XXVI
LneotlWifine de P6Hùç;aI s'est conservée pendant ^ilSieUt« siècles dans la royale maison d'Alphonse. 9éé sWoeesàeurs en avalent augmenté féclat et la puissance par les conquêtes qu'ils avaient faites en Afrique et dans les Indes. Tous les historiens se sont pitt à donner aiit Portugais les louang^es qu'ils ont ihérité d'ôbtenik- poUr leur courage et leur har- «MesSe dané ce^ entreprises si élofgnéés. Parmi les avantagea que leur ont vahi^ ces conquêtes, il flltit compter cejui de pofter la religion chrétienne dans les royarime» Idolâtres. Td était l'état de ce royaume rers l'an i557 , quand Dom Sébastien ftit appelé au trône. Pendant sa minorité, la régence /ht confiée à Catherine d'Autriche, son aïeule. Dom Alexis de Ménezès, renommé pour la èagesse, ainsi que pour l'expérience qu'il avait toujours montrée, fut nommé gouverneur du prince. Ce sage gouverneur n'avait rien oublié pour fbrmet» de bontie heure le prince à îa vertti. Les sentfmenlà qu'on n avait cessé de lui inspirer étaient ^dns de gloire et digtiès d'un éouverain * mais des ivUSè ià âobki!ifiir^t pèrléei tr6|^ Ma. led eutreill^s
lie MéiiertB arec te prince n «vdietit roulé ^é We» .
lés entreprises que les rois ses prédécesseurs avaient
tentées et glorieusement eiéciitées datift les Indes et
snr les côtes d* Afrique. Des projets de (Conqnèteft
gfgante^ues étaient devenus l'objet de ses entrée
tiens familiert* Les voyageurs qu*il avait vus revenir
ch» plkya lointains ^ et les oilBciers qu'il s' était at"
tachés dès son enfance, s'étaient plù à exciter èâ
lui ^es did{)oattions. C'est ain^ que l'ambltit)!!
a*était emparée de âon ame^ et y étouffa lë )^il
d' heureuses dispositions quô la nature ^ avait
s^iiiéeâ. La guerre civile qui s*était aMuniée dané
le royaume de Marofî était une des o€ôas}6n^
les plus favorables qui se fussent présentées deptii^
loUg^temps. Dès^lors la conquête de Maroc fht
réfi(xlue; et la perte d'une des plus belles arméei
qu'ait vuesleBortUfal, ha mdrtde tout les ^tgnèurs
que Dom Sébastien avait for^â à te suivre , et 11» .
fin tragique de ce priticc sontdueâu cette résolution
inisenaée*
XXVlt.
Suite du même sujet.
Dôm Sebastien , après avoir rassemblé une armée k peine composée de treize mille homme!
qu'il avait eiercéë avec un Soin extrême,- ^ait débarqué en Afrique. Moluc, roi de Maroc, averti de« desseins du monarque Portugais, avait réuni sei loupes I elles étalent composes de vieui soldats aguerris que éet tictDh^ëè fnultipHêeâ àvdlëht rèndtié fcdoataMcs. GeshiBdèles,t^é^ndusdandlacampagnè,
avaient ire^ Tordre d'attirer, par une fuite sitnu* Ice, Ies.portugai84es bords de la mer, où ils s*étaient reti^ancUés. Cette ruse eut l'issue qu'on en avait espérée : et leç portugais se virent contraints d»' accepter la bataille. Les deux armées s'étsmt ébranlées et s'.é;^t chargées avec fureur , tout se mêla bientôt. L-inCanterie chrétienne, soutenue des yeux de sqi:i VQi, ei?ct, bientôt eufoncé celle des, Maures. Le duc d'AyeÏTQ avait même poussé les cavaliers qui lui étaient opposés jusqu'à l'endroit ou s'étaient postés le roi maure et ses officiers. La victoire semblait assurée pour les chrétiens; mais la cavalerie des injures., bien plus nombreux qu'on ne l'avait cru , avait formé un grand cercle, et s' étant reserrée à. ipesure que les extrémités s'étaient approchées, elle eut bientôt enveloppé la petite armée de Dom. Sébastien. Los Maures ayant ensuite chargé avec fiireur la cavalerie portugaise, celle-ci, accablée parle ijiombre, était tombée, en se retirant, sur l'infanterie, et le désordre, la confusion qu'elle y avait portée semblait présager sa défaite. Les infidèles s étant jetés aussitôt le cimeterre h la main dans ces bataillons ouverts et renversés, vainquirent sans peine des gens étonnés , et déjà vaincus par la frayeur qui s'était emparée d'eux. « Les uns , disent les historiens contemporains, se sont jetés à genoux, et ont demandé la vie f les autres ont cherché leur salut dans la fuite ; mais comme ils étaient enveloppés de tous côtés , ils ont rencontré partout l'ennemi et la mort. » L*imprudent Sébastien, victime de son ambition, et du peu de prévoyance qu'il avait montré, a
péri lui-même; il a trouvé la mort, qu'il a, Cnei*-
chée pour ne pas surrivre à la perte de tant de gend
ide qualitéi que les Maures ont massacrés, et que lui-^
même avait, pour ainsi dire, entraînés à la boH*^
chérie.
