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voleanique des iles Éoliennes ou Lipari au nord de la Sicile (5). Les décorations scéniques destinées à relever encore par un nouveau prestige les chefs-d’œuvre d’Eschyle et de Sophocle durent contribuer à reculer peu à peu les limites de l’art (°). Elles firent sentir plus vivement le besoin d’imiter, en ayant égard à la perspective et de manière à produire l'illusion , un palais, une forêt, des rochers et d’autres objets de même nature.
Perfectionnée ainsi, grâce aux exigences de Part dramatique, la peinture de paysage passa du théâtre dans les habitations des particuliers, et plus tard les Romains empruntérent ce luxe aux Grecs. Les peintures se partageaient avec les colonnes la décoration des portiques; de larges pans de murs étaient couverts de paysages dont l'horizon, borné d’abord, s’élargit rapidement (!°), au point que l’on put suivre les bords de la mer, embrasser des villes entières ou de vastes plaines dans lesquelles paissaient des troupeaux de brebis (1). Ce fut un peintre du temps d’Auguste, Ludius, qui, je ne dirai pas inventa, mais mit à la mode ces peintures murales (!?), et leur donna un intérêt nouveau en y introduisant des figures (1%). Presque au même temps, et peutêtre même un demi-siècle plus tôt, à l’époque brillante où florissait Vikramaditya, un poëte indien fait allusion à la peinture de paysage comme à un art trés-cultivé. Dans le beau drame de la Sakountala, on montre au roi Douschmanta le portrait de sa bien-aimée; il n’en est pas satisfait et veut que le peintre retrace les lieux particulièrement chers à son amie; la rivière Malini avec un banc de sable où vont se poser les flamans pourprés, une suite de collines qui se rattachent à l'Himalaya , et sur cette colline des gazelles. Ce n’est pas demander peu de chose, et de telles exigences témoignent une grande confiance dans les moyens dont l’art pouvait dés lors disposer.
A partir de César, la peinture de paysage devint à Rome un art distinct; mais, d’après tous les échantillons qu'ont mis au jour les fouilles d'Herculanum , de Pompéi, et de Stabies, les ouvrages de ce genre n'offraient guère que des plans topographiques de la contrée. On se proposait plutôt
de représenter les ports de mer, les villas ou les jardins artificiels, que de peindre la nature dans sa liberté. Les Grecs et les Romains ne recherchaient guêre dans la campagne que des habitations commodes , et se laissaient peu attirer aux beautés romantiques et sauvages. L’imitation pouvait être fidèle, autant que le permettaient toutefois une indifférence souvent poussée trop loin pour les règles de la perspective. et le parti pris de tout ramener à une ordonnance conventionnelle. Les compositions en forme d’arabesques, contre lesquelles protestait le goût sévère de Vitruve, contenaient des plantes et des animaux disposés harmonieusement et qui témoignaient de quelque originalité; mais, pour me servir des expressions d'Otfried Muller, « il ne parut pas aux anciens que l’art püt jamais produire cette disposition mélancolique, cette sorte de pressentiment dans lesquels nous jette la vue d’un paysage. Ils se proposérent plutôt, en peignant la nature, d’égayer l'esprit que d’inspirer un sentiment sérieux (14). >»
Nous avons fait voir par quels progrès analogues les deux moyens que l'homme possède de faire revivre la nature, d’un côté la parole inspirée, et de l’autre le dessin, ont pu, dans l’antiquité classique, conquérir une existence indépendante. Les échantillons de paysage dans la maniere de Ludius, que nous ont découverts les fouilles d’Herculanum, si heureusement poursuivies dans ces derniers temps , sont tous vraisemblablement de la même époque et appartiennent au tres-court espace de temps qui s'étend de Néron à Titus (15). La ville en effet avait été déjà complétement détruite par un tremblement de terre, seize ans avant la fameuse éruption du Vésuve.
