‹ Correspondence 1819-1850 (volume 2)Chapitre 172 sur 229 · A M. LE CONTRE-AMIRAL BAZOCHE, GOUVERNEUR · texte numérisé non relu

A M. LE CONTRE-AMIRAL BAZOCHE, GOUVERNEUR

DE l'Île bourdon.

Paris, le 31 décembre 1843.

Monsieur le contre-amiral,

J'ai l'honneur de vous adresser les plus touchants remercîments, en mon nom et au nom de toute ma famille, pour l'intérêt que

VOUS avez témoigné et pour le bien que vous voulez à mon frère. J'ai eu l'occasion, comme vous le verrez, de faire publiquement ce que je renouvelle ici avec le plus grand plaisir en vous dédiant l'Interdiction, dans les SctiNES de la Vie parisienne.

M. Coster, notre ami commun, vous fera passer par un bâtiment de l'État, en mars prochain, les volumes parus de la collection complète de mes œuvres, que je vous destinais, en attendant qu'il y en eût assez pour les envoyer si loin.

Monsieur le gouverneur, vous avez pu voir que le malheur avait bien changé mon frère; il me paraît tout disposé à profiter des terribles leçons qu'il donne et qu'il n'a épargnées à personne dans notre famille; aussi viens-jevous prier de nous aider en continuant votre protection à mon frère et de la rendre efficace en ceci :

Ayez la bonté de le proposer, ce qui est dans vos attributions, pour la place de commis de la marine de deuxième classe, et ne vous inquiétez pas du résultat de votre proposition officielle : nous aurons ici sa nomination prête pour le moment où viendra votre proposition, et nous ne le laisserons à ce poste que le temps nécessaire, s'il s'y comporte bien, pour atteindre à celui de première classe. MM. Coster, Fleurian et Gerbidon doivent vous écrire une lettre qui vous priera de faire cette demande.

Par la lettre qui est destinée à mon frère et que je mets sous ce pli, nous l'autorisons à tirer sur nous, en la personne de M. Surville, une lettre de change de douze cents francs, dont les fonds seront prêts. Nous sommes forcés par l'incertitude des relations de prendre ce mode; ayez, monsieur le gouverneur, la bonté de lui faciliter, par une personne honorable qui soit en partance pour France, l'escompte de cette valeur, destinée à lui ménager l'attente de sa nomination et ses futurs appointements.

Joignez, je vous prie, à toutes ces bontés celle de prévenir M. Coster de l'envoi de votre proposition officielle, et saisissez, je vous en supplie, la première occasion pour l'envoyer; car vous savez qu'en France les ministères se suivent et ne se ressemblent pas.

Croyez, monsieur l'amiral, à toute la reconnaissance d'une famille et à la mienne en particulier, et trouvez ici l'expression de mes sentiments d'estime les plus distingués.

GGLX.

A M. DAVID (d'anGERS), A PARIS.

Paris, 9 janvier 184 4.

Mon cher David,

Je suis allé pour vous voir, à l'heure où vous quittez votre atelier, et je vous ai manqué : vous étiez déjà sorti.

Je voulais vous montrer la lettre que j'ai écrite à Dunkerque à mon ami. Je suis en ce moment plongé dans mes travaux, comme quand je m'y plonge, c'est-à-dire travaillant depuis trois heures du matin jusqu'à quatre heures après midi. J'ai plus d'un esquif sur le chantier, et vous m'excuserez si je ne vais pas vous voir. D'abord, quand je le puis, ce ne peut être qu'entre quatre et cinq, à l'heure de liia récréation; et, comme je voudrais beaucoup vous trouver en allant me voir en plâtre, ce ne sera qu'à ces heures-là. Vous êtes libre, vous me reconduirez à travers le quartier.

Mes hommages à madame David. Ne me croyez pas oublieux ; mais croyez à des travaux surhumains qu'a entrepris celui qui se dit pour toujours votre admirateur et ami.

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