‹ Correspondence intime du Comte de Vaudreuil et du Comte d'Artois pendant l'émigration (1789-1815); (volume 2)Chapitre 3 sur 49 · M. DE VAUDREUIL A L'EMPEREUR LÉOPOLD · texte numérisé non relu

M. DE VAUDREUIL A L'EMPEREUR LÉOPOLD

Fausses démarches de Marie-Antoinette. — Urgence d'agir. — Facilité d'une occupation actuelle de la France. — Désespoir de la noblesse émigrée à craindre. — Loyauté des Princes. — L'Europe a les yeux fixés sur l'Empereur. — Excuses pour une lettre écrite sans aucune mission des Princes.

31 octobre 1791 .

Sire, f

Je commence par demander pardon à Votre Majesté Impériale de ma hardiesse; mais je suis sûr de l'obtenir d'un prince magnanime, dont les vertus et les talents étaient connus longtemps avant que, pour le bonheur du monde, il fût placé à la tête d'un grand empire. Je dois être écouté, quand j'ose plaider la cause du meilleur et du plus malheureux des rois devant son beau-frère et son allié ; je dois intéresser Léopold, quand je lui parle de l'infortunée Antoinette.

Je suis positivement instruit, Sire, que la Reine de France, trompée par les traîtres dont elle est entourée, a écrit à Votre Majesté Impériale pour l'engager à ne point agir et à la laisser faire. Ah ! pour son propre intérêt, Sire, ne la croyez pas! Elle présume trop de ses forces et de son habileté dans des temps aussi orageux et dans des circonstances aussi graves. La Reine ci^oit que le mépris apparent et mérité dont se couvre la nouvelle législature produira la dissolution de cette indigne assemblée et ramènera à l'autorité légitime. La Reine s'abuse. Tous ces mouvements éphémères n'aboutiront quW de nouvelles convulsions, à de nouveaux crimes, si la force ne soutient pas les bien-intentioimés et n'en impose pas aux révolutionnaires. C'est encore l'ancienne et détes-

42 CORRESPOxNDANCE INTIME

table Asemblée, qui, après avoir renversé l'Empire, conduit en ce momeal la capitale; c'est elle qui déjoue la nouvelle lé^nslaturo el qui aspire à se faire redemander par ce peuple aveugle, qu'elle dirige à son gré et dont elle paie encore les satellites avec l'or qu'elle a volé au trésor public. C'est dans le sein de la première Assemblée nationale qu'ont été choisis les hommes vils et criminels, un'Beaumetz, un Thouret, etc., qui composent à présent le conseil des Tuileries. La Reine se flatte de les avoir gagnés: elle croit devoir à leurs avis et à leurs soins quelques signes trompeurs de faveur populaire, quelques cris de : Vive le Roi^ vive la Reine! avec lesquels on surprend sa bonne foi et sa crédulité. Ah! je les ai entendus dès le commencement de la révolution, ces funestes hurlements d'un faux amour ! Ils ressemblaient aux cris de mort des sauvages cannibales, et me présageaient dès lors tous les horribles événements dont ils ont été suivis.

Je conviens que l'opinion change même dans la capitale ; quant aux provinces, elle y est presque entièrement retournée en faveur du Roi, et la preuve positive en est dans la prodigieuse émigration actuelle des provinces. C'est pour cela qu'il est urgent d'en profiter, en donnant de l'appui aux fidèles et en frappant de terreur tous les conjurés.

Qu'il me soit permis de dire à Votre Majesté que la manière dont les malheureux Français sont traités en Brabant, que la dernière ordonnance relative aux émigrants de France que j'ai lue dans les gazettes, augmentent l'audace des révolutionnaires et feront durer nos troubles, dont cependant le vœu de Votre Majesté est de voir la hn: qu'il me soit permis d'avertir Votre Majesté que, si elle tarde à se déclarer hautement contre les perturbateurs du repos public, contre des rebelles, contre les geôliers de notre Roi, contre les assassins de notre Reine auguste et jadis adorée (des poignards ont été enfoncés dans son lit, la nuit du 5 octobre), contre les ennemis enfin des rois et de Dieu, tous ces monstres, s'ils sont conduits

par des scélérats iiabiles, se réuniront pour former un plan de défense, pour fortifier les frontières, pour établir de l'instruction et de la discipline dans les troupes nationales et dans les troupes de ligne, pour consolider une force militaire, et alors il deviendra plus difficile de les réduire; il faudra reconquérir ce qui, dans ce moment, ne ferait pas la moindre résistance, puisque les troupes nationales ne sont ni instruites, ni aguerries, })uisque l'indiscipline des troupes de ligne sans chefs, sans officiers, ne les rend redoutables qu'à leur propre parti, et puisque le petit nombre de régiments fidèles qui sont en France se réuniront aux secours que Votre Majesté Impériale daignera nous accorder.