Si l’on considère les procédés d'exécution , la peinture chrétienne ne changea pas de caractère dépuis Constantin jusqu’au commencement du moyen àge. Elle resta, pendant toute cette période, voisine de l’ancien art des Grecs et des Romains. Les miniatures quiornent les manuscrits somptueux, et dont beaucoup nous sont parvenues sans altération, sont pour nous un trésor de vieux souvenirs aussi bien que les mosaiques plus rares qui datent de la même époque (15).
Rumobr cite un manuscrit des psaumes , conservé dans le palais Barberini à Rome , où sur une miniature est représenté David jouant de la harpe, au milieu d’un bosquet gracieux , tandis que des nymphes sortent du feuillage pour l'écouter. Cette personnification, ajoute Rumohbr, montre que le peintre se ratlachait encore aux vieilles traditions. Depuis “le milieu du vi siècle, quand Italie tomba dans l’appauvrissement et dans l’anarchie, ce fut surtout l’art byzantin qui conserva un reflet de la peinture antique et les types persistants d’une époque meilleure; les productions de l’école byzantine nous amênent, par une transition naturelle, aux créations de la seconde moitié du moyen àge, lorsque le goût des manuscrits illustrés se fut répandu du Bas-Empire dans les contrées de l'Occident et du Nord, dans la monarchie des Frances, chez les Anglo-Saxons, et chez les habitants des Pays-Bas. Il n’est pas, en effet, sans intérêt pour l’histoire de l’art moderne, de remarquer, ainsi que le dit Waagen, que les célèbres frères Hubert et Jean Van Eyck se sont formés surtout dans l’école des peintres de miniature établie en Flandre, et qui, depuis la seconde moitié du xiv® siècle, s'éleva à un si haut degré de perfection (17).
C’est dans les tableaux historiques des frères Van Eyck que l’on est frappé pour la première fois du soin apporté aux détails du paysage. Aucun d’eux ne vit l'Italie ; mais le plus jeune , Jean, put contempler la végétation du midi de l’Europe, lorsqu’en 4 428 il accompagna l'ambassade envoyée à Lisbonne par le duc de Bourgogne, Philippe le Bon, à l’occasion de son mariage avec la fille du roi de Portugal, Jean Ir. Le musée de Berlin possède les deux panneaux d’un magnifique tableau que les mêmes artistes, véritables fondateurs de la grande école néerlandaise , exécutèrent pour la cathédrale de Gand. Ils représentent des anachorètes et des pèlerins. Jean Van Eyck a orné le paysage d’orangers, de dattiers, de cyprès d’une merveilleuse fidélité qui, se détachant sur des masses plus sombres, donnent à l’ensemble de la composition un caractère grave et élevé. On sent, à la vue de ces tableaux, que le peintre avait reçu lui-même l'impression de la végétation vigoureuse caressée par les vents tièdes du Midi.
Ce chef-d'œuvre des frères Van Eyck date de la première moitié du xv* siècle. À celte époque, la peinture à l'huile était encore une découverte récente et commençait seulement à prévaloir sur la peinture en détrempe, bien que ses procédés eussent acquis dès lors une grande perfection. Un besoin nouveau s'était éveillé; on cherchait à donner de la vie aux formes de la nature. Pour suivre les progrès de ce sentiment, nous devons rappeler comment un élève des Van Evck, Antonello de Messine, naturalisa à Venise le goût de la peinture de paysage, et quelle influence des tableaux sortis de la même école exercèrent jusque dans Florence sur Dominique Ghirlandajo et sur d’autres maitres (‘#). A cette époque les efforts étaient encore dirigés vers une imitation minutieuse et trop servile. C’est dans les chefs-d’œuvre de Titien que, pour la première fois, la nature apparait largement comprise et représentée à grands traits. Titien cependant avait déjà pu prendre modéle sur Giorgione. J'ai eu le bonheur de contempler à Paris, pendant plusieurs années, le tableau de Titien représentant la mort de Pierre le martyr. massacré dans une forêt par un Albigeoïs, en présence d’un autre religieux de l’ordre des dominicains (*°). La forme et le feuillage des arbres, le lointain bleuâtre des montagnes, l'harmonie générale de l'ombre et de la lumière tout trahit. dans cette composition parfaitement simple, l'émotion profonde du peintre, et laisse une impression solennelle de sévérité et de grandeur. Le sentiment de la nature était si vif chez Titien, que non-seulement dans ses plus gracieuses compositions , telles que la voluptueuse Vénus qui orne la galerie de Dresde, mais encore dans les tableaux d’un genre plus sévère, dans le portrait de Pierre Arétin, par exemple, il semble, en peignant le ciel ou le paysage qui en fait le fond, avoir sous les yeux les objets qu'il reproduit. Annibal Carrache et le Dominicain, dans l’école bolonaise, ont donné à leurs ouvrages le même caractère d’élévation.
