‹ Correspondence 1819-1850 (volume 2)Chapitre 57 sur 229 · Cet ouvrage porte aujourd'hui le titre de Jane la Pâle · texte numérisé non relu

Cet ouvrage porte aujourd'hui le titre de Jane la Pâle

CORRESPONDANCK. 49

les dans deux ou trois feuilles de papier gris, recouvre avec de la toile cirée et adresse a à M. Honoré de Balzac, àVilleparisis, roule de Metz ». Déclare des papiers, ce que tu voudras.

J'ai déjà été voir trois fois au passe-debout de la diligence pour savoir si tu avais envoyé. Je suis sur des charbons ardents ! Je me trouve en ce moment à Paris, mais je retourne demain à Villeparisis; je suis venu pour les journaux, etc.

J'ai vu Laurence : elle va bien.

J'avais oublié la lettre de recommandation de M. Varin, et je n'ai pas encore pu voir son frère. — Mais je reviens au mois de septembre livrer la fm du Vicaire des Ardennes et du Centenaire, et toucher mon argent.

Je ne sais en vérité ce que je t'écris, car je suis bourrelé d'affaires, et, d'ici à un mois et demi, je suis incapable de vous écrire une ligne : j'ai Wann-Chlore à fournir pour octobre à Hubert; j'ai à faire le Vicaire des Ardennes à mesure qu'on l'imprime et à corriger le Savant sur les épreuves. Ajoutez que j'ai une classe à faire à mon frère et au petit de Berny. Jugez!

Dis à M. Varin que, s'il écrit à son frère, il veuille bien lui dire que j'ai été trop occupé pour faire un pas, que l'on m'imprime à la fois trois ouvrages et que je ne puis, d'ici à quelques semaines, aller le visiter.

Soignez bien l'affaire des journaux : on m'a vendu jusqu'à deux francs les numéros qui me manquaient! Maintenant, soyez sûrs que, si abominable que soit le roman que vous ferez, j'ai la certitude qu'il sera vendu. Je vous enverrai le plan, et je vous engage à le travailler promptement, parce que plus tôt il sera fait, mieux il sera vendu. 11 y a disette de romans.

Je vous répète encore : expédiez-moi le Vicaire courrier par courrier; Auguste n'a pas commencé, mais il est homme à me gagner de vitesse.

Je vous envoie encore une moisson de remercîments pour votre hospitalité et j'ai à réparer quelque chose que j'ai oublié, mais je vais instrumenter au 1«^ septembre.

J'ai acheté un superbe Lavater qu'on me relie.

Si tu as besoin de quelque chose, adresse-toi à moi.

J'embrasse Surville de tout mon cœur; toi autant que je le puis X X I \' . 4

sans nous faire mal, et, aussitôt que j'aurai un momen\ de libre, je t'écris une longue lettre, écriture serrée, sur tout ce qu'il y a de nouveau dans la famille.

J'ai vu le Diorama ; Surville n'a plus de perspectives à faire. Daguerre et Bouton ont étonné tout Paris; mille problèmes sont résolus depuis que, devant une toile tendue, on croit être dans une église à cent pas de chaque chose. C'est une des merveilles du siècle, une conquête de l'homme à laquelle je ne m'attendais nullement. Ce polisson de Daguerre a fait une libertine d'invention qui va lui donner une bonne partie de l'argent de ces lurons de Parisiens, et conte ton conte !

Adieu, je t'embrasse.

Le Vicaire! le Vicaire! le Vicaire! le Vicair^e ! courrier par courrier; car je vais y travailler. Je commencerai le deuxième volume.

Adieu encore.

Ta main dans ma main, personne ne nous écoute, amis nous deux, envoie-moi le Vicaire!.,,

A M. GODART FILS, GRAVEUR, A ALENGON (ORNe).

Paris, mardi matin, 19 avril 1825.

Monsieur,

Je viens de communiquer à M. Urbain Canel ^ le traité que nous avons souscrit ensemble dimanche dernier, et vous trouverez ci-jointe sa ratification. J'ai fait voir aujourd'hui même vos gravures à M. Devéria ^, qui en a été très-content, et il nous a félicités d'avoir su trouver en vous un digne traducteur de ses dessins. Il m'a dit qu'il lui était impossible de vous donner d'avis sur les gravures que je lui soumettais, parce qu'il n'en connaissait pas le dessin primitif; mais il est persuadé qu'en travaillant vous deviendrez, au bout de deux ou trois de nos gravures, le plus redoutable adversaire de Thompson et des Anglais.

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