‹ Correspondances intimes de l'Empereur Joseph II son ami le comte de Cobenzl et son primier ministre, le Prince de KaunitzChapitre 7 sur 18 · RÉPONSE ET CRITIQUE DE L’EMPEREUR · texte numérisé non relu

RÉPONSE ET CRITIQUE DE L’EMPEREUR

De ces trois messieurs il n’y aurait que le général d’Arberg d’acceptable, mais il le refusera probablement. Cazier est nul et radote, et Ferraris ne vise qu’à un commandement général. Adieu. Si vous n’en savez pas d’autres, on pourra toujours en faire la question à Belgiojoso. Adieu.

COBENZL A L’EMPEREUR

Cobenzl recommande le Prince de Waldeck.

Le 29 janvier 1787.

En cherchant des sujets propres à être employés aux Cours étrangères, le Prince George Waldeck s’est présenté à mon imagination. Tel que je le connais, il me paraît avoir toutes les qualités qu’on peut désirer, esprit, bonne conduite, connaissances, art de plaire et de

s’insinuer ; il aime le métier de la guerre , mais il y paraît moins exclusivement attaché que son frère Chrétien. Un poste de confiance à une Cour de famille, telle que celle de Naples où on aime le militaire, devrait lui convenir, en lui frayant le chemin a une ambassade.

Si V. M. le goûtait, je pourrais le sonder comme de moi-même, avant qu’on en écrive à Thugut1), ayant été sur un pied familier avec lui toutes les fois qu’il a paru à Vienne.

q Tlmgut (le baron François) né à Linz (Haute-Autriche) 1734, était le fils d’un pauvre batelier et devint par un accident heureux élève de l’académie orientale à Vienne. En 1754 il fut, malgré sa jeunesse, attaché à l’ambassade de Constantinople, et 1757 on le nomma interprète de l’internonce autrichien et successivement résident et internonce. Après la guerre entre la Russie et la Turquie Thugut fut envoyé 1772 au congrès de Forkehany et Marie-Thérèse lui donna pour récompense de son habilité le titre de baron. En 1777 il fit par ordre de l’Impératrice des voyages auprès des Reines de France et de Naples, filles de Marie-Thérèse. La mort de l’Electeur de Bavière ayant allumé la guerre entre la Prusse et l’Autriche, Marie-Thérèse qui voulait la paix à tout prix, envoya secrètement le baron Thugut à Frédéric II pour lui faire des ouvertures pacifiques (juillet 1778). La paix de Teschen en fut la suite au grand regret de Joseph II (1779). L’Autriche se contenta d’une très-petite partie de la Bavière (l’Innviertel). Après la mort de l’Impératrice Joseph l’envoya comme ministre d’Autriche à Varsovie (1781) et, lorsque la guerre éclata avec les Turcs en 1788, il le chargea de l’administration de la Moldavie et de la Valachie qu’occupaient les troupes austro-russes. Le comte de Mercy, ambassadeur impérial à Paris, l’ayant demandé pour adjoint avec le titre de ministre plénipotentiaire, il y remplit ses fonctions et contribua, chargé par la Reine, à mettre dans les intérêts de la Cour le redoutable orateur Mirabeau. La vieillesse du Prince de Kaunitz le fit rappeller à Vienne. La déclaration de guerre faite par la France en 1792, l’ardeur guerrière de Frédéric-Guillaume, l’influence du cabinet anglais et les conseils de Thugut déterminèrent

RÉPONSE DE L’EMPEREUR

Cet homme a renoncé au service pour rester avec la femme qu’il a épousé, à planter ses choux dans le pays de Waldeck. Comment pourrait-on penser h le déplacer h une mission ainsi responsable du fableau (?), et écrivez à Thugut. Adieu.

