‹ Correspondence 1819-1850Chapitre 27 sur 81 · IG · texte numérisé non relu

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Cette interruption, chère, a été prise par l'exécution des ordonnances du docteur; je n'ai pas quitté le lit, il a fallu sangsues et vésicatoire volant, pendant trois ou quatre jours; mais, de ce matin, tous les symptômes et toutes les souffrances atroces de cette inflammation ont cessé. Dans trois jours au plus tard, je reprendrai mes travaux, Ces

quelques jours donnés à la médecine sont des jours de plaisir pour moi ; car, lorsque je ne travaille plus avec cette absorption de toutes les facultés morales et physiques, je ne cesse de penser à 18!j5; j'arrange des maisons, je les meuble, je m'y vois, je m'y sens heureux. Je repasse tous les moments si rares où nous avons été ensemble, je me querelle de n'avoir pas prolongé ces heures de douce et intime causerie.

Chère ingrate, vous ne remarquez guère ma persistance à vous satisfaire sur le petit désir des autographes ; je vous envoie aujourd'hui du Peyronnet, et je veux m'arranger pour que vous ayez l'écriture de tous les ministres qui ont signé les ordonnances de Juillet.

Vous êtes donc bien contente de ce jeune homme*! Examinez-le bien et snns prévention, car les avantages de votre enfant contribuent nécessairement à rendre un prétendu parfait; mais je ne sais pas comment je puis recommander prudence et finesse à celle qui a volé tout l'esprit des Uzewuski, qui a des petites pattes de souris blanche au bout desquelles il y a des yeux. Enfin, chère comtesse, faites bien vos affaires et surtout adoucissez le dragon gouvernemental du Nord.

Je suis exactement comme l'oiseau sur la branche : il est nécessaire que je quitte la rue Basse et que j'aille ailleurs, où je puisse être plus convenablement. Je suis comme ma chère voyageuse avec ses paquets et ses provisions-, je n'ose rien faire, car, si je vais pour quatre

1. Le comlo Georges Muiszock, liaiice ac madeuioitcllL' Anna llan^ka.

mois à Dresde, j'ajournerai toutes dépenses ; et puis j'aime mieux les faire définitivement que les faire provisoirement encore. Ma nature abhorre le changement, c'est une face de mon caractère que vous avez bien été forcée de reconnaître et que vous reconnaîtrez de plus en plus; vous l'admirerez même, et puis vous finirez par ne plus m'en savoir gré pour les choses du cœur, en trouvant cette constance énormément justifiée par l'esprit Rzewuski de votre race, et par le charme exquis de la personne que vous voyez dans votre miroir en vous y regardant.

Gomment pouvez-vous me recommander votre parfumeur? je ne pense qu'à cela! j'ai maudit Viardot de ne pas m'avoir averti de son arrivée; vous auriez déjà votre provision. Mais, si nous nous voyons à Dresde, vous aurez, chère comtesse, des parfums pour le reste de vos jours, j'en réponds. Nous avons donc aussi les mômes vices, car je porte la passion des fines odeurs jusqu'à en faire un défaut.

Hélas! je le vois bien, il faut vous dire adieu; mais souvenez-vous que vous m'avez laissé près d'un grand mois sans lettres, et que vous n'êtes pas à Paris, et que vous n'avez pas de feuilletons à faire pour excuse. A propos, je suis déjà allé trois fois à l'Arsenal, et je n'ai pas encore obtenu l'autographe de Nodier, mais je l'aurai. . On m'annonce que David a terminé le marbre de mon buste et que le marbre n'est pas moins beau que la terre; ce sera à la prochaine Exposition sans doute. Vous ne sauriez croire combien je regrette de ne pas avoir pris le vase en malachite; j'ai trouvé pour trois cents francs un piédestal magnifique qui m'aurait épargné les folles

dépenses de celui que j'ai fait fal)riquei% avec des bronzes.

Je souffre toujours, je suis obligé de m'arrêter; peutêtre vous donnerai-je de meilleures nouvelles en fermant ma lettre ce soir,

Tout va bien, les douleurs névralgiques ont disparu comme par enchantement, et, si je n'ai pas fini mo lettre, c'est que j'ai dormi douze heures de suite, en retrouvant la tranquillité de la non-souffrance.

