dans ses Etats.

Brunner. Corresp. iut. de l’Emp. Joseph II.

Tel insignifiant que serait un semblable énoncé de ma part, j’ai cru cependant ne point devoir l’avancer a moins d’y être autorisé par V. M.

Puissiez-vous, Sire, être bientôt parfaitement rétabli de vos fâcheuses incommodités qui , pour légères qu’on nous les peigne, ne peuvent qu’inquiéter vos bons serviteurs.

RÉPONSE DE L’EMPEREUR

Quant au Duc de Württemberg, je vous envoie ici la lettre. C’est toujours la même demande, et je compte, n’étant point content de lui, le tenir le bec dans l’eau pour quelque temps. Pour le Prince de Zerbst, vous avez très-bien fait de l’expédier ainsi. Qu’est-ce qu’une femme des Pays-Bas venue ici avec ce Marciani ? Si vous voulez me voir, vous êtes bien le maître de venir. Adieu.

COBENZL A L’EMPEREUR

Prières réitérées du Prince de Württemberg d’élever au rang de Princesse la comtesse de Hohenstein.

Le 3 novembre 1785.

Le ministre-résident de Württemberg vient de me prier de porter à la connaissance de V. M. que le Duc son maître s’est enfin déterminé à épouser publiquement la comtesse dans la ferme persuasion que, ce pas fait, V. M. n’hésitera plus à lui accorder la grâce d’élever son épouse au rang de Princesse, ainsi que V. M. a daigné le lui promettre aussitôt qu’il aurait rempli cette

condition. Pour célébrer son mariage, le Duc n’attend donc qu’une assurance verbale que depuis lors V. M. n’a pas varié dans ses bonnes dispositions à son égard.

RÉPONSE DE L’EMPEREUR

Vous n’avez qu’a lui répondre, que je ne trouvais rien à ajouter à ce que je lui avais déjà mandé à ce sujet, et qu’il fallait régler avant tout l’affaire des argents reçus pour la légion.

COBENZL A L’EMPEREUR

Affaires de Hollande.

Le 23 novembre 1785.

Les pièces très-humblement ci-jointes sont encore relatives aux affaires hollandaises.

Dans l’état actuel des choses et vu l’impossibilité morale qu’un accommodement puisse être arrêté d’ici au 15 novembre, une prolongation du terme jusqu’à la fin du mois paraît bien nécessaire et pourrait produire de bons effets étant accompagné des mesures propres à persuader les Hollandais et la France que V. M. n’en aura pas le démenti.

RÉPONSE DE L’EMPEREUR

Jacta est aleti , on ne peut reculer ni prolonger.

COBENZL A L’EMPEREUR

Prière du Résident de Mecklenbourg.

Le 3 janvier 1786.

Lorsque je remettrai au résident de Mecklenbourg la lettre que j’ai Phonneur de présenter ici à la signature de V. M., pourrais-je lui dire que V. M. regrette de n’avoir plus de général de cette maison a son service qui pût conserver au régiment vacant son ancien nom ? Y aurait-il grand mal, si sur ce simple compliment honnête il venait dans l’esprit au Duc de prier V. M. de vouloir le substituer à son frère ; chose, si non probable, du moins possible, de soumets très-humblement cette idée du moment au jugement supérieur de V. M.

RÉPONSE DE L’EMPEREUR

Je crois qu’il ne faut rien dire, puisque le Duc de ce nom, tout entier dans les griffes prussiennes, ne peut en aucune façon nous être utile. Et le Roi et la Reine d’Angleterre ont personnellement, surtout le Roi, témoigné tant d’animosité qu’ils ne méritent pas la plus petite considération.

COBENZL A L’EMPEREUR

Sur la prestation de serment de l’évêque comte Herberstein comme Conseiller d’Etat.

Le 11 février 1786.

Je viens de recevoir un message fort peu clair de la part de l’évêque Herberstein , touchant sa prestation de serment comme conseiller d’Etat, sur lequel, ne m’étant rien parvenu jusqu’ici de la part de V. M., crainte du méprise, j’ose demander, Sire, vos ordres à ce sujet, en vous prévenant cependant que ce prélat va vous demander incessamment le titre de Conseiller d’Etat d’Empire, et que, si V. M. daigne lui accorder cette grâce, il pourrait prêter comme de coutume, le double serment en une fois, après qu’il aura eu son expédition de la chancellerie d’Empire.

RÉPONSE DE L’EMPEREUR

Je vous suis obligé et faites savoir à l’évêque que, s’il veut être une double Excellence , qu’il prêtera le serment aujourd’hui en 8 avant le service d’église.