François II à prendre une partie active au projets d’invasion. Le comte de Cobenzl et le baron Spielmann ayant quitté le ministère, Thugut obtint la direction generale de la chancellerie d’État sous la présidence de Kaunitz 1792, et après la mort de celui-ci, 1794, il lui succéda comme premier-ministre. Les guerres désastreuses et la défection des alliés de l’Autriche n’ébranlèrent point l’énergie de Thugut, cependant les malheurs de 1796 portèrent de grandes atteintes à sa renommée et l’Autriche restée seule n’eut plus d’autre moyen que de signer l’armistice de Léoben (1797) dont une des conditions secrètes fut le renvoi de Thugut, regardé par les Français comme un des moteurs de la guerre. Vers 1798 il se rendit à Berlin où il fit, ainsi que le Prince Repnin, de vains efforts pour entraîner la Prusse dans une coalition. François II lui rendit le porte-feuille des affaires étrangères au commencement de la guerre de 1799, mais la campagne de I 1801 trompa encore les espérances de l’Autriche et il fallut accepter la paix si humiliante de Lunéville, 1801, où la France exigea de nouveau la retraite de cet homme d’État. En 1806 on lui confia une branche de la diplomatie jusqu’à l’année 1808. Alors il renonça véritablement aux affaires publiques et se retira dans ses terres de Hongrie que l’Empereur lui avait données, pour y consacrer ses loisirs à l’étude. Il passait ses hivers à Pressbourg et à Vienne et il mourut dans cette ville en 1818, âgé de 84 ans.

COBENZL A L’EMPEREUR

Sur la constellation politique avec la Prusse.

Le 23 février 1787.

Nous occupant depuis quelque temps au bureau a préparer les matériaux pour les négociations que pourra exiger l’état présent des affaires, j’ai eu lieu de me persuader tous les jours davantage que l’ancienne idée de V. M. de nous entendre avec le Roi de Prusse, est le seul bon parti à prendre, le seul qui puisse mener au grand. J’ai beaucoup discuté la question avec Spielmann1), et après un scrupuleux examen du pour et du contre non seulement il est convenu avec moi du principe, mais de plus, s’étant mis à travailler sur les moyens de l’exécution, il a couché vaguement par écrit quelques notes qui me paraissent prouver clairement que rien ne serait plus désirable que l’exécution du plan de V. M.

Cependant, ce qui me persuade, moi ne persuadera pas si facilement le Prince Kaunitz qui a toujours soutenu le contraire, en employant toute son éloquence à détourner V. M. de cette idée. Spielmann croit vraiment qu’avec quelque peine nous parviendrions à le convaincre, mais avant de l’entreprendre nous voudrions savoir non seulement, si V. M. persiste encore dans les mêmes sentiments, mais aussi si les moyens que Spielmann imagine —

q Antoine de Spielmann, conseiller aulique dans la chancellerie d’Etat.

propres k conduire au but, sont ceux qui conviendraient k V. M., ou si elle en connaît des meilleurs.

Je désirerais en conséquence que V. M. voulût avoir la patience d’entendre les réflexions de Spielmann sur les notes qu’il s’est faites.

Si V. M. avait un de ces jours une petite demiheure à nous donner, je le prendrais avec moi ou il se rendrait tout seul auprès de V. M., comme elle l’ordonnerait. Les circonstances du moment me paraissent telles qu’il n’y a pas un moment k perdre. La France cabalera avec son activité ordinaire la mission de Groschlag *) k Berlin , cache des desseins perfides, et si une fois ces deux Cours sont engagées réciproquement, il n’y aura plus rien k faire pour nous.

RÉPONSE DE L’EMPEREUR

Si vous voulez venir demain avec Spielmann k dix heures du matin k l’Augarten, nous pourrons être seuls. Adieu.

COBENZL A L’EMPEREUR

Cobenzl offre à l’Empereur une tabatière qui est à vendre.

Le 12 juillet 1787.

Comme V. M. m’a fait la grâce de me dire qu’elle était dans ce moment-ci dépourvue de bijoux propres k

*) Frédéric-Charles comte de Groschlag.

des présents, je prends la liberté de lui envoyer une tabatière de hasard qu’on m’offre pour 800 ducats. A moins que Mac n’en fournisse une plus belle à ce prix je croix que celle-ci serait assez jolie pour le comte deWalmoden, en substituant à l’émail le portrait ou la chiffre de V. M.

