II. 3n
siiiisse (e, vliquea laerymis pn» gaudio tempérasse, qmiido lileras adspexisti meas, quibus de Antipodam Orbe, latenti hactenus, te certîarem f^i, mi suavissime Pemponi, ioshmaatk Ex tuis ipse literis cqlHgo , qqîd senseris. Seosisti aulem, tantîque rem fecisti, quanti viruiq summa doctrina insigiiitum deeait. Quis namque eibos sublimiba^ pnestari potest ingeniis isto auavior? qaod eondimentum gratius ? A ne facio oonjeituran. Boapi sentie eplritns meos , quando aecitos alloquor prudeoUs aliqoos ex hfs qui ab ea redennt proviucia (Hispaniela iusula). • L'expression ChrUtophorus quidam Cohmis rappelle, je ne dirai pas le fiescio quis jPtetonrAu^ d'Aulu-Gelle {Noei^Micm, 1. XI, c. ^16) que Ton a trop souvent cité et sans raison, mais le quodatn Comelio seribenie^ dans la lettre que le roi Théodoric éerivit en réponse an prince deSiSstyens, en lui indiquant, d'après le 45* chapitre de la Germanie de Tacite, la véritable origine du succin.
(69) (page 347]. OpMS Epiitolarum, ep. ccoGxuvfi et Dun. L'illuminé Jér. Cardan, qui, malgré les écarts de son imaginatioB, n'en fut pas moins un mathématicien pépétrant, a appelé aussi l'attention, dans ses Problemala physiea^ sur les progrès que la connaissance de la terre doit aux faits dont un seul homme a procuré Tobservation. On lit dans Cardan, t. If, 4663, p. 630 et 659 : i At nunc quibus te laudibus efferam , Christophore Golumbi , non famili» tantum, non Genuensis urbis, non Italie provinclœ, non Europœ partis orbis solum , sed humani generis decus I i En comparant les Problèmes de Cardan avec ceux qui dérivent de l'école posthume d'Aristote, je me suis assuré que si la faiblesse et la confusion des démonstrations physiques est la même de part et d*autre, les questions de Cardan offrent cette particularité caractéristique pour Fépoque à laquelle il vécut, que toutes ont trait à la météorologie comparée. Je citerai les considérations : sur le climat des îles, à propos de la température élevée de TAngleterre mise en opposition avec Thiver de Milan; sur le rapport de la grêle et des explosions électriques; sur
les eaax et la direction des courants pélagiques; sur le maxt^ mum ^e chaleur et de froid atmosphériques qui se produit à la suite de chacun des deux solstices; sur la hauteur de la région des neiges dans les tropiques ; sur la température dépendante de la chaleur rayonnante qui émane du soleil et de tous les autres à la fois; sur Tintensité plus grande de la lumière australe, etc. Le froid , dit Cardanus, n'est que Tabsence de la chaleur. La lumière et JD chajçiir ne diffèrent que par le non^^ et soqt en elles-mêmes inséparables. Voy. Garf|ani Opéra, t. I^ de vitapropria, p. >I0 ; t. II, Problemata^ p. 624, 63Q-632, 653 et 743; t. lll, de Subtilitate, p. 447.
(70) [page 347]. Voy. Examen critique^ elc, 1. 1, p. 240- 249. D'après VHistoria gênerai de las Indias, restée à Tétat de manuscrit (I. I, c. 42), • la caria de marear que maestro Paulo Fisico (Tospanellj) ^nvié a Colon t était dans les mains de Qartholomé de las Cqsas, quaqd il écrivit son ouvrage. Le journal de bord de Colomb, dont nous possédons un extrait dans Navarrete (t. I, p. 43), n*est pas complètement d'accord avec le r^cit f]p manuscrit (|^ las C^sas, q^'^ hiep yoiilu ine çofnipuniquer If. Tefn^ni^-Cppipans. Il est 4it dans le jPMrpal ^e pqr lorob : « Iba hal)lan4<^ «1 Alii)irai)te (merles m d^ i^fm? bre 4492), cou Martin Alonso Pinzon, capitan de la otra carabela Pinta, sobre una carta que le liabia enviado très di^s hacia a la carabela, donde segun parece ienifi piniadas el Almiranie ciertas islas por aquella mar... » On lit, au contraire, dans le mannscritde las Casas, 1. 1, c. 42 : « La carta de marear que embi (Toscanelli al Almirante), yo que esta historia escrivo la tengo en mi poder. Creo que todo su viagc sobre esta cartà fundô; » et 1. 1, c. 38 : « Asi fué que el martes 25 de setSembré llegase Martin Alonso Pinzon cou su caravela Pinta a linblar con Christobal Colon sobre una carta de marear que Christobal Colon le a^ia embiado... Esta càrla es la que le embiô Paulo Fisico et Florentin, la quai yo iengo en fni poder con otras cosas del Almirante y escrituras de su misma mano que
traiëron a mi poder. En ella le pliiiô mudias îslas... i Faat-il admettre que Tamiral avait marqué sur la carte de Toscanelli les l|es qu'il s'attendait i rencontrer, ou les mots t ténia pintadas • yeulent-ils seulement dire que Tamiral avait une carte sur laquelle ces ties étaient peintes?
(74) [page 349]. Navarrele, Documenios^ n^'GQ, dans le t. III des Viages y descubrim., p. 565-574 ; Examen critique^ t. ï, p. 234-249 et 252; t. III, p. 458-465 et 224. Yoy. aussi sur le point contesté, où Ton aborda pour la première fois dans les Indes occidentales, t. III, p. 486-222. La carte du monde de Juan de la Cosa, antérieure de six ans a la mort de Colomb, que "Walckenaer et moi avons trouvée et reconnue en 4832, et qui est devenue depuis si célèbre, a jeté un grand joar sur ces questions controversées.
(72) [ page 320 ]. Sur le talent avec lequel Colomb décrit la nature et qui s'élève souvent jusqu'^ la poésie, voy. Cosmos ^ t. Il, p. 64-64.
(73) [page 324 ]. Yoy. les résultats de mes recherches dans la Relation historique du Voyage aux Régions équinoxialeSy t. Il, p. 702, et Examen critique^ etc., 1. 1, p. 309.
(74) [page 324 1. Biddie, Memoir of Sébastian Cabot, 4831, p. 52-64 ; Examen critique, t. IV, p. 234.
(75) [page 324 ]. On lit dans un; passage peu remarqué da journal de Colomb, en date du 4 <^ novembre 4 492 : « J'ai en faee de moi et tout près Zayto y Guinsay del Gran Can (Zaitounet Quinsay de Marco Polo, II, 77). » Colomb, en écrivant ces mots, était à Cuba. Voy. Navarrete, Viages y descubrimientos, i.l, p. 46, et Cosmos, t. Il, note 35, p. 549. La courbure dirigée ?en le sud que Colomb, k son second voyage, remarqua sur la côte occidentale de Pile de Cuba, eut une importance décisive pour la découverte de TAmérique méridionale, du delta de TOré-
noque et du cap Paria , aiosi que je Tai montré ailleurs. Voy. Examen eriiique , t. IV , p. 246-250. t Polat GoIodqs, dit Anghiera [Epist, CLxviii,édiL d*Amsterd., ^670, p. 96), regioues has (Pariœ) esse Cubœ contiguas et adhœrentes : itaqaod utrieque sint lodiae Gangetidis contÎDens ipsum.... »
(76) [page 322|. Voy. Timportant mauuscrit d'Aadré Bernaidez, • cura de la villa de los Palacios » dans VHistaria de h$ Reye$ Catholicos, o. 4 23. Cette histoire comprend les années \ Â 88^ '1543. Bernaldez avait reçu Colomb dans sa maison, lorsque ce grand navigateur revint de son second voyage. Je dois à l'obligeance de M. Ternaux-Compans, qui a jeté beaucoup de lumière sur Thistoire de la Conquista^ d'avoir pu consulter librement à Paris, en 4838, ce manuscrit, que mon célèbre ami, Fbistorien don Juan Bautista Muîlos, a eu en sa possession. Comp. Fern. Colon, \Vidadel Almirante^ c. 56.
(77) (page 322). Examen critique, etc., t. III, p. 244-248.
(78) [page 323]. Le cap Horn fut découvert au mois de février 4526 par Francisco deHoccs, dans l'expédition du commandeur Garcia de Loaysa, qui suivit celle de Magellan et avait pour destination les Moluques. Tandis que Loaysa faisait voile a travers le détroit de Magellan , Hoces s'était séparé de la flottille avec la caravelle San Lesroes et avait été poussé jusqu'à 55** de latitude méridionale. « Dyéron los del buque que les parecia que era alli acabamienlo de tierra. i Navarrete, Viages y descuhrimientos, t. Y, p. 28 et 404-488. Fleurieu affirme que Hoces a vu seulement le Cabo del buen Successo à Touest de nie des États. Les notions sur la forme de ces c6tes étaient d^k redevenues si incertaines vers la fin du xvi« siècle, qu'aux yeui de l'auteur de VAraucana, le détroit de Magellan avait été formé par un tremblement de terre et par le soulèvement du lit de la mer (voy. canto I , oct. 9), tandis qu'Acosla ( Historia na* tural y moral de las Indias, î. III, c. 40) prenait la Terre-de-
Feu peur le cemmepcement de la grande contrée qu'il erojak 8'éteadre vers le pôle Sud; Cemp. Cosmos^ t. II, p. 68.