Quelque grands que soient les malheurs dont nous
sommes affligés , nous devons les regarder d'un œil
stoïque. Les hommes courageux ne se sont jamais
laissé abattre par l'infortune , et d'ailleurs les cala*
mités que nous avons vues fondre sur nous , sont des
épreuves que Dieu a cru nécessaire de nous faire
supporter , pour reconnaître si nous nous sonunes
rendus dignes des faveurs que peut-être il a résolu
de nous prodiguer. Au surplus , ces manieurs que
nous avons jugés insupportables, ne nous ont souvent
paru tels que par Tidée que ^ous nous en étions
formée; et peut-être les aurions-nous trouvés légers,^
si nous nous étions servis de notre raison pour k|
juger. Nous craignons, par exemple, la guerre.
parce que l'opinion vulgaire nous a accoutumes à la
craindre. Mais la guerre, pourquoi l'avçns-nous
placée au rang de ces fléaux qi^e les hommes oot le
plus redouté de supporter? c'est parce que la pau-^
vreté et la mort se sont toujours montrées les çom-
pagnes de la guerre. Mais qu'on y prei>ne,gard€f, c^
ne sont pas là de véritables maux. Que , àfi gensj
probes n'a-t-on pas vus rechercher la pauvreté J
Diogène , Aristide , et tant d'autres philosophas ^pie
nous avons entendu vanter ne se sont^ils pas glorifiés
de leur misère ? Quant à la mort, elle n'a toujours
GeRRiQK hbs PAih*icfP£s. 4
effrayé que ceux que leur dépravation a forcés de s*écarter du sentier de la \evtn , et qui se sont joués des hommes et des dieux ; mais les gens de bien ne Pont jamais crainte , car ils Pont considérée comme là fin des combats qu'ils ont eus k soutenir dans cette vie. Au surplus quelque malheureux que le sort nous ait rendus , notre infoi*tune n'est jamais aussi grande que nous nous Tétions imaginé , puisqu'elle ne nous a jamais empêchés de faire un peu de bien , et le moyen de ne pas craindre la mort, c'est de nous y préparer en employant bien le peu d'années que la proyidence nous a départies.
Le peuple romain, instruit de la division qu'il y avait eu dans le sénat à l'occasion de l'abolition des dettes, et informé des opinions difterentes qu'avaient soutenues les deux consuls, avait donné autant de louanges à ServiliiK qu'il en avait donné peu à Appius. Les plus mutins s'étaient attroupés de nouveau ; des assemblées secrètes avaient été tenues la nuit dans des lieux écartés : un trouble, une iigitation extrême s'était répandue partout ; lorsque tout-à-coup une sédition plus générale que toutes celles qu'on avait vues éclatej* , fut excitée comme par hasard. Quelques plébéiens chaînés de fer s'étaient jetés dans la place publique comme dans un asile. Leurs habits étaient déchii^és , ils étalent pâles et défigurés ; leur barbe en désordre , leurs cheveux fU^ils avaient laissés croître , rendaient leur visage
'(75) affi^t. On te$«tit bientôt recontnis pour te plupart, et quelques personnes se souvinrent de les avoir vus presque tous combattre avec valeur dans les armées. Ils montraient les cicatrices des blessures qu'ils avaient reçues dans les différentes batailles où ils s'étaient trouvés ; ils nommaient les consuls sous lesquels ils avaient servi , et citaient les distincûons qu*ils en avaient reçues. Bientôt la multitude , les ayant entourés ^ les avait interrogés avec empresse- Hient sur la cause de Tétat déplorable où ils étaient réduits, sur les malheurs quils avaient eus à souiTrir.
Même sujet.