Si le xv° siècle fut l’époque la plus brillante de la peinture historique ce fut seulement au xvir siècle que fleurirent les grands peintres de paysage. À mesure qu’on connaissait mieux et qu’on observait plus attentivement les ri-
Rs chesses de la nature, le domaine de l'art allait s’agrandissant. D'autre part, les procédés matériels se perfectionnaient tous les jours. On s’appliquait davantage à laisser paraitre au dehors les dispositions de lâme, et par là on fut conduit à donner aux beautés de la nature une expression plus douce et plus tendre, à mesure que l’on fut plus assuré de l'influence que le monde extérieur exerce sur nos sentiments. L'effet de cette excitation est de produire ce qui est le but de tous les arts, la transformation des objets réels en images idéales; c’est de faire naitre au dedans de nous un repos harmonieux qui ne laisse pas d’avoir quelque chose de mélancolique. Notre âme ne peut échapper à ces émotions , toutes les fois que nos regards plongent dans les profondeurs de la nature et de l'humanité (?°). Grâce à une conscience plus élevée du sentiment de la nature, le méme siècle put réunir Claude Lorrain, le peintre des effets de lumière et des lointains vaporeux ; Ruysdael, avec ses forêts sombres et ses nuages menaçants ; Gaspard et Nicolas Poussin, qui ont donné aux arbres un caractère si imposant et si fier; Everdingen , Hobbema et Cuyp, dont les paysages semblent être la nature même (21),
Dans cette période si heureuse pour l’art, on imitait habilement les modèles qu'offrait la végétation du nord de l’Europe, de l'Italie méridionale et de la péninsule Ibérique. On ornait le paysage d’orangers, de lauriers, de pins et de dattiers. Les dattiers, la seule espèce de cette noble famille des palmiers que l’on connüt alors de vue outre l'espèce nommée camærops , sorte de palmier nain originaire des côtes de l'Europe méridionale, étaient le plus souvent représentés d’une manière conventionnelle, avec un tronc recouvert d’écailles semblables à celles des serpents (??). Longtemps ils furent les seuls types de la végétation tropicale, comme, d’après une croyance fort accréditée encore de nos jours, le pinus picea, est chargé de représenter seul la végétation de l'Italie. On étudiait peu les contours des hautes chaines de montagnes. Les cimes couronnées de neige qui s'élèvent au-dessus des prairies verdoyantes des Alpes, étaient réputées inaccessibles. Pour qu'un peintre songeàt à reproduire
+ ‘hEes exactement la physionomie des rochers, il fallait qu'un torrent écumant se füt creusé un chemin au travers. Il est cependant un artiste qui doit être distingué de tous les autres, pour la varieté de ses facultés et la liberté de son génie. Plongé au sein même de la nature, Rubens en embrasse tous les aspects. Peintre d'histoire avant tout, il représente avec une vérité inimitable , dans ses grandes chasses, la nature sauvage des animaux de la forêt, en même temps qu’il se fait paysagiste et peint avec un rare bonheur la conformation de la terre, sur le plateau aride et absolument désert où l’Escurial se détache au milieu des rochers (?5).