(79) (page 323]. Sur la question de savoir si Vhypothète dm isthmes^ d*après laquelle. le promontoire Prasunii situé sur la côte orientale de TAfrique, se rattachait a la péninsule de Thinx, doit être attribuée jk Marin de Tyr, a Hipparque oh à Séleocus de Bàbylone,ôu bien si elleR'apt)artieiit pas plutôt a Aristote {de Oélo^ L 11^ Ci 44), fof . une dlscussietl détaillée dans VExamn eriiique, 1. 1« p. 444, 464 et 329 ; t. 11^ p. 870-372.
(80) [page 325]; Paolb Toscanelli était si distihgdé comme iistronotHe^ que le mattré de Bebaim , Regiemontànus, lui dédia, en 4468) son ouvrage de Quadrutura Cireulit dirigé contre le cardinal Nicolas de^ Gusa. Il construisit le grand gnomon de l'église Santa Maria NOvella A Florence^ et mouhit en 4482, k rage de (juatre*vingt-cinq ans, sans avoir eu la joie de voir la découverte du cap de Bonne^Espérance par Diàz , ni celle de la partie tropicale du nouveau continent par Colomb.
(84) Ipagè 326]; Gomhie Tancien continent compte enviroa 430 degrés de lon^tude; depuis rextrémilé occidentale de la péninsule ibéritjue jusqu'aux côtes de la Ghinéi il en restait ë pea l^rès à GDlomb 230 k parcouHr, en supposant qu'il voulût aller jusqu'au Catlioi (la Ghlne) ^ et moins s'il se proposait seulemeot d'aborder à ElpaUgi (le lapon ]. Get intervalle de 230 degrés est calculé d'après là position du cap Sainl-Vincebt (long. 44'' 20^ nuest de Paris) et belle du rivage de la Chine, à la bauteur du port de QUinsay ) si célébré autrefois et Souvent nommé par Ce- Ibibb el Tëscabblli (latil. 30* 28^ long. 447* 47' est de Paris). Les autres noms de QUinsay^ dans la province de Tschekiangi sont KanfoU, Hanglscheoufou et Kingssou. Le grand commerce de l'Asie orientale était partagé, au xiu* siècle, entre Quinsay et Zaitoon (Pinghai ou Tseouthouug) qui , situé à Topposite de File Fermose (Toungfan), était sous 25* 6' de latitude nord. Yof.
Slaprulli^ Tabléatm historiques de l'Asi$i Pi ^^T; ZipAngi I NiphoD ) est moins éloigoé da cap Saint^Vineëiit que Quinsaj de 22 degrés de longitude; la disianOs est par cooséqueât de 2#9<^ euTiroil^ au lieu dé 830*" 58^ H est remarquable qué^ grâeeà dee eompeosations accidentelles, les données les plus anciennes, celles d'Érdtosthène et de Strabon (1. 1^ p^ 64) se rapprochent^ à ^O"" près, du résultat que nous avons indiqué plus haut, e'est-à-dire de 429^ pour l'étendue méridienne de ce que les anciens appelaient cix6Ufuyv]. Strabon dit expressément, en parlant de Texistence possible de deux grands continents habitables dans rbémispbère du nord ^ que la terre habitée forme, sous le parallèle de Thinœ (ou d'Athènes, voy. Cosmos, t. II, p. 227 ), plus du tiers de toute la circonférence terrestre. Marin de Tyr, trompé par la durée de la traversée de Myos Hormos vers les Indes , comme aussi par les idées fausses que Ton se faisait sur la mer Caspienne, dont on croyait le grand axe dirigé de Toucst à Test, et sur la longueur du chemin qui conduisait par terre chez les Sères, ne donnait pash Tancien continent moins de 223% au lieu de 429. Les c6tes de la Chine se trouvaient ainsi reculées jusqu'aux îles Sandwich. Colomb préfère naturellement ce résultat à celui de Ptolémée, d'après lequel Quinsay ne serait tombé que dans la partie orientale de Tarchipel des Carolines. Ptolémée, en effet, dans VÂlmageste (1. II, c» 4 ), place les côtes des Sines à 4 80*", et dans sa Géographie ( 1. 1 , c. 4 2 ), à 4 77'' |. Comme Colomb évaluait k 4 20<' la traversée de ribérie au pays des Sines, et Toscànelii à 52*" seulenietlt^ tous deux pouvaient j en prélevant Âù^ environ pour la longueur dé là Médilerrénée, appeler k bi*eVissimo camino n une entreprise qui semblait si hasardeuse. Martin behainl place aussi l(nr sa Pothmé dû Mondé , sur ce globe eélèbrë qu'il âcliéVà eh 4492, et qui ë^t conservé encore aujourd'hui dans là uialsdh de Dehaim à Nurenbérg, lés côtes de la Cliine, ou, kibtiime H dit, lé thône dii rbl de Mango, de Cambalou et de Cathay , H 400* seuletiâeut k Toliést des Açot*es, ou pliiiôl, conàmé BehâiM
était établi depuis quatre ans a Fayïfcl , et prenait sans doute cette Ti]]e pour point de départ, k 'l 4 9* 40^ à l'ouest du cap Saiol- Vincent. Colomb Gt yraisemblablement coonaissanee de Martia Bebaim'a Lisbonne, oh ils se trooTèrentensembletie 44803 4494. Yoy, examen crHique^ etc., 1. 11, p. 357-369. Les nombres fort inexacts que Ton rencontre partout au sujet de ta découverte de l'Amérique , et sur Textension présumée de l'Asie orientale, m'ont engagé à comparer exactement les opinions du moyen âge avec celles de l'antiquité classique.
(82) [page 326]. La partie la plus orientale de Focéan Pad- Tique fut traversée pour la première fois par des hommes blancs montés sur un canot, lorsque Alonso Martin de Don Benito qui, le 25 septembre 4543 , avait embrassé l'horizon de la mer, avec Vasco Nuâez de Balboa, des hauteurs de la Quarequa, descendit quelques jours après dans Tisthme ou golfe de San Miguel, avant que Balboa accomplît l'étrange cérémonie de la prise de possession. Sept mois auparavant, en janvier 4543, il faisait savoir à sa cour qu'il entendait la voix des indigènes de la mer du Sud, et que celte mer était d'une navigation très-facile : t Mar muy mansa y que nunca anda brava como la mar de nuestra banda (de las Antillas]. Ce fut Magellan qui, ainsi que le raconte Pigafetta , donna le premier le nom d'Oceano PaciOco i la Mar de! Sur de Balboa. Déjà avant Texpédition de Magdlan ( 4 0 août 4 54 9) le gouvernement espagnol, qui ne manquait ni de prudence ni d'activité, avait fait transmettre, en novembre 4314, des ordres secrets à Pedrarias Davila, gouverneur de la province de Castiila del Oro, située à l'extrémité nord-ouest de TAmérique du Sud, et au grand navigateur Juan Diaz de Soiis. Le premier devait faire construire quatre caravelles dans le golfe de San Miguel, pour aller faire des découvertes daus la mer du Sud, nouvellement découverte elle-môme; le second devait trouver, en partant de la côte orientale de l'Amérique, une ouverture (abertura de la tierra) afin de gagner par derrière (a espaldas) le nouveau pays, c'est-a-dire d'atteindre les rivages de la Castiila
del Oro. L'eipéditkm de Solis, qui dura depuis le mois d'octobre 1545 jusqu'au mois d'août 4516, péoétra fort avant vers Je sud, et amena la découverte du Rio de la Plata, qui fut longtemps nommé Rio de SoJis. Comp. sur cette première découverte, peu connue, de Tocéan Paciiique, Petrus Martyr, ep. dxl, p. 296, avec les documents des années 4543-4545 dans Navarrete, t. HI, p. 434 et 857. Yoy. aussi Examtn critique^ t. I, p. 320 et 350,
(83) [page 326]. Sur la situation géographique des deux îles Malheureuses (San PaUo, lat. 46'» ^ sud, long. 435^ ^ ouest de
Paris, et isla deTiburones, lat. 40®|8ud, long. 445°), voy.
Examen critiqu€y 1. 1, p. 286, et Navarrele, t. lY, p. ux, 52, 248 et 267. La grande époque des découvertes dans l'espace fournit matière à de nombreux emblèmes héraldiques , tels que celui de Sébastien de Elcano, que nous avons cité dans le texte , et qui représentait le globe du monde avec cette légende : Primus circumdedisti me. Les armoiries données à Colomb dès le mois de mai 4493, pour Tillustrer aux yeux de la postérité ( para sublimarlo), se composaient de la première carte de l'Amérique et d'une rangée d'îles dans un golfe. Yoy. Oviedo, UisL gênerai de las Indien y édit. de 4547, 1. II, c. 7, p. 40 a; Navarrele, t. Il, p. 37; Examen critique^ t. lY, p. 236. Charles- Quint donna en armoiries à Diego de Ordaz, pour avoir gravi le volcan d'Orizaba, l'image de ce pic, et à l'historien Oviedo qui avait passé trente-quatre ans sans interruption (4513-4547) dans l'Amérique tropicale, les quatre belles étoiles de la Croix du Sud. Yoy. Oviedo, 1. Il, c. 44, p. 46 b.
(84) (page 327]. Yoy. Humboldt, Essai politique sur le royaume de la Nouvelle Espagne^ t. Il, 4827, p. 259, et Prescott, History of the Conquest of Mexico, New- York, 4 843, t. m, p. 274 et 336.
