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Il nous faut entrer, brièvement d’ailleurs, dans le détail des chapitres, pour saisir en quoi la méthode anatomo-clinique de Corvisart réalise une réelle innovation.
Il. CE SONT LES AFFECTIONS DU PÉRICARDE qui ouvrent Ja scène et l’on saisit tout de suite le progrès apporté par notre cardiologue : il ne se perd pas en descriptions anatomiques, il cesse d’être, comme Sénac, un compilateur et un anatomiste.
Quelques mots de rappel sur l’existence des « enveloppes membraneuses du cœur et nous voilà d'emblée en
pleine description clinique. La péricardite aiguë est fort.
bien étudiée puisque déjà l’auteur en montre les difficultés de diagnostic, qui subsistent encore aujourd’hui, et puisqu'il en donne comme signes la douleur, la dyspnée, la syncope et jusqu’au rire sardonique.
Il décrit magistralement une variété nouvelle qu’il « basardera de nommer péricardite subaiguë », et il en montre le début insidieux, semblable à celui de la pleurésie, et la fin soudaine : le malade « mourant le plus souvent à l’improviste, soit en voulant se lever, soit en buvant, soit en changeant de position ».
Une observation qu'il donne de’ ce type concernait une:
péricardite purulente, dont il note avec précision les lé-
sions telles qu'il les put constater à l’autopsie.
Pour la péricardite chronique, il insiste spécialement
AUS x 7 sur l'embarras où l’on est de la reconnaître nettement : , . e 0 A Lé et, faute d'examens radiologiques, parfois même malgré ces examens radiologiques, cet embarras ne subsiste-t-il pas maintes fois de nos jours ?
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Il connaît même la symphyse cardiaque et cette « adhérence du péricarde au cœur », si elle ne lui paraît pas constituer, dans bien des cas une véritable maladie, il la sait cependant capable de déterminer des accidents « assez graves pour caractériser un état véritablement morbifique » ; et il en rapporte trois observations, dont la dernière est fort jolie, car il s’agit d’un homme que les souffrances physiques, jointes à des ennuis matériels, conduisirent au suicide. Et Corvisart d'écrire : « Il serart déraisonnable de conclure de cette observation, et de celles qui ont été déjà publiées, que tous les suicidés ont le péricarde adhérent au cœur ». Voilà où Corvisart apporte une note toute nouvelle : c’est en formulant ces critiques, ces réserves qui nous paraissent banales aujourd’hui.
Il suffit de comparer cet esprit à celui d’un Sénac qui n'hésiterait pas à admettre que « les suicidés ont le péricarde adhérent au cœur ».
. Le passé qui le sépare de ses devanciers se mesure à cette petite phrase sur les suicidés, pleine d'humour et riche de bon sens.
L’hydro-péricarde est bien connu de Corvisart ; en quelques lignes, il nous explique avec limpidité la différence entre exsudats et transsudats. Quant aux signes d'examen, ils sont relatés avec une telle précision que c'est à propos de l’hydro-péricarde que Corvisart nous donne la meilleure clinique sur la péricardite : « Les malades affectés d’hydro-péricarde ont habituellement la figure violette, les lèvres noires et livides. Hs ressentent une anxiété douloureuse, un poids incommode sur