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LE BÉLIER

Chez les Egyptiens, Jupiter était représenté par une tête de Bélier, car lors du combat des Dieux il prit la forme d'un bélier pour les chasser d'Eg-ypte. Ils le consacrèrent aussi à la déesse de la Justice, Minerve chez les Grecs qui préside à l'hémisphère supérieur de l'Univers et Junonqui est l'air présidait à l'hémisphère inférieur, on lui consacra le Bélier qui était le premier sig-ne de son hémisphère.

Les Grecs le consacrèrent à Mercure en disant que ce Dieu avait pris la forme d'un bélier pour jouir de Pénélope mère de Pan, ce qui explique les mystères de Gybèle ou de la Terre, qui n'est qu'Isis, épouse d'Osiris. On dit ég-alement que Mercure avait enseig-né aux hommes à tondre les brebis ; c'est pour cela qu'il

72 co.^MOGONiK in:M\iNr".

lui fnl consacré; on représente ce Dieu monlé sur un bélier ou sur un cliar tiré par quatre béliers.

Nous avons enfin la fable de la Toison d'Or, celait la dépouille du Mouton qui transporta Phrixus et Hellé dans la Colchide, et dont la conquête fut Tobjet du voyage des Argonautes. Les fables varient sur l'origine de ce bélier prodigieux.

Phrixus qui posa la Toison d'Or en Colchos fut fils d Alhanias (1), roi de Thèbes et de Néphélé qui eurent deux enfants : Phrixus et Hellé. Puis répudiant Néphélé, on ne sait pour quelle raison. Athamas épousa Ino de laquelle il eut Léarche et Palaénion, depuis appelé Mélicerte. Ino devint éperduinent amoureuse de son beau-fils Phrixus qui la dédaigna. Elle commença alors à le haïr autant qu'elle l'avait aimé, avec la haine excessive dont les belles-mères sont coutumières. Voici ce qu'elle fit pour se venger de Phrixus et d'Hellé : elle fil meltre enterre tous les grains de blé et de légumes afin qu'ils ne pussent germer; une famine s'en suivit; ensuite par des présents, elle corrompit les prêtres (rApolloii Pylliien, les prophètes et les devins, afin (ju'ils lissent enlendre au roi Athamas que pour faire c 'sscr la famine il était nécessaire de sacrifier aux Dieux Tu H (les enfants de Néi)hélé. Athamas après avoir entendu ces Iristes nouvelles se crut obligé d'obéir cl deslina son fils i'Iirixus au sacrifice. On ré(|uipa (le coiffures, bandeaux, rubans et autres oinements accoutumés aux victimes, pour être mené au sa(!rilice. Mais Néj)hélé survint, elle enleva ses

il) Alliaïuas (Samas) 12'2"C* le soleil ; Nephclé In miée, l'ombre,

ji'S tl'Ilt'hlTS.

SYMBOLISMi; l)i;S SIGNI'S KIT ZODIAOUK 73

doux enfants et leur donna une brebis ou mouton cVor dont Mercure lui avait fait présent et qui les emporta dans l'air. Etant arrivés à ce bras de mer qui est entre le cap de Sigée en Phryg-ie Mineure et le Cherronèse, Hellé effrayée par le bruit des vagues tomba dansla mer, qui pourcette raison fut appelée Hellespont ou mer d'Hellé.

Plirixns ayant perdu sa sœur Hellé aborda au cap de Brixabe où les habitants du lieu, g'ens barbares l'ayant vu, accoururent avec leurs armes pour lui faire un mauvais parti. Mais le mouton le réveilla en le secouant et lui représenta avec une voix humaine le dan^^er auquel il était exposé, Phrixus remonta sur lui, arriva à Colchos, immola son bélier à Jupiter Phrygien, le dépouilla de sa peau qu'il pendit à un arbre dans un champ consacré à Mars. Le corps d'Hellé fut retrouvé et on l'enterra sur le bord de la mer, selon le dire d'Hérodote. Phrixus représente l'énergie, l'honneur et la patience ou positivité, et Hellé le manque de courage ou passivité.