(85) [page 329]. Gaetano découvrit une des Iles Sandwich
en 4542. Sur les voyages de don Jorgè de Mddeses et de Alnro de Saavedra aux îtes des PàpoUs (4526 et 45^8), foy. BarrOS) da Àsiû, dec. IV, l. 1, c. 46, et Nararrele, t. V ^ p. 4i5. L'hîdrographie d6 jeau Roiz ^542), conservée dans le Musée britabniqué^ et étudiée pat le savant Dalrymple, cohtient, ainsi que la ceHectioii de cartes de Jean Balard de Dieppe ( \ 552), signalée pour la première fois par Mi Go(iliebei*4-Monbtet| les coniavn de la Nouvelle-Hollande.
(86) (page 329]; Après la inort dé Mendana^ sa îetûme deaa Isabela fiaretos, également distinguée par son courage et Itt facultés de son esprit, prit le commandement de l'expéditioai qui se prolongea jusqu'en 4 596. Voy. Humboldl, Essai politique èUr lu Nouvêlle-Espà^he, t. iV, p. < 4 4 ;— Qùlros opéra en grand sur ses vaisseaiiiL là dessalaisûh de Teàu de tuer, et cet eteinple fut suivi plusieurs fois. Voy. Nâvarretë, t. I, p. lui. Le procédé était déjà Coûnii , ainsi qlie je Tai prdlivé ailleurs par le témoignage d'Alexandre d'Àphroiiisiàs , au iii« siècle de notre ère, bien qu'il ki'dit pas été mis en usage sut* les vaisseaux.
(87) (page 3301. Voy. l'excellent ouvragé dii professeur Mfeinicke, das Fesltand Australien , 4837, 4"pàt-t., p. 2-40.
(88) (page 334). Gé roi- poète mourut tandis que régnait au Mexique Axayacatl (4464-1477). Le savant historien Fernando de Alva Ixtlilxochitl , doiit j'ai vu en 4 802, dans le palais du viceroi de Mexico, là chronique manuscrite des Chichimcques, û heureusement mise à prôtit par Prescotl (Conquest of Mexico f t. I, p. 64 , 473 et 206; t. 111, p. 442), était un descendant de Nezahoualcoyotl. Le nom aztèque de Fernando de Alva signiCe visage de vanille, M. Ternaux-Gompans a fait imprimer à Paris eu 4840 nue traduction française de son manuscrit. — La mention des longs poils d'éléphants i*ecueillis par Cadamosto est consignée dans Ramusio, t. I , p. 409, et dans Grynœus, c. 43, p. 33.
(89) [ page 334 J. Clavigero^ Sloria aniicû del Mesiieo^ Cesena, 47^0, t* 11^ p. 453. On ne peut douter , d'après les témoignages unanimes de Fernand Certes dans ses rapports i Charles Y, de Bernai Diaz, de Gomara, d'Oviedo et de Herdandez, que^à répoque où fut conquis l'empiré de Montézurna, il n'y atait dads aucune partie de Tf urope des ménageries et des jardins botaniques comparables'a eeux de Houaitepec, de Gliapoltepee^ de Iztapalapan et de Tezcouco; Voy. Prescolt^ Conguést ofMéxicon 1. 1^ p. 478; t. H, p, 66 et 447-424, ti 111, p. 42. — Sut* lesôsfte^ ments fossiles trouvés ^ il y a plusieurs 6ièeleS| datis les Champë des Géants 4 voy. GarcilasO) 1. IX, c* 9; Acosta^ 1. lY, ti 80 , et Hernandez, t. \, e. 32, p. 405, édit. de 4 956.
(90) [page 337]. Voy. les observations de Christophe Colomb sur le passage de la polaire par le méridien 3 dans ma Helaiion historique^ etc., t. ], p. 506, ei Examen critique^ 1. 111, p. 4 7-20, 44-54 et 56-64. Voy. aussi Navarrete, dans le Journal de voyage de Colomb (46-30 septembre 4 492), p. 9, 45 et 254.
(91) (page 337]. Sur les singulières différences qui eûstent entre la « bula de concesion a los reyes Cathoiicos de las Indias descubiertas y que se descubrieren 0 du 3 mai 4493, et la • bula de Ales^andro VI Sobre la particion ciel Oceano » cîu 4 mai 4493, éciaircie dans la « bula de extension 0 du 25 septembre 4493, voy. Examen critique^ 1. 111, p. 52-54. Très-différente de cette ligne de démarcatiou est la ligue de séparation Gxée daus la « capitulacion de la particion del mar Oceano entre los reyes cathoiicos y Don Juan, Rey de Portugal, » du 7 juin 4494, à 270 léguas (de
47 1 au degré équatorial)à Touest des îles du cap Vert. Comp.
Navarrete, Yiages y descubrimientos, t. Il, p. 28-35, 446-443 et 404 ; t. lY, p. 55 et 252. Cette dernière répartition , qui amena la tente des Moluques au Portugal , pour la somme de 350000 ducats d'or, n'avait aucun rapport avec les hypothèses magnétiques ou météorologiques. Les lignes de démarcation papales méritaient 4'ôtre mentionnées exactement parce
que, ainsi que je Tai dit dans le texte, elles ont eu une grande influence sur les efforts tentés pour perfectionner rasironomie nautique et les méthodes de longitude. Il est aussi à remarquer que \hCapitulacion, du 7 juin 1494, fournit le premier exemple de la détermination précise d*un méridien à Paide de toun érigées ou de signes gradés sur des rochers. Il est ordouDé: « Que se baga alcuna senal ô torre, » partout où le méridien allant d'un pôle à Tautre, traverse une Ile ou un continent dans les^deux hémisphères de Touest et de Test. Sur les coutinenUi, la ligne devait être marquée par iine raogée de tours ou de sigr.es placés de distance en distance, ce qui, a vrai dire , n^eût pas été une petite entreprise.
(92) [page 339]. II me parait très-digne de remarque que le premier écrivain classique qui ait traité du magnétisme, William Gilbert, chez lequel on ne peut pas supposer la moindre connaissance de la littératare chinoise, regarde cependant la boussole comme une invention des Chinois, apportée en Europe par Marco Polo : • Illa quidem pyxide nihil unquam humanis excogitalum artibus humano generi profuisse magis constat Scieutia nauticœ pyxidulœ traductk videtur in Italiam per Paulum Venetum, qui circa annum MCCLX apud Chinas artem pyxidis didicit » (Guillelmi Gilberti Colcestrensis de MagneU Physiologia nova, Lond., ^600, p. 4). On ne peut cependant ajouter aucune foi à la préleudue importation de la boussole par Marco Polo, dont les voyages sont compris entre les années ^274 et 4295, qui par conséquent revenait en Italie alors que Guyol de Provins, dans son poème de la Boussole y avait parlé déjà de cet instrument comme d'une chose connue depuis longtemps, ainsi que Jacciues de Vitry et Dante. Avant Je départ de Marco Polo, dès le milieu du xiii" siècle, les Catalans et les Basques se servaient de la boussole marine. Voy. Raymond Lulîe, dans son traité deContemplatione, écrit en 4272.
(93) [page 340]. Ce témoignage sur les derniers Bioinentsde
baslien Caliot o$t coasigné dans un écrit de Btddle, composé ec beaucoup de critique , sous le titre de Memoir of Seb. lùoij p. 222 : • On ne sait exactement, dit Biddie» ni Tannée I mourut ce grand navigateur, ni le lieu de sa sépulture; et pendant la Graude-Bretagne lui doit presque un continent ut entier; sans lui peut-être , de même que sans sirWalter ileigh, Ja langue anglaise n*eût pas été parlée par des mil- )ns d'Américains. » — Sur les matériaux d'après lesquels fut iblie la carte des variations deÂionso de Santa Cruz, et sur boussole de variation dont la disposition permettait déjà de esurer la hauteur du soleil , voy. Navarrete, Noticia biogra" :a dei cosmografo Alonso de Santa Cruz^ p. 3-8. La preière boussole de variation fut établie par un homme fort idustrieux, Felipe Guillen, pharmacien à Séville. On avait une ille ardeur de connaître d'uae manière précise la direction es courbes de déclinaison magnétique que, en 4585, Juan lyme fit, avec Francisco Gali, la traversée de Manille h Acaulco, sans autre but que d'éprouver, dans la mer du Sud, instrument qu'il venait d'inventer pour cet usage. Voy. Essai oliiigue sur la Nouvelle-Espagne, t. IV, p, 4 4 0.
(94) [page 341 ]. Acosta , Hist. natural de las Indias^ I. I, :. 4 7. Ce sont ces quatre lignes sans déclinaison qui, à Toccasion les débats soulevés entre Henry Bond et Beckborrow, ont conluit Halley a la théorie des quatre pèles magnétiques.
(95) (page 344]. GWheri, de Magnete Physiologia nova ,]. Y ^ 5. «, p. 200.