Le moment actuel est donc le plus favorable que Votre Majesté puisse saisir. Elle sera étonnée elle-même de la facilité avec laquelle elle fera rentrer dans le devoir des peuples égarés, qui se repentent déjà de leur égarement. J'ose certifier à Votre Majesté Impériale que vingt mille iiommes de ses troupes et vingt mille Prussiens qui paraîtraient sur les frontières de Flandre, de Lorraine et d'Alsace, décideraientpar leur seule apparition la soumission de ces provinces, oii les Princes entreraient sans obstacles, à la lète de la nombreuse nol)lesse dévouée au Roi et des trou- ])es hessoises qui seront aux Princes du moment que Votre Majesté voudra bien leur donner ses l)ons offices, déjà promis, pour cette négociation. Dans ce même moment, l'Espagne, le roi de Sardaigne et les Suisses, décidés par l'exempb; et le vœu de l'Empereur, n'auront que de très légers efforts à faire pour enlever la Franche-Comté, le Dauphiné, le Vivarais, le Gévaudan, le Roussillon, le Béarn, la Navarre, l'Albretet le Languedoc, déjà bien disposés. Six mille Espagnols et quatre mille hommes des troupes piémontaises suffiront |)our les provinces méridionales, tandis (pie (juatre ou cimi mille Suisses entreraient on Franche-(^omté, (|ui n'attend (jue (juelques secours pour se déclarer contre nos tyrans et en faveur do nos légitimes souverains.

D'ailleurs, Sire, ce sont les entrepi-ises partielles et hasardées qu'il est important d'arrêter, parce qu'elles peuvent avoir des suites funestes. Il n'y a qu'un moyen pour y parer: c'est que Votre iMajesté déploie promptement des forces. Alors vous n'aurez pas à combattre. Sire. Toute la France se soumettra avec joie aux justes lois que vous voudriez dicter ; tous les Français Udèles, tous les Français repentants tomberont aux pieds de leur auguste libérateur. Léopold sera le vengeur des rois, le soutien des lois, le pacificateur et l'arbitre du monde.

Mais si Votre Majesté ne se presse pas de déployer sa puissance, je ne dois pas lui dissimuler que dix mille gentilshommes français, expatriés et manquant de secours, seront forcés par l'honneur et la nécessité à se faire jour l'épée à la main pour rentrer dans leur coupable patrie, pour y défendre leur religion, leur Roi, leurs propriétés, leurs épouses et leurs enfants, ou pour s'enterrer sous les décombres de la monarchie. Alors les Princes, sans moyens pour les faire subsister et les contenir, seront entraînés par eux et ardents à partager leur soif. Nous louchons, Sire, à cette époque effrayante ; mon devoir est de vous le dire. Tous les malheurs qui en pourront résulter intlueront sur le repos de l'Europe. Votre cœur sera-t-il tranquille alors, Sire, puisque vous auriez dû prévenir ces calamités?

Ce langage est trop hardi peut-être ; mais, Sire, quels calculs, quelles craintes doivent m'arrêter, quand je vois mes souverains et mon pays sur le bord de l'abîme?

Que Votre Majesté Impériale vienne donc à l'aide de deux princes, qu'il serait bien impolitique de vouloir séparer des affaires qui les intéressent par tous les droits que donnent la naissance et l'opinion. Le Roi n'a pas de sujets plus fidèles qu'eux; l'ambition, les calculs personnels sont étrangers à leurs cœurs, et cette opinion, qui est tout entière pour eux, ils ne s'en serviront que pour consolider la puissance et le bonheur d'un frère qu'ils adorent; pour conduire aux pieds du trône cette noblesse

fidèle qui les a suivis et pour donner à sa tête l'exemple de l'amour et de l'obéissance.

L'Europe a les yeux fixés sur vous, Sire. Peut-être ignorez-vous son opinion, parce que la vérité arrive rarement aux rois. On est étonné de votre immobilité, qui entraîne celle de toutes les puissances. On sait que les mouvements de Léopold sont tous grands etmagnanimes; mais on dit que vos nobles projets sont souvent arrêtés dans leur exécution. Cependant on croit encore que la stagnation apparente de Votre Majesté Impériale caclie quelque grand plan pour le salut de la France; c'est ce que l'Europe doit en eflét attendre du concours du Nestor du siècle, des ministres habiles et des grands généraux qui composent le conseil de Votre Majesté, et surtout des ressources supérieures que Votre Majesté trouvera dans ses lumières personnelles et dans les sentiments de son cœur.

Ah! suivez. Sire, ces impulsions de votre âme! Elles vous acquerront une gloire plus digne de Votre ]\Iajesté que celle qu'elle obtiendrait par les calculs de la plus habile politique. D'ailleurs il n'est, en ce moment de crise, qu'une seule politique pour tous les souverains : c'est celle de se réunir pour faire respecter leur pouvoir sacré et pour anéantir une secte impie et ennemie du trône et de l'autel.

