MARIE GAPPELLE ET CHARLES LAFARGE G
baisers ; je veux l'envoyer des miens ; car tu n'as rien gardé de moi : lu ne penserais peul-être plus à Ion Charles.
Embrasse souvenl ma bonne mère pour moi ; dis-lui que je l'aime el que je ne l'oublie pas. Je ne veux aller au speclacle et à l'Opéra qu'après avoir tout terminé ou que je serai très sûr: car, après avoir tout terminé, l'impatience d'aller me jeter dans les bras de ma bonne Marie ne me donnerait peutêtre pas le temps de choisir mes jours. Je l'aime mieux toi uneminute, que tous lesopéras du monde el pendant des années entières.
CH. LAFARGE (l).
({) Ne terminons pas ces lettres des deux époux sans citer un extrait de leurs deux testaments. Faits avant le départ de Charles Lafarge pour Paris, ils prouvent que, si l'esprit de dissimulation jçouvernait ce ménai^e, c'est plutôt à celui qui s'en rendit trois fois coupable par trois testaments contradictoires qu'il faut en laisser la plus grave responsabilité.
Le premier testament de Ch. Lafarge stipulait:
« Aujourd'hui, 28 octobre 1889, je soussigné Charles-Joseph-Dorothée Pouch Lafarge ai fait mon testament olographe, comme suit :
« Je donne et légué à Marie-Fortunée Cappelle, ma chère épouse, tout ce dont la loi me permet de disposer, c'est-à-dire la totalité des biens que je possède, en propriétés, créances, successions échues et à venir. Je ne fais aucun legs, ni à ma mère, ni à ma sœur, mais je prie ma bonne Marie de ne jamais oublier ma mère que j'aime tant, de ne pas la quereller et de ne la laisser manquer de rien... »
De son côté, M"^^ Lafarge avait communiqué à son mari son testament unique par lequel elle ne lui léguait que l'usufruit de sa fortune personnelle, laissant la nue-propriété de ses biens à sa sœur Antonine, mariée avec M. de Violaine.
M. Lafarge, après ce premier testament, en fît deux autres à l'insu de sa femme, le premier en faveur de sa mère, et subsidiairemcnt le second en faveur de sa sœur. Au chap. LUI de ses Mémoires, Marie Cappelle raconte comment M™» Lafarge mère fouilla tous les meubles du Glandier pour faire disparaître tous les papiers qui pouvaient compromettre sa succession, à la veille de la mort de son fîls râlant dans une chambre voisine.