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l'affaire des diamants 83
.le reçus plusieurs lettres de rabandonné qui vous accusait de demander vengeance. Bientôt, vous le vîtes et, sous le prétexte de faire votre portrait j^ vous avez trouvé moyen de le calmer. Cependant cette position devenait intolérable. 11 fallut l'éloigner. Il fallut, pour cela, de l'argent. Alors, quand je fus à Busagny, vous me confiâtes tout et, me trouvant un mari dans la personne de M. Delvaux, vous fîtes tous vos efforts pour me convaincre de l'épouser. 11 fut convenu que vous me confieriez vos diamants, afin que je yous prête dessus ou que j'essaye de les vendre pour payer les termes de la pension convenue.
Le mariage ne s'arrangea pas, mais vous me laissâtes les diamants et, comme je craignais qu'on ne les découvrît dans la visite que Ton fit, nous les avions démontés ensemble et cousus dans un sachet.
Lors de mon mariage, je conservai ces malheureux diamants et, quand approcha le mois de janvier, pour le payement, je vous écrivis que j'avais confié à mon mari le dépôt que vous aviez déposé entre mes mains, que je n'avais pas d'argent à vous prêter, mais que vous parleriez à Lecointe,quo nous vendrions les bijoux et les placerions sur la forge, à 10 pour loo, avantage pour vous.
Tous mes chagrins m'ont empêchée depuis de m'étonnerde votre silence ; puis, Marie, je croyais en vous. Oh ! faites que je retrouve mon amie. Conduisez-vous noblement. Pour ma famille, pour mes amis, je ne puis me taire. Me sauver, c'est aussi
VOUS sauver. Je suis obligée de confier ce que je vous dis à mon avocat. Tous ces faits seront connus ; vous savez que j'ai les preuves dans les mains. Les voici, ces preuves :
Les lettres écrites par vous et par lui ;
Vos lettres à moi ;
Le secret que vous me demandez, et qu'une fois je vous ai gardé, au risque de me brouiller avec ma tante Garât ;
La lettre dans laquelle vous médites qu'il chantait dans les chœurs de TOpéra, qui fera comprendre que l'on peut payer un silence et qu'il est des fonctions où on spécule sur l'honneur d'une femme ;
Ensuite, les lettres qu'il m'écrivit après votre mariage, — vous savez... la tristesse si bien commentée, qui suivit votre mariage ;
La précipitation et le secret que vous y avez mis, craignant opposition ;
Votre triste état de santé, causé par le tourment et cessé aussitôt le silence acheté et après mon départ de Busagny...
Voulez- vous d'autres preuves pour moi? Le secret de ce dépôt confié à mon mari et dont je lui parle dans une de mes lettres, en lui disant de les vendre ; le soin que j'ai de les lui faire vendre chez Lecointe, que je sais votre bijoutier et chargé par votre mari de découvrir les diamants volés, mais dans lequel vous me dites avoir toute confiance et vouloir prévenir (sic) avant la vente. J'ai la lettre écrite à mon mari, et le timbre de la poste fait foi.
Mais pourquoi continuer, pourquoi ne pas par-