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Ainsi il semble que ce phénomène apparut d'abord comme un orage magnétique, comme une auréole boréale perpétuelle, qui dura toute une année, ( à laquelle succédérent les ténèbres et une pluie de cendres.
A. 626. Toujours d'après Abu'l-Faragins (ibid, p. 9% et 99), la moitié du disque solaire resta obseurtie pendant huit mois.
A. 755. Une année après que les Arabes eurent été rejetés au delà des Pyrénées, à la suite dela bataille de Tours. Le Soleil fut obseurei, le 19 août, de manièré à causer de leffroi (Schnurrer Chronik der Seuchen, "€ part., p. 16%).
A. 807. On vit sur la surface du Soleil une tache qui fut prise pour Mercure (Reuber us, Peteres Scriptores, p. 58). Voyez plus haut, p. D17.
A. 840. Du 28 mai au 26 août, on observa le prétendu passage de Vénus sur le Soleil. Voyez plus haut, p. #44 et 669. Suivant Assemanus, ce phénomène aurait commencé au mois de mai 859. De 584 à 841, régna le calife Al-Motassem, qui fut le huitième calife, et eut pour successeur Haroun-el-Watek.
A. 95%. Dans la curicuse Histoire du Portugal, de Faria y Souza (4750, p. 147), je trouve ces mots: « En Portugal se vio sin luz la Tierra por dos meses. Avia el Sol perdido su splendor. » Alors le ciel s'ouvrit por fractura avec beaucoup d’éclairs, et le Soleil recouvra subitement tout son éclat.
A. 1091. Le 21 septembre, le Soleil subit un obscurcissement de trois heures. après lequel il conserva une couleur particulière. « Fuit eclipsis Solis 14 kal. octob. fere tres horas: Sol circa meridicm dire nigrescebat. » (Martin Crusius 4nnales Suecici, Francof. 1795, t.-I, p. 279. Voyez aussi Schnurrer, Cronick der Seuchen, Are 'part.; p. 219).
A. 1906. Le 5 mars. on reconnut à l'œil nu des taches sur le Soleil: « signum in Sole apparuit V..Non. Martii feria secunda incipientis quadragesimæ. » (Joh. Saindelii, presbyteri Pataviensis, Chronicon generale, dans les Rerum Boicarum Scriplores d'Ocfelius, t. L 1765, p. 485). ,
A. 1206. D'après Joaquin de Villalba on rer er cet Madrid, 1805, t. I, p. 50), il survint, le dernier jour de février , une obscurité complète qui dura six heures: « el dia ultimo dei mes de Febrero hubo un eclipse de’ Sol que duré seis horas con tanta obseuridad como si fuëra média noche. Siguiéron à este fenomeno abundantes y continuas Jluvias. » — Un phénomène presque semblable est cité par Schnurrer, comme s'étant pro-
duit au mois de juin 1194. Voyez Chronik der Seuchen, A" part, p. 258 et 26).
A. 1241. Cinq mois après le combat des Mongols, près de Liegnitz, « obseuratus est Sol (in quibusdam locis)? et factæ sunt tenebræ, ita ut stellæ viderentur in cœælo, cirea festum S. Michaelis, hora nona « (Chronicon Claustro-Neoburgense, du cloitre de Neubourg, près de Vienne). Cette chronique, qui embrasse l'espace, compris entre l'an 218 après J.-C. et l'an 1548, fait partie du Recueil de Pez, Scriptores reruin Austriacaruin, Lipsiæ 1721, t. I, p. 458.
A. 1547. Les 25, 24 et 95 avril, c'est-à-dire la veille, le jour et le lendemain de la bataille de Muhlbach, dans laquelle l’électeur Jean Frédéric fut fait priscnnier. Képler dit, à ce sujet, dans les Paralipom. ad T'itellium, quibus Aslronomiæ pars optica traditur (160%, p. 259): « refert Gemma, pater et filius, anno 1547, ante conflictaum Caroli V cum Saxoniæ Duce, Solem per tres dies ceu sanguine perfusum comparuisse, ut etiam stellæ pleræque in meridie conspicerentur. » Voyez encore Képler, de Stella nova in Serpentario, p. 115. 11 ne sait quelle cause assigner à ee phénomêne: « Solis Ilumen ob causas quasdam sublimes hebetari...» Il suppose que cet effet put être produit par une « materia Cometica latius sparsa. » et affirme seulement que la cause devait être placée en dehors de notre atmosphère, puisque l'on voyait des étoiles en plein midi. » Schnurrer (Chronick der Seuchen, 2e part., p. 95), prétend, malgré la visibilité des étoiles, que ce phénomène fut causé par un brouillard see, attendu que l'empereur Charles-Quint se plaignait avant la bataille, « semper se nebulæ densitate infestari, quoties sibi cum hoste. pugnandum sit, » Lambertus Hortensius, de Bello Germunico, Basil. ; 1560, Hib. VI, p. 182).
