‹ Correspondence inédite avec la cour de VienneChapitre 7 sur 49 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

gine, on suit leur développement, on saisit leur œuvre, on quitte le Moniteur, la séquelle des journaux et le fatras des pamphlets, les harangues de tribune et de club, les kilomètres de bavardage abstrait, les phrases qui ne sont que des phrases et dupent l'orateur aussi bien que l'auditoire, le raisonnement verbal qui dissimule le vide de la cervelle, et ne sert qu'à exalter les haines ou à masquer les appétits ; on aperçoit la Révolution, non plus à travers les illusions de la distance, dans le mirage de la légende, sous le tintamarre du drame, mais face à face, en elle-même, telle qu'elle a été, je veux dire telle qu'elle était dans le cœur et dans la tête de ceux qui l'ont faite. Son procédé est la méthode déductive, qui, écartant l'observation, dédaignant l'expérience et l'histoire, construit la société d'après un axiome préconçu. Son point de départ est un contrat social chimérique, conclu d'avance entre des individus fictifs, si mutilés par l'abstraction qu'ils sont à peine des reliquats de l'homme, et que, pour les transformer en unités égales, on a fait d'eux de simples zéros. Son objet et son œuvre sont le socialisme égalitaire et antichrétien, c'est-à-dire l'omnipotence de l'État, le sacrifice entier de l'individu, l'ingérence de l'autorité publique dans toutes les provinces de la vie privée, le droit et le devoir pour la communauté et pour ses représentants de régir despotiquement le travail et les échanges, de fixer les salaires, d'entreprendre et de diriger l'éducation, de niveler les conditions et les fortunes, d'abolir les religions révélées, de proscrire les cultes établis, de gouverner les consciences, de refondre la

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