A MADAME LA DUCHESSE D*ABRANTÈS
J'étais à travailler nuit et jour, ne lisant même pas mes lettres, quand vous m'avez écrit les deux vôtres. Les gens qui sont sur le champ de bataille, vous le savez, ne sont pas libres de causer, ni de faire savoir à leurs amis s'ils sont vivants ou morts. Moi, je suis mort de travail ; mais je vous envoie mon livre, pour vous prouver que les morts n'oublient pas, quand ils ont à se souvenir de vous et qu'ils sont
Votre tout dévoué.
A MADAME EMILE DE GIRARDIN, A PARIS
Paris, 1834.
Madame,
Depuis le jour où j'ai eu l'honneur de vous voir, je ne suis pas sorti, je n'ai vu personne ; j'ignore donc qui a pu vous dire que j'étais fâché contre vous; et pourquoi? Nous ne nous fâchons contre quelqu'un que quand nous avons des torts envers lui; je ne m'en connais pas d'autre que celui de manquer à des invitations amicales, mais ce sont des raisons pour vous aimer davantage.
Je vous remercie de votre bon souvenir; mais je ne pourrai vous aller voir de quelque temps, car je suis plongé dans le gâchis des épreuves et des retapages de deux ouvrages pressés.
Agréez mes hommages respectueux.
A LA MÊME
Paris, samedi matin, 1834.
Madame,
Votre invitation s'est trouvée postérieure à une autre dont je ne pouvais me dégager ; mais, à part cela, je vous avouerai qu'il y aurait quelque chose d'illogique à me présenter chez vous, quand je n'y vais pas lorsque M. de Girardin s'y trouve. Les regrets que j'éprouve sont causés autant par les yeux bleus et les blonds cheveux d'une personne qui, je crois, est votre meilleure amie, et dont je ferais volontiers la mienne, que par ces yeux noirs que vous me rappelez et qui, en effet, m'ont impressionné; mais je ne puis. — Mes travaux me forcent même à vous dire ici un long adieu ; car, lorsque ma troisième livraison des Études de moeurs sera publiée, je me réfugierai dans une campagne d'où je ne sortirai pas pendant trois mois.
Ainsi, agréez mes hommages respectueux et mes sentiments les plus gracieux. N'oubliez pas de peindre mes regrets à madame O'Donnell, et à ces mêmes yeux noirs que, etc..
CORRESPONDANCE. VJT
A M. LE BAI'.ON Gl-IlARD, A PARIS.
Paris, 8 juin 1834.
Monsieur,
Mon envoi n'a d'autre but que le sentiment amical qui raccompagne; c'était l'exemplaire que je m'étais réservé, mais je ne pouvais mieux placer le denier de l'auteur.
Je joins aux quatre volumes parus des Études de moeurs ma première croûte*, qui vient de paraître aujourd'hui restaurée; mais, quoi que je fasse, j'ai peur que Fécolier ne s'y montre toujours trop. Ce sera un honneur que d'être souffert dans votre bibliothèque.
Agréez, monsieur, mes sentiments les plus atTectueusement distingués.
A madame laure surville, a paris.
Lundi, 2 heures du matin, 183i.
Ma bonne aima soror !
Ton mari et Sophie sont venus hier faire un détestable dîner dans ma garçonnière de Ghaillot; le procédé était d'autant plus malséant que le bon frère avait couru toute la journée pour moi, voir une maison que je veux acheter.
Je viens de conclure une bonne affaire avec V Estafette; les autres grands journaux me reviendront, ils ont besoin de moi. D'ailleurs, inont-ils enlevé mes champs céiébraux, vignes littéraires et bois intelligentiels? et ne me reste-t-il pas les libraires pour les exploiter? Ceux-ci, ne comprenant pas leur véritable intérêt (ceci te paraîtra incroyable), préfèrent les ouvrages qui n'ont paru dans aucune revue; ce n'est pas le moment de les éclairer : il est certain