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terrestre, les aluütudes absolues ne sont pas rigoureusement comparables entre elles, et que les nombres ci-dessus indiquent seulement, à vrai dire, les différences d'élévation entre les sommets et les plaines ou les dépressions les plus voisines (%). 11 est assez surprenant que Galilée ait assigné aussi à ces hauteurs «incirea miglia qualtro, » e’est-à- dite environ un mille géographique ou 5800 toises, ce qui, dans l'état de ses connaissances hypsométriques, les lui faisait regarder comme plus élevées que toutes les montagnes du slobe terrestre. ;
La surface de notre satellite nous présente une apparence lrès-singulière et très-mystérieuse, qui provient d’un effet optique de réflexion, et non d’accidents hypsométriques: ce sont des bandes lumineuses, disparaissant sous un jour oblique, et qui, à l'inverse des taches, deviennent plus visibles lors de la pleine Lune, et semblent autant de sysièmes rayonnants. Ces bandes ne sont pas des contre-forts de montagnes; elles ne jettent aucune ombre , et courent avec une égale intensité de lumière sur les plaines etles éminences, jusqu'à des hauteurs de 12000 pieds. Le plus étendu de ces systèmes rayonnants part du mont Tycho, sur lequel l’on peut distinguer plus de cent bandes lumineuses, généralement larges de plusieurs milles. Des systèmes analogues entourent les monts Aristarque, Képler, Copernic et les Carpathes, et sont presque tous reliés les uns aux autres. Il est difficile d'imaginer par analogie ou par inducton , quelle altération particulière du sol peut déterminer la présence de ces rubans lumineux, rayonnant-de certaines montagnes annulaires
Le type arrondi dont nous avons fait mention plusieurs fois, el qui presque partout est dominant sur le disque de la Lune , soit dans les vallées, entourées de cireonvallations don le centre est souvent occupé par des montagnes, soit dans les grandes montagnes cireulaires et dans leurs cratères, dont on compte 22 dans Bayer et 53 dans Albategnius, devait de bonne heure conduire un profond penseur, tel que Robert Hooke, à en chercher l'explication dans
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la réaction de l'intérieur de la Lune contre sa partie extérieure. Il attribua done ce phénomène à l'effet de feux souterrains et à l'irruption de vapeurs élastiques, ou même à un bouillonnement dégageant des bulles qui viennent crever à la surface. Des expériences faites avec des boues calcaires en ébullition lui parurent confirmer ses vues; et dès lors on compara les eirconvallations et leurs montagnes centrales aux formes de l'Etna, du pic de Ténérifle , de l'Héela et des volcans de Mexico, décrits par Gage (26).
En voyant une des vallées circulaires de la Lune, Galilée, frappé sans doute de ses dimensions , se l'était représentée , ainsi que lai-même le raconte , comme une vaste étendue de terre enfermée entre des montagnes. Fai retrouvé un passage (?7), dans lequel 1l compare ces bassins cireulaires au grand bassin fermé de la Bohème. Plusieurs des vallées circulaires de la Lune ne sont point en effet très-inférieures en étendue à celte contrée; car elles ont un diamètre de 25 à 50 milles géographiques (*#). Au contraire lies montagnes annulaires, proprement dites, n'ont guère plus de 2 ou 5 milles de diamètre. Conon dans les Apennins en à 2; el un cratère qui appartient à la région lumineuse d’Aristarque n’a que 400 toises de largeur; c’est la moitié du cratère du Rucu-Pichincha, situé sur les hauts plateaux de Quilo, et que j'ai mesuré moi-même trigonoiétriquement.
En comparant, sous le rapport de leur nature et de leurs dimensions , les phénomènes de la Lune et les phénoménes bien connus de la Terre , 1l est nécessaire de remarquer que la plupart des circonvallations et des montagnes annulaires de la Lune doivent être considérées comme des cratères de soulèvement à éruptions intermittentes , dans le sens où l'entend Léopold de Bueh, mais infiniment plus vastes que les nôtres. Les cratères de soulèvement de Rocca Monfina, de Palma, de Ténériffe et de Santorin, que nous nommons grands , relativement aux dimensions qui nous sont familières en Europe, disparaissent en présence de Ptolémée, d'Hipparque et de beaucoup d’autres cratères de
la Lune. Palina n’a pas plus de 5800 toises de diamètre, Santorin d’après la nouvelle mesure du capitaine Graves en a 5200, Ténériffe 7600 tout au plus: ee n’est que 1/8 ou 1/6 des diamètres de Ptolémée ou d'Hipparque. A la distance de la Lune, les petits cratères du pic de Ténériffe et du Vésuve, qui ont trois à quatre cent pins de diamètre, seraient à peine visibles au télescope. La grande majorité des cirques de la Lune n’ont point de montagne centrale, et là où il s’en trouve, ces montagnes se présentent, Hévélius et Macrobius entre autres, sous la forme d’un dôme ou d’un plateau, non point comme un cône d’érup- Uuon, muni d’une ouverture (9 Quant aux volcans ignés que l’on prétend avoir vus, le 4 mai 1785, dans l'hémisphère obseur de la Lune, el aux points lumineux observés sur le mont Platon par Bianchini, le 16 août 1725, et par Short, le 22 avril 1751, nous n’en parlons ici qu'à un point de vue purement historique. Depuis longtemps, en effet, on à déterminé les causes de ces illusions produites par des reflets plus vifs de la lumière terrestre, qui de certains points de notre globe vont frapper la partie obscure de la Lune (5°).
Plusieurs fois déjà, on a fail cette remarque judicieuse que, en raison du manque d’eau sur la surface de la Lune, car les espèces de crevasses sans largeur et généralement en ligne droite, auxquelles on donne le nom de rigoles, ne soni nullement des fleuves (5{), on peut se figurer notre satellite à peu près tel que dut être la Terre dans son état primitif, avant d’être couverte de couches sédimentaires riches en coquilles, de graviers et de terrains de transport, dus à l’action continue des marées ou des courants. A peine peut-on admettre qu'il existe dans la Lune quelques couches légères de conglomérats et de détritus formés par le frottement. Dans nos chaines de montagnes, soulevées audessus des crevasses dont le globe terrestre est sillonné, on commence à reconnaitre €à et là des groupes partiels d’éminences, qui représentent des espèces de bassins ovales. Combien la Terre ne nous paraitrail-elle pas différente
d'elle-même, si nous la voyions dépouillée des formations tertiaires el sédimentaires, ainsi que des terrains de transport !
Sous toutes les zones, et plus que toutes les autres planètes, la Lune anime et décore l'aspect du firmament par la diversité de ses phases et par son rapide passage à travers les constellations. Sa lumière réjouit le cœur de l’homme el jusqu'aux animaux sauvages, surtout dans les fôrets primitives des régions intertropicales (#?). La Lune, grâce à l'attraction qu’elle exerce en commun avec le Soleil, met en mouvement POcéan, déplace l'élément liquide sur la Terre, et par le gonflement périodique des mers et les effets destructifs des marées, change peu à peu les contours des côtes, favorise ou contrarie le travail de l’homme , et fournit la plus grande partie des matériaux dont se forment les grès et les conglomérats, recouverts à leur tour par les fragments arrondis et sans cohésion des terrains de transport (55). Ainsi la Lune agit sans cesse, comme source de mouvement, sur les conditions géologiques de notre planète.
L'influence incontestable de ce satellite sur la pression atmosphérique, sur la formation des brouillards et la dispersion des nuages, sera traitée dans la quatrième et dernière partie, du Cosmos, consacrée tout entière au domaine terrestre (54).