SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE
Ces cavités sont produites par les Micrococcus qui, pénétrant de l'extérieur le plus souvent par le sillon, rongent les tissus du grain.
La zone transparente qui entoure la lacune est formée par la portion de l’albumen qui est déjà altérée par l’action des Micrococcus, mais n’est pas encore consommée entièrement. Cette zone, qui s’étend entre la cavité peuplée de Micrococcus et le tissu encore intact, présente tous les degrés progressifs de l’altération de l’albumen.
Il y a à considérer dans les cellules qui le composent trois éléments : 1° l’amidon, 2° le gluten, qui forment le contenu des cellules, et 3° la paroi même, qui est de la cellulose.
Contrairement à ce que M. Van Tieghem a observé pour les Amyiobactcr , ce n’est pas la cellulose qui est d’abord attaquée, tandis que l’amidon en grains est respecté; tout au contraire, dans un grain de Blé rose ce sont les grains d’amidon qui sont d’abord rongés : ils sont régulièrement corrodés par l’extérieur; les petits disparaissent d’abord, les gros diminuent et finissent par être résorbés à leur tour, laissant vide dans le gluten encore inaltéré la place qu’ils occupaient, de telle façon qu’à un certain moment on trouve la cellule remplie d’une masse de gluten creusée de vacuoles dans quelques-unes desquelles on trouve encore cà et là un grain colorable en bleu par l’iode.
L’action désorganisatrice des Micrococcus continuant, la matière azotée et la cellulose sont attaquées à leur tour. La masse de gluten se réduit à un petit amas irrégulier, amorphe, qui diminue, tandis que la paroi de cellulose se gélifie et se gonfle en réduisant de plus en plus l’étendue de la cavité cellulaire. Ce gonflement est assez peu régulier, et souvent la paroi se gonfle plus en cerlains points.
Près de la lacune que bordent les Micrococcus, on distingue à peine, au milieu de la masse amorphe formée par les parois cellulaires gonflées et confondues en une couche hyaline, des traces des cavités des cellules. Cette couche gélifiée est incessamment consommée par les Bactéries, et la corrosion s’avance toujours dans la profondeur du tissu de l’albumen en suivant le même mode d’attaque.
M. Bureau fait remarquer que les feuilles des plantes aquatiques se sont conservées dans les dépôts sédinienlaircs généralement bien : ce qui s’explique par les observations de M. Van Tieghem.
.M. Cornu dit avoir observé plusieurs fois un fait qui parait contraire à l’une des propositions énoncées par M. Van Tieghem. Ce fait consiste dans la production abondante de spores du B. Amylobacter dans un milieu sucré : le sucre ne paraîtrait donc pas aussi