Un de ces malheureux dit que , dans la dernière . guerre qu'on avait faite contre les Sabins , non seulement il n'avait pu cultiver son petit héritage , mais que 1rs ennemis mêmes, dans des excursions qu'ils avaient lentées heureusement ae ce côté, s'étaient emparés de sa maison, l'avaient piUée et brûlée ;. que les besoins de la vie et les tributs qu'on les avait obligés de payer, lui et ses en&nU, lés. avaient forcés de faire des dettes ; que les intérêts, s'étant insensiblement accumulés , ils s'étaient vus; réduits à la triste nécessité de céder leur héritage pour en acquitter une partie ; mais que leurs créanciers impitoyables ^ n'étant pas encore entièrement payés, les avaient fait traîner inhumainement en prison ; que pour les obliger à accélérer lit. paiement des sommes qui restaient dues y ces bon^*
mci cmth t^kfkmi empressés de les Uyrét k \«afû esolayes qui j par leur ordre , leur avaient déchiré le corps ; eu même temps il montra ses membres tout meurtris des coups de fouet qu'il en avait reçus. Déjà la multitude , touchée d'un traitement si bar*bure, avait poussé mille cris d'indignation c(»itre les patriciens. Cette nouvelle s'étant répandue en mi instant dans toute la ville , tous s'étaient bientôt trouvée rassemblés sur la place. Peu après , ceiu que l^urs créanciers avaient aussi contraints de rester im^ h^ fers s'étalent échappés; il s'était trouvé bientôt des chefs et des partisans de la sédition. L'autorité des magistrats qu'on avait jusqu'alors respectée , est méconnue, et les consuls, qui étaient accourus pour arrêter ce désordre par leur présence , entourés du peuple en fureur, ne trouvent plus ni respect ni ^Téissance.
Suite du même sujeU
Pendant cette scène de désordre , lès patriciens s^étalent assemblés. Une discussion tumultueuse S*était engagée : les différents avis qu'on avait entendu soutenir les jours précédents pour ou contre ^abolition des dettes, furent reproduits avee une nouvelle chaleur. Appius et ses partisans paraissaient décidés à ne se relâcher en rien de la sévérité des mesures qu'on les avait entendus conseiller contre les déWteurs insolvables ; Servilius et quelques autres patriciens , d'une opinion tout opposée , s'étaient cnqK>rté8 en reproches contre Àppius« Les patrideni
s'étaient partagés entre ces deux grands hommes , et déjà de grands cris qu'avaient arrachés la différence de» avis et l'opposition des sentiments ^ s'étaient fait entendre , lorsqu'une trempe de cavaliera , arrirés k toute bride , app(H*tent la nouTdle qu'une armép de Yôlsqties marchait droit à Rotne. Cette nourelit iUt reçue bien différemment par le sénat et par )^ jpeuple. Déjà les sénateurs^ leurs clients et les plHp riches pUbéiens, efivayés du danger ^ avaient ooium aux armes, làsâs ceux qui étaient chargés de dettes^ acvaient déclaré qu'ils étaient décidés à ne pas rl^ quer dans cette guerre une vie qu'ils avaient e». posée tant de fois , et tous avaient refosé opiniâtre^ ment de donner leurs noms pcmr se fitoe enrôla». Tout était perdu, si Servilius^ fidèle à l'esprit de m^ dération qu'il avait toujours montré^, n'eàt oonjufé les citoyens de le suivre , et s'ils ne les eût décidés 4 prencke les armes parla promesse farmelle que toute satisfaction, au sujet des dettes^ serait donnée «n peuple. Cette déclaration qu'on aviût tamt désiré d'otiA»nir, ne fut pas plus t^ publiée que les citoyens avaient couru &i foule auprès du oonsul ^ et s'étaient fait enrôler. Lies VolsqUes qu'on avait vus s'avancer avec tant de fierté , furent vaincus ; et le èonsul pour r^ compenser sea soldats de la valeur, de la bralNHire quils avaient déployée^ leur abandonna le pillage du camp ennemi , dont ils s'étaient emparés^ La pib*tie des dépouilles qu'on avait toujours réservée pour le trésor public, ne fut point, pour cette fois, réclamée par le consul : tout le butin ^ dont il4 s'étaient
rendus «fiitresy fut laissé %ut soU^tSt
