‹ Cosmos (volume 5)Chapitre 28 sur 53 · MARS · texte numérisé non relu

MARS

Le diamètre de cette planète, malgré la distance déjà plus considérable qui la sépare du Soleil, n’est que de 0,519 du diamètre de la Terre, ou de 641 myriamètres. L’excenticité de son orbite est de 0,095 2168: ainsi, après Mercure, Mars est, de toutes les planètes anciennement connues, celle qui a la plus grande excentricité. Cette raison et aussi la proximité de la Terre, rendaient Mars partieulièrement propre à mettre Képler sur la voie de ses immortelles lois des mouvements elliptiques. La rotation de

es

Mars, d'après Mædler et Wilhelm Beer, est de 24h 5725" (5). Sa révolution sidérale s’accomplit en 1*521i 17h 50° 41”. L'inclinaison de son orbite sur l'équateur terrestre est de 24° 4% 24"; sa masse est de 1/2 680 557, sa densité par rapport à celle de la Terre de 0,958. De mème que lon a mis à profit la faible distance à laquelle la comète d'Encke s’est approchée de Mercure, pour mieux connaitre la masse de cette planète, de mème, quelque jour, celle de Mars pourra être rectifiée, au moyen des perturbations qu’elle apportera dans les mouvements de la cométe de Vico.

L’aplatissement de Mars, dont, chose singulière, l'astronome de Koenigsberg persista à douter, a été reconna pour la première fois par William Herschel, en 1784; mais une longue incertitude a régné quant à la valeur numérique de cette dépression. Elle état, suivant William Herschel, de 1/16. Arago l’a mesurée plus exactement, à deux reprises différentes, avec une lunette prismatique de Rochon; il n’a trouvé dans une première expérience, en 1824, que le rapport de 189 à 194, c’est-à-dire 1/58,8, et plus ré- .cemment, en 1847, 1/52; 1l est cependant disposé à croire l’aplatissement de Mars un peu plus considérable (55).

Si la surface de la Lune présente avec la Terre un grand nombre de relations géologiques, Mars n'offre avec notre planète que des analogies météorologiques. A part les taches obscures, dont les unes sont noirâtres, dont d’autres, en beaucoup plus petit nombre, sont d’un rouge jaune (57), et se détachent sur les régions verdâtres auxquelles on a donné le nom de mers (5#), on observe encore alternativement sur le disque de Mars, soit aux pôles de rotation, soil aux pôles de température, deux taches d’un blanc de neige (5°). Elles furent constatées dès 1716 par Philippe Maraldi; mais leur rapport avec les variations du elimat, ne fut signalé que plus tard par William Herschel, dans les Philosophieal Transactions pour 178%. Ces laches blanches grandissent ou diminuent alternativement, selon que le pôle qu’elles couvrent s'approche de sa saison d'hiver ou

d'été. Arago a mesuré avec la lunette de Rochon lintensité de la lumière réfléchie par ces régions neigeuses, et l’a trouvée double de celle que renvoient toutes les autres parties du disque. Dans l'ouvrage intitulé Physikalisch-astronomische Beitraege de Maedler et Beer, on trouve d’excellents dessins de lPhémisphère boréal et de l'hémisphère austral de Mars (4°), et ce phénomène singulier, unique dans tout fe système planétaire, est déterminé à l’aide d’indications numériques, portant sur Lous les changements de température dus aux diverses saisons, et sur tous les derés de fusion par lesquels l’été fait passer ces neiges polaires. Une suite d'observations poursuivies avec soin pendant dix années ont montré aussi que les taches obscures de Mars conservent exactement leur forme et leur position relative. L'apparition périodique de ces dépôts de neiges, effet météorologique subordonné aux changements de la température, et quelques phénomènes optiques que présentent les taches sombres, dès que, par la rotation de la planète, elles sont transportées vers les extrémités du disque, rendent plus que probable lexistence d'une atmosphère enveloppant la planète de Mars.

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