A MADAME DESBORDE S-VALMORE , A PARIS
Paris, 8 septembre 1848.
Les prières de^s poètes sont des ordres ; ils ne parlent pas, ils chantent, et les écouter, c'est être charmé. Voilà ce que je vous puis répondre, en vous faisant observer que ma porte n'a jamais été qu'ouverte toute grande pour vous ; car elle vous écoute et n'a pas de résistance contre la poésie. Seulement, vous n'avez jamais songé, en votre qualité de poëte, que l'humble prosateur est un travailleur à qui les vingt-quatre heures de la journée n'ont jamais suffi, et qu'il ne pouvait grossir la cour que vous fait un grand nombre d'amis. 11 ne peut qu'agir quand il le faut, et quand il sait qu'il le faut
Tous mes hommages.
Je quitte la France pour bien longtemps; je ne sais si vous me ferez la faveur de venir recevoir mes adieux, et je mets ici un souhait de bonheur pour vous et tous les vôtres. Si je finis par être utile à la Comédie-Française, peut-être un jour M. Valmore y aura-t-il une place que son mérite lui devrait valoir depuis longtemps, et où il
rendrait tant de services et au théâtre et aux. auteurs. Mille compliments pour lui.