COBENZL A L’EMPEREUR

Lettre de St.-Pétersbourg.

Vienne, le 8 août 1786.

Ayant ouvert les lettres que quelques particu- . liers de Pétersbourg avaient écrites par ce dernier cour-

rier à notre ambassadeur, il m’a paru que celles de Bath, de Woronzow, de Besborodko pouvaient intéresser plus ou moins V. M., ce qui m’a engagé h prendre la respectueuse liberté de mettre ici sous vos yeux les copies, tandis que les originaux iront à leur adresse. Celle de Bath, la plus intéressante, contient un point essentiel qui dépendra des ordres de V. M. que Cobenzl aura l’honneur de lui demander personnellement à sa prochaine arrivée dans cette capitale.

RÉPONSE DE L’EMPEREUR

Saillies de l’Empereur à ce sujet.

C’est beaucoup d’argent, et sur les deux lettres initiales S. et V. on ne peut rien juger, car elles peuvent signifier Sot et Vaurien, et alors cela serait trop cher.

COBENZL A L’EMPEREUR

Une lettre de Gherardini.

V. M. trouvera aussi incluse une lettre que je viens de recevoir de Gherardini. Un mot de V. M. a la marge de chaque point suffirait pour me mettre en état de lui répondre.

RÉPONSE DE L’EMPEREUR

Pour Gherardini, qu’il continue ses recherches militaires et politiques. Le mémoire de Mr. de Mirabelle sera pédant et insignifiant.

COBENZL A L’EMPEREUR

Cobenzl souhaite une bonne santé à l’Empereur.

Les bonnes nouvelles que nous avons eu jusqu’ici de la santé de V. M., nous font espérer que, malgré ses grandes fatigues, nous aurons le bonheur de lavoir revenir sans incommodité ni autre accident fâcheux. Dieu le veuille! Tous ses fidèles serviteurs peuvent le désirer autant, mais personne assurément plus ardemment que moi qui suis à ses pieds avec la plus profonde soumission . . .

RÉPONSE DE L’EMPEREUR

Adieu ; je pars pour Pest. A revoir le 25 ou 26 à Laxenbourg.

COBENZL A L’EMPEREUR

Le zèbre est arrivé.

Le 8 novembre 1786.

Le zèbre est arrivé à Schonbrunn, à ce qu’on m’assure, en bon état, k une légère blessure près, qu’il s’est fait en se débattant. Je m’entendrai avec le baron Reischach et le comte de Belgiojoso pour le paiement des frais de transport, en soumettant au bon plaisir de V. M., si elle trouvait à propos d’assigner une petite récompense au valet d’écurie du Prince d’Orange qui me dit avoir eu beaucoup de peine à transporter l’animal jusqu’ici.

Cet homme repart cet après-midi, et V. M. daignera voir de la lettre du baron de Reischach qu’il n’a pas pu trouver le sujet que V. M. aurait désiré d’engager pour le service de la ménagerie.

RÉPONSE DE L’EMPEREUR

Vous lui ferez payer 24 ducats ou ce que vous jugerez à propos.

COBENZL A L’EMPEREUR

Sur le baron Cazier et autres personnes.

Le 27 novembre 1786.

En repassant dans ma mémoire les gens de ma connaissance aux Pays-Bas dont l’un ou l’autre pourrait convenir a V. M. pour le poste d’Hollande, il s’est présenté à mon imagination :

Le baron de Cazier qui, quoique âgé, ne l’est pourtant à ne pouvoir encore très-bien servir. Il serait fort considéré à La Haye et ferait honneur au service de V. M. ; puis, pour l’y déterminer, n’étant pas riche, il faudrait lui laisser sa pension avec le traitement ordinaire, ce qui au fond ne coûterait pas plus au trésor royal que la nomination d’un sujet nouveau.

Le général d’Arberg a du bien, des talents, de la considération, et sait notre langue.

Le général Ferraris ferait aussi honneur au service, mais il faudrait également lui laisser sa pension et autres

émoluments dont il jouit actuellement, pour fournir à la dépense, surtout étant marié.

Chacun de ces trois me paraîtrait infiniment préférable à tout jeune homme sans expérience qui ne saurait ni être si utile, ni faire bonne figure dans un cercle de ministres consommés et vis-à-vis des Catons de la république.

A l’aide de 1 ’Almanac de Bruxelles j’ai passé en revu toute la noblesse, sans trouver personne que le comte Belgiojoso puisse proposer de préférence à ces trois.

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