Adieu, chère souveraine aimée; examinez bien le jeune comte Mniszeck; il s'agit de toute la vie de votre enfant. Je suis bien heureux que vous ayez trouvé ce premier point si nécessaire à votre bonheur à toutes les deux, celui du goût et de la sympathie personnelle; mais étudiez-le, et soyez sévère comme s'il ne vous plaisait pas; il s'agit surtout des principes, du caractère, de la fermeté, etc. Suis-je stupide do faire ces recommandations à la meilleure, à la plus dévouée des mères !

Je reprends demain mes travaux, et j'aurai fini, je Tespère, pour le mois de décembre en travaillant avec activité. Je no puis pas vous donner des nouvelles de Lirctte, n'ayant pu aller à son couvent au milieu dç ma maladie et de mes ordonnances à exécuter; mais ma première lettre vous en donnera. Devinerez-vous que je suis plus à vous aujourd'hui, que je vous aime davantage après avoir été quelques jours souffrant dans mon lit à penser à vous, à votre cher esprit fraternel et enfantin. Aussi vous ai-je dit tant de choses, que je crois fermement qu'il vous en sera arrivé quelque nouvelle à l'oreille qui vous

aura tinté ; vous aurez eu quelque étincelle à votre bougie, un fil se sera soudain cassé sans cause, et vos oreilles auront entendu ces bruits étranges que font les ailes des idées en voulant s'y reposer, fatiguées d*un si long voyage. Mais rien de tout cela ne vaut à mes yeux cette petite feuille de papier sur laquelle je vous mets toutes les fleurs de mon âme et de mon cœur en la regardant avec une curiosité désespérante. Je ne suis pas encore Jait à cette idée que ce papier sera dans dix-huit jours entre vos mains, et que, moi, je reste, en maugréant, si loin de vous et si malheureux!... oh! oui, bien malheureux ! .rai faim et soif de votre chère présence, étoile de ma vie, for but présent. Peut-être pensez-vous aussi à moi quelquefois. Qui sait?... mais, hélas! vous m'avez si peu écrit ces derniers temps!... et je suis bien noir en pensant que, vous, vous ne pouvez pas me donner un souvenir au moins tous les deux jours, au milieu de vos moujiks, dans vos déserts, dans cette solitude absolue. Je suis là-dessus incorrigible! Moi si occupé, pris par tant de travaux, souvent malade, je vous écris tous les jours. Ah! c'est que je vous aime, moi! Allez, je sens profondément votre indifférence, j'allais dire votre ingra^ titude, tant je suis exaspéré par cet intervalle d'un mois entier. Vous seriez effrayée si vous saviez quelles idées me travaillaient! Enfin, quand la lettre est arrivée, tout a été oublié, j'étais comme une mère qui revoit son enfant. Mais il ne faut pas que cela finisse par des reproches.

Trouvez ici tout mon cœur, toute ma foi, toute mu pensée et toute ma vie.

ICO CORRESPOND ANGE.

A M. ALDEUT MAnCIIAND DE LA niBKLJ.ERlE, A TOURS ^

Taris, 1 8 i i.

Mon cher Albert,

Tu crois que nous sommes quittes de rinfâme Berruéj M. Odier a renvoyé la caisse, qui ne lui appartenait pas, sans s'en inquiéter davantage; cl elle n''avaitpas d'adresse! et il ne sait pas, après avoir regardé la lettre de voiture, à quel roulage elle est retournée! Il faut donc que, courrier par courrier, tu me dises à quel roulage de Paris la caisse a été expédiée.

Voilà un cadre qui, par les démarches qu'il a nécessitées, me coûtera trois cents francs de temps perdu. lS*avais-je pas raison de vouloir l'emporter par la diligence? il m'aurait coûté moins, et je ne sais pas s'il sera temps.

Merci de ta bonne lettre. Quoi qu'il arrive des perles, il faut les donner quand on en doit. M. Loiseau ne se doute pas que les Anglais et autres étrangers offrent des billets de mille de ce que je lui ai envoyé si coquettement arrangé.

Toi, si rien ne s'y oppose, je te donnerai le manuscrit des Illusions perdues, puisque je l'ai martelé dans ton grenier de peintre.

Je ne te nîpéterai pas ce que tu m'as dit sur les amitiés

i. Le UéquisUionnaire lui est dcdié.

d'enfance, parce que tu imagines bien que ce sont des choses vissées dans le cœur, quand on a un cœur.

Tout à toi.

Courrier par courrier, entends-tu? Il n'y a guère de chance d'avoir des doreurs, et Boulanger est chagrin s'il ne voit pas un cadre taillé.

Tous les beaux cadres que tu verras, achète-les-moi, tant qu'ils seront entre dix et trente francs et bien richement sculptés. J'en ai besoin de cinq, dont deux de /^6 sur 0/4, carrés.

