‹ Corvisart et la cardiologieChapitre 18 sur 26 · NEO AS · texte numérisé non relu

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mann, la myocardite « interstitielle » des modernes. Mais Huchard déjà soulignait la grande rareté de cette « myocardite interstitielle », et notre maitre Ribierre prétendait n’en avoir pas observé un cas authentique. Sans compter que si nous relisons les trois observations de carditis fournis par Corvisart, nous nous apercevons que dans les trois cas il trouva dans le péricarde du liquide purulent.

Bref, sur ce chapitre du moins, n'attribuons pas à notre auteur la découverte d’une affection dont l’existence est fort discutée, et qu'il n’a d’ailleurs peut-être pas décrite. Fe

Quant à la rupture du cœur, il a fort bien observé son extrême rareté et il n’a guère vu que des ruptures de piliers dont il marque les symptômes subits, angoissants, l’évolution vite fatale. Mais ici, comme au chapitre suivant des tumeurs du cœur, le mérite de Corvisart : sera surtout d'élaguer, de ne plus accepter comme exactes indistinctement toutes les descriptions rapportées. Il dit . « j'ai vu telle chose », et, pour le reste, dans un appendice, il cite l'opinion de quelques auteurs de bon aloi, sans reprendre à son compte les allégations des compilateurs qui l'ont précédé sur le chemin cardiologique. Nous tenons à transcrire ce qu’il écrit : « Des vers trouvés dans le cœur ».

« Je pourrais grossir cet appendice d’un grand nombre d'observations tirées de différens auteurs, qui ont prétendu avoir trouvé des vers, soit dans la cavité du péricarde, soit dans celle du cœur ; mais comme la plupart de ces histoires paraissent tenir beaucoup plus du mer-

veilleux que du vrai, comme d’ailleurs je ne connais aucun pralicien moderne auquel un seul fait semblable se soit présenté, Je me dispenserai de rapporter les observalions déjà consignées dans plusieurs ouvrages d'anatomie pathologique » (x)

Nous retrouvons le sens critique qui distingue Corvisart de ses devanciers. Sa méthode est d’une rigueur cartésienne : il n'accepte pour vrais que les seuls faits qu'il connaît lui-même être tels ; il remplace la tradition par l'observation. R

Pour les quelques pages consacrées à des malformations congénitales du cœur, elles ne sont pas d’un grand intérêt : Corvisart se contente de décrire quelques-unes de ces lésions rencontrées à l’autopsie et il faudra attendre longtemps encore avant que l'histoire des cardiopa-

thies congénitales se trouve élucidée.

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