(20) [page 530]. Déjà Horrebow (Basis Astronomiæ,1755, K 226) se sert de la même expression. La lumière solaire est, selon lui, « une aurore boréale perpétuelle, produite dans l'atm osphère du Soleil par l'action contraire des forces magnétiques. » Voyez Hanow, dans Joh. Dan. Titius, gemeinnülzige ARIAHANENE über nalürliche Dinge, 1768, p. 102.
(21) [page 552]. Voyez Arago dans les Mémoires des Sciences mathém. et phys. de l'Institut de France, année 1811, 1'° part., p. 118: Mathieu, dans Delambre, Histoire de l'Astronomie au xvine siècle, p. 551 et 652 : Fourier, Eloge de J'illiam Herschel,
dans les Mémoires de l'Iustitut.,t. VI, année 1823 (Paris, 1827), p. LXXI. L'expérience ingénieuse, faite par Forbes, en 1356, durant une éclipse de Soleil, est aussi un fait remarquable, el qui prouve une grande homogénéité dans la nature de la lumière, qu'elle émane du centre où des bords. 11 fit voir qu'un spectre solaire exclusivement forméde rayons partant des bords de l'astre, est identique, pour le nombre et la position des Hignes sombres ou raies qui le croisent, avec celui qui provient du disque entier. Si, dans la lumière solaire, il manque des rayons d’une certaine réfrangibilité, ce n'est donc pas, ainsi que le suppose Sir David Brewster, parce que ces rayons se sont perdus dans l'atmosphère du Soleil, puisque les rayons des bords qui ont traversé des couches beaucoup plus épaisses produisent les mêmes lignes obscures (Forbes. dans les Comptes rendus de l’Académie des Sciences, 1. IH, 1856, p. 576). Je réunis à la fin de cette note tout ce qué j'ai recueilli en 1347, dans les manuscrits d'Arago:
« Des phénomènes de la Polarisation colorée donnent la eertitude que le bord du Soleil a la même intensité de lumière que le centre: car en plaçant dans le Polariscope un segment du bord sur un segment du centre, j'obtiens (comme effet complémentaire du rouge et du bleu) un blane pur. Dans un corps solide (dans une boule de fer chauffée au rouge) le même angle de vision embrasse une plus grande étendue au bord qu'au centre, selon-la proportion du Cosinus de l'angle: mais dans la même proportion aussi, le plus grand nombre de points matériels émettent une lumière plus faible en raison de leur obliquite. Le rapport de l'angle est naturellement le mème pour une sphère gazeuse ; mais l'obliquité ne produisant pas dans les gaz le même effet de diminution que dans les corps solides, le bord de la sphère gazeuse serait plus lumineux que le centre. Ce que nous appelons le disqne lumineux du Soleil, est la Photosphère gazeuse, comme je l'ai prouvé par le manque absolu de traces de polarisation sur le bord du disque. Pour expliquer done l'égalité d'intensité du bord et du eentre indiquée par le Polariscope, il faut admettre une enveloppe extérieure qui diminue (éteint) moins la lumière qui vient du centre que les rayons qui viennent sur le long trajet du bord à l'œil. Cette enveloppe extéricure forme la couronne blanehâtre dans les éclipses totales du Soleil. — La lumière qui émane des corps solides et liquides incandescents, est partiellement polariste quand les rayons obser-