Addio caro ! Surveille les bois; quand tu trouveras qu'ils sont beaux, écris-moi; j'irai à Tours.

CGLXXII.

A MADAME UANSKA, A VIE RZSCHOVN lA .

Passy, 21 octobre 184 4.'

Je vais tout à fait bien et j'ai repris mes travaux ; c'est une bonne nouvelle qui vaut bien la peine que je vous écrive un mot. 0 chère ! un an est un an, voyez-vous; le cœur ne se trompe pas, il souffre toutes ses douleurs, malgré les faux remèdes de l'espérance; l'espérance estelle autre chose qu'une douleur déguisée? J'ai beau regarder le salon de Colmann, chaque regard est un coup de poignard, la pensée entre dans mon âme comme une lame aiguë. Entre cette gouache et le grand paysage de Vicrzschovnia, il y a la porte de mon cabinet, et cette porte représente les espaces infinis qui s'étendent entre

108 CORRKSPONDANCL.

les souvenirs attachés à ces meubles, à cette tenture bleue et au tableau de Vierzscliovnia. « Nous étions là ensemble, elle est là et je suis ici! » Tel est mon cri, et chaque regard ou plutôt chaque nouveau coup de poignard le redouble. Pourquoi Colmann n'a-t-il pas fait le second côté du salon? pourquoi ne pas avoir fait faire le poêle et la petite table qui était devant ce poêle, et près de laquelle vous m'avez dit des choses si compatissantes et si doucement, si fraternellement raisonnables? Ah! je payerais bien de tout mon sang le bonheur de les entendre encore. Voilà tout ce que bavarde mon cœur ce matin.

La Docarmé est revenue. Bettina adore en tout bien tout honneur votre esclave; elle m'a dit que les cinquante aquarelles de Colmann étaient des chefs-d'œuvre, que c'est à la Russie ce que les Pinclli sont à Home.

J'ai fait ma première sortie avant-hier. J'ai acheté une pendule d'une magnificence royale et deux vases en céladon grenat qui ne sont pas moins magnifiques. Tout cela pour presque rien. Une grande nouvelle! Un riche amateur a envie de mes meubles fioreniins; il va venir sans doute les voir chez moi. J'en veux quarante mille francs. Autre nouvelle. Le Christ de Girardon, acheté deux cents francs, est estimé cinq mille francs, et vingt mille avec le cadre de Brustolone.

Et vous vous moquez, chère comtesse, de mes affaires dans le royaume de Bricabraquie. M. Nacquart s'opposait hier violemment à ce que je vendisse, même à ce prix-là, ces magnifiques choses; il disait: '( Vous allez, dans quelques mois, sortir de votre position par quelques travaux

obstinés; ces magnificences seront vos rayons! — J'aime mieux l'argent, )> lui ai-je dit. Comme vous voyez, cet Harpagon faisait le poëte, et le poëte faisait l'Harpagon. Chère, croyez-moi, je ne piris souffrir toujours ainsi. Y songez-vous?. ..Encore un retard! Quand les Paysans seront finis, ainsi que les articles dus à Chlendowski, je réclame un mot de vous, qui me permette de venir vous rejoindre dans vos steppes, si vos difficultés de passe-port se prolongent et s'éternisent ainsi.

J'ai trouvé le plus splendide des piédestaux pour le buste de David, qu'on dit d'un réussi étonnant. Cette belle gaîne n'a coûté que trois cents francs , et feu Alibert, pour qui elle a été faite, a dû la payer au moins quinze ou seize mille francs. Chère comtesse, je voudrais bien avoir votre avis sur ce que je veux faire. Il m'est impossible de rester où je suis. Or, à quatre pas de mon logis actuel, il y a une maison qui coûtera mille à quinze cents francs de loyer, et où l'on peut vivre aussi bien avec quinze mille francs de rente qu'avec soixante mille. Je voudrais la louer pour quelques années et m'y établir. Je pourrai très-bien économiser, là, la valeur d'un petit hôtel à Paris, en n'allant l'habiter que dans quelques années. On va et on vient de Passy à Paris comme on veut avec sa voiture, et, au moins, comme cela, je serai à peu près convenablement.^ Mais l'installation va coûter bien près de six mille francs et je ne voudrais pas faire cette dépense pour le roi de Prusse, surtout quand il me faut payer vingt mille francs de dettes d'ici au 1^'" janvier. Tout serait aplani si je vendais les florentins. Le Musée des Familles ne publie les gravures et l'article

110 COnRESPONDAXCE.

de Gozlan qu'en décembre, et ce n'est qu'en janvier quel'attention publique sera éveillée à ce sujet. L'enchère aura lieu entre les dilettanti et les capitalistes dès qu'on saura, dès qu'on verra ce que c'est.

