‹ Correspondence 1819-1850Chapitre 63 sur 81 · A M. CHAMPFLEURY, HOMME DE LETTRES, A PARIS · texte numérisé non relu

A M. CHAMPFLEURY, HOMME DE LETTRES, A PARIS

Paris, 2 9 février 1848; Monsieur,

La dédicace que vous m'avez fait l'honneur de m'adresser^ est une de ces choses dont on ne remercie que par un serrement de main. Je devrais aller chez vous, et je suis obligé , en raison de circonstances que vous connaîtrez, de vous dire : « Venez me voir. »

Je suis arrivé d'un long et pénible voyage quelques heures avant la révolution ; ce qui explique déjà bien des choses, sans parler du retard de cette lettre.

Vous arrivez, et nous nous en allons; vous êtes jeune, et nous sommes vieux. Moi, j'ai l'espérance pour ce qui vient. Vous donnez l'exemple du respect de ce qui fut et des consciencieux travailleurs; c'est bien.

1. Me Ghampfleury avait dédié à Balzac un de ses ouvrages, Feu Miette.

Si VOUS me faites l'honneur de venir, venez le matin, et songez que je repars dans quelques jours.

Trouvez ici, quoi qu'il en soit, Tassurance des sentiments les plus distingués de confraternité littéraire avec lesquels j'ai l'honneur de vous saluer.

Carnaval ne s'anpelle pas ainsi ; il faut écrire Carnevale-.

CGGXXXVI.

A M. HIPPOLYTE ROLLE, RÉDACTEUR DU COySTITUTJOXNEL. A PARIS.

Août 18 i8.

Mon cher Rolle,

Je vous remercie cordialement des lignes flatteuses par lesquelles vous avez exprimé vos espérances pour la comédie des Petits Bourgeois S et qui me rendront ma tâche bien diflicile. Mais j'ai fait rentrer la pièce dans les limbes du portefeuille ; vous comprendrez facilement les motifs qui me forcent d'ajourner la présentation de cette comédie bourgeoise. Est-ce au lendemain d'une bataille où la bourgeoisie a si généreusemeut versé son sang pour la civilisation menacée, est-ce quand elle est en deuil qu'on peut la traduire sur la scène?

Le directeur du théâtre a pensé comme moi, et il a bien

. i. 11 s'agit de la biographie du musicien napolitain, publiée dans la première édition de Cliicn-Caillou.

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