Libraire éditeur à Paris
2. Les relations qui s'établirent à cette occasion entre Devéria et Balzac furent l'origine de leur intimité. — Honorine est dédiée à Devéria.
CORRESPONDANCE. .'il
Aussitôt que vous nous retournerez les bois du Molière^ que le sieur Delongchamps- a dû vous remettre, M. Devéria s'empressera de vous communiquer ses observations, car il adopte votre talent avec d'autant plus de plaisir que vous êtes Français.
Il est hors de doute alors que vous coopérerez par vos talents à nos éditions de la Fontaine, de Racine et de Corneille, et nous serons flattés, monsieur, d'avoir été les premiers à seconder votre essor; nous ne négligerons rien pour augmenter et propager votre renommée, persuadés que ce service sera léger au prix de celui que vous nous rendrez par votre exactitude et votre travail.
Vous pouvez d'autant mieux vous occuper de la vignette du Molière, que M. Devéria ne pourra nous remettre de bois pour le la Fontaine que d'aujourd'hui en huit, et vous avez alors une dizaine de jours devant vous pour travailler. Mais, à compter du 27 de ce mois, nous vous enverrons force dessins.
Vous pouvez préparer une vingtaine de bois exactement pareils à celui que Delongchamps aura dû vous remettre, et nous les envoyer en même temps que la vignette du Molière quand elle sera gravée.
J'ignore comment vous aurez débrouillé la fusée de Delongchamps, mais je l'ai laissé dans une grande anxiété quand je lui ai appris notre traité. Vous sentez que M. Urbain et moi ne nous opposerons jamais à ce que vous travailliez pour le Molière, puisque nous y sommes intéressés; mais nous voulons nous réserver le droit de faire passer telle ou telle vignette avant telle ou telle autre; ainsi j'espère que Delongchamps ne vous aura pas eflrayé.
Recevez, monsieur, l'assurance des sentiments d'estime et de considération avec lesquels j'ai l'honneur d'être
Votre très-humble et très-obéissant serviteur.
P.-S. — Présentez, je vous prie, mes civilités à monsieur votre père, que M. Urbain prend volontiers pour correspondant. Sous
1. n n'est pas besoin de rappeler qu'en 1825, Balzac, dans l'espoir de sortir do la position précaire où il se trouvait, entreprit de publier les œuvres des classiques français en éditions compactes, mais qu'il dut abandonner cette spéculation malheureuse après la publication du Molière et du la Fontaine, en un volume chacun.