RÉPONSE DE L’EMPEREUR

La tabatière vous sera payé par Mayer, et je vous prie de la faire parvenir telle qu’elle à Wallmoden.

COBENZL A L’EMPEREUR

Sur les Pays-Bas.

Le 21 juillet 1787.

Prévoyant que V. M. ne recevra que tard la dépêche que le Prince de Kaunitz vient de recevoir de Bruxelles par estafette, je m’empresse de la prévenir que d’après ce rapport, daté du 14, les états des différentes provinces continuaient leur délibérations sur l’envoi des députés qui, suivant toute apparence, ne devaient pas tarder longtemps à être nommés. En conséquence L. A. R. et les ministres se proposaient de différer leur départ de Bruxelles jusqu’à ce que la résolution des états sur cet objet fut prise et annoncée, ce qu’ils croyaient pouvoir traîner jusqu’au 18 ou 19 du mois.

En joignant ici le très-humble rapport touchant Mercier, je supplie V. M. d’avoir pitié de ce pauvre

vieillard qui dans son état de dépérissement a plus de besoins qu’un autre, et qui ne jouira pas longtemps des bienfaits de V. M.

Il avait avant d’aller en Suède les pleins gages de secrétaire.

REPONSE DE L’EMPEREUR

Je vous suis obligé, mon cher Cobentzl, de la nouvelle que vous me donnez. Il vient d’arriver un courrier de Paris. La lettre de la Reine et celle que le comte Mercy m’écrit, est très-satisfaisante pour l’objet principal. Adieu. Voici le rapport signé pour Mercier, le normal (?) n’y est pas nommé.

COBENZL A L’EMPEREUR

Sur TrauttmansdorfF, Belgiojoso et sur le Brabant.

Le 12 août 1787.

J’ai l’honneur d’informer V. M. que le comte Trautmannsdorf est arrivé; il n’attend que vos ordres, Sire, pour aller se mettre h vos pieds. Beaucoup de monde ici, je ne sais par quel canal, est déjà informé de sa destination. J’ignore si V. M. en a dit quelque chose au comte de Belgiojoso, mais il aurait lieu de s’en affliger s’il en tirait la première notion du public.

Les dépêches de Brabant ont envoyé hier un secrétaire chez Lederer, demandant à le voir, pour qu’il veuille leur dire ce qu’ils devaient faire et à qui s’adresser du premier abord.

Il s’est excusé de les recevoir avant qu’ils n’aient été chez V. M., et leur a fait dire qu’ils devaient s’adresser directement au Prince Kaunitz en lui faisant demander heure.

C’est aujourd’hui probablement qu’ils feront cette première démarche.

RÉPONSE DE L’EMPEREUR

Je n’ai dit à âme qui vive la destination de Trautmanstorf ; elle n’est pas sûre et cela dépendra de la façon que lui-même s’en expliquera de bouche, comme il l’a demandé par sa lettre ; ainsi on ne peut en rien dire, le public juge différemment selon les circonstances du moment. Venez a la Burg a midi; j’y viendrai et nous pourrons causer ensemble. Trautmanstorf peut venir chez moi quand il le voudra, même cette après-dînée à l’Augarten ou à midi à la Burg. Adieu.

COBENZL A L’EMPEREUR

Au sujet d’un voyage botanique.

Le 26 août 1787.

Les lettres très-humblement ci-jointes que je viens de recevoir de l’Ile-de-France, convaincront V. M. que le présent qu’elle a bien voulu envoyer à Mr. Ceré, a été bien employé et qu’il nous procurera infailliblement une riche moisson de plantes les plus rares des grandes Indes, accompagnées de quelques animaux.

