‹ Correspondence 1819-1850 (volume 2)Chapitre 129 sur 229 · CLXXVIII · texte numérisé non relu

CLXXVIII

A MADAME ZULMA CARRAUD, A FRAPESLE

28 août 1837.

Quelque furibonde que fût ma lettre, cara, elle n'indiquait point que j'abandonnasse votre protégé. Si vous l'avez pensé, vous ne me connaissez pas encore. Je n'ai qu'une seule bonne qualité, c'est la persistante énergie des rats, qui rongeraient l'acier s'ils vivaient autant que les corbeaux. Ainsi je vais tâcher de le faire aller, mais ce n'est pas l'affaire d'un jour. Il faut qu'il apprenne.

Merci de votre lettre. Je suis dans d'horribles embarras d'argent. Je puis demain n'avoir aucun souci, si les affaires que j'ai en train se font; mais je puis périr aussi. C'est fort dramatique d'être toujours entre la vie et la mort; c'est la vie du corsaire ; mais le jeu des muscles n'y suffit pas toujours.

Mille tendresses ! quand vous voudrez de Paris 'quelque chose qui vaudra vingt francs, demandez-le-moi pour que je m'acquitte. A moins que vous n'aimiez mieux un bon sur la poste, que je vous enverrai à l'adresse de M. Garraud, si vous ne voulez rien, ce qui sera plus sage. Vous êtes un peu comme l'artiste, vous avez le sentiment de l'élégance, et l'élégance est chère. Moi, j'y renonce pour jusqu'au jour où j'aurai une fortune assise. La lutte financière me dégoûte.

CORHESI'ON DA.NCE. 27-!

Je donne une poignée de main au commandant Piston*, ot j'embrasse vos deux enfants. Les huit jours de Frapesie ont été d'un bien bon repos pour moi. Mille fleurs d'amilié.

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