Suivant d'autres légendes, dans le temps qu'Ino méditait la mort de Phrixus et d'Hellé, on envoya le premier choisir la plus belle brebis des troupeaux du roi pour l'offrir en sacrifice à Jupiter. Pendant qu'il la cherchait, Jupiter donna la parole à un mouton qui découvrit à Phrixus tous les desseins de sa niaràtre, lui conseilla de s'enfuir avec Hellé sa sœur, et s'offrit pour leur servir de voiture. L'offre fut acceptée, et quand Hellé tomba dans la mer le mouton parla encore pour rassurer Phrixus et lui promettre de le faire arriver à Colchos sans accident, ce qui fut effectué. En reconnaissance le mouton fut

immolé à Jupiter, d'autres disent à Mars, d'autres à Mercure. La dépouille fut pendue à un arbre dans le champ de Mars, et Mercure la convertit en or ; en sorte que, selon les uns, la toison était d'or dès le principe ; suivant d'autres, elle fut chang-ée en ce métal après que le mouton eut été dépouillé (1).

Enfin, une autre tradition portait que l'animal était, dès sa naissance, couvert d'or au lieu de laine, et qu'il était le fruit des amours de Neptune métamorphosé en bélier et de la belle Théophane, métamorphosée en brebis.

Neptune avait confié ce bélier miraculeux à Mercure qui en fit présent à Néphélé pour procurer la fuite à ses enfants. Au reste les mythologues s'accordent pour dire qu'après le sacrifice l'animal fut enlevé au Ciel où il forme la constellation du Bélier.

Telles sont les légendes qui concernent le Bélier. Dans la première nous voyons que ce bélier fut attribué à la Justice chez les Eg-yptiens, soit à Minerve chez les Grecs et à Junon en ce qui concerne l'atmosphère terrestre. Enfin les Grecs le consacrèrent à Mercure parce que celui-ci prit la forme du bélier pour séduire Pénélope qui est la mère de Pan c'està-dire la totalité des existences. Cela sig-nifie que la Justice est au point de départ de toute existence par la loi divine qui régit l'Univers dont Minerve représente les attributs au point de vue de l'atmosphère supérieure et Junon prise pour l'air ou l'atmosphère terrestre, tous les troubles ou les chang-ements. Mrrrnre amant do Pénélope sous la forme du bélier

(1) Alchimie. — ç/ changé en 0 par ^

signifie le Soleil ou le principe vital de toute existence animant la nature et la rendant féconde, symbole qui apparaît dans toutes les religions du passé, dans des images différentes mais conformes au fond à la génération des éléments. Mercure tondant les brebis sig-nifie les profits de la terre absorbés pour la nourriture des vivants et son char tiré par 4 béliers signifie sa quadruple manifestation dans les deux hémisphères.

La Légende de la Toison d'Or manifeste l'existence des 2 principes positif et négatif sous les noms de Phrixus etd'HeHé (1). C'est le Bélier ou le Soleil qui leur sert de support pour être transportés à travers les eaux fécondes de la vie où Hellé se précipite et où Phrixus est soutenu dans le danger par le courage et l'énergie que lui donne Jupiter ou Dieu qui lui fait connaître les desseins de Néphélé sa mère qui n'est autre chose que la matière qui va engloutir le double principe de la vie humaine.

L'immolation du Bélier à Jupiter, à Mars ou à Mercure ne signifie autre chose que la mort momentanée de l'âme ; la dépouille du Bélier pendue à l'arbre dans le champ de Mars et convertie en or par Mercure signifie que c'est à travers les peines et les misères de l'existence que l'âme retrouve sa spiritualité perdue qu'elle possédait dès le principe. Que l'on dise que le Bélier soit le fruit des amours de Neptune et de la belle Théophane métamorphosée en brebis, cela ne signifie autre chose que l'esprit pénétrant les eaux, s'unissant à la terre et devenant

(I) Phrixus. — Chaleur, énergie latente. Hellé. — Lumière, clarté radiante.

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la semence féconde et qui signifie la suite des enfants de Né|)hélé.

La maison du Bélier est donc attribuée à tout ce qui concerne le commencement de l'existence, la naissance, les dispositions du corps dans sa complexion. les mœurs et la nourriture.il représente le cerveau, la face, les oreilles et le nez. Ce signe caractérise chez l'homme l'énergie et l'esprit martial. Les forces actives, réalisatrices, fatales sont ici représentées ; l'activité nerveuse et musculaire va réaliser le thème des signatures astrales.

Sous l'influence du «[» , le visage sera donc sec et musclé, long et de couleur rouge, les sourcils touffus, les cheveux crépus, l'ensemble du corps sensiblement ramassé, dur aux intempéries et la santé robuste. Le a? caractérise la confiance, l'ambition, l'égoïsme, la soif de posséder, l'envie, l'av^arice, le despotisme et porte à la destruction. C'est l'emblème de la terre et de sa dureté, de son absorption première au commencement du printemps et du désir possessif de toute la nature. C'est le courage d'aller au but assigné, aussi Mars est-il maître du Bélier dont la toison d'or est pendue dans les champs de bataille de la vie, moisson des actes du Soleil et de ^Lirs, ou des actions «lu principe que l'àme anime dans son immolation. IjCs maladies qu'il entraîne sont les maux de tête, la variole, la scarlatine, les méningites, la congestion.