Dans cette attente V. M. voudrait-Elle bien permettre que je commande le portrait qu’on désirerait d’avoir dans ce pays-là. Il pourrait être terminé commodément et décoré d’un joli quadre d’ici au temps du retour du jardinier Boos en Europe avec sa cargaison, et ce serait là le temps d’envoyer à Mr. Ceré ce nouveau témoignage de la satisfaction de V. M.

Màrter est à Bruxelles avec un transport considérable de plantes et quelques animaux ; il se rendra incessamment ici avec les derniers, mais les plantes devront hiverner à Bruxelles dans une serre, la saison étant déjà trop avancée pour qu’on puisse risquer de les transporter ici, jusqu’au printemps prochain. J’en ai prévenu van der Schott qui en verra probablement un jardinier de confiance à Bruxelles, pour les soigner pendant l’hiver et les transporter ici au retour de la belle saison.

RÉPONSE DE L’EMPEREUR

Envoyez, je vous prie, cette lettre de Boos à van der Schott, et arrangez le tout pour que nous ne perdions rien de ces plantes, et marquez-moi ce que en tout jusqu’à présent ce voyage de Mârterer et des autres jardiniers (avec leurs transports) a coûté.

Bru nue r. Corresp. int. de l’Emp. Josepii II.

L’EMPEREUR A COBENZL

Sur la France et la Prusse.

Le 25 septembre 1787.

Je vous renvoie ici, mon cher comte, le projet important dont nous avons fait lecture ; hier je l’ai relu avec attention et y ai pensé à plusieurs reprises. Je ne puis que me confirmer dans les doutes qu’il m’avait inspiré dès le commencement sur la possibilité, mais même sur son utilité, point que, si d’un oui ou d’un non de ma part en devait, sans hasard ni dépense, dépendre la décision, je crois, je le refuserais. En attendant je vous suis très-obligé à tous deux de cette nouvelle preuve de zèle et d’attachement pour le bien de la patrie, et, quant aux principes généraux de s’entendre avec le Roi de Prusse amicalement et de se rendre indépendant le plus que possible de la France en nous arrondissant, je reste toujours pleinement persuadé, mais ces moyens me paraissent aventurés pour la réussite et dangereux pour les conséquences. Adieu; je n’en dirai mot à personne.

L’EMPERERR A COBENZL.

Sur le Grand-Duc de Toscane et des interceptes.

Ce 17 october 1787.

Mon cher comte. Je vous prie de faire chercher dans les interceptes h peu près d’un mois en arrière une lettre de Mocenigo à Besborodko ou Ostermann, où il est

question d’une conversation fort singulière du Grand-Duc mon frère et d’autres interceptes de Schônfeid *) et Podewils* 2), où il est également question de propos que mon frère a tenus à Schônfeid, quand il a été pour le mariage à Florence ; ils sont, je crois, marqués d’un rouge. Si vous les trouvez , envoyez-les moi demain dans la matinée. Adieu.

COBENZL A L’EMPEREUR

Sur la Turquie.

Le 2 novembre 1787.

Toutes nos affaires courantes dans les provinces ottomanes étant à présent dans une sorte de stagnation, nos interprètes y sont très -inutiles, au lieu qu’on en aura grand besoin a l’armée.

On pourrait donc, si V. M. le trouvait à propos, faire venir dès à présent Sturmer de Constantinople et Petrossi de la Yalachie.

Ces deux bons sujets sont propres à toutes sortes de commissions et, la rupture une fois existante, Dieu sait quand on pourra les tirer de ce pays-la.

RÉPONSE DE L’EMPEREUR

J’approuve entièrement cette idée.

q Envoyé de la Saxe électorale.

2) Comte de Podewils, ambassadeur de Prusse à Vienne.

COBENZL A L’EMPEREUR

Sur la Moldavie et la Russie.

Le 11 novembre 1787.

