‹ Cosmos (volume 5)Chapitre 32 sur 53 · UT · texte numérisé non relu

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des grisätres qui bordent l'équateur au Nord et au Midi, jamais ailleurs. 1 en résulle toujours que ces taches ne se forment point constamment dans les mêmes lieux, Quelquefois (je me réfère encore aux observations faites par Schwabe en novembre 1854), les taches de Jupiter, vues à travers une lunette de Fraunhofer, sous un grossissement 280 fois, ressemblaient à de petites taches du Soleil avec leur pénombre; mais leur obseurité était encore inférieure à celle des ombres des satellites. Le noyau n’est probablement autre chose qu'une partie du corps même de la planète, de sorte que, lorsque l'ouverture pratiquée dans l'atmosphère demeure toujours au-dessus du même point, le mouvement de la tache nous donne la vraie rotation de Jupiter. I arrive aussi quelquefois que les taches se divisent comme celles du Soleil. Dominique Cassini avait reconnu ce fait dès l’année 1665.

Dans la région équatoriale de Jupiter, se trouvent deux larges bandes ou ceintures de couleur grise ou jaunûtre , qui, vers les bords, deviennent plus pâles et disparaissent enfin complètement. Leurs limites très-inégales sont changeantes ; ces deux bandes sont séparées l’une de l’autre par une zone équatoriale fort brillante. La surface de la planète est couverte aussi vers les pôles, d’un grand nombre de bandes étroites , ternes et souvent interrempues , quelquefois même finementramifiées, mais toujours parallèles à l'équateur. Ces divers aspects s'expliquent très-facilement , si l’on admet l'existence d’une atmosphère troublée en partie par des couches de nuages, dont la zone équatoriale reste transparente et pure de toutes vapeurs, grâce probablement à l'influence des vents alisés. Or la surface des nuages réfléchissant une lumière plus intense que la surface de la planète, la partie du sol que nous apercevons à travers l'air diaphane , ainsi que l’admettait déjà William Herschel, dans un Mémoire inséré en 1795, au 85° volume des Philosophical Transactions, doit nous paraitre plus sombre que les couches nuageuses d’où rayonne une grande quantité de lumière réfléchie. C’est pourquoi des

bandes sombres et des bandes lumineuses alternent entre elles. Les premières paraissent d'autant moins obscures qu'on les observe plus près des bords, parce qu'alors le rayon visuel, dirigé obliquement sur la surface, ne atteint qu'après avoir traversé une couche atmosphérique plus épaisse et par suite réfléchissant une plus grande quantité de lumière (5).

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