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vés forment avec la surface de sortie un angle d'un petit notnbre de degrés ; mais il n'y a aucune trace sensible de Polarisation lorsqu'on regarde de la même manière dans le Polariscope des gaz enfl: ummés. Cette expérience démontre que la lumière soaire ne sort pas d'une masse solide ou liquide incandeseente. La lumière né s'engendre pas uniquement à la surface des corps; une portion nait dans léur substance même, cette substance füt-elle du platine. Ce n'est donc pas la décomposition de l'oxygène ambiant qui donne la lumière. L'émission de lumière polarisée par le fer liquide est un effet de réfraction au passage vers un milieu d’ane moindre densité. Partout où il y a réfraction , il v a production d'un peu de lumière polarisée. Les gaz n'én donnent pas. parce que leurs couches n'ont pas assez de densité. — La Lune, suivie pendant le cours d'une lunaison entière, offre des effets de polarisation, excepté à l'époque de la pleine lune et des jours qui en approchent beaucoup. La lumière solaire trouve, surtout dans les premiers et les derniers quartiers, à la surface inégale (montagneuse) de notre satellite des inclinaisons de plans convenables pour produire la polarisation par réflexion. >
(22) {page 552]. Sir John Herschel, Cape Observations, $ 495. p. #54: Outlines of Astronomy, $ 595, p. 25%. Voyez aussi Fizeau et Foucault, dans les Comptes rendus de l’Académie des Sciences, t. XVII, 484%, p. 860. Il est assez remarquable que Giordano Bruno, qui monta sur le bûcher huit ans avant linvention du télescope et onze ans avant la découverte des taches solaires, crut à la rotation du Soleil autour de son axe. En revanche, il pensait que le centre de cet astre était moins éclatant que ses bords. Frompé par quelque effet d'optique, il croyait voir tourner le disque du Soleil et les bords tourbillonnants s'étendre et se contracter. Voyez Christian Bartholmèss . Jordano Bruno, LI, 1847; p. 567.
(25) [page 555]. Fizeau et Foucault, Recherches sur l'intensité de la lumière émise par le Charbon dans l'expérience de Davy, dans les Comptes rendus de L'Académie des Sciences, t. XVHE, 184%, p. 735. — « The most intensely. ignited solids (iÿnited quicklime in lieutenant Drummond'soxy-hydrogen lamp)'appear only as bluck spots on the dise of the sun when held betweer it and the eye (Outlines of Astron., p: 256). Voyez aussi Cosmos, t. I, p. 276.
(24) [page 555]. Consultez le Commentaire d'Arago sur les lettres de Galilée à Marcus Welser, et, dus l'annuaire du Bureau des Longitudes pour 1842, p. 482-487, ses explications sur l'influence de la lumière solaire, réfléchie par les couches atmosphériques, qui semble envelopper d’un voile lumineux les objets célestes, vus dans le champ d’un télescope.
(25) [page 555]. Mædler, 4stronomie, p. SL.
(26) [page 554]. Voyez Philosoph. Magazine, sér. UE, t XX VII, p. 250; et Poggendorffs 4nnalen der Physik, t. LX VU, p. 4101.
(27) [page 555]. Voyez Faraday, sur le Magnétisme atmosphérique, dans les Experim. Researches on Electricity, sér. XXV et XXVI (Philosoph. Transact. for 1851, 17e part.) K$ 2774, 2780. 28814, 2892-2968, et pour l'historique de cette question, & 2847.
(28) [page 556]. Voyez Nervander, d' Helsingfors, dans le Bulleiin de la classe physico- mathématique de l’Académie de Saint- Pétersbourg, t. HI, 1845, p. 50-52, et Buys-Ballot , d'Utrecht. dans Pod te. Annalen der Physik , t. LXVIII, 1846, p. 205-215.
(29) [page 596]. J'ai indiqué par des guillemets, de là page 356 à la page 559, les emprunts faits aux manuscrits de Schwabe. Les OR de 1826 à 1845 ont été seules publiées dans les {stronom. Nachrichten de Schumacher, n° 495, t. XXE 1844,
(50) [page 559]. Sir John Herschel, Cape Observations, ps 45%.
(51) [page 560]. Cosmos, t. I, p. 161 et 581, note 79.