En faisant passer sous les yeux de V. M. une nouvelle lettre de Metzburg, j’ose observer très-humblement qu’au cas qu’il entra dans le plan de V. M. d’occuper entr’ autres la Moldavie au premier coup de fusil qui serait tiré entre les Russes et les Turcs, on pourrait dès à présent tirer parti de la bonne volonté du prince Ypsilanti et lui insinuer de préparer des magasins pour l’armée turque, en les plaçant de façon que 1 armée autrichienne pût facilement s’en emparer en entrant dans le pays. Une promesse que les vivres et fourrages lui seraient payés en son temps argent comptant, suffirait probablement pour l’y déterminer, vu les bonnes dispositions qu’il témoigne d’ailleurs et dans lesquelles il a été de tout temps.

Pour ce moment on ne peut rien dire de positif 5 la Moldavie n’est pas le point principal d attaque. En attendant, Metzburg peut entretenir Ipsilandi dans ses bonnes intentions pour le cas à venir. Adieu.

COBENZL A L’EMPEREUR

Sur la Prusse, la France et la Russie.

Le 22 novembre 1787.

Le ministre de Prusse vient de me dire d’avoir prié la semaine passée le Prince de porter à la connaissance de V. M., que le Roi s’empressait a vous informer que par son entremise la France et l’Angleterre s’étaient décidées à désarmer réciproquement, en laissant subsister en Hollande l’état des choses sur le pied sur lequel elles venaient d’être rétablies. Le Roi espère que V. M., en rendant justice h son désintéressement, reconnaîtra qu’il n’a eu d’autre but dans ses démarches que celui de procurer là sa satisfaction dûe à Mmo sa soeur et de contribuer autant qu’il était en lui au maintien de la paix.

Il dépend des ordres de V. M., si on doit charger le Prince Reuss de répondre en termes convenables à cette attention du Roi par un compliment honnête et analogue à ce que V. M. a répondu à Mme la Princesse d’Orange.

REPONSE DE L’EMPEREUR

J’approuve entièrement que l’on charge par écrit le Prince Reuss d’un pareil compliment et qu’en même temps de bouche on en parle dans le même sens à l’envoyé de Prusse ici.

COBENZL A L’EMPEREUR

Projets d’un nommé de Lazari.

Le 25 novembre 1787.

Le nommé Gini de Lazari dont les projets pour la formation d’une compagnie de Cimariotes ont déjà échoué deux fois , vient d’arriver une troisième fois à Trieste avec dix personnes, toujours avec les mêmes propositions et toujours sans être muni d’aucune preuve authentique de l’aveu de la nation dont il se dit député.

Sur le rapport du capitaine Dedowitch V. M. a déjà abandonnée l’idée de la formation d’une pareille compagnie, mais pour qu’Elle ne soit pas nouvellement importunée par cet homme et ses compagnons qui ne viennent que pour mandier de l’argent, je ne saurais autre chose à proposer très-humblement à V. M., que d’ordonner au comte Brigido l) que du Lazaret de Trieste, où ces gens se trouvent actuellement, il tâche de les faire repartir pour le pays d’où ils sont venus.

RÉPONSE DE L’EMPEREUR

Je suis entièrement de votre avis qu’il ne peut être question de réaliser le projet de Gini, mais il ne faut pas moins profiter d’une autre manière de la bonne disposition de ces gens-là. Je compte lui faire remettre à

!) Pompée comte de Brigido, gouverneur à Trieste et Gorice.

cet effet un certain nombre de patentes qui sont destinées a être distribuées dans les provinces turques aussitôt que la guerre sera formellement déclarée.

Je vous prie donc de voir, s’il vous reste encore de ces patents qui doivent être de la langue du pays de Gini, et au cas que vous n’en ayez plus ou qu’il vous manque un nombre suffisant d’exemplaires, vous aurez soin de les faire imprimer tout de suite, pour que je puisse vous charger, aussitôt qu’il sera temps, de les lui envoyer avec l’argent nécessaire pour son retour et l’instruction qu’il conviendra de lui donner sur la distribution qu’il aura h faire de ces mêmes patentes.

COBENZL A L’EMPEREUR

Affaires de Turquie.

Le 10 février 1788.

Dans la gazette de mercredi nous comptions faire insérer tout au long la déclaration présentée à Constantinople, en y ajoutant simplement le petit préambule dont la minute est ci-joint.