(96) I page 342 ). Dans la zone glaciale et dans la zone tem* pérée, cette courbure des bandes isothermes est, il est vrai, un fait général entre les côtes occidentales de Tl^urope et les côtes orientales de l'Amérique du nord ; mais, sous les tropiques, les bandes isothermes courent presque parallèlement i Téquateur. Colomb , dans les conclusions précipitées auxquelles il fut conduit , n'eut pas égard à la différence du climat sur terre et sur
mer, b la distinction des' cAies orient»los ei des côtes occidentales, non plus qu'i rînfliienc^de la latitude et des yentsqai soufflent sur TAfrique. Voy. les remarquables considérations snr les plimals qui se trou?ent réunies danô la Vida det AhniranU^ e. M. La conjecture précoce àe Colomb sur la flexion des bandes isothermes dans l'oeéan Atlantique était Traie, si Ton se borne i la sone froido et i la sone tempérée, c'est-à-dire en mettant à part les régions tropicales,
(97) [pa^e 342], Gobmh ^vait déjà obsoff ^ €« fait. V^lf « Vidé de( Afmirante^ c. 55; Examen critique, t. IV, p. SM» et Co^fjiçSy t. \, p. 563.
(98) (page 342]. L'amiral, dit Fern|)ndp CQ)oipb \Vida cM Almirantej c. 58), attribuait à Tétepdue et a Tépaisseur des forôts, qui couvraient la croupe des montagnes, rabon<]ance de8 pluies rafraîchissantes auquelles il fut exposé anssi Iqqgtemp^ qu'il côtoya la Jamaîc[ue. Il remarque à cette occasion, dans ^pn journal de voyage, « qu'autrefois les pluies n*étaient pas rooin^ abondantes h Madère, dans les Canaries et daps les Açores: mais que depuis que l'on a fait couper les arbres qui répandaient de TombrCj les pluies sont devenues beaup^Hip plus imros dans ces contrées. • On n'a f^it presque aucupp aUeptjqn k cet avertissement pendnq^ (rois si^cjps et depai,
(99) [page 343]. Cosmos^ 1. 1, p. 395 ; Examen critique^ etc., t. lY, p. 294; 44?> Centrale^ t. III, p. 23?. L*jnscription d*Adulis, antérieure de près de 1500 ans à Anghiera, parle des neiges de TAbyssinic dans lesquelles on enfonce jusqu'aux genoux. Voy. Bœckli et J. Franz, Corpus Inscriptionum grœcarum, t. III, n'' 5127.
(400) [page 344]. Léonard de Vinci dit très-bien au snjetde çotto méthode : Questo è il melhodo da osservarsi nella ricerca de' fcnom^ni délia natura. Voy. Venturi, E$sai sur lès ouvrages physicarmaikémaiiques de Léonard de Vinci, 4797, p. 34 ;
MioreHi, Hemorie Mi^rieie su lu viia(fi Lemando da Vimei^ Milano, 4^04, p. 443 <dnns son édition du Tra$M& ieUa PU-' tnm^ t. \%%\n, des Glassici Ual^ni); Wbewell, Philo$. of ihe il^0Hve SçHncei, iUiO, t. H» p. SQ8-370; Bfewster, Lifê of ffewton , p. 333. 169 travaui^ pbffliqu^s de Léonard do Vinci dfitent pour 1^ plupart de i 498.
(\) [page34&]. On v0i( dans les piua aBcieiines relations des Espagnols combien Fatt^niiqn des marins fut éveillée de bonne heure sur les phénomènes naturels. Diego de Lepe, par exemple , ainsi que nous Tapprend un témoignage rendu dans le procès du fiscal contre les héritiers de Colomb, reconnut, en 4499, au moyen d'un vase a soupape, qui ne s'ouvrait qM*aii fond de la mer, qu'à une distance considérable de Tembouchure de rOrénoque , Teau de mer est recouverte d'une couche d'eaii dpuce, épaisse de §ix br^sses;. YPY* Nayarrete, Viages y descubrimientos^ t. III, p. 549. Colomb puisa au 9pd de nie d^ Cuba de l'e^u blanpl^e cpipme di| lait • b'^n^^^® comme si Ton y eût répaqdu d^ la f^riqe », afln d'en rppport^r en Espagne dans des bouteilles ( Vida del Almirante^ p. 56). l'ai été dans Ifs mêmes lieux pour faire des déterQ)|n^tions de longitude, et je ipe 3uis étonné que le vieil ainiral ait pu, avec son expérience , regarder comme un phénomène nouveau la couleur blanclie de Teau de mer si souvent troublée dans les bas-fonds. -^ Pour ce qui est du gulf?stream ou couraptd^eau cfai|ude , qui doit être regardé comme un phénomène considérable dans le tableau du monde, on avait ep souvent, même avant la découverte de rÀmériqu€, roccasjon d'en observer les différents effets dans les Canaries et daps les Açodcs , en voyant la mer rejeter sur les cAtes des l^ambous, des troncs de pins et des cadavres d^homroes qui , par leur physionomie et leurs traita^ différaient entièrement des Européens, et en voyant aborder des canots remplis d'étrangers qui se trouvaient entraînés malgré eu» t et ne pouvaient jamais «ombrer, i Mais en aiiribqait alors ^^ effela à la violenpB ie^ ouragans qui
soufflaient de Toycst , saiifi remânjuer que le mouvement dei eaux était indépendant de la direction des ^ents, et sans reconnaître la flexion du courant pélagique vers Test et le nord-est, c^est-b-^ire rimpulsion qui porte cbaqne année les fruits des Antilles sur les côtes de ririande et de la Norwége. Voy. Yidi del Almirante , c. 8; Herrera, dec. I, 1. t, c. 2; l.fX, c. 42; le Mémoire de sir Humphrey Gilbert, sur la possibilité d'un passage au Cathay par le nord-ouest, ^ans Hakluyt, Navigations and Voyages j t. Hl, p. 44 , et Eœamen critique ^ etc., t. H, p. 247-257, t. m, p. 99^108.
(2) [page 347]. Examen critique j t. U\, p. 26 et 66-99; CotmoSy t. I, p. 362-366.
(3) [page 347]. Alonso de Ercilla a imité la pensée de Garcilaso dans ce passage de YAraucana : « Climas passé, mudè constelaciones. » Voy. Cosmos, 1. 11, p. 463, note 96.
(4) (page 348]. Pétri Martyris Oeeaniea, dec. 1, 1. IX, p. 96; Examen critique, t. IV, p. 224 et 347.
(5) [page 349]. Acosta, Hist. naiural de las Indias, h 1, c. 2; Rîgaud, Account ofHarriofs astron. paperSj 4833, p. 37.
(6) [page 350]. Pigafetta, Primo Viaggio intomo ai Globo terracqueo^ pubbl. da G. Amoretti, 4800, p. 46; Ramusio, 1. 1, p. 345 c; Pétri Martyris Oeeaniea, dec. 111, 1. f, p. 247. D'après les événements que mentionne Aughiera (dec. 11, 1. X, p. 204, et dec. 111, 1. X, p. 232), le passage des Oeeaniea où il traite des nuées de Magellan, doit avoir été écrit entre 4544 et 4546. Andréa Gorsali ( voy. Ramusio, t f , p. 4 77 ) décrit aussi, dans une lettre ë Ginliano de' Medici , le mouvement de translation circulaire a de due nugolette di ragionevol grandezca. » L'étoile placée entre la nubecula major et la nubecula minor, dont Gorsali a donné le dessin, me paraît être 6 de THydre. Voy. Examen critique, t. V, p. 234-238. — SurPetrus Theodori de
Emdeo et Houlmann, l'élevé du maihémalicicn Plancius, voy. aussi un essaj historique de OJbers, dans le SchumacAer's Jahrbuchy ^840, p. 249.
(7) [page 351 J. Comp. les recherches de Delamhre et de Eiicke avec celles d'Ideler, Vrspnmg der Sternnamen, p. xlix, 263 et 277. Voy. aussi Examen critique, etc., t. IV, p. 319-324 , t. V, p. n-^9, 30 et 230-234.
(8) (page 352]. Pline, I. ir, c. 74; Mêler, Slemnamen, p. 260 et 295.
(9)[page 353]. J'ai essayé de résoudre ailleurs les doutes qu'ont exprimés de nos jours au sujet des « qualtro stelle » de célèbres commentateurs du Dante. Pour bien embrasser tous les termes de laqnestion, il faut comparer les vers • lo mi volsi, etc.i (Purgat. canto ly ▼. 22-24 ) avec les passages suivants : Purgat., 1 > 37; VIII, 85-93; XXIX, 424; XXX, 97; XXXI, 406, et Infemo, XXVI, 447 et 427. L'astronome Milanais de Cesaris voyait dans les ivw& facette^ « di cUe '1 polo di qub tutlo quanto arde, b et qui se couchent quand se lèvent les quatre étoiles de la Croix , Canopus, Âchernar etFomalhaut. J*ai tenté, disje, d'éclaircir le problème par les considérations suivantes : • Le mysticisme philosophiqueet reliKÎeux qui pénètre et vivilie Timmense composition du Dante, assigne à tous les objets, à côté de leur existence réelle ou matérielle, une existence idéale. C'est comme deux mondes dont l'un est le reflet de Tautre. Le groupe des quatre étoiles représente^ dans Tordre moral, les vertus cardinales, la Prudence, la Justice, la Force et la Tempérance; elles méritent pour cela le nom de saintes lumière, luci santé. Les trois étoiles t qui éclairent le pAle » représentent les vertus théo^ logales, la Foi, T Espérance et la Charilé. Les premiers de ces êtres nous révèlent eux-mêmes leur double nature^ 41s chantent : t Ici nous sommes des nymphes, dans le ciel nous sommes des étoiles, noi seni qui ninja^ e net ciel scmo slcIlc, • Dans la Terre de la vérité^ le paradis terrestre, sept nymphes se trou-
vent réunies « In cerclûo le facevan di se claustro le sette Ninfe. i C'est ta réunion des vertus cardinales et théologales. Sous ces formes mystiques, les objets réels du firmaimeiït , éloignés les uns des autres d'après les lois éternelles de la Mécanique céleste ^ soQt à peine reconuaissnbles. |^e oioiide idéal est une libre création de Tâmc, le produit de Tinspiratiop poétique. » lixamen criiiquey t. IV, p. 324-332.
