SATELLITES. DE JUPITER
Dès la brillante époque de Galilée, cette idée judicieuse avait pris naissance que, sous beaucoup de rapports et dans le temps et dans l’espace, le système subordonné de Jupiter offre en petit l’image du vaste système dont le Soleil est le centre. Cette vue rapidement propagée, et presqu’aussitôt après, l’observation des phases de Vénus, au mois de février 1610, n’ont pas peu contribué au succès général de la théorie de Copernic. Le groupe des 4 lunes de Jupiter, est, parmi les systèmes extérieurs, le seul groupe du même genre qui n'ait point été accru , depuis l'époque où il fut découvert par Simon Marius, le 29 décembre 1609, c’estàa-dire dans l’espace de près de deux siècles et demi (5).
La table suivante , dressée d’après Hansen, contient les temps des révolutions sidérales accomplies par les satellites de Jupiter, leur distance moyenne à la planète, exprimée en rayons de cette planète, leur diamètre , et leur masse évaluée en fractions de la masse de Jupiter :
5 DURÉE DISTANCE DIAMÈTRES | = d'une à en MASSE
= RÉVOLUT. SIDÉR. JUPITER MYRIAMÈTRES | tal. +. 234. 210 ont aa NS ba | 1.|: 1j 48h 28 6.049 595 0,0000175281 CNE: PCT 9,625 355 0,0000252555 ù te 3- 83 15,550: 576 0.0000881972 k 16 46 32 96.998 195 0,0000126591 |
Si par conséquent la fraction 1/1047,879 exprime la masse de Jupiter et de ses satellites réunis, la masse de la planète, sans les satellites, est de 1/1048,059 , c’est-à-dire qu’elle perd par cette soustraction environ 1/6000.
On a déjà comparé plus haut les satellites de Jupiter avec les satellites des autres systèmes, sous Île rapport des grandeurs, des distances et des excentricités (Voyez, t&. IH, p. 996-599). L'intensité d'éclat des satellites de Jupiter ne varie point proportionnellement à leur volume : puisque, en général, le troisième et le premier, dont les diamètres sont comme 8 est à à, paraissent les plus éclatants, et que le second, le plus petit et le plus dense de tous, est ordinairen:ent plus lumineux que le quatrième, désigné d’habitude comme le moins brillant. On a remarqué aussi, dans l'éclat lumineux de ces satellites, des variations accidentelles, que l’on a attribuées, tantôt à des modifications de la surface, tantôt à des obscureissements dans l'atmosphère qui les enveloppe (57). Tous semblent, du reste, réfléchir une lumière plus intense que la planète elle-même. Quand la terre se trouve entre Jupiter et le Soleil, el que les satellites, en se mouvant de l'Est à l'Ouest, paraissent entrer dans le bord oriental de Ja planète ; ils nous cachent peu à peu diverses parties du disque planétaire, el se détachant comme des points lumineux sur ce fonds plus obseur, peuvent êlre aperçus, au passage, même avec de médiocres erossissements. Hs sont de plus en plus difficiles à distinguer, à mesure qu'ils s’approchent du centre de Ja planète. Pound , l'ami de Newton et de Bradley, avait conclu de cette observation déjà ancienne que le disque de Jupiter était moins éclatant sur les bords qu'au centre. Suivant Arago, celle assertion, renouvelée par Messier, est sujette à des objections qui nécessitent des expériences nouvelles et plus délicates. Jupiter a été apercu sans aucun de ses satellites, par Molineux au mois de novembre 1681, par William Hersehel le 25 mai 1802, et par Griesbach le 27 septembre 1845. Celte invisibilité des satellites doit être entendue uniquement dans ce sens qu’ils correspondatent
au disque de Jupiter, et n’est pas en contradiction avec le théorème d’où l’on a déduit que les quatre satellites ne peuvent èlre échipsés à la fois.