Sérophita lui est dédiée
3. A cette époque, Balzac était, depuis quelque temps déjà, en correspondance avec la femme distinguée à laquelle il devait plus tard donner son nom; mais, malheureusement, une partie de cette correspondance fut brûlée à Moscou dans un incendie qui eut liou chez madame Hanska. On pourra donc remarquer, dans les lettres de cette série, deux ou trois lacunes d'autant plus regrettables, que celles qui ont échappé au feu présentent un vif intérêt.
*il8 CORRESPONDANCE.
Tambassade d'Autriche Ta pris sous sa protection et il est à l'adresse de M. de la Rochefoucauld ; je vous en prie, réclamez-le.
Je m'étonne beaucoup des éloges que vous donnez à Lherminier:on voit bien que vous n'avez pas lu ses autres ouvrages; ils m'ont empêché de lire celui que vous vantez ^ et dont les fragments publiés dans la Revue des Deux Mondes ne m'ont pas paru forts; c'est de la littérature et non de la politique dogmatique. iNe confondons pas Capefigue et Lherminier avec les roses et les lys; laissons-les parmi les chardons, qui sont chers à plus d'un titre à ces Excellences. Vous me ferez lire Au delà du Rhin, puisque vous le voulez; mais j'ai peur de vous le reprocher, malgré la foi que j'ai vouée à votre beau front.
Je ne vous ai pas chanté merveille pour le livre de madame de Girardin-, il est meilleur que ce qu'elle a fait jusqu'à présent, mais ce n'est pas une œuvre bien remarquable.
Vous avez donc été malade ! Vous avez souffert, et toujours par et pour les autres, toujours cette abnégation personnelle, toujours cette fatale complaisance! Pourquoi ces promenades à perte de vue? ne vous ai-je pas dit que les deux médecins que j'ai consultés pour vous, vous défendaient de marcher? pourquoi donc marchezvous?
Votre lettre m'a attristé : elle m'a semblé indifférente et froide, comme si la glace sur laquelle reposent les trônes vous avait gagnée. J'aimerais mieux être grondé, querellé, qu'être traité avec ce calme impassible, et cette suprême douceur d'une souveraine de droit divin, trop sûre de son pouvoir pour ne pas en abuser royalement, mais tranquillement et avec dignité. Si vous ne restez pas à Vienne quelque temps, comment faire pour les manuscrits de Sèraphita et du Lys dans la vallée? Séraphita ne paraîtra que le troisième ou peut-être même le quatrième dimanche d'octobre. Si vous revenez tout à fait chez vous, donnez- moi, dans ce cas, une adresse bien sûre; dans un pays privé de toutes les ressources de la civilisation comme le vôtre, et au fond des déserts que vous allez habiter, mes lettres vous seront peut-être plus agréables à