On vient de me dire tout- à -l’heure que depuis avant-hier déjà on sait dans toute la ville que la déclaration a été remise ; on prétend même que les prières publiques sont déjà ordonnées dans les paroisses. Ceci étant, il ne serait pas convenable de remettre à lundi la notification à faire au corps diplomatique, puisqu’elle peut également se faire sans inconvénient dans la journée de demain si V. M. le trouve bon.

Aujourd’hui j’ai envoyé aux deux chancelleries le billet qu’ordonne les prières ; vous pourrez en faire demain la notification au corps diplomatique.

Voici ce que je croirais qu’on devrait faire mettre dans la gazette sur une feuille à part :

Für die Zeitung.

Der k. k. Internuntius und bevollmâchtigte Minister Freiherr v. Herbert-Rathkeal hat auf Befehl Sr. k. k. Apost. Maj. der ottomanischen Pforte eine Erklàrung übergeben, deren wortlicher Inhalt dem Publicum hier mitgetheilt wird.

Nach dem Context hat Folgendes zu komraen :

Da nun der Krieg formlich erklâret und die Feindseligkeiten ihren Anfang nehmen werden, so will man das Publicum hiermit warnen, keinen Glauben allen jenen falschen Nachrichten und Unwahrheiten beizumessen, so von verschiedenen Schufts nur ausgesprengt werden, um selbes irre zu machen, da allemal durch ein besonderes Blatt mit der Zeitung ihm die Nachrichten auch von den mindesten Vorfallenheiten bei der Armee und den Corps getreulichst werden mitgetheilt werden.

COBENZL A L’EMPEREUR

Nouvelles de Bruxelles.

Le 28 février 1788.

Un exprès expédié de Bruxelles a l’insu de tout le monde* et qui pour le même motif ne se fait voir ici de personne, m’a apporté de la part du comte de Trauttmansdorff les pièces très-humblement ci-jointes. Je ne vois à la vérité rien d’inquiétant dans cette aventure, cependant l’objet est tel par sa nature que, quelque invraisemblable que la chose puisse être, on ne saurait se dispenser de ,1a porter à la connaissance de V. M. ; d’ailleurs, je crois ne devoir la communiquer à personne pas même au Prince Kaunitz, d’abord parce qu’il pourrait trouver mauvais que le comte Trauttmansdorff ne se soit pas adressé à lui, et puis par ce qu’il ne lit rien lui-même et que de pareilles abominations ne doivent pas devenir des sujets de conversation, pas même entre les gens les plus affidés d’un bureau.

A moins que V. M. n’en ordonne autrement, je ferai repartir l’exprès en chargeant le comte Trauttmansdorff de m’informer de ce qui parviendra ultérieurement à sa connaissance jusqu’au dénouement de l’aventure.

RÉPONSE DE L’EMPEREUR

Toute cette histoire, je la crois vraie pour le fond, pour la volonté et pour le propos de ces gens, mais

quand de pareilles choses ne s’exécutent toutes chaudes et qu’on a le temps de réfléchir ou d’avoir peur, on ne les exécute plus : voilà comme je vois la chose. Vous répondrez à Trauttmansdorff que je lui suis obligé et que toute recherche ultérieure de briquet serait inutile mais que d’observer les mauvaises têtes qui existent encore aux Pays-Bas et d’en bien (?) quelques-

unes sera très-bien.

L’EMPEREUR A COBENZL

Sur la Lombardie.

Semlin, le 3 mai 1788.

Mon cher Cobenzl. Le mémoire ci-joint sur l’administration publique de la Lombardie que j’avais demandé à Lambertenghi à son retour de Milan, contient des objets qui semblent exiger un changement, d’autant plus qu’il était sur les lieux et capable d’en juger avec connaissance de cause, ce qui m’engage à vous charger de remettre ce mémoire au département avec ordre de l’examiner avec attention et de me proposer ensuite tel changement qu’on jugera nécessaire au bien du service et de la province.

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