‹ Corrigé des exercices sur le participe passéChapitre 13 sur 18 · XXXVI · texte numérisé non relu

XXXVI

La tragédie des Horaces Ait suivie de CSnna| pièce beaucoup plus régulière. L'unité d'action ,*de temps et de lieu y est observée ; les scènes sont liées entre elles, et T action ne finit qu'avec la pièce. Sous le rapport du style , c est de toutes les pièces de Corneille, celle qu'il a le plus soignée , à en juger par le peu d'incorrection qu'on y a remarqué. Les vers que le poète a placés dans la bouche d'Auguste, ces vers qu'on n*a jamais entendu prononcer sur la scène sans être frappé de la grandeur du génie qui les a conçus , ces vers que l'admiration a gravés dans la ttémoire de tous ceux qui les oot entendus , joints

à la beauté du dénouemeDt, qui fait ressentir au jspeçtateur plus d'émotions qu'il n en avait éprouvé, ont fait regarder cette tragédie comme la plus belle qu'ait com^posée Corneille. Ajoutez à ce gmnd mérite la, harangue éloquente de Cinna^ et cette peinture elKrayante qu'il a tracée des proscriptions d'Octave ; cette scène, si théâtrale où Auguste déhbère avec ceux qui se sont proposé de l'assassiner ; les idéçs profondes, ainsi que le mérite du fityk.^ qu'on a, toujours admirées dî^is le dialogue ^ la fterté du caractèf^e.d'tEmifte, et les traits heureux i|V|^ a sq y semer ; cçtte préii^renpe paraîtra suilifampient justifiée. Cependant cette magnifique scèae 4u: quatrième apte , que les connaisseurs n'ont pas iis^ancé à considérer comité un chef-d' oeuvre , il est juste de reconnaître que Corneille Ta empruntée ik Séi^èque. Mais cette idée qu£ lui a fournie le philosophe, comme le poète l^i embellie,! quel génie et quel art il lui a fallu pour ajouter tant de traits imposants au fond qui lui a été fourni ! Tel est ^'iS^^ntagf inappréciable des beaux vers , telle est la «uporiorité qu'ils ont toujours eue ^r la meilleure ^ose ^ que lai mesure et Tharnionie ont gravé dans tQiis les, e^pri^^, et jpiis^ 4^n$ toutes les bpur •ckeS) des beautés, tqu^, si La poésie ne s'en était pas emparée , seraient restées ensevelies dans les écrits d'^n^philosophe, et n'auraieat existé que ]^ur un petit nombre de lecteurs.

, XXXVIÏ.

JU fable ^ p^pposé ^u'un jour deux jGpnunes, te

Volupté et la Y^rtu, se sont mpnti^ aux yew d'Hercule, qui sortait de l'enfance. La prépaient s'étant servie de tous le$ artifices ^e la séducti(Hi pour to^che^ le cœur de l'adolescent^ la second(S s'est approchée du jeune héros , et s'est exprimée èo ces ternes ? {lepds-moi grâce, Hercule, de ladémarjcbe^gue j'ai consenti à faire auprès de toi. Dès ton eniafl^^ j a» pénétré ton caractère; quelles heureusese^ pérances j' en ai conçue^ ! Quand tu m'auras ent^iidue, ,tu recoi^iaîtra&que je n ai point cherché à te iron^ per , et que je t*ai montré les choses telles que les Dieux mêmes se sont plu à les établir: tout ce qu'il y a de beau , d'utile , c'est au prix d'un travail assidu , qu'ils lont accordé aux mortels. La terre te prodiguera ses fruits , quand tu Tauras arrosée de tes sueurs. C'est par les sacrifices qu'il nous a coûtés que le bonheur acquiert plus de prix à nos yeux. Ici la Volupté l'ayant interrompue ; Malheureuse ! lui dit la Vertu , quel bien as-tu fait aux bommef ? de quels plaisirs véritables les as-tu fait jouir ? lU^jer tée par les dieux,, méprisée par les homm^ hoivne tes, tu te vantes d'jjjre immortelle ! Tes oreilkis ont été privées des. sqns lesjplus flat^urs^ car le bruit de te^ louanges ne; les a^ jamais frappées, elles ne i^ ont jamais en tendu prononcer. Tes yeux n'ont jamais joui du plus agréable de tous les spectacles^ car ils n'ont jamais pu voir une bonne action (^j^ tu aies faite. Quels mortels dans leur bon sens a-t«on tu^ grossir ton cortège? ceux qui , s'étaient laissé éblouir par tes promesses trompeuses, se sont attachés à toi^, débiles dans l^ui- jeu^sse, ont fini par .traîner VW

vieillesse insensée. Ils «kit couru de pUi^r en plai- •ik* ^ans la fleur de Tage , et se sont réservé les peines pour le dernier temps de leur vie. Mais moi , admise dans le cercle des imniortels , ]e suis recherchée des mortels estimables. Rien de beau ne se fait sans moi ; je reçois , dans l'olympe et sur la terre ^ les hommages que m'ont valus les services que j'ai rendus aux mortels. O toi! mon cher Hercule, réponds à la haute destinée que t'ont préparée les dieux ; tu vois quel bonheur , quelle félicité ils ont réservée à tes travaux.

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