Pour que la représentation des formes individuelles de la pature, en ce qui touche la partie de l’art qui nous occupe, püt acquérir plus de variété et de précision , il fallait que le cercle des connaissances géographiques eût été agrandi, que les voyages aux contrées lointaines fussent devenus plus faciles, que la sensibilité se fut exercée à saisir les beautés diverses des végétaux et les caractères communs qui les groupent en familles naturelles. Les découvertes de Colomb, de Vasco de Gama et d’Alvarez Cabral, dans le centre de l'Amérique, dans l'Asie méridionale et dans le Brésil , lextension donnée au commerce d’épices et de substances médicinales que faisaient avec les Indes les Espagnols, les Portugais, les Italiens et les Néerlandais, l'établissement de jardins botaniques fondés à Pise, à Padoue et à Bologne de 14544 à 4568, sans toutefois l’utile accessoire des serres, toutes ces causes réunies familiarisérent les peintres avec les formes merveilleuses d’un grand nombre de productions exotiques et leur donnèrent même une idee du monde tropical. Jean Breughel, qui commence à devenir célebre à la fin du xvIe siècle, a représenté avec une vérité charmante des branches d'arbres, des fleurs et des fruits étrangers à l’Europe. Mais on ne possède pas, jusque vers le milieu du xviI® siéele, de paysage peint par l’artiste sur les lieux mémes , et qui reproduise le caractère propre de la zone torride. Le mérite de cette innovation appartient, ainsi que nous l’apprend Waagen, à Francois Post, de Harlem, qui accompagna Maurice de Nassau dans le Brésil, lorsque ce prince,
et fort curieux des productions tropicales, fat nommé gouverneur pour la Hollande des provinces conquises sur les Portugais [4637-1644]. Pendant plusieurs années, Post fit des études d’après nature sur le promontoire Saint-Augustin , dans la baie de Tous-les-Saints, sur les rives du fleuve Sairité Francois et dans les pays arrosés par le cours inferieur de la riviére des Amazones (7). De ces études, les unes sont devenues des paysages achevés; Post a gravé lui-même les autres d’une façon fort originale. À la même époque appartient le grand tableau à l'huile de Eckhout, composition fort remarquable, conservée en Danemark , dans la galerie du beau château de Frederiksborg. Eckhout se trouvait aussi en 4641 sur les côtes du Brésil avec le prince Maurice de Nassau. Les palmiers, les papayers, les bananiers et les héliconia sont représentés dans ce paysage sous leurs traits caractéristiques, ainsi que des oiseaux au plumage brillant et de petits quadrupédes particuliers à ces pays.
Quelques artistes heureusement inspirés ont seuls suivi ces exemples jusqu’au second voyage de Cook. Ce qu'ont fait Hodges pour les iles occidentales de la mer du Sud et Ferdinand Bauer pour la Nouvelle-Hollande et la terre de Diemen, a été fait tout récemment avec un talent supérieur et dans un style beaucoup plus large, pour les contrées tropicales de l'Amérique , par Maurice Rugendas le comte de Clarac, Ferdinand Bellermann et Édouard Hildebrandt. Henri de Kittlitz qui accompagna l’amiral russe Lutke dans son expédition autour du monde , a rendu le même service en décrivant plusieurs autres parties de la terre (*?).
L'homme qui, sensible aux beautés naturelles des contrées coupées par des montagnes, des fleuves et des forêts, a parcouru lui-même la zône torride , qui a contemplé la richesse et l’infinie variété de la végétation, non pas seulement sur les côtes habitées, mais sur les Andes couvertes de neige, sur le penchant de l'Himalaya et des monts Nilgherry, dans le royaume de Mysore; celui qui a parcouru les forêts vierges renfermées dans le bassin compris entre l’Orénoque et la rivière des Amazones, celui-là seul peut comprendre quel champ sans limites est ouvert encore à la peinture de pay-
se, On — sage, entre les tropiques des deux continents, dans les archipels de Sumatra, de Bornéo, des Philippines, et comment les œuvres admirables accomplies jusqu’à ce jour , ne sauraient étre comparées aux trésors que la nature tient en réserve pour ceux qui voudront s'en rendre maitres. Et pourquoi notre espérance serait-elle vaine? Nous croyons que la peinture de paysage doit jeter, un jour, un éclat que l’on n’a pas vu encore, lorsque des artistes de génie franchiront plus souvent les bornes étroites de la Méditerranée et pénétreront loin des côtes, quand il leur sera donné d'embrasser l'immense variété de la nature, dans les vallées humides des tropiques, avec la fraicheur native d'une âme jeune et pure.
