‹ Correspondence 1819-1850 (volume 2)Chapitre 82 sur 229 · Son domestique · texte numérisé non relu

Son domestique

4jisi gorrespondanch:.

que j'y ai fait sera réimprimé dans les Causeries^ tu dois peu tenir aux articles de Ghasles et de Rabou. D'ailleurs, arrache seulement de ton exemplaire la Conversation entre onze heures et minuit et le Grand d'Espagne.

Madame de Berny te remettra des corrections indiquées; puis peut-être un volume des Chouans avec ses corrections; fais un paquet de tout cela et envoie-le-moi promptement avec ce que je vais te dire.

Tu prendras un exemplaire des tomes III et IV des Scènes de la Vie privée, et tu y mettras : Offert par l'auteur à M. de Manne; puis tu iras chez M. de Manne, qui demeure à la Bibliothèque, et tu lui diras que je suis tombé et que je ne puis pas sortir. (F^istoi belle!) Et voici ce que tu lui demanderas, écoute bien.

Tu chercheras d'abord, dans une grande Biographie universelle, l'article Bernard Palissy, qui est au B ou au P(tu m'enverras même ce volume) ; tu liras cet article, tu prendras note de tous les ouvrages cites, qu'ils soient l'œuvre de Bernard Palissy lui-même, ou qu'ils soient faits par d'autres sur lui. Prends cette note bien exacte, et tu demanderas à M. de Manne ces ouvrages pour moi.

Va également lire la notice sur Bernard Palissy dans \di Biographie de papa chez Laure, et vérifie s'il n'y aurait pas dans cette biographie-là des ouvrages cités qui ne seraient pas dans la mienne. Prendsen note pour les demander également à M. de Manne.

Si M. de Manne n'avait pas tout, et que ces ouvrages ne fussent pas très-chers, il faudrait les acheter. Tu verrais Gosselin et tu lui dirais que, six jours après la réception de ces livres que j'attends avec impatience, il aura le manuscrit qui doit terminer le quatrième volume des Contes philosophiques. Il me les faut pour faire un grand et bel ouvrage qui achève ce volume, où il est besoin que la seule chose inédite soit très-remarquable ^

11 faut et j'entends (dis cela à Leclercq) que mes chevaux sortent chacun une demi-heure tous les jours,

1. Il s'agissait d'un livre qui n'a jamais paru, Causeries du soir. Le Grand d'Espagne se trouve aujourd'hui dans la Muse du département, et la Conversation entre onze heures et minuit fait partie des OEuvres diverses.

2. Il s'agissait de la Recherche de V absolu; mais cet ouvrage ne parut qu'en 1834. Les Contes philosophiques furent termines par Louis Lambert.

CORRKSPONDANCE. il3

J'aurai peut-être quelques voix; mais, hélas! par ici, on ne veut rien faire; il aurait fallu s'occuper exclusivement de mon élection, et j'aurais toujours succombé.

Adieu, ma bonne mère; je vais travailler comme un cheval afin de nous liquider parfaitement.

Prends ici un bon baiser de fils et sache bien que tout mon cœur est à toi.

A LA MÊME

Paris, 24 juin 1832.

Ma chère mère aimée,

Je n'ai pas encore reçu aujourd'hui samedi le paquet que tu m'annonçais avoir mis à la diligence le 17.

Dans cette anxiété, comme M. de Margonne est allé à Tours, je l'ai prié de s'informer du paquet et de vouloir bien me le rapporter ce soir, s'il le trouve. Tu comprends bien qu'aussitôt je ferai ce que veut Dumont. 11 n'y a certes pas de ma faute dans tout cela. J'attendais le paquet pour t' écrire.

Ta lettre m'a fait bien plaisir; les nouvelles que tu me donnes sur Henry me comblent de joie. M. de Margonne n'en sait encore rien, il ne revient que ce soir de Tours; je le lui dirai. Brave garçon! il a pensé à toi, et je lui envie bien le bonheur d'être le premier à te rendre plus heureuse; cela m'a fait cruellement regretter la voie que j'ai prise et de n'être même pas dans le devoir avec toi; mais enfin j'espère que le jour n'est pas loin où je pourrai, comme lui, te rendre une petite partie de ce que tu as fait pour moi. Pauvre mère! voilà un événement qui nous donnera du courage à tous deux.

Je te mettrai à la diligence, mercredi matin, un paquet qui contiendra le manuscrit du conte qui manque à Gosselin ; c'est assez te dire que je travaille jour et nuit, car le manuscrit aura bien soixante feuillets. Aussi je suis bien fatigué d'écrire. Il a fallu répondre glorieusement aux gens qui disent que je suis fou. x\iv. 8

Tu sais bien où est le petit papier sur lequel sont inscrits mes billets ; il est dans le deuxième carton du cartonnier, à la chemise Dettes courantes; il faut le chercher, vérifier ce que j'ai marqué fin juin et l^"" juillet, et, courrier par courrier, me l'écrire, afin que je te donne les lettres pour avoir de l'argent.

Le messager attend le paquet. Mercredi prochain, tu en auras plus long : ceci est seulement pour répondre à ta lettre. Adieu, ma bonne mère; je t'embrasse de tout mon cœur. Tache d'avoir les numéros de l'Artiste^.

Mille choses à Laure et à Surville. .

A LA MÊME

Sache, 28 juin 1832.

Ma chère mère aimée.

J'ai les deux paquets; mais le premier n'est arrivé que le 26, et le second sera aujourd'hui à Azay; je l'envoie chercher en t'adressant cette lettre pour calmer les inquiétudes que mes deux précédentes ont dû te donner. On attend de jour en jour madame D... Tu comprends que cela me prend beaucoup de temps, car il faut préparer les voies. Aussi, je ne puis pas courir les champs et travailler autant que je le- voudrais.

M. Dumont m'a demandé toute une journée. Je lui ai renvoyé les pièces par la poste, et cela a retardé Gosselin : au lieu de lui mettre son paquet à la diligence aujourd'hui, je ne le mettrai guère que samedi; j'ai encore trente pages à faire. Les correspondances me tuent, il faut écrire à deux personnes à la fois; en outre, j'ai d'autres lettres à faire.

Je voudrais pourtant savoir à quoi m'en tenir sur une chose qui changerait si grandement ma situation et modifierait tous mes plans-. Le travail souffre de cette incertitude; car, comme elle est attendue de jour en jour, je vais trois fois par semaine à Méré; or, il est impossible de concilier cela et le travail. Néanmoins, Gosse-

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