(40) [page 359]. Acosta, I. I, t. K. €omp« nift ileMion historiquey etc., t. I, p. 209. Comme les étoiles a el'Ydeli Croix du Sud ont un mouvement d'ascension direct a peu près uniforme, la Croix paraît verticale^ quand elle passe par le méridien ; mais les naturels oublient trop souvent que cette IVorloge céleste avance cbaque jour de 3' 56". — Je dois tous les calculs relatifs à Tapparitîon des étoiles australes dans les latitudes du nord aux communications obligeantes du docteur Galle, qui, le premier, a reconnu dans le ciel la planète Leverrier. «L'incertitude des calculs, dit le docteur Galle, d'après lesquels ft de la Croix du Sud commença b devenir invisible vers Tan 2900 avant notre ère k 52^ 25^ de latitude nord, peut porter sur plus de \ 00 ans , et il ne serait pas possible, quelque exactitude que Ton apportât dans les opérations , de se mettre complètement k l'abri de cette erreur , parce que le mouvement propre aux fixes n'est pas uniforme pour de si longs espaces de temps. Le mouvement de a de la troix s'élève a un tiers de seconde par an, surtout dans le sens de Tascension directe. Il est probable que Tincertilude produite par celte cause d'erreur ne dépasse pas la limite que j'ai indiquée plus haut. »
(\\) [page 356 1. Barros, da Asia^ 1778, déc. 1, 1. IV, c. 2, p. 282.
02) (page 356]. Voy. Pfoticia biografica dé Fernando dt MagalianeSj dans Navarrete, Viages y descub riment os ^ etc., t. IV, p. xxxii.
(43) [pHigù 357 1. Barros, da Asia^ dec. lit, 2^ part.^ 477T, p. «50 ti 658^62.
(4 4) (page S58|. La reine^éerit k€olomb : i Nosotros miamos, y no oiro algunoy faabemoa visto a]go de! libre que iii)6 dcjés(es (un journal de YoyagB dans lequel le mélianC navigateur avait •uppriinï toutes les indicatiens Bumériques de latitude et de dtstaBce) : quaoto mas en esto platicamos y venios conocemos cuan fran casa hu sHdo e$ê$ negaeio wêêêtro y que haMs saèide e» etto mas que nuneu se pmsô que pudiera saber nin- ^un9 dé loi nacidoê. âfoi pareee que teria bien que IJevasedes COQ ¥08 tin buen Esirologo , y nos pareseia que séria bueno para esto Fray Antonio de Marchenaj porque es bues Estrologo y sieropre nos parecio que que se conformaba con vuestro pareeer. » Sur ce Marchepa , qui n'est autre que Fray Juan Peiez , le gardien du cloître de la Nabida , où Colomb , en 4 464 , fut réduit k implorer des moines du pain et de l'eau pour son enfant , voy. Nararrete, t. H, p. 440; t. III, p. 597 et 603; Muâoz; Hist. del Nuevo MundOy 1. IV, S 2^- — Colomb, dans une lettre 4entede la Jamaïque, le 7 juillet 4503, aux Christianissimos M^marcaSy nomme les lÉptiémérides astronomfques une c vision profetlca. • Voy. Navari^ete , 1. 1 , p. 300. — L'astronome portugais, Ruy Falero, natif de Cubiila, prit une part considérable aui préparatife de la circumnavigatiofi de Magellan, avec lequel il avait été nommé, par Charles V, « cabaliero de la Orden de Santiago f( 4549); il avait composé pour Magellan un traité spécial sur les déterminations de tongitude, dont le grand historien Barres possédait quelques eliapitres manuscrits, le même probablement qui fut imprimé, en 4535, à SéviHe, diez Jean Cromberger. Voy. Examen critique ^ 1. 1, p. 276 et 302; t. IV, p. 345. Hsi\nTTeie(Obrapôstuma sobre la Hist. de la Nautiea y de laseieneias matematieasy 4 846, p. 1 47) n'a pu trouver ce livre même eh Espagne. Sur Tes quatre méthodes, servant ^ déterminer les longitudes, que Falero devait aux inspirations de son démon famifter, Toy. Herrera, dec. 41, 1. H, c. 40, et ffavarrcte, t. V,
p. Lxxvii. Plus lard, Alonso de Santa Grux, le même qui tenta, comme le lit en 1525 rapolbicaire de Séville, Felipe Guillen, de déleimiiier les longitudes par la variation de i*aiguille aimantée, Gt des propositions inexécutables pour arriver a ce résultat par la transposition du temps. Ses chronomètres élaieol des sabliers et des clepsydres , des rouages mus par des poi<b suspendus, et même des lùèches trempées dans de Tliuile qui se consumaient exactement dans le même laps de temps 1 Pigafetta ( Transunto del tratlato di Navigaz.^ p. 2^ 9 ) recommande les liauleurs delà lune au méridien. AmerigoVespucci dit, avecbeaacoup de naïveté et de vérité, au sujet de ces méthodes lunaires pour la détermination des longitudes : « L'avantage qu'elles offrent vient du corso più leggier de la luna. o Yoy. Canovai, Viaggi^ p. 57.
(45) [page 360]. La race américaine, qui s'étend partout la même depuis 65° de latitude nord jusqu'à 55'' de latitude sud, passa directement de la vie de chasseur k la vie agricole , sans traverser la vie pastorale. Cela est d'autant plus remarquable, que les bisons, qui errent par troupeaux innombrable et peti* vent être réduits à Tétat domestique , donnent une grande quaelité de lait. On a fait peu d'attention à cette particularité mentionnée par Gomara dans sou Hist. gen. de las Indias, c. 2i4, que, au nord- ouest de Mexico, par 40^ de latitude, il y avait encore au xvi* siècle une population dont la plus grande richesse consistait en troupeaux de bisons domestiques (bueyes con una giba). Ces animaux fournissaient aux naturels des vêtements, des aliments et une boisson qui était sans doute do sang; car c'est un trait qui parait avoir été commun, avant Tarrivée des Européens, à tous les habitants du Nouveau Monde, ainsi qu'à ceux de lu Chine et de la Cochinchine, d'avoir eu de l'antipathie pour le lait, ou du moins de n'en avoir fait aucun usage. Yoy. PrescoU, Conquest of Mexico ^ t. III, p. 446. II est vrai aussi que, dans toute la partie montagneuse de Quito, du Pérou et du Chili, il y eut de tout temps des troupeaux de lamas apprivoisés; mais celte richesse appartenait à des
populations établies sur le sol et vivnnl de la culture. Ou n'a trouvé dans les Cordillères de l'Amérique méridionale aucune trace de la yie pastorale. Que pouvaient donc t^trc les cerfs apprivoisés que Ton entretenait près la Punti de S. Helena, et dont je trouve la mention dans Herrera, dec. II, I. X, e. 6? Il y est dit : Ces cerfs, à ce qu'il paratt, fournissaient du lait et du fromage (ciervos que dan lèche y queso y se crian en casa) 1 A quelle source a été puisé ce renseignement? Il ne peut pas provenir d'une confusion avec les lamas sans conies et sans bois de la froide région des montagnes, dont Garcilaso affirme, dans ses Comment arii reaies (\^ part., 1. V, c. 2, p. 433), que dans le Pérou, et particulièrement sur le plateau de Collao, on les attelait à la charrue. Comp. Pedro de Cieça de Léon , Chroniea del Peru , Séville , 1553 , c. 4-10, p. 264. Cette application des animaux au labourage parait n'avoir été qu'une exception très-rare , un usage purement local ; car , en général , un des traits de la race américaine est l'absence d'animaux domestiques , absence qui influe profondément sur la vie de la famille.
(-16) [page 361). Yoy. dans une lettre en date du mois de juin -1548 (Neander, de Vicelio, p. 7 ) des témoignages remar* quables de l'espérance que Luther plaça sur la génération nouvelle, sur la jeunesse de TAllemagne, pour le soutenir dans l'exécution de son œuvre d'affranchissement.