Ne croyez pas, Sire, que la maison de Bourbon, que la Russie et la Suè(h^ renoncent à la gloire de sauver la monarciiie française; ne croyez pas que les princes de l'Empire abandonnent leursdroits envaiiis en Alsace eten Lorraine. Soyez donc le digne chef de laplus grande, de la plus facile entreprise; soyez l'auguste défenseur de la noblesse, qui soutient les monarchies, et de la religion, ce frein nécessaire et respectable qui contient les peuples ! Croyez, Sire, que si le foyer même de l'incendie (jui nous consume n'est pas étouffé, les flammes embraseront l'Europe et surtout nos voisins.

J'ajoute encore que, si la France doit son salut au.\

secours de Votre Majesté Impériale, la reconnaissance des Français rejaillira sur leur aug-uste Reine, et l'intéressante Antoinette sera bientôt déJommag'éedes outrages qu'elle a reçus par les hommages et l'amour d'une nation rendue à son premier caractère. Mais, si on peut croire que la Reine se soit opposée à votre marche. ..ah! Sire,... je m'arrête l Mon attachement pour cette princesse, mon respect, ma reconnaissance pour elle m'empêchent de tracer la suite de malheurs que je redoute, moi qui ne serai heureux que quand je verrai la France à ses pieds.

C'est parce que j'ai vu qu'il était publi({uement établi à Vienne que l'Empereur n'agissait pas, parce que la Reine le prie de ne point agir et parce que j'ai senti les inconvénients que ces bruits pouvaient avoir contre la Reine, tant pour le moment que surtout pour la suite, qu'étonné, effrayé de cette publicité, j'ai pris le parti d'en instruire Votre Majesté, et en même temps, quoique sans aucune mission des Princes, j'ai pris la liberté démettre sous ses yeux des réflexions dictées par le plus pur zèle.

Une seule raison peut suspendre les mouvements de Votre Majesté Impériale ; c'est si elle espère encore que le Roi et sa famille échapperont à leurs geôliers. Dans ce cas, et si cette évasion doit être prochaine, il est peutêtre inutile que les Princes en soient instruits. Mais si cette époque doit être plus éloignée, il est bien important que les Princes soient prévenus, afin qu'ils emploient tous leurs efforts pour arrêter les mouvements qui pourraient nuire au succès d'une évasion tant désirée.

Je termine ma lettre, comme je l'ai commencée, Sire, en implorant le pardon de ma témérité ; mais cette témérité même est un hommage que "*e rends à vos vertus. Je suis, etc.

XGIX M. DE VAUDREUIL AU COMTE D'ARTOIS

Insouciance à Vienne pour les affaires de France. — Pas un mol de Coblence. — Gustave III choqué du silence du comte d'Artois. — Mort de Potemkine. — L'auteur part le 8.

(Vienne), ce 2 novembre 1791.

Flachslanden me mande que vous avez eu la bonté de m'écrire, Monseigneur, et de me donner quelques jours de plus; mais je n'ai pas reçu votre lettre. Je profiterai cependant de cette augmentation de congé, et j'en profiterai forcément, parce que j'ai besoin de me refaire de plusieurs jours de fièvre que j'ai eue enroule et depuis monarrivée ici. Tout ce que je vois, tout ce que j'apprends ne contribue pas peu à me rendre malade. L'insouciance de ce pays-ci relativement à nos malheurs est au delà de toute expression. Je ne désespère pourtant pas que les yeux ne s'ouvrent et que la lumière ne vienne frapper, venant à la fois du nord et du midi, de la Russie et de l'Espagne.

On mande que vous allez vous établir à la ville. Je voudrais bien y trouver un petit logement pour Pauline, son mari et moi. Je n'ose vous supplier de charger quelqu'un de me trouver cela.

Le duc de Polignac ne reçoit pas un mot de Coblence ; il serait pourtant nécessaire qu'il lût un pou plus au courant des nouvelles. Tous vos agents se plaignent qu'on ne leur écrit pas, et le baron d'Escars vous a sûrement instruit que le roi de Suède est étonné et choqué que vous ne lui écriviez pas vous-même. On ne peut pas dire qu'il ait tort; il se conduit assez bien pour qu'on lui marque confiance et reconnaissance. Il était convenu que tous vos agents recevraient un ou deux bulletins par semaine, et cela est indispensable. Veillez Aouc, Monseigneur, à ce que cela soit fait.

48 COURESPONDAi\CE INTIMli

Je ne suis pas content de la santé de la comtesse Diane, ni même de celle de M*"^ de Polignac. qui a de vives douleurs au foie et qui recommence des remèdes. Pour Idalie, accouchée avant terme, elle ne s'en porte que mieux, et je crois que cet accident sera bientôt réparé, s'il ne l'est déjà.

