‹ Correspondence 1819-1850 (volume 2)Chapitre 92 sur 229 · I. IMrmior titre d'une partie des Maraua · texte numérisé non relu

I. IMrmior titre d'une partie des Maraua

IGi COURESPONDANCE.

Je ne puis partir d'ici qu'après le 15 février; mais, si vous voulez avancer votre départ de quelques jours, et que je retarde un peu le mien, je pourrai vous rejoindre à Frapesle, où Auguste m'annonce que vous devez aller bientôt. J'ai la plus grande envie de voir la cathédrale de Bourges.

Borget est maintenant, comme vous devez le savoir, rue Cassini*. Je vous remercie bien de m'avoir donné un si bon ami. C'est une âme qui m'est toute fraternelle, pleine de ces délicatesses que j'adore, et j'espère être pour lui tout ce qu'il est pour moi.

Merci de votre bonne lettre. Vous avez raison sur bien des points dans votre opinion sur Faust; mais il y a des poésies que vous n'avez pas aperçues et dont nous causerons quelque jour. Après, vous relirez l'ouvrage, et, sous l'empire d'une pensée, vous le verrez tout nouveau. Quant à Lambert, vous allez recevoir bientôt, par M. Sazerac, un petit paquet qui contiendra mon offrande. Pour vous, il existe un exemplaire imprimé sur papier de Chine et qu'en ce moment les plus grands artistes en reliure s'occupent de rendre digne de vous. Je vous en prie, ne le prêtez jamais. Vous savez, quand vous faites de la tapisserie, chaque point est une pensée. Eh bien, chaque ligne du nouvel ouvrage a été pour moi un abîme. Il y aura là des secrets entre nous deux. Gardez-le bien ; je vous en mettrai un exemplaire vulgaire que vous prêterez, si tant est que vous puissiez le prêter à beaucoup de monde.

Maintenant, l'œuvre est bien plus complète, plus étoffée, mieux écrite. Puissé-je en faire un jour un monument de gloire ! Quelques jours après, vous recevrez le second dizain des Drolatiques, puis le Médecin de campagne; deux œuvres qui, jointes à V Histoire intellectuelle de Louis Lambert, doivent me mettre hors de page. M. Nacquart a déjà peur pour moi de quelque maladie cérébrale, en voyant d'aussi acerbes travaux. Je cesse à la fin de février avec la Revue; après quoi, je n'écrirai plus dans aucun journal sans d'énormes bénéfices, parce que les journaux m'assomment.

J'avais pensé à vous joindre une lettre dans Lambert, une lettre d'envoi; mais, entre cœurs qui s'entendent, cela m'a paru petit. Cet exemplaire sera bien mieux dans la grâce inconnue de son

1. Nous avons dit que Borget et Balzac avaient alors un logement commun.

secret. Vos mains si douces ne trouveront que de la joie à tourner dans ce livre; puisse-t-il vous caresser également l'àme. Adieu donc; vous m'écrirez un mot. Irai-je à Angoulême? irai-je à Frapesle?

Voulez-vous avoir la bonté de demander à madame Nivet l'adresse de M. Dejean, mon compagnon de voyage à Limoges ; puis, vous qui avez le compte et le devis de mon service, voulez-vous avoir encore l'extrême bonté de prier monsieur votre neveu de s'y mettre tout de suite, et de me l'envoyer aussitôt qu'il sera fait? Gomme il faut absolument monter mon ménage, et que j'achèterais ici pour cent ou deux cents francs des objets qui ne me compléteraient rien, je préfère une dépense double, et avoir quelque chose de bien et de complet.

Adieu derechef. Par hasard, Borget vous écrivait de son côté; nous réunissons nos deux lettres ; vous aurez le tout ensemble.

Mille choses aimables et amicales au commandant, ce que vous voudrez à vos voisins, et un souvenir à ma belle amante ^ à laquelle je souhaite mille plaisirs, le commissaire aidant. Quant à vous, vous savez si je puis écrire quelque chose qui vaille la millionième partie des belles et bonnes douceurs que vous inspirez.

A LA MÊME

Paris, février 1833.

Madame,

Je ne sais s'il faut vous remercier ou vous gronder; je vous gronderai, je vous remercierai tout ensemble.

J'ai reçu le tapis qui donne à mon cabinet un air royal ; mais, pour moi qui vous connais, de quel prix n'est pas ce tapis ! J'ai reçu le thè; c'est gracieux et joli, c'est admiré par tout le monde, car cela est vu, et je voudrais être seul à le voir. Nous sommes bien heureux tous deux, vous de me donner une chose qui m'a fait plaisir, et moi de la recevoir de vous.

Mon Dieu, que ne vous devrais-je pas pour vos soins au sujet de

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