(47) [page 362]. J'ai raconté ailleurs comment l'époque à laquelle Vespucci fut nommé grand pilote de la flotte royale contredit déjà suffisamment la calomnie inventée par Tastronome Sclioner de Nurenberg , k savoir que les mots « terra di Amerigo » auraient été insérés frauduleusement par Vespucci sur les caries hydrographiques qu'il fut chargé de corriger. La haute estime que la cour d'Espagne professait pour les connaissances de Vespucci en hydrogropliie et en astronomie ressort manifestement des instructions qui lui furent données (real tifolo con exlensas faculdades); lorsqu'il fol nommé • piloto
mayor^ t \q 22 mar» ^80S. Voy. Natarrete^ t. III, p. 297-3^1 H fui mis à la Icte d'un véritable adeposîlo hjdrognGco • et chargé d'eiéculer pour la t casa de cooliatacion » de SévUlei point ceotral de toutes les entreprises maritimes^ ud tableitt géuéral des côtes et un registre des positions géographiques (Pidron gênerai ) , dans lequel il devait ajouter chaque année lei découvertes nouvelles* Mais, dès Tannée -1507, le^nom de Am»' rici term est appliqué au nouveau continent par un bonioM dont Texistence était certainement restée ignorée de Vespuect^ par le géographe Waldseemûller (Martinus Hylacomylus)^ de Fribourg en Brisgau , qui avait établi une imprimerie à Saint*Dié, m pied des Vosges ^ et qui publia une petite description du monde intitulée : Cosmographiœ Introductio^imuper quatuor Amê^ rici Vespucii Navigationei (impr, in oppidoS. Deodati, ^307). La plus étroite amitié liait Ringmann | professeur de cosmographie à Baie, plus connu sous le nom de Philésius, Hylacom^lus et le père Grégoire Reisch, éditeur de la Marffariia philosophica» Dans cette encyclopédie, se trouve en traité d'Bylacomylus sur Tarchiteclure et la perspective, de ^509. (Voy. Examen criti^ne^ t. IV, p. -1^2.) Laurentius Pbrisius, qui vivait 11 Mels, ami d'Bylacomylus et ainsi que lui protégé de René duc de Lorraine, qui entretenait une correspondonce avec Vespucci , paris d*HyIacomylus, dans l'édition de Ptolcmée qu'il publia en ^5S3 h Strasbourg, comme n'existant plus. La carte du nouveau continent tracée par Hylacomylus et jointe à cette édition , fait entrer pour la première fois dans les éditions de Ptolémée le nom d^America^ J'ai découvert cependant que, déjà deux ans auparavant, il avait paru une carte du monde de Petrus Apianus, qui fut insérée d'abord dans une édition de Solin publiée par Cameri et uue seconde fois dans Tédition de Mêla , donnée par Vadianus, et qui représente, comme on le volt dans des cartes chinoises plus modernes, Tisthme de Panama coupé. Voy. Examen eriliqnej etc., t. IV, p. 99-1 2'<; t. V, p. ^68-n6. C'est tout à fait h tort que Ton a regardé la carte de -1527 qui, après avoir fait partie de la bibliothèque d'Ëbner, à Nureuberg^ est au-
jourd'liui réunie k la colJection de Weimar, et celle de Diego Ribero, de ^529, gravée par Gussefeld, comme les plus anciennes caries du nouveau continent (Ibid., t. !l, p. <84; 1. 111, p. ^91). Dans l'expédition de Alonso de Hojeda, un an après le troisième voyage de Colomb (U97), Yespucci avait visité les côles de l'Amérique méridionale avec Juan de la Cosa, dont j'ai le premier signalé la carie, dessinée eri 4500 au Puerto de Santa Maria, six années entières avant la mort du grand amiral génois. Yespucci n'avait aucune raison de supposer un voyage fait en -1497^ puisque, de mc^me que Colomb, il resta convaincu jusqu'à sa mort qu'ils n'avaient toucbé que des parties de l'Asie orientale. (Voy. la lettre de Colomb au pape Alexandre YI, du mois de février 4502, et une autre à la reine Isabelle, du mois de juillet 1503, dans Navarrete, 1. 1, p. 304 ; t. 11, p. 280, ainsi qu'une lettre de Yespucci à Pier Francesco de' Medici, dans Bandini, Vitae Lettere di Amerigo Vespucciy^, 66 et 83.) Pedro de Ledesma, pilote de Colomb pendant son troisième voyage, dit encore en 4543, dans le procès contre les héritiers de l'amiral, que Ton regarde la côte de Paria comme une partie de l'Asie. Yoy. Navarrete, t. 111 , p. 5^9. Les périphrases souvent employées de mondo nitovo^ ulter orbis^ Colonus novi orbis repertor ne sont pas en opposition avec cette croyance; on veut seulement désigner par là des contrées inconnues , et ces eipressions sont employées dans le même sens par Strabon , Mêla, Terlullien, Isidore de Séville et Cadamosto. Yoy. Examen critique^ 1. 1, p. 44 8; t. Y, p. 482-184. Plus de vingt ans après la mort de Yespucci, qui arriva en 4542, et jusqu'aux calomnies de Schoner dans VOpusculum geographicuîn de 4533, et b celles de Servet dans l'édition de Ptolémée publiée à Lyon en 4535, on ne rencontre aucune réclamation contre le navigateur florentin. Colomb, un an avant de mourir , le désigne comme un homme i du caractère le plus intègre (mucho hombre de bien), digne de toute conûance, q^ui a toujours été prêt à Tobliger. » Yoy. Cartaa mi muy caro lijo D. Diego, dans Navarrete, t. I, p. 354. Fernando Colon, qui écrivit la vie de son père,
vors 1535, h Sénllc, quatre ans avant de mourir, et qui as«»lail. en 152^, avec Juan Vespucci, neveu d^Amerîgo, i U junte astronomique de Badajoz et aux négociations ouvertes sur les Moluques; Martyr de Anghiera, Tami personnel deTamiral Oviedo, dont la correspondance s'étend jusqu'en -1525, qui cherche au contraire tout ce qui peut diminuer la gloire de Colomb; Ramusio et Guicciardini, tous témoignent la même hienvcillance pour Amerigo. Si Amerigo eût à dessein falsifié les dates de ses voyages, il les eût du moins fait concorder et nVût [as placé la fin du premier cinq mois après le commeneemrn( du f^econd. Les confusions de chiffres qui se sont glissées ûnm les nombreuses traductions de ses voyages ne doiveat pas lai être imputées, puisqu'il ne publia lui-môme aucuoe de ces relations. De semblables erreurs sont d'ailleurs très-habiluePes dans les ouvrages imprimés au xvK siècle. Oviedo avait, en qu:ilité de page de la reine, assisté b raudience o{i Ferdinand et Isabelle firent à Tamiral un accueil si brillant dans la ville de Barcelone (^493), après son premier voyage de découverte. Trois fois il a écrit que Taudience avait eu lieu en ^496, et môme que l'Amérique avait é(é découverte en I (91. Gomara dit la môme chose, non pas ea chiffres^ mais en toutes lettres, et place la découverte de la 7V<?/7rt/?/-?we d'Amérique en 1 f 97, précisément dans l'année dont rimlication erronée a porté malheur h la mémoire de Vespucci. Voy. Examen critiqua, l, V, p. 196-202. D'ailleurs le procès soutenu par le fiscal, de ^508 \ ^ 527, contre les héritière de Colomb, afin de leur enlever les privilèges et les droits qui avaient été concédés à l'amiral dès Tan M92, met à l'abri de tout reproche la conduite du navigateur florentin , qui jamais ne prétendit attacher son nom au nouveau continent, mais qui, par la jactance à laquelle il se laissa aller dans les rapports qu'il adressa au gonfalonier Piero Soderinî , à Pier Fiancesco de' Medici et au duc René II de Lorraine, attira malheureusement sur lui, plus qu'il ne le n.éritail, Taltenlion de la postérité. Amerigo entra au service de l'État, comme piloto mayor, l'année