Je suis ici aussi content des Hongrois que je le suis peu des Autrichiens. Les premiers sont très sensibles à nos malheurs et ardents pour qu'on y remédie ; les autres au contraire sont ou indifférents ou môme bien aises de ce qui nous arrive.

La mort du prince Potemkine est un bien grand événement; mais je ne crois pas qu'il change rien aux nobles intentions de l'impératrice, car celle-là a ses idées à elle, indépendantes des caprices de ses ministres, et les assignats ne parviennent pas en Russie.

Je compte être en état de partir le 8. Si la gelée continue, j'irai assez vite; mais si le dégel vient, avec la prodigieuse quantité de neige qui est déjà tombée, je ne sais com ment j'arriverai. Je suis, je vous l'avoue, effrayé des de ux cent cinquante lieues que je vais faire dans cette saison. L'hiver s'annonce ici d'une manière menaçante et deux mois avant le temps ordinaire.

Je vous supplie, Monseigneur, de mettre aux pieds de Monsieur l'hommage de mon respect et de recevoir avec V otre bonté ordinaire celui de mon dévouement et de ma tendresse.

J'espère que le petit accident qu'a eu l'hôtesse de M™* Grand n'a pas eu de suite; on me mande que ce n'est qu'une transpiration arrêtée.

Galonné ne m'a pas écrit un mot, pas plus que vous, et je vous boude tous les deux.

L'auteur ne partira que le 12. — La lettre annoncée par Flachslandenn'a pas été reçue. — Les productions du séjour d'Ems.

(Vienne), ce 9 novembre 1791.

Quelques raisons.dorit je vous rendrai compte, retardent mon départ de deux ou trois jours; mais je partirai sûrement samedi 12. En outre d'une raison impérative et que vous approuverez, j'ai eu, pourne pas partir aussi promptement, le motif de ma santé, de vives douleurs d'entrailles, mais plus que tout cela, je l'avoue, la peine de quitter mes amis peut-être pour longtemps, peut-être pour... Je m'arrête, car je ne partirais plus. Vous concevrez plus aisément que personne ce qu'il m'en coûte, parce que vous connaissez l'amitié , et parce que vous connaissez mes amis.

Vous vous chargerez donc de mes excuses auprès de Monsieur, qui sûrement ne doute pas de mon zèle, et vous voudrez bien lui dire que, Flaclislanden m'ayant écrit que rien ne pressait mon retour et que vous meV aviez mandé, j'ai cru pouvoir, sans lui déplaire, prendre cinq ou six jours de plus. Je n'ai pas reçu cette lettre de vous que Flaclislanden m'a annoncée de votre part, et je conviendrai que j'en ai eu un peu d'humour. Qui en a eu bien davantage?... vous le devinerez aisément. Je vous préviens qu'on vous boude bien fort pour n'avoir pas écrit un mot, un seul mot depuis mon départ de Coblence. On espérait que ce mot serait : « Restez encore »,cton l'attendait avec lùen de l'impatience.

Je partirai d'ici peu content en apparence ; mais je pars persuadé pourtant que la bonne volonté y est, et que l'on attend des circonstances pour se prononcer, et qu'on II. 4

50 COHRESPOxNDAAGE liNTIME

cache avec soin des projets dont on craint surtout de laisser pénétrer le mystère avant terme. La poste ne me permet pas de vous en dire davantage.

Daignez vous charger de dire à Galonné que je ne lui écris pas, parce qu'il ne répond jamais, pas plus que vous.

Je suis fâché que Roll ait pris trop tôt, à mon sens, son parti. Je pense qu'il est pressant de le renvoyer à son poste.

J'ai su qu'une de nos plus aimahles amies a été incommodée; mais j'ai appris avec joie que son incommodité n'a pas eu de suites. M""* de Guiclie m'a dit de sapart que je pouvais rester quelques jours de plus.

J'espère que quelques bonnes âmes se seront occupées de m'avoir un bon et chaud logement, et qu'il y aura de quoi y loger Pauline. J'ignore absolument si le marquis de Vaudreuil est arrivé à Coblence, et je n'ose, moyennant cela, lui écrire.

Je ne conçois pas que nous n'ayons pas encore reçu de réponse aux dépêches portées par Fontbrune et à celles portées par Chabannes.

Je m'attends à quelques productions du séjour d'Ems. Je m'y attends d'autant plus que la première production en annonçait une seconde, qui tarde trop.

Vous allez avoir M. le comte d'Oxenstiern, et je vous en félicite. Je voudrais que vous vissiez aussi arriver Las Casas; j'ai lieu de l'espérer.

On me charge, malgré l'humeur, de joindre à mes hommages ceux de toute la colonie.

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