ET DE LEUR RELIGION ENCOR
omme l'Eglise grecque ayt eu depuis les saincts Pères tousiours diuerses opinions à celles de l'Eglise catholique, aussi ceux qu'elle a enseignez ont esté abbruuez de pareils abus. Qu'il soit ainsi, i'ay leu une epistre de Iean, métropolitain de Russie, de-
diee à l'archeuesque de Rome *. Or ce prélat russien dict qu'il recongnoist pour vrays Papes ceux qui ont esté du temps des sept conciles généraux, et qu'ils ont esté dignes de la chaire sainct Pierre, à cause [dict-il] qu'ils auoieut mesme opinion que nous. Mais la considération des concikTs , et ouye de leurs erreurs, chacun congnoistra facilement leur ignorance, et la malice des Grecs , qui les ont ainsi peruersement instituez. La plus euidente de leurs mensonges est celle où ce métropolitain dict qu'en la septième saincte assemblée, qui fut à Nicee Tan de grâce
î Cette épître de Jean IV à Alexandre UI, se trouve dans les Commentaires d'Herberstein. Elle respire la douceur, l'amour et le respect, remarque un juge compétent; on y voit partout le vif de'sir de cimenter l'union des deux Églises. Le prélat russe y mentionne tous les sujets de dissension qui les séparent notamment en matière de discipline, prie humblement le pape (oro et me inclina ad sanctos pedes tuos) de mettre fin à cette déplorable querelle et le conjure de s'adresser à cet effet au patriarche de Constantinople et à tous les métropolitains de l'Église d Orient (Vicissitudes de V Église en Pologne et en Russie , T , 20).