‹ Cosima, ou, La haine dans l'amourChapitre 17 sur 55 · LE BARIGEL · texte numérisé non relu

LE BARIGEL

Madame, il m'est impossible de le permettre.

ALV1SE.

Allons, soumettons-nous! (il l'embrasse.) Pascalina, mon manteau !

NÉ RI

Mais, moi, ne puis-je vous accompagner du moins jusqu'au palais ?

ALVISE

Reste auprès de ma femme, tranquillise-la. Tu ne pourrais m'être d'aucun secours. Ma bonne conscience et ma bonne renommée me viendront en aide.

MALAVOLTI.

Moi, je vous suis jusqu'au palais; peut-être apprendrai-je de quoi il s'agit.

ALVISE

A la bonne heure. (Bas, à Malavoiti.) Mais, s'il s'agit de quelque fâcheuse affaire, pas un mot à ma femme, entendez-vous?

FARGANACCIO.

Je vous accompagnerai aussi... Mon Dieu, mon Dieu! comme les malheurs arrivent au moment où l'on y pense le moins!

PASCALINA

Et monsieur qui n'a pas seulement soupe ! (Aux estafiers.) Messieurs, laissez-lui le temps de souper ! ALVISE , au barigel.

Votre Seigneurie n'a pas de temps à perdre. Allons, courage, ma femme !... Au revoir, Néri !

Ils sortent tous, excepté Cosima, qui retombe accablée sur une chaise,

et Néri, qui n'ose lui parler. Un instant de silence.

NÉRI

Au nom du ciel, Cosima, ne vous laissez pas abattre ainsi ! Que peut-il arriver de pire à notre cher Alvise que de passer une nuit en prison?

COSIMA

Ne me dites donc pas cela, Néri ; est-ce que vous ne connaissez pas la justice et les juges dans ce pays-ci? est-ce que vous croyez qu'ils lâcheront aisément leur proie? Mais cela ne s'est jamais vu !

NÉRI

Et ne pas savoir ce dont on l'accuse ! ne pouvoir rien faire pour le secourir ! Quel est donc l'infâme qui a pu calomnier un homme tel que lui !

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