M. DE VAUDREUIL AU COMTE DE LA CHAPELLE
Recommandation en faveur (le son cousin. — Prolestationsjdi! dévouement. g: Edimbourg, ce 27 njors 1799.
J'ai recours à votre amitié, Monsieur le comte; je me plais à y compter, et je suis sûr que je la mérite pour celle
(1) Du//ieiZ (Jean-François), né vers 1700, mort en 1822. Emigré en 1790 , il était revenu en 1792, pendant la captivité de Louis XVI, et s'était exposé aux plus grands dangers pour communiquer avec le Roi; il avait même été arrêté dans la prison du Temple, et c'est par une sorte de miracle qu'il s'était tiré de cette arrestation, après quoi il était retourné en Allemagne. Il accompagna le comte d'Artois dans l'expédition de l'Ile Dyeu. Revenu avec lui en Angleterre, il fut chargé, conjointement avec le duc d'Harcourt, des affaires du Roi auprès du gouvernement anglais. Il ne rentra en France qu'en 1814, avec la famille à laquelle il était l'esté constamment fidèle. Il mourut dans le dénuement.
que je vous ai vouée. Monsieur a la bouté de demander au Roi son frère, avec beaucoup d'intérêt, le brevet de colonel pour le comte Philippe de Vaudreuil, mon beau-frère, âgé de trente ans. Je vous prie de considérer et de faire remarquer à S. M. que dans l'émigration il n'y a que trois personnes qui aient eu l'honneur de commander en chef les armées : M. le maréchal de Broglie, M. le maréchal de Castries pour les armées de terre, et le marquis de Vaudreuil, père du comte Philippe, pour les armées navales. J'ajouterai que le marquis de Vaudreuil, en récompense de ses services, avait eu l;i promesse du feu Roi que son fils serait colonel dès qu'il aurait vingt-trois ans. C'est pour l'aîné, le chef d'une race fidèle à ses rois et à l'honneur, que Monsieur veut bien demander avec chaleur à S. M. cette grâce déjà promise et qui aurait été effectuée à Coblence même, en 1792, si j'avais été aussi ardent que beaucoup d'autres pour demander. Le mémoire que le marquis de Vaudreuil vient de me charger de remettre à Monsieur explique mieux que je ne le pourrais faire les services du comte Philippe et les titres sur les(juels mon beau-père fonde la liberté qu'il prend pour réclamer les bontés du Roi. Je me flatte de votre appui dans une occasion 011 il s'agit du bonbeur d'un vieillard qui a eu une carrière aussi honorable que celle du marquis de Vaudreuil, et qui serait inconsolable, s'il ne recevait pas cette marque de la satisfaction du Roi pour ses longs, utiles et distingués services. J'ose (\ïvv ((ue le clievalier Bayard ne méritait pas plus que mon beau-père le titre de chevalier sans peur et sans reprociic.
Il faut espérer, Monsieur hï comte, qu'enfin les puissances, éclairées sur leurs dangers, se réuniront contre l'ennemi commun et se rallieront aux principes de la justice et de l'honneur, en mettant notre Roi et nos Princes dans une évidence et une activité, qui sruK's pourront donner confiance et appui aux roya.lisleset aux mécontents de l'intérieur de la France et y produire des diversions utiles au grand but du rétablissement de la monarcliic française, si
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nécessaire à 1 éqiiilihi-e jiolilique du monde. Il n'y a pas un autre moyen d'élonirer IJiydi-e révolutionnaire dont le souffle impur porte au loin la contagion. Malgré mes soixante ans, ma santé, parfaitement rétablie, me laissera assez de forces pour vivre et seconder le courage de mon auguste maître, et je sens redoubler mon ardeur en voyant approclier ce moment si longtemps attendu et si désiré. Paul l*^' s'ouvre une bien glorieuse carrière; une si noble et si vaste entreprise efïacera la gloire de tous ses prédécesseurs, puisqu'elle a pour motifs la i-eligion. la justice et l'honneur.
Je n'ose importuner S. M. en prenant la liberté de lui écrire à l'occasion du mariage de M. le duc d'Angoulème et de me joindre à mon beau-père ; mais je vous prie de mettre à ses pieds mon respect et mon dévouement sans bornes dont je me llatte qu'elle est bien convaincue.
Je vous renouvelle avec empressement l'hommage bien vrai du tendre et respectueux attachement avec le(|uel j'ai l'honneur d'être, etc.