Quant à vos projets, j'aimerais mieux renoncer à la trar.c]uillité que de l'obtenir à ce prix. Lorsqu'on a troublé son pays et qu'on a intrigué à la cour et à la ville comme le cardinal de Retz l'a fait, on a le droit d'aller payer ses dettes à Gommercy ; mais, à notre époque bourgeoise, on ne peut s'en aller qu'après avoir payé tout le monde; autrement on aurait l'air de fuir ses créanciers. Que voulez vous, belle daine! nous sommes peut-être moins grands, moins rayonnants, mais nous sommes certainement plus réguliers, voire même plus honorables, que les grands seigneurs du grand siècle. Cela vient peut-être de ce que nous comprenons autrement le sens de l'honneur et du devoir, ou que nous l'avons placé ailleurs, et c'est tout simple. Eux, c'étaient des acteurs d'un grand théâtre qui s'agitaient pour être admirés; on les payait pour cela. Nous, nous sommes le public payant et réel, qui ne s'agite qu'en lui et pour lui. Donc ne me parlez ni de Suisse, ni d'Italie, ni de rien de pareil; ma meilleure, ma seule patrie est l'espace entre le mur de l'octroi et les fortifications de Paris. Si jo la quittais, vous le savez bien, ce ne serait que pour vous; ce serait déjà fait, si vous l'eussiez voulu. Travaillez donc de vos petites pattes de souris blanche, pour élargir le trou de votre geôle, afin que l'heure de votre libération ne tarde plus. Jadis jo vivais de cet espoir; maintenant j'en meurs. J'ai des impatiences fébriles, des doutes, je crains tout: la guerre, la mort de

CORRESPONDANCE. tll

Louis-Philippe, quelque maladie quelque révolution; enfin les obstacles renaissent dans mon imagination angoissée. Je vois vo«5 affaires personnelles vous étreignant et vous lassant, et votre bonté inépuisable se lassant aussi.

En y pensant trîstf^ment, et m' agitant dans le vide pour vos intérêts et ceux de votre enfant, j'ai trouvé une affaire admirable où il n'y a que cent mille francs à risquer et qui peut devenir colossale. Il s'agit de la publication d'un livre encyclopédique pour l'instruction primaire. Rien qu'à le bien rédiger, il y a ia renommée d'un Parmentier à récolter, car c'est un livre qui est comme la pomme de terre de l'inslructioL, une nécessité, un bon marché fabuleux, etc. J'ai foi dans cette affaire et je m'occupe en ce momenî. du manuscrit. Cet ouvrage aura le prix Montyon bien certainement. Oh! si vous étiez ici, dans la même ville au mcins, comme tout irai'"bien! quel nouveau courage j'aurais! quoLes nouvelles sources jailliraient! Mais l'absence donne de ia stérilité et de la sécheresse aux idées comme à l'existence. Je suis heureux que le jeune Mniszeck vous plaise, ainsi qu'à la chère enfant, et qu'il s'y attache aiissio Tenez-moi bien au courant de choses si importantes à votre avenir à toutes deux. Au nom du ciel, écrivez- moi bien régulièrement trois fois par mois. Songez à tons mes travaux et voyez comme vous êtes partout dans mon cabinet. 11 m'est impossible, quand je donne un regard à votre cadre, de ne pas prendre la plume et vous griffonner quelques paroles pleines d'autant d'affection que de murmures. Si je vais à Dresde, j'ajournerai l'affaire de la maison, bien que celle incertitude mette des obstacles à tout. Décidé-

ment je m'en vais faire encadrer les deux vues du quai do la Cour, de Colmann, pour les mettre de chaque côté de son salon Koulaïtsof. Ce quai que nous avons tant de fois arpenté! J'ai voulu, chère comtesse, que ma première page écrite en santé fût pour celle qui aurait dû avoir tous les prémices de mon âme, de ma vie, de ma pensée, puisqu'elle est le mobile, l'inspiration et le but de ce que j'ai fait et ferai désormais.

Adieu; soignez bien votre santé, votre enfi-nt et vos biens, puisqu'ils vous préoccupent au point de vous faire oublier vos plus fidèles amis.

GCLXXIII.

A UN JEUNE AUTEUr. DRAMATIOIE.