De tous les malheureux chevaliers du Temple renjerhiés dans les cachots au premier moment de la proscription qu on avait décrétée contre eux , il n'en ^tait resté que quatre en France : Jacques de Molay , grand*maître de Tordre , Guy , Péralde et le grandprieur d'Aquitaine. La cour de Rome s'était réservé «le prononcer sur leur sort ; ell« les avait sœmnés de répéter en public ks aveux qu'ils avaient faits devant les tribunaux, et deux cardinaux furent envoyés pour être présents à cet acte solennel. Ces quatre person* ^ages sont présentés au peuple sur un échafaud dressé dans le parvis de Notre-Dame ; près d'eux des bourreaux ont construit un bûcher pour les ^avertir du sort qui leur est réservé , s'ils ne remplisient pas les conditions qu'on leur a imposées. On lit à' baute voix les aveux qu'ils avaient faits des abomi- -aattoBS qu'on avait reprochées à leur ordre. Un des 4attnistrës de Rome les somme de confesser de nou- Teàu les crimes qu'ils avaient déclaré avoir commis. Alors le grand-msdtre s'avance, et élevant tes mains avec peine à cause des chaînes dont on les avait chargées , il dit : « J'ai trahi ma conscience : » les crhnes qu'on nous a imputés, les horribles im- ;» piétés dont on nous a accusés sont autant d'impos- » tures que la plus horrible calomnie s'est plu à in- » venter contre nous. Les templiers se sont toujours -» montrés fidèles à leur Dieu et à leur roi ; je mérite » la mort pour les avoir accusés injustement. Puisse » la miséricorde de Dieu ^ que je n*ai pas mérité
9 cTobtenir , me pardonner le peu de fermeté qtui » j'ai montré ! >» Les juges restent frappés de surprise. Les templiers sont ramçnés dans leurs cachots. Sans être entendus de nouyeau, ils furent condamnés au supplice du feu, et la sentence fut exécutée le lendemain. Au milieu des ilammes , et jusqu au dernier soupir, d»t un historien, on les a entendus protester de leur innocence , et citer le roi et le pape au tribunal de Dieu; Clément dans quarante jours, el Philippe dans Tannée. Témoin de la constance que ces inibitunés ont montrée , le peuple les a toujours crus innocents; cette prédiction Ta surtout frappé , et après Favoir yiie s* accomplir, nul n a douté de Todieuse injustice de T arrêt qui les a frappés.
xxxir.
On a distingué trois époques dans la comédie grecque; ïa première, beaucoup rapprochée de Torigine du spectacle dramatique , en avait Conservé et même outré la licence. La vieille comédie peut être assimilée à la satire en dialogue. Dans les pre* miers essais que la muse comique a tentés ^ les personnes sont nommées et immolées sans nulle pu* deur à la risée publique. Cette espèce de drame ne pouvait être tolérée qu'à Athènes, Il n y a qu une multitude égarée et emportée par la passion qui soil portée à protéger et à encourager publiquement la calomnie, parce qu'elle ne Ta jamais redoutée. Cest une espèce de vengeance que la populace s'est toujours permis d'exercer sur tous ceux qui se sont élevés au-dessqs d'elle ; car Tégalité civilç n'a jan^iis çoq«
(80) Btaté ijue l'égalité des droits naturels ^ et,ne saurait aétniire les inégalités morales, .sociales et physiques que la nature même a établies parmi les hommes. Cette audace scandaleuse fut réprimée par les lois, il fut défendu de nommer personne sur le théâtre. C'est alors que les auteurs ont commencé à jouer sous des noms supposés des avesntures que les Grecs avaient vues se passerions leurs yeux. Telle fut l'origine du genrq qu'on ,a appelé la moyenne comédie. Mais quand de nouveaux édits l'eurent proscrit, il fallut inventer; et c'est a cette troisième époque qu'est placée ^a naissance de la véritable comédie : ce qui l'avait précédée n*en méritait pas le nom. C'est dans celle-ci que se sont distingués Ménandre chez les Grecs , et Epicharme , chez les Siciliens. La postérité a consacré la mémoire de Ménandre; quant à ses écrits, le temps les a dévores. Il ne nous est coppu que par tes imitations que nous en a laissées Térençe , qui lui a emprunté plusieurs des pièces dont la scène ro^ inaine s'est enrichie. Les onze çièces qui nous sont restées des cinquante - quatre qu'on a prétendu' qii* Aristophane avait composées, sont rangées parmi celles de la première époque ou de. la vieille comédie. Eupolis, Cratinus, Ménandre et lui sont les fiuteurs comiques les plus célèbres que IjSi Grèce ait TUS naître.