mi^me où commença le procès; il vécut encore ()uatre ans à Séville pendant Tinslruction de ce procès dans lequel il s'agissait de savoir quelles étaient les parties du Nouveau Continent auxquelles Colomb avait touclié le premier. Les hruits les plus misérables trouvèrent accès et devinrent une arme entre les mains du fiscal. On cliercha des témoins à Santo Domingo et dans tous les ports espagnols , à Moguer, à Palos et àSévjlle, presque sous les yeux d'Amerigo Vespucci et de son neveu. Le Mundus novusy imprimé par Jean Otmar à Augsbourg,en^504y le Recueil i\eA Voyages de Vicence (Mondo Novo et paesi no^ ramenie refrovati da Alherieo Vespuzio FiorenUnOfihOl)^^^ tribué ordinairement à Fracan^tio di Montalboddo, mais en réalité d'Alessandro Zorzi, et les Quatuor Navigationes de Martin WaMsecmuller (Hylacomylus) avaient déjà paru; depuis ^520, Il y avait des mappemondes sur lesquelles était inscrit le nom à" America, rhs en avant, en 4507, par Hylacomylus, et approuvé par Joacliim Vadîanus dans une lettre écrite de Vienne & Rudolph Agricola, en 4512, et cependant cet homme, auquel des ouvrages répandus en Allemagne, en France et en Italie attribuaient un atterrage à Paria en 4497, n'est pas cité à comparaître par le fiscal dans le procès commencé dès Tannée 1508 et qui se prolonge pendant dix-neuf ans, ni même nommé, soit comme précurseur, soit comme CDiitrndicteur de Colomb. Pourquoi, après la mort d'Amerigo Vespucci, arrivée h Séville, le 22 février 4512, n'appela-t-on pas son neveu, Jean Vespucci, comme on appela Martin Alonso et Vicente Yaiies Pinzon, Juan de la Cosa et Alonso de Hojeda, pour témoigner que déjii avant Colomb, c'esl-k-dire avant le 4*' août 4 498, Amerigo avait touché aux côtes de Paria, qui avaient une si grande importance, non pas comme • terre ferme de TAsie, » mais a cause de la pèche des perles qui se faisait près de là et était d'un revenu con«;idérable. 11 est impossible de comprendre qu'on eiît négligé ainsi le témoignage le plus important, si Amerigo Vespucci se fût vanté d'avoir fait, en 4 497, un voyage de découverte, e( si Ton eût attaché quelque valeur aux dates
erronées et aux fautes d'impression des Quatuor NavigatioML Je sais pertinemment que le grand ou?rage encore inédit d'un ami de Colomb, Fray Bartholoméde Las Casas (Historia gênerai de hs^Indias) y se compose de parties distinctes ^ écrites a des époques très-diverses; il fut commencé en 4527, quinze ai^ après la mortd'Amerigo, et achevé en 4559, sept ans avant qu« Fauteur mourût dans sa qualre- vingt- douzième année. Ur blâme amer y est mêlé d'une manière bizarre à Téloge. On Yoit se fortifier la haine et le soupçon y à mesure que grandit li renommée du navigateur florentin. On lit dans la partie du livre qui fut composée la première , dans le prologue ; t Amerigo raconte ce qu'il a fait dans deux voyages vers les Indes; cependant il paraît avoir omis plusieurs détails importants soit n div sein (a saviendas), soit par négligence. De la est venu que quelques personnes lui ont attribué ce qui appartient à d'au* très et ne devait pas leur être enlevé. • Le jugement porté dam le 44(H chapitre du 1*' livre n'est pas moins mesuré : • Je dois faire mention ici du tort qu'Amerigo semble avoir fait à Tamiral, lui ou peut-être ceux qui ont fait imprimer les Quatuor Navigaiiones (ô los que imprimiéron). On attribue à lui seul , sam nommer personne autre, la découverte de la terre ferme ; il paraîtrait qu'il a inscrit le nom à'Aménque sur des cartes et aurait ainsi manqué gravement envers Tamiral. Comme Amérigo était un habile parleur et écrivait avec élégance (era latino f éloquente), il s'est donné, dans sa lettre au roi René de Lorraioe, pour le chef de Texpédilion d'Hojeda. 11 n'était cependant que Tun des pilotes, malgré son expérience des choses maritimes et ses connaissances en Cosmographie (hombre entendido en las cosns de la mar y doclo en cosmogra(ia)... Il s'est répandu daos le monde qu'il avait le premier abordé à la terre ferme. Si luimême a propagé ce bruit à dessein , c'est grande méchanceté de sa part, et s'il n'est pas coupable, il a. du moins Pair de Tétre ( Clara pareze la falsedad : y si fué de industria hecha, maldad grande fué; y ya que no lo fuese, al menos parezelo)... Amerigo dit être parti dans Tan 7 (1497); celte date parait tenir b une
méprise et uook ua cakul perfide, puisquUI prétend être re»té dix-huit mois absent. Les écrivains étrangers nomment le nouveau continent America ; c'est Columba qu*il faudrait dire, t Ce passage montre assez que jusque-là Bartholomé de Las Casas n*ao* cusait pas Amerigo d'avoir mis lui-même en circulation le noni à* America; il dit : t an tomado les escriptores extrangeros de nombrar la nuestra Tierra fiime America, comosi Americo solo y no otro con él y antes que todos la oviera descubierto. • C'est dans le liv. I, cb. ti 64-1 69, et Uv. Il, ch. 2, qu'éclate violemment sa haine; il n'attribue plus les choses a uue méprise dans la supputation des années ou i la prédilection des étrangers pour Amerigo : tout tient à un mensonge prémédité dont Amerigo lui-même s'est rendu cpupable (de industria lo liizo... persisliô en elengaîio... dé falsedad esta claramente convencido)^ Bartholomé de Las Casas prend encore Amerigo a partie dans deux autres passages, et s'efforce de lui démontrer que, dans les relations de ses deux premiers voyages, il a confondu la suite des événements 2^ qu'il a rapporté au premier voyage plusieurs faits qui appartiennent au second, et réciproquement. L'accusateur ne parait pas avoir senti , et cela est assez remarquable^ qu'il diminuait lui-môme le poids de ses accusations , en mentionnant Popinion opposée et rindifférence de l'homme qui avait le plus d'intérêt à attaquer Amerigo Vespucci , s'il l'avait cru coupable d'hostilité et de mauvaise foi envers son père. « Je ne puis m'empécher de m'étonner, dit Las Casas (ch. ^64), que Fernand Colomb , qui était un homme de beaucoup de pénétration, et qui eut entre les mains, comme je le sais a n'en pas douter, les relations d'Amerigo, n'ait pas reconnu leur infidélité et son iigustice envers l'amiral. » — Ayant eu de nouveau, il y a quelques mois, l'occasion de consulter le rare manuscrit de Bartholomé de Las Casas, j'ai voulu intercaler dans celte longue noie, sur un sujet si incomplètement traité jusqu'ici , ce que je n'avais pu mettre à profit dans mon Examen criligue (t. V, p. n8-2l7). La conviction que j'exprimais alors (p. 217 et 224) n'a pas été ébranlée : t Quand la dénomination d*uu
grand continent y généralement adoptée et consacrée par Tnsage de plusieurs siècles, se présente comme un monument de Tinjustice des hommes , il est naturel d'attribuer d'abord la cause de cette injustice & celui qui semblait le plus intéressé à la commettre. L'étude des documents a prouvé qu'aucun fait certain n'appuie cette supposition, et que le nom d'Amérique a pris naissance dans un pays éloigné , en France et en Allemagne, par un concours d'incidents qui paraissent écarter jusqu'au soupçon d'une influence de la part de Vespuce : c'est la que s'arrête la critique historique. Le champ sans bornes des causes inconnues ou des combinaisons morales possibles n'est pas du domaine de l'hîstoire positive. Un homme qui , pendant une longue carrière, a joui de l'estime des plus illustres de ses contemporains, s'est élevé, par ses connaissances en astronomie nautique 9 distinguées pour le temps où il vivait, à un emploi honorable. Ce concours de cii-constances fortuites lui a donné une célébrité dont le poids, pendant trois siècles, a pesé sur sa mémoire, en fournissant des motifs pour avilir son caractère. Une telle position est bien rare dans l'histoire des infortunes humaines : c'est l'exemple d'une flétrissure morale croissant avec l'illustration du nom. Il valait la peine de scruter ce qui , dans ce mélange de succès et d'adversités , appartient au navigateur m^mc, aux hasards de la rédaction précipitée de ses écrits ou k de maladroits et dangereux amis. » Copernic lui-même a contribué à cette dangereuse renommée; il attribue aussi la découverte du Nouveau Continent à Yespucci. Après une discussion sur le centrum gravitatis et le centrum magnitudi" niSf il ajoute : • Magis id erit clarum, si addentur insulœ œlate nostra sub Hispaniarum Lusitaniœquc principibus repertœ et presertim America ab inventore denominata navium prœfecto, quem, ob incompertam ejus adhuc magnitudinem , alterum orbem terrarum putant. t (Nicolai Copernici de Revoluiionibus orbium eœlestium libri sex, ^543. p. 2 a. )
(18) [p. 362). Voy. Exam.crit.^i.lU, p. 454H58et225-227.
(19) Ipase 363|. Comp. Cotmos, L I, p. 87.
(20) [page 365|. • Les kuieUes que Galilée oonsiruîsil, oslùm qui lui senrirent k découvrir les saldlilcs de Jupiter, K^ phases de Vénus et k observer les taches du soleil, grossirent successive* ment quatre^sepi et trente-deux fois les dimensions linéaires des astres. Ce dernier nombre, l'illustre astronome de Florence ne le dépassa pas. t (Arago, Annuaire du Bur. des lang.^ ^ 8 (2, p. 268.)
