‹ Cosima, ou, La haine dans l'amourChapitre 16 sur 55 · SCÈNE V Les Mêmes, LE BARIGEL, suivi de plusieurs Estafiers · texte numérisé non relu

SCÈNE V Les Mêmes, LE BARIGEL, suivi de plusieurs Estafiers

LE RARIGEL.

Messire Alvise Petruccio, c'est avec douleur que j'exécute ce mandat.

Il lui présente le mandat. Tous se lèvent. ALVISE.

Un mandat d'amener contre moi ? Il y a erreur, messire.

Cosima se rapproche de son mari avec effroi. LE RARIGEL.

Je voudrais le croire; mais les ordres sont précis.

C'est une erreur, c'est une erreur !

Il se rassied.

LE RARIGEL, à Alvise.

Je suis forcé de vous emmener.

COSIMA

De l'emmener ! Où donc voulez-vous emmener mon mari ?

LE RARIGEL.

Rassurez-vous, madame. 11 ne s'agit.peut-être que de quelques explications à donner au conseil. Après quoi, je suppose qu'on renverra votre mari libre et justifié.

ALVISE

De quoi suis-je donc accusé ?

LE RARIGEL.

Je l'ignore; mais j'ai voulu être présent à l'exécution du mandat, afin d'en adoucir la rigueur par ce témoignage d'estime.

ALVISE

Je vous en remercie, monsieur le barigel. J'obéis. Les ma-

COSIMA 31

gistrats de mon pays ne peuvent ordonner rien que de juste, j'aime à le croire... Pourtant je ne vois rien dans ma conduite passée ou présente qui ait pu motiver... (Examinant le mandat.) Ce n'est point là l'appel du tribunal à un citoyen pour cause de renseignement... C'est l'ordre d'arrestation d'un accusé. (ACosima, qui s'attache à son bras.) Ma chère femme, tranquillise-toi, l'innocence est une sauvegarde dont il serait impie de douter... Je reviendrai bientôt, sois-en sûre! Dans tous les cas, je te laisse un protecteur et un ami.

Il montre Néri, qui lui presse les mains avec effusion. COSIMA.

Monsieur le barigel, laissez-moi suivre mon mari...

Page 1