LE JAniEAU t^

Le Taureau fut tantôt honoré comme divinité ou sacrifié comme victime; dans la mythologie du Nord

SVMBOLISME DES SIGNES DU ZODIAQUE / i

le cocher Tlior, Jupiter des Scandinaves, le Dieu ou le génie dont le char est traîné par deux boucs va sur les bords de la mer, met une tête de bœuf à sa lig-ne et pèche le serpent.

Un des principes fondamentaux de la théologie des Perses est la création du premier taureau, dont le genre humain, les animaux et les végétaux sont sortis. Eflectivement il est toujours question dans leur théogonie et dans toutes leurs prières de ce premier taureau, placé dans un lieu élevé et fécondant la Lune.

Le Taureau Abondai joue un rôle important dans la cosmogonie Persane ; il naquit sans père et sans mère simultanément avec Kayoumors, le premier homme, mais il était sans mouvement et sans parole, tandis que l'homme avait la faculté de se mouvoir et de parler. Le taureau fut mis à mort par Ahriman et son âme consentit, à la sollicitation d'Ormuzd à prendre soin des créatures qui étaient dans le monde, en attendant que le Ferrouer de Zoroastre (le g-énie de son âme) leur apprit à se préserver du mal. De la semence du Taureau purifiée par la lumière de la Lune, naquirent les plantes et les arbres, tandis que celle du premier homme donna naissance à un 'arbre représentant un homme et une femme unis qui se divisèrent et devinrent Meschia et Meschiané qui sont le père et la mère du genre humain. Leurs premières années s'écoulèrent dans l'innocence, car ils avaient été créés pour le Ciel; mais ils se laissèrent séduire par Ahriman et la femme fut la première qui céda aux suggestions du tentateur et sacrifia aux esprits infernaux.

78 COSMOGONIK HUMAINE

C'est ce taureau que les Perses invoquent dans leurs prières, comme étant le taureau sacré qui fait croître l'herbe verte et de qui découlent les semences de la fécondité dont la Lune est dépositaire ; enfin c'est lui que nous trouvons dans le triomphe de Mithra. La mort de ce même taureau est accompagnée de la chute de l'homme, dans la cosmogonie des Perses.

Il ne faut pas confondre ce taureau primordial avec celui que l'on trouve quelquefois réuni à la figure de Mithra, dans les compositions romaines. On représente celui-ci sous la forme d'un jeune homme de belle figure, coiffé du bonnet phrygien, un genou appuyé sur un taureau renversé, auquel il plonge un poignard dans le cou. C'est, dit-on un symbole de la force du Soleil lorsqu'il entre dans le signe du Taureau.

C'est une des grandes divinités du Japon. Les bonzes y représentent le Chaos sous l'emblème d'un œuf qu'un taureau brise avec ses cornes et d'où il fait sortir le monde. Le taureau a sa pagode à Méaco ; il est posé sur un autel large et carré, qui est d'or massif, il porte un riche collier et heurte de ses cornes un œuf qu'il tient avec ses deux })ieds. Le Taureau est posé sur un rocher et l'œuf est au milieu d'une eau retenue dans une crevasse de la roche. Avantles Temps, (lisent les bonzes, le monde entier était renfermé dans cet œuf qui nageait sur la superficie des eaux. LaLune, par la force de sa lumière et par la force de son influence, tira des eaux une matière terrestre (jui durcit et se convertit insensiblement en rocher, et ce fut près de cette masse dure (jue l'œuf s'arrêta. Le taureau s'approcha de cet œuf,

le rompit à coups de cornes et de sa coque sortit la création ; le souffle du taureau produisit riiomme (1).

C'est ég-alement le Bacchus des Grecs, génie élevé par les Hyades (la vigne ou la puissance active delà végétation activée par la pluie) qui peint lui-même avec des pieds et des cornes de taureau, celui que les femmes Eléennes appelaient taureau saint, et auprès duquel on plaçait l'œuf orphique, symbole de l'Univers et du Dieu qui produit tout.