(24 ) [ page 367 ]. Westphal , dans la biographie do Copernic , dédiée au grand astronome de Kœnigsberg, fiessely nomme » comme Gassendi, révoque d'Ermeland Lucas WaUeIrodt de Allen. D*aprèsles communications que m'a faites tout récemment le savant historien Voigt, directeur des archives k Kœnigsbcrg, la famille de la mère de Copernic est nommée dans les actes Weiselrodt, Weisseirot, Weisebrodt, et le plus souvent Waisselrode. Sa mère était sans aucun doute d'origine allemande , et la famille des Wesseirode, distincte dans le principe do la fumillo des Allen qui florissait à Thorn depuis le commencement du XV* siècle, a vraisemblablement pris le nom de Allen par suite d'une adoption ou d'autres relations de parenté. Snindccki et Czynski (Kopemik et ses travaux^ 4 847, p. 26) nomment la mère de Copernic Barbara Wasseirode ; elle épousa, disont-ils, àThorn, en 4464, un homme dont la famille était originaire de fioliéme. Westphal et Czynski appellent Tastronome, que Gassendi désigne comme un Prussien, né à Thorn ( Tornœus Borussus ), Kœpernik; Krzyzanowski écrit Kopirnig, Dans une lettre écrite de Heilsberg^le 24 novembre 4580 par révoque d'Erroeland Martin Cromer, on lit: • CumJo. (NicolausjCopernicus vlvensornamcnto fuerit atque etiam nunc post fala sit, non solum huic ecclcsisB, vcrum eliam toti Prussiœ patriœ suœ, iniquum esse puto , cum posl obilum carere honore sepulchri sive roonumenti. •
{1:1) (page 367]. On lit dans la Vie de Nicolas Copernic par Gassendi , annexée a sa biographie de Tycho ( Tychonis Braltei
vita^ 4655, l1agflM>)mitttm, p. 3tO) : « eiidein die «4 korii mm muftis priusquam animam efflaret. » Schubert, dans son Astronomie, r* part., p. 445, et Rebert Small, dans le nfant ouvrage intilulé Account ofthe astron. discoverie^of Kepler y 48#i, p. 92, afflrmenl seuls que Copernic mourut quelques jours après la publication de son ouvrage ; c'est aussi Topinion du directeur des arcliires de Kœnigsbetg, Yoigt, parce que dans une lettre écrite au duc de Prusse, après la mort de Copernic, par un einnoine d*Ermeland, George Donner, il est dit : « que le digne et bonolrable docteur Nicolaus Koppernick a laissé échapper son ouvrage quelques jours avant de quitter cette terre , comme le eygne chante avant de mourir. • D*après la tradition commune (voy. Westpbal , Nicolaus Kopernicus, 1822, p. 73 et 82), le livre avait été commencé en 4507, et il était tellement anoeé en 4 530 , que l'auteur se contenta d'y apporter plus tard quelques rares améliorations. Le cardinal Schonfoerg presse la publication, dans une lettre écrite de Rome en novembre 4536; il veut en faire prendre une copie par Théodore de Reden et se la faire adresser. Copernic dit lui-même , dans sa dédicace w pape Paul 111, que l'entier adiëvement de l'ouvrage a rempli un espace de quatre fois neuf années (quartum novennium). Si Ton songe combien il fallait de temps pour imprimer un écHt de 400 pages, il est vraisemblable que la dédicace ne foi pis écrite dans l'année de sa mort, arrivée en 4543 ; d*où l'on peut conclure, en défalquant de cette date trente-six années, que Copernic se mil à Tœuvre non pas après, mais avant Tan 4507. — Voigt doute que Taqueduc qui existe & Frauenbuig et que li voix publique attribue ii Copernic, ait été réellement exécuté d'après ses plans; il a reconnu qu'en 4574 seulement intervint un contrat entre le Chapitre et maître Yalentin Zendel, de fireslau , pour conduire l'eau des fossés de Frauenburg dans les bâtiments occupés par les chanoines. Or il n'est question nulle part d'un aqueduc antérieur à celui qui existe encore aujounriiui, et qui fut construit, comme on vient de le voir, vingt-liuit aos après la mort de Copernic.
(23) \pïï^e2^S].{)ehmbre,Uisi.deCÀstroii.mod.ji.\^pA 10.
(24) [page 368]. Neqae eRÎm neee6se est, eas hypothèses esse veras, irae Be virisirailee quidem . eed sulicil hoc imuiii , si caleulufli observaiioflibus coogruenten exhibeant, dit Osiander «bas son introduetioQ. D'aaire part, on lit dans Gassendi, Viià ilépemici^ p. 319 : t L'évéque de Ctilm, TidemaunGise, natif de Dantaîcfc , q«ii pendant plusieurs années insista auprès de Gopennie pour hâter la publication de son ouvrage, obtint enûn le manuscrit, avec la commission de le foire imprimer tout à fait eomme il Teiitendratt. Il en chargea d'abord Rliœticus, professeur à Wittenberg, qui avait quitté son maître peu de temps auparavant, après UB long séjour à Frauenburg. Rliœticus supposa que la publication se ferait à Nurenberg dans des conditions plus favorables , et coiiOa h son tour le soin de Timpression au professeur Schoner et à Andréas Osiander , qui habitaient cette ville. » Des éloges donnés k Touvrage de Copernic vers la fin de l'introduction , on eût pu déjà conclure , même sans le témoignage expressif de Gassendi, que cette introduction est d'une main étrangère. Dans le titre de la première édition (Nurenberg, 1 543), Osiander se sert des expressions suivantes, soigneusement évitées dans tout ce qu'a écrit Copernic : tMotus stellarum ttovis insuper ac admirabilibus hypothesibus omati, » et il «joute cette exhortation un peu cavalière : « Igitur, studiose lector, eme, lege, fruere. t Dans la deuxième édition (Bàle, 4566), que j'ai scrupuleusement comparée avec la première , il n*est plus question sur le titre des admirables hypeihèteê ; mais la Prœfatiuneuta de hypothesibus hujus operin, termes sous lesquels Gassendi désigne Tintroduction qu'Osiander joignit au livre, a été conservée. Il résulte d'ailleurs clairement de la dédicace à Piul III, intitulée par Osiander Prœfatio authoris^ que cet éditeur, sans se nommer, a voulu cependant indiquer que la Prœfaliuncula était d*une main étrangère. La première édition n'a que 496 pages; la seconde en a 243, à cause de la narralio prima^ longue lettre adressée k Schoner par l'astronome George Joachia
Rliœticus, qui donna pour la première fois au monde savant une connaissance e\ac(e du sysième de Copernic, IcUre imprimée à Bâie, par les soins du malhématicien Gassarus, dès Tannée 4541. Rhœticus avait résigné sa chaire de WiUenK)erg, ea 4539, (tour venir à Frauenburg jouir des leçons de Copernic. Voy. Gassendi, p. 340-319. Gassendi explique les restrictions auxquelles fut conduit Osiander par ses scrupules timides : • Andréas porro Osiander fuit, qui non modo operarum inspecter fuitjSed prœfatiunculam quoque ad lectorem (tacito licet nomine) de Hypothesibus operis adbîbuit. Ejus in ea consiliinn fuit, Dt, tametsi Copernicus Molum Terrœ habuisset, non solum pro Hypotliesi, sed pro vero etiam placito; ipse tamen ad rem, ob illos qui liinc offenderenlur, leniendam, excusatum eum faceret, quasi talem Moluui non pro dogmate, sed pro Hypolbesi mera assumpsisset. t
(25) [puge 374 1. Quis enim in hoc pulcherrimo templo lampadem banc in alio vel meliori loco poneret, quam unde totura simul possit illumiuare? Si quidem non inepte quidam lucernam mundi, alii mentem, alii rectorem vocant. Trismegislus visibilem Deum, Sophoclis Klectra intuentem omnia. Ita profecto tinquam in solio regali sol residens circumagentem gubernat astrorum fnmiliam : Tellus quoque minime fraudatnr lunari ministerio, sed ut Aristoteles de animalibus ait, maximam Luna cum terra cognationem habet. Concipit interea a Sole terra et impreguatur aanuo partu. Invenimus igitur sub bac ordinatione admiraudam mundi symmeti iam ac certum harmoniœ nexum motus et oiagnitudinis orbium, qualis alio modo repcriri non polest (iSicol. Copernicus, de Revolulionibus orbium cœlestium^ 1. 1, c. 40, p. 9 b.). Dans ce passage, qui n'est ni sans grâce ni sans éleva* tion poétique, on reconnaît, comme chez tous les astronomes du XVII* sicrle , les traces d'un long commerce avec Tantiquité classique, Copernic avait en vue les passages suivants : Cicéron, Somnium Svipionis^ c*. 4 ; Pliue ,1. Il, c. 3 , el Mercure Trisrocgisle, 1. Y (p. 195 el 201, édit. de Cracovie, Vô'^^). L'allusion
à rÉIectre de Sophode est oliscurey car ce n'esl pas data celle pièce que le soleil est appelé ■ omnia inluenSy » mais tien daas r Iliade et dans V Odyssée y ainsi que dans les Ckoèpkons d'Escbyle (V. 980), que Copernic n'a pas pn prendre pour VÉiectrt. D'après une conjecture de Bœcàh, Tallusion Tient d'un défaut de mémoire; Copernic se sera rappelé d'une manière vague le ^ers 869 de VŒdipe à Cohne de Sophocle. Il est assea singulier que tout récemment, dans un li? re d'ailleurs instructif (Ciynski, Kopemik et ses travaux^ 4847, p. 402), VÉleeire du tragique grec ait été confondue avec les courants éleciripies. L'auteur a traduit, comme il suit, le passage de Copernic cité plus haut : « Si on prend le soleil pour le flambeau de l'univers, pour son âme, pour son guide ; si Trismégiste le nomme un DieUi si So* phode le croit une puissance électrique qui anime et contemple l'ensemble de la création etc. »
(26) [page 371]. • Pluribus ergo exislentibus centris, de centre quoque mundi non temere quis dubitabit, an videlicet ftierit istud gravitatis terren®, an aliud. Equidem existimo gravitatem non aliud esse quam appetentiam quamdam naturalem partibus in«ditam a divina providentia opificis uuiversorum , ut in unitatem integritatemque suam sese conférant iu formam globi coeuntes. Quam affectionem credibile est etiam Soli, Lunœ ceterisque errantium fulgoribus Inesse, ut ejus efQcacia in ea qua se représentant rotunditate permaneant, quœ nibilominus multis modis suos efQciunt circuitos. Si igitur et terra faciat alios, utpote secundum centrum (mundi), necesse erit eos esse qui simlliter extrlnsecus in multis apparent, in quibus invenimus annuum circuitum. — Ipse denique Sol médium mundi putabitur possidere, qu» omnia ratio ordinis, qoo illa sibi invicem succedunt, et mundi totius harmooia nos docet, si modo rem ipsam ambobus (ut aiunt) oculis inspiciamus. t (Copernicus, de HevoM. orbium cœlest», 1. 1, c. 9, p. 7 b.)
(27) (page 374 ]. Plutarque, de Facie in orbe Lunœ, p. 923 c,