‹ Corvisart et la cardiologieChapitre 21 sur 26 · ÉT TR · texte numérisé non relu

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résultats de la percussion à chaque page-du Traité, pour

ne trouver qu'à la fin l'explication de ce nouveau mode d'exploration, inconnu jusque là. Il y a loin de cet ordre brisé à celui que nous sommes accoutumés à suivre et pourtant il faut reconnaître que Corvisart a le premier sans doute apporté autant de rigueur et de métho-

de dans la classification et la description cliniques. Sé-

nac mélangeait encore constamment étiologie, anatomie

pathologique, clinique.

Il reste aussi quelques mots à dire des notes thérapeutiques inscrites par Corvisart dans ses corollaires. Il y revient sur l’inutilité, à son sens, et sur les dangers de la ponction du péricarde ; pour ce qui est des « anévrysmes du cœur », il emploie certains remèdes dont nous savons encore de nos jours apprécier la valeur. Le sirop de nerprun, les préparations scillitiques et ce fameux vin amer et diurétique de la Charité : autant de drogues dont les effets ne sont pas à dédaigner.

Mais on comprend que, démuni de tout médicament

actif sur la défaillance cardiaque elle-même, ignorant la

digitale, il ait assigné aux affections organiques du cœur un terme vite fatal. ,

Avons-nous d’ailleurs, même aujourd'hui, autre chose que des palliatifs à notre disposition ?

Que servent nos tonicardiaques, si la cause même de la défaillance cardiaque n'est pas traitée ?...

Corvisart, qui donnait la place de choix avec affections morales et aux passions parmi les causes de cardiopathies, ne pouvait les comprendre que du point de vue

mécanique ; elles aboutissaient toutes mécaniquement à

ja dilatation et à la diminution considérable de la force musculaire du cœur, et contre cette fatigue du muscle cardiaque, Corvisart et son temps étaient démunis.

Il faudra Bouillaud pour montrer qu'avant les explications mécaniques, il faut faire place à l'inflammation. Par un véritable renouveau, la notion primordiale de l'infection causale, le rhumatisme en l’occurrence, vient d'être remise en valeur : alors même qu’on est en pleine déchéance mécanique du muscle cardiaque le travail lent de la cause inflammatoire se poursuit cependant à bas bruit, et cette notion du rhumatisme cardiaque évolutif à suscité récemment de beaux succès thérapeutiques. Mais pouvons-nous faire grief à Corvisart d'avoir ignoré ce rôle de l’inflammation ? Souvenons-nous que

ce n’est que dans ces dernières années qu’on a compris

toute l'importance, au point de vue thérapeutique, de

la lésion inflammatoire.

; D'ailleurs, il est intéressant de voir Corvisart assigner explicitement un rôle à certaines infections, aux maladies vénériennes, par exemple. Il semble, d’après ce qu'il

écrit, que ce n’était pas là chose universellement ad-

‘ fnise. l SP |

« Pourquoi donc se refuserait-on à croire que le virus vénérien puisse porter son action destructive sur le cœur, où sur l’une ou l’autre de ses parties » (r). Aussi demande-t-il qu’on emploie les médicaments antisyphilitiques, et quand il dit qu'on pourrait peut-être « obte-

nir par ces moyens, sinon une cure radicale, au moins

(1) Traité des Malad. du Cœur, p. 220.

ire

une diminution marquée dans les symptômes de la maladie » ne croirait-on pas ces lignes écrites d'hier ?

En nous montrant que si l’on frappe la cause ellemême, on peut espérer quelques résultats, tandis que si l’on s'attaque à la seule défaillance mécanique, on n’obtient que des effets transitoires, Corvisart est dans le vrai. À son septicisme, nous ne pouvons que nous rallier, après tant d’acquisitions thérapeutiques dans le do- ; maine tonicardiaque |!

Dans la conclusion de son Traité, Corvisart termine en opposant les données cliniques et ‘pronostiques düûment établies, croyait-il, aux hypothèses thérapeutiques. « Il n’en est pas ainsi, dit-il, du traitement des maladies

de cœur. C’est sans doute la partie dans laquelle il reste le plus à faire ELA à

C’est encore aujourd'hui « la partie dans laquelle il reste le plus à faire », avouons-le. Et, dans l’ensemble, les aphorismes de Corvisart restent vrais : il est possible de connaître les maladies de cœur, de les améliorer par-

fois, de les guérir jamais.

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| Valeur et Influence de l’œuvre cardiologique de Corvisart

Nous pensons que l'étude détaillée de l’œuvre de Corvisart montre assez la grande place qu’il occupe dans l’histoire de la Cardiologie. Nous voudrions çependant y revenir pour peser au plus juste l'influence de notre au-

teur et apprécier les progrès qui lui sont düs.

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