Paris, 5 novembre 18 i 4.

Monsieur,

Sans deux ptîiiies indispositions qui se sont suivies, et qui m'ont tenu successivement au lit, je vous eusse répondu plus tôt. J'ai reçu votre essai dramatique et je Tai lu avec plaisir , néanmoins vous savez que, si l'on répugne déjà beaucoup à la vérité dramatique de nos histoires, il est presque impossible de montrer à la scène les Romains tels qu'ils étaient et sans les échasses que leur ont adaptées de beaux génies.

Je vous remercie d'autant plus des choses flatteuses quo vous voulez bien me dire sur mes travaux, que je ne suis pas accoutumé à ces sortes de gracieusetés. L'n travailleur éternel, enseveli dans les difficultés, n'a pas le temps de

vendre un sou d'éloges à chaque passant, pour en recevoir cette masse d'or qu'on nomme la gloire ; mais, quelque occupé que je sois, je suis bien sensible à ces paroles spontanées et parties du cœur, qui sont au moins signées par l'occupation que donne une lettre à écrire ; les noms qui les marquent sont tous à part dans une place de mon cabinet. Vous me permettrez de ne pas accepter de ss magnifiques éloges dans leur entier, mais de vous remercier avec cordialité du sentiment auquel je les dois. Je suis un de ceux qui disent à tous les gens de bonne volonté: (( Travaillez! » Nous nous en allons, nous autres, et il faut continuer l'œuvre.

Agréez donc, monsieur, l'assurance de mes sentiments les plus distingués.

A MADAME EMILE DE GIRARDIN, A PARIS

Paris, décembre 1 b! i i.

Je suis très-susceptible de vous présenter M. lletzel, aujourd'hui à trois ou quatre heures. Je profite de cet avis pour mettre à vos pieds un homme fort comme Nicolas Tonsard, et malicieux comme le père Fourchon\ mais bête quand il vous voit, et qui n'est autre que l'un des trois auteurs, selon vous, de la Bilboquèide.

Il est huit heures, jeudi ; je reçois votre lettre d'invitation pourvoir Lautour^. Jugez de mon chagrin! Hier,

i. Personnages du roman les P(iysans,qiw publiait alors la Presse. 2, Luutour-Mczeray, fondateur du Journal des Enfants.

i^i COURESPONDANCK.

j'avais un dîner d'affaires; mardi, Dujarier me retint, et j'appris l'arrivée de Lan tour. J'irai tantôt , vers trois heures, causer de mes malheurs avec vous. J'ai du monde à diner aujourd'hui.

A M. CIILENDOWSKI, LIBCAinE ÉDITELP, A PATIS,

20 dôcenilre 1 8 i i.

Mon cher monsieur Chlendowski,

J'ai le plus urgent besoin des bonnes feuilles d'u'!5 Passion dans le désert. J'ai eu plus tôt fini votre ouvrage que vous n'avez fait composer et tirer ce petit fragment; ayez la complaisance de l'envoyer pour dimanche ou lundi au plus tard.

Vous n'avez donc pas fait paraître les deux derniers volumes de Modeste Mignon, que je n'ai pas reçu mon exemplaire? Mercredi, les Petits Manèges d'une femme vertueuse^ paraissent dans le Messager; vous pouvez venir chercher toute la copie jeudi prochain, et je suis en mesure de vous donner sous peu de jours les cinq feuilles et neuf pages de i\ Comédu-: nuMAiNr: qui manquent pour que vous ayez reçu toute la copie due aux termes de notre traité.

Mille compliments.

1. Troisii''mc partie de Déalrix; aiijourdMaii,clle porte le titre ^'un Adidlcre rélrospcclif.

COnRESPONDANGE. 115

A M. THÉODORE DABLIN, A PARIS.

Janvier 18 4 5.

Mon cher Dablin, voici le manuscrit corrigé et les épreuves des Chouans. Dès que j'ai mis un nom ami en tête de chacune de mes compositions, celle-ci vous était destinée ; mais les hasards qui dominent les livres ont fait que, depuis 183/j, les Chouans n'ont pas été réimprimés, quoique plusieurs personnes aient trouvé ce livre meilleur que sa réputation.

Si j'étais de ceux qui marquent dans leur -temps, ceci pourrait avoir une grande valeur un jour; mais ni vous ni moi ne saurons le mot de cette énigme; aussi n'y voyez qu'un témoignage de cette amitié qui m'est restée au cœur, quoique vous l'ayez peu cultivée depuis bien des années.

Tout à vous.

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