Neptune, irrité contre les Grecs, suscita autour de Marathon un taureau qui jetait du feu parles narines, faisait de grands dégâts et tuait beaucoup de monde. Hercule envoyé par Euristhée pour le prendre, le dompta et le lui amena, mais comme il était consacré aux Dieux, il le lâcha. Le taureau était immolé principalement à Jupiter, à Mars, à Apollon, à Minerve, à Gérés, à Vénus, aux Lares.

On choisissait des Taureaux noirs pour Neptune, Pluton et les Dieux infernaux ; avant de les immoler, on les ornait de différentes manières ; ils avaient sur le milieu du corps une grande bande d'étoffe ornée de fleurs, qui pendait des deux côtés et leurs cornes étaient accompagnées de festons. Le taureau qu'on sacrifiait à Apollon avait ordinairement les cornes dorées.

Jason, pour avoir la toison d'or à Golchos, devait mettre sous le joug deux taureaux, présent de Vulcain, qui avaient les pieds et les cornes d'airain et qui vomissaient des tourbillons de feu et de flammes.

(1) QEuf (zéro) rompu par les cornes (binaire) Opposition de + et — par différenciation première de Aïn-Soph. de Parabrahm, Zem-Zum de la Cabbale.

yO COSMOGONIt; IILMAINK

Jason par le secours des enchanlements de Médéc sut les apprivoiser el les atlacha même à la charrue. La mythologie d'Ion ou Isis transformée en génisse par Jupiter et gardée par Arg-us qui avait cent veux est également semblable aux précédentes fables. C'est le labourage de la terre, c'est aussi le cours de la Lune dite fille de Neptune, car elle entretient l'humidité de la terre et la rend féconde; sa transformation en génisse c'est la lune au troisième signe et on la représente avec un' Soleil au milieu de ses cornes. Argus est le ciel et les étoiles, et le Soleil la lumière du jour. Enfin cette vache lo qui parcourt toute la terre, c'est cette fécondité rendue favorable parle bon état de l'atmosphère qui n'est que l'accord de l'éther et de l'air ou de Junon et de Jupiter.

Les citations mythologiques que nous donnons et celles qui suivront sont extraites du dictionnaire de l'abbé Migne (Paris, 1855) et de la mythologie de Noël Le Comte (Lyon, 1600). Le lecteur qui aura déjà compris les analyses que nous avons fait de ces signes saura voir dans ces fables merveilleuses et adaptées suivant les peuples, le symbolisme profond des causes qui nous rattachent à ce grand Univers. Mais nous l'avons vu, c'est de ce premier triangle du cercle <^ y # que part tout le mouvement de la vie universelle. Le Taureau a planté ses cornes, puis les Cémeanx sont nés. Nous sommes en pleine richesse de la vie (jui est intense du Taurccm av. IScorplon: toutes Icspuissances infernales et sublimes sont exallées.

Le Taureau nousle retrouverons sous la forme du Dieu Pan (juand nous parlerons du Soleil; c'est la

pénétration de la terre et toutes ses richesses vont éclore : les arbres, les plantes, les fleurs, etc. Aussi ce sig-nc préside-t-il au développement des organes qui succèdent à la tête et qui constituent le premier point de départ de la force et de l'intellig-ence.

C'est par la tête et les épaules [que normalement l'enfant naît ; c'est lapousséedu Taureau. C'est aussi la pénétration patiente, aussi répond- il à l'action soutenue, car le soleil commence seulement son action pénétrante, loutçs choses sont donc bonnes en ellesmêmes et sont le fruit du travail de la fécondation.

Le \j correspond chez l'homme à une stature moyenne, au cou épais et l'arrière de la tête développé ; le tempérament est paisible et lent à s'émouvoir, mais les colères sont terribles. La bonté est proverbiale, car la terre est à ce moment généreuse, mais la mélancolie peut très souvent dominer, le teint est plutôt sombre et les cheveux noirs. L'influence de Vénus qui est maîtresse de ce signe est toujours excellente chez les femmes.

Dans la vie physique, la maison du Taureau présidera aux ressources acquises par le travail, et aussi les héritages venus par la famille, les cadeaux et ég-alement les parures, car la terre va se fleurir et les femmes aiment les bijoux ; c'est le rôle de la terre de produire les métaux et pierres précieuses. Au signe suivant les oiseaux vont chanter le printemps, la gorge qui est sous l'influence du y et de $ est le lieu où se génère la parole : d'où les bons chanteurs et les jolies chanteuses.

Ainsi que nous le verrons plus loin, la violence du y vient de réchauffement de la terre par les vapeurs

épaisses qui inoiitent dans l'air et prennent les noms divers de Viilcain et de Cyclopes quand les électricités positives et négatives se rencontrent.

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