Ces magnifiques régions n’ont guère été visitées jusqu'ici que par des voyageurs qui n'avaient pas à l’avance une assez grande expérience des arts, et auxquels des occupations scientifiques ne laissaient pas le loisir de perfectionner leur talent de paysagistes. Un très-petit nombre d’entre eux pouvaient, frappés de l'intérêt qu'offrent pour la botanique ces formes nouvelles de fruits et de fleurs, rendre l'impression générale produite par l'aspect des tropiques. Les arlistes que l'on chargeait d'accompagner les grandes expéditions envoyées dans ces contrées, aux frais de l’État, étaient souvent choisis au hasard et l’on ne tardait pas à reconnaitre leur insuffisance. La fin du voyage approchait, quand les plus habiles d’entre eux, à force de contempler les grandes scènes de la nature et de s’essayer à les reproduire, commencaient à acquérir un certain talent d'exécution. Il faui bien le dire aussi, les voyages que l’on appelle voyages de circumnavigalion offrent aux artistes peu d'occasions de s’enfoncer dans les forêts, de remonter le cours des grands fleuves et de gravir les sommets des chaines intérieures de montagnes.
Prendre des esquisses en face des scènes de la nature. est le seul moyen de pouvoir, au retour d’un voyage, retracer le caractère des contrées lointaines, dans des paysages achevés. Les efforts de l’artiste seront plus heureux eneore si, sur les lieux mêmes, tout plein de son émotion, il a
fait un grand nombre d’études partielles, s’il a dessiné ou peint, à l'air libre, des têtes d'arbres, des branches touffues chargées de fruits et de fleurs, des troncs renversés recouverts de pothos ou d'orchidées, des rochers, une falaise , quelque partie d’une forêt. En emportant ainsi des images exactes des choses, le peintre, de retour dans sa patrie, pourra se dispenser de recourir à la triste ressource des plantes conservées dans les serres et des figures reproduites dans les ouvrages de botanique.
Un grand événement, l’affranchissement des possessions espagnoles et portugaises en Amérique, et aussi le progrès de la culture dans les Indes, dans la Nouvelle-Hollande, les iles Sandwich et les colonies méridionales de l'Afrique, doivent, à n'en pas douter , non seulement rendre plus faciles la description de la nature et les progrès de la météorologie, mais donner aussi à la peinture de paysage un caractère plus élevé et un essor qu’elle n’eüt pu prendre, sans les changements survenus dans ces contrées. Il existe dans lAmérique du Sud des villes populeuses qui s’élèvent à près de 413,000 pieds au-dessus du niveau de la mer. De ces hauteurs l'œil découvre toutes les variétés végétales dues à la diversité des climats. Que ne pouvons nous pas attendre des efforts de l’art appliqués à la nature, quand les discordes une fois finies, après l'établissement d'institutions libres, le sentiment de l’art s’éveillera enfin dans ces hautes régions!
Tout ce qui, dans l’art, touche à l’espression des passions et à la beauté des formes humaines a pu recevoir son dernier achèvement dans les pays plus voisins du Nord où règne un climat tempéré, sous le ciel de la Grèce et de l'Italie. C'est en puisant dans les profondeurs de son être, et en contemplant chez ses semblables les traits communs de la race humaine, que l'artiste, créateur à la fois et imitateur, évoque les types de ses compositions historiques. La peinture de paysage n’est pas non plus purement imitative ; mais elle à un fondement plus matériel, il y a en elle quelque chose de plus terrestre. Elle exige de la part des sens une variété infinie d’observalions immédiates , observations