(32) {page 561]. Gesenius , dans le Recueil intitulé Æallische Litteratur- -Zeitung, 1822, n. 101 et 102 (Ergänzungsblatt : p. 801-812), Chez les Chaldéens; le Soleil et la Lune étaient les deux divinités FES Ve ; aux einq planètes étaient Érséle de simple S gé nies
(53) [page 561]. Platon; Timée, p. 58, éd. Henri Estienne :t. IL. p. 105 de la traduction de M. HE. Martin. Voyez aussi t. EL p. 64.
(5%) [page 362]. Boeckb, de Tabac systemate cælestiun globoruin et de sera indole astronoimiæ Philolaice, p. XVI, et Philolaus, 1819, p. 99.
(55) [page 562]. Julius Firmicus Maternus, Astronomie libri VIII (ed. Pruckner. Basil., 4551, lib. IL cap. 4): l'auteur était contemporain de Constantin le Grand.
(56) [page 562], Humboldt, Monuments des peuples indigènes de l'Amérique, t. H, p. 42-49. Dès l'année 1812, j'ai signalé les analogies du zodiaque de Bianchini avee celui de Dendérah. Voyez aussi Letronne, Observations critiques sur les représentations z0diacales, p.97, et Lepsins, Chronologie der Ægypter, 1849, p. 80.
(37) [page 562]. Letronne, Sur l’origine du Zodiaque grec, p. 29: Lepsius, Chronologie der Ægypter, p. 85. Letronne conteste, à cause du nombre 7, l'origine chaldéenne de la semaine planétaire.
(58) [page 562]. Vitruve, de Architectura, lib. IX, cap. . Ni Vitruve ni Martian Capella ne prétendent que les Égyptiens soient les auteurs du système où Mercure et Vénus sont considérés comme des satellites du Soleil, tournant lui-même autour de Ia Terre. On lit dans le premier : « Mercurii autem et Veneris stellæ cireum Solis radios, Solem ipsum, uti centrum, itineribus coronantes, regressus retrorsum et retardationes faciunt. »
(59) [page 562]. Martianus Mineus Felix Capella, de Muptiis philologiæ el Mercurii, lib. VII, éd. Grotius, 1599, p. 289: « Nam Venus Mercuriusque , licet ortus occasusque quotidianos ostendant, tamen eorum circuli Terras omnino non ambiunt, sed circa Solem laxiore ambitu circulantur. Denique circulorum suorum centron in Sole constituunt, ita ut supra ipsum aliquando.. » Ce passage, qui est placé sous le titre: « Quod Tellus non sit centrum omnibus planetis, » a pu, sans doute, ainsi que l'affirme Gassendi, influer sur les premiers aperçus de Copernie, plus que les textes attribués au grand géomètre Apollonius de Perge. Cependant Copernic se borne à dire : « Minime contemnendum arbitror, quod Martianus Capella seripsit, existimans quod Venus et Mercurius circumerrant Solem in medio existentem. » Voyez le Cosmos, t. IT, p. 266 et 442 (note 5#).
(40) [page 562]. Henri Martin (Etudes sur le Timée de Platon, t. I p. 129-155), me semble avoir parfaitement explique le passage de Macrobe au sujèt du système des Chaldéens, qui avait induit en erreur un philologue éminent, Ideler. Voyez le Mémoire d'Ideler sur ÆEudoxe (p. 43) et le Museum der Alterthums-Wissenschaft de Wolf et Buttmann (t. I, p. #45). Macrobe, in Somnium
Scipionis, lib. E, cap. 19, et lib. IF, cap. 5, Biponti, 1788, p. 1 et 129. ne sait rien du systéme de Vitruve et de Martian Capella, d’après lequel Mercure et Vénus seraient des satellites du Soleil, se mouvant lui-même comme les autres planètes autour de la Terre immobile. Il indique seulement, en se référant à Cicéron, les différentes opinions sur l'ordre des orbites décrites par le Soleil, Vénus, Mercure et la Lune. « Ciceroni Archimedes et Chaldæorum ratio consentit, Plato Ægvptios secutus est. + Quand Cicéron, dans cette description du système planétaire (Somnium Scipionis, cap. 4), s'écrie: « Hune (Solem) ut comites consequuntur, Veneris alter, alter Mercurii cursus, » il a énuméré précédemment les orbites de Saturne, de Jupiter et de Mars, et veut seulement faire allusion à la proximité des orbites du Soleil et des deux planètes inférieures, Vénus et Mereure. Tous les corps célestes circulent, selon lui, autour de la Terre, comme autour d'un point fixe. L'orbite d’un satellite ne peut pas enfermer celle de la planète principale, et cependant Macrobe dit sans hésitation: « Ægyptiorum ratio talis est: circulus, per quem sol discurrit, a Mereurii circulo ut inferior ambitur, illum quoque superior circulus Veneris includit. » Il entend donc parler d'orbites parallèles qui s’enveloppent les unes les autres.
(41) [page 3565]. Lepsius, Chronologie der Ægypter, Â'° part., p. 207. L
(42) [page 365]. Le nom mutilé de la planète Mars, dans Vettius Valens et dans Cedrenus, correspond probablement au nom Her-tosch, comme Seb à Saturne. Voyez Lepsius, Chronologie der Ægypter, p. 90 et 95. |
(45) [page 365]. On ne peut comparer Aristote (Æfetaph., lib. XI, cap. 8, p. 1075, éd. Bekker), avec le Pseudo-Aristote, (de Mundo, cap. 2, p. 592), sans être frappé du contraste qu'ils présentent. Dans le traité de Mundo, on trouve déjà les noms des planètes Phaëthon, Pyrois, Hercule, Stilbon et-Junon, ce qui indique l’époque d’Apulée et des Antonins, où déjà l'astrologie chaldéenne était répandue par tout l'empire romain, et où l'on mélait des dénominations empruntées à différents peuples. (Voyez le Cosmos, t. I, p. 40 et 516). Diodore de Sicile dit positivement que les Chaldéens, dés le principe, nommèrent les planètes d'après leurs divinités babyloniennes, et que ees noms passèrent de la sorte chez les Grecs. Heler (Eudoxe, p. 48) attribue, an contraire, ces
noms aux Égyptiens. ct se fonde sur l'antique existence d’une semaine planétaire de sept jours sur les bords du Nil (Zandbuch der Chronologie, t. 1, p. 180). hypothèse complètement réfutée par Lepsius (Chronologie der Ægypter, A*° part., p. 454). Je rassemble ici, d'après Ératosthène, d'après l'auteur de l'Épinomis, probablement Philippus Opuntius, d'après Géminus, Pline, Théon de Smyrne, Cléomède, Achille Tatins, Jules Firmicus et Simplicius, tous les noms sous lesquels ont été désignées les cinq anciennes planètes, et dont nous devons surtout la conservation à la manie des réveries astrologiques :
Saturne: PETIOPR Némésis; cette planète est aussi désignée comme un soleil par cinq auteurs. (Voyez Théon de Smyrne, p. 87 et 165, éd. de Henri Martin ):
Jupiter: 72500, Osiris:
Mars: rooozr:, Heule ss
Vénus: 207 pcn0s, pmrooncc, Lucifer: £5x2poc, Vesper: Junon; Bis :
Merçurc: 77060», Apollon.
Achille Tatius (sagoge in Phænom. Arati, eap. 47, trouve singulier que « les Égy pren comme les Grecs, aient décoré du nom, de brillante (ave), la moins lumineuse de toutes les planêtes. « Peut-être bien, ajoute-t-il, cela tient-il à son influence bienfaisante. > D'après Diodore, ce nom viendrait de ce que « Saturne était de toutes les planètes celle qui pronostiquait Favenir le plus souvent et de la manière la plus claire. » (Letronne, sur l’origine du Zodiaque grec, P. 55 et dans le Journal des Savants, 1836, p. 17; voyez aussi Carteron, 4nalyse de recherches zodiacales, p. 97). Des dénominations, qui d'équivalent en équivalent, passent ainsi d’un peuple à l’autre, doivent souvent leur origine à des hasards qu'il est impossible de démêler: cependant, nous devons faire remarquer que, ?z42t7, à proprement parler, n'exprime qu'une apparence lumineuse, c'est-à-dire une lueur calme, constante et d'une égale intensité, tandis que s725:r suppose un éclat plus vif, mais variable, quelque chose de seintillant. Les épithètes de ?ztve, pour la planète la plus éloignée, Saturne, de 5711609, pour Mercure, plus rapproché du Soleil, paraitront d'autant plus justes relativement, que l'on se rappellera ce que j'ai dit plus haut (Cosmos, t. HI, p. 58), que Saturne et Jupiter, vus de jour, dans la grande lunette de Kraunhofer, semblent ternes, en comparaison du disque scintillant de Mercure. Ces qualifications. ainsi que le remarque lé professeur J: Franz, indiquent
de
done une progression croissante, qui partant de Saturne (p7tv0v), passe par Jupiter, le guide éclatant du char lumineux (2230), par Mars, l'astre incandescent (rucz1<), et arrive enfin à Vénus (2002000:) et à Mercure (771)6m),
La dénomination indienne de Saturne (‘sanaistschara), qui se meut lentement, m'a donné l'idée de poser à mou illustre ami Bopp. la question de savoir, si, en général, pour les noms indiens des planètes, comme pour les noms en usage chez les Grecs et probablement aussi chez les Chaldéens, il y a lieu de distinguer entre des noms mythologiques et de sim ples épithètes. J'insère ici les explications que je dois à l'obligeance de cet illustre linguiste. en ayant soin de prévenir -que je suis. pour des planètes, l'ardre d'après Jequel elles sont rangées par rapport au soleil, et non pas l'ordre adopté dans l'4marakoscha (voyez Colebrooke, Miscellaneous Essays, t. I, p. 47 et 48). Sur les cinq noms sanscrits des planètes, trois sont des noms descriptifs: ce sont ceux de Saturne, de Mars et de Vénus.
« Saturne: ‘sanaistschara, formé de ’sanais, lentement, et tschara, qui se meul, ss s appelle aussi ‘sauri, l'un des noms de Wischnou, dérivé par voie patronymique de ‘sûra, nom du grand-père de Krischna. Saturne était encore désigné sous la dénomination de ‘Sani. Le nom ‘Sani-vàra, signifiant FL Saturni,.se rattache également à l’adverbe ’sanais, lentement. Les noms planétaires des jours de la semaine paraissent cependant inconnus à Amarasinha. Is ne furent sans doute introduits que plus tard. »
« Jupiter: Vribaspati, ou plus anciennement, suivant l'orthographe des Védas adoptée par Lassen. Brihaspati: Seigneur de la Croissance: ce nom qui était celui d'une divinité védique, est formé de vrih (brih) croître, et pati., maitre.
« Mars: Angaraka (de angara, charbon ar denb, s'appelait encore lohitänga, le corps rouge, de Ihita, rouge, et anga, corps. »
« Vénus: Danète male. nommée ’sukra, c'est-à-dire Téclatante. Cette planète. portait aussi le nom de Daitya-guru: de guru, maitre, et de Daityas, les Tilans. »
« Mercure: Boudha, ne doit point être confondu avec le législateur religieux Bouddha. Mercure s s'appelait encore nliness se ni Be fils de là nymphe Rohini, épouse de la Lune (soma), d'où lui est venu aussi le nom de Saumya. La racine commune de Boudba, la planète, et de Bouddha, personnage divin, est budh, savoir. 11 me semble peu probable que le mot saxon Wuotan (Wotan, Odin), se rattache au mot Boudha. Cette supnosition
parait fondée principalement sur la ressemblance extérieure des formes et sur ce fait que toutes deux désignent un méme jour de la semaine: dies Mercurii, en vieux saxon Wôdanes dag, en indien Budha-vära. Vàära signifie originairement fois, comme dans babuvärän, grand nombre de fois ; plus tard, placé à la fin d’un mot . il exprime l’idée de jour. Jacob Grimm (Deutsche Mythologie, p. 120), dérive le nom germanique Wuotan, du verbe watan, vuot (actuellement waten), qui signifie: meare, transmeare, cum impelu ferré, et correspond littéralement au latin vadere. Wuotan ou Odinn est, d'après Jacob Grimm, l'être tout-puissant, qui pénètre tout: « Qui omnia permeat, » comme le dit Lucain de Jupiter. Voyez sur les noms indiens des jours de la semaine, sur Boudha et Bouddha, et sur les jours de la semaine, en général, les remarques de mon frère dans l'écrit: weber die Ferbindungen zwischen Java und Indien (Kawisprache, t. }, p. 187).
(4) [page 565]. Voyez Letronne, Sur l’amulette de Jules Cesar el les signes planétaires, dans la Revue archéologique, 5° année, 1846, p. 264. Saumaise voyait dans le plus ancien signe planétaire de Jupiter la lettre initiale de Z:%<; dans celui de Mars une abréviation du surnom @»2v105. Le disque solaire, employé comme signe, était rendu presque méconnaissable par un faisccau oblique et triangulaire de rayons. A part le système pythagoricien de Philolaus, la Terre n’était pas comptée parmi les planètes, c'est pourquoi Letronne considère le signe planétaire de la Terre comme ayant été introduit postérieurement à Copernie. — Le remarquable passage d'Olympiodore sur la consécration des différents métaux à chacune des planètes, est emprunté a Proclus et a été signalé pour la première fois par Bœckh; il se trouve à la page 14, dans l'édition de Bâle, à la page 50, dans celle de Schneider. Comp.: Aristote, Météorol., éd. Ideler, t. IE, p. 165. La scolie sur les Zsthmiques de Pindare (V, 2), dans laquelle les métaux sont rapprochés des planètes, appartient à l'école néo-platonicienne; voyez Lobeck, 4glaophamus, t. IE p. 956. Par la même association d'idées, les signes planétaires sont devenus peu à peu des signes des métaux, et, pour quelques-uns, les noms mêmes se sont confondus. Ainsi le nom de Mercure désigne le vif-argent, l’argentum vivum et l’hydrargyrus de Pline. Dans la précieuse collection des manuserits grecs de la Bibliothèque de Paris, on trouve sur l’art cabalistique du grand œuvre
deux manuscrits, dont l'un (n° 2250), renferme les noms des métaux consacrés aux planètes, sans l'emploi des signes: l'autre (n° 2529), sorte de dictionnaire de Chimie qui d'après le caractère de l'écriture peut être rapporté au xve siècle, présente les noms des métaux réunis à un petit nombre dé signes planétaires (Hoefer, Zistoire de la Chimie, t. I,.p. 250). Dans le manuserit n° 2950, le vif argent est consacré à Mercure et l'argent à la Lune, tandis que dans le n° 2529 le vif argent est consacré à la Lune et l'étain à Jupiter; Olympiodore assignait ce dernier métal à Mercure: tant il y avait peu de filé dans ces relations my stiques des astres avec les propriétés des métaux.
C'est ici le lieu de nous occuper des heures et des jours de la semaine spécialement affectés aux diverses planètes. Ce n'est que tout récemment que l'on s'est fait des idées justes sur l'antiquité de eet usage et que l'on a reconnu à quel point il était répandu chez les nations lointaines. Ainsi que l'a démontré Lepsius (Chronologie der Ægypter, p. 152), et que le prouvent des monuments qui remontent aux premiers temps de la construction des grandes pyramides, la semaine des Egyptiens était composée non pas de sept jours, mais de dix. Trois de ces décades formaient un des douze mois de l'année solaire. Quand on lit, dans Dion Cassius (lib. XXXVIF, cap. 18), que l'usage de désigner les jours d’après les noms des sept planètes était né originairement en Égypte, et de là s'était répandu, à une époque assez récente, chez tous les autres peuples, notamment chez les Romains, parmi lesquels il s'était, au temps de Dion Cassius, complètement naturalisé, il ne faut pas oublier que cet écrivain était contemporain d'Alexandre Sévère, et que depuis l'invasion de l'astrologie orientale sous les Césars, et par suite du grand concours de tant de peuples à Alexandrie, il était de mode en Occident d'appeier Égyptien tout ce qui semblait antique. C'est sans doute chez les nations sémitiques que la semaine de sept jours remonte le plus haut et fut le plus répandue. Ce fait, au reste, n'est pas particulier aux Hébreux; il se retrouve chez les Arabes nomades, longtemps avant Mahomet. J'ai posé à un savant trés-versé dans les antiquités sémitiques, au professeur Tischendorf, de Leipsig, la question de savoir si, à part le nom du
Sabbat, il n'existe pas dans l'Ancien Testament. pour les différents jours de la Semaine, des dénominations distinctes autres que celles de % et de 5° jour de la schebua; si dans le Nouveau Testament, à une époque où sans aucun doute des étrangers s'ec-
s Ju
cupaient déjà en Palestine d'astrologie planétaire, il ne se rencontre nulle part de dénomination empruntée aux planètes, pour désigner quelqu'un des jours de la période hebdomadaire? La réponse fut celle-ei: « Non-seulement l'Ancien nile Nouveau Testament, mais la Mischna non plus que le Talmud, n'offrent aucune trace de:noms de planètes affectés aux jours. On n'avait pas non plus coutume de dire le 2m ou le 5% jour de la schebua; on comptait d'habitude par le quantième du mois: cependant la veille du Sabbat était appelée aussi le sixième jour, sans autre désignation. Le mot Sabbat fut étendu plus tard à la semaine entière (Ideler, Zandbuch der Chronol.,t.}, p. 480): ainsi l'on trouve dans le Talmud, pour les différents jours de lasemaine, le 4%, le 2%, le 5° jour du Sabbat et ainsi de suite. Le mot 260022: pour Schebua n'est pas dans le Nouveau Testament. Le Talmud, dont la rédaction commencée au nf siècle se prolonge jusqu'au v°. offre des épithèêtes hébraïques appliquées à quelques planètes, à Vénus l'éclatante et au rouge Mars. Ge qu'il y a de plus singulier, c'est le nom de Sabbatai, proprement étoile du Sabbat, employé pour désigner Saturne, de même que parmi les noms pharisaiques des étoiles, énumérés par Épiphane, Ja mème planète est appelée Æochab Sabbath. N'est-ce point là ce qui fit prendre le jour-du Sabbat pour le jour de Saturne (Saturni sacra dies, dit Tibuble, Éleg. I, 5, v. 18)? Un passage de Tacite (Zistoires, liv. V, chap. 4) agrandit le cercle de ces rapports entre Je. personnage consacré par la tradition légendaire et la planète du même nom. > Voyez aussi Furst, Cultur und Lilteraturgeschichte der Juden in Asien, 1849, p. 40.
IL n’est pas douteux que les différentes phases de Ia Lune n'aient de bonne heure dù attirer Fattention de peuples chasseurs et pasteurs, et servir d'aliment à leurs rèveries astrologiques. Il faut done admettre avec Ideler que là semaine est un démembrement du mois synodique, dont un quart représente en moyenne 7 jours 5/8. Au contraire, tout ce qui a trait à l'ordre des planètes et aux distances qui.les séparent les unes des autres, ainsi qu'aux noms des heures et des jours, ne peut appartenir qu'à une époque de civilisation beaucoup plus avancée, et qui commence à prendre goût aux théories.
En ce qui. concerne les noms des planètes, appliqués aux jours de la semaine, ct l'ordre dans lequel on rangeait ces corps célestes (Geminus, Elein. Astron., p. k: Cicéron, de Republica, lib. VI, cap. 10; Firmicus, lib. IE, cap. #) en les placant tous,
— D51 — suivant l'opinion Ja plus ancienne et la plus répandue, entre la sphère des fixes et la terre. immobile, à savoir:
Saturne, Mars, Mereure, Jupiter, Le Soleil. La Lune, Vénus,
on à mis en avant trois suppositions différentes: l'une em pruntée aux intervalles musicaux:une autre aux noms planétaires des heures dans le vocabulaire astrologique: une troisième fondée sur un partage des douze signes’ du zodiaque entre les 56 décans ou entre les corps planétaires : qui sont réputés les maitres (domini) de ces décans, et dont la série est répétée cinq fois, de manière à faire, Mars étant seul répété six fois, trois. décans ou trois planètes pour ehaque signe. Les deux premières hypothèses sont exposées dans le remarquable passage de Dion Cassius (lib. XXXVIL cap. 17), où l'auteur veut expliquer pourquoi Îles Juifs célèbrent le jour de Saturne (notre samedi). « Si l'on applique , dit-il, l'intervalle musical que l'on nomme la quarte, de 7275450, aux sCPt planètes, d'après la durée de leur rév olution, en donnant la première place à Saturne, comme à la plus éloignée, ôn-tombe d'abord sur la quatrième, le Soleil, puis sur la septième, la Lune, et les planètes se présentent ainsi dans l'ordre où se succèdent les noms des jours. > M. Vincent à donné un commentaire de ee passage, dans son Mémoire sur lés Manuscrits grecs relatifs à la Musique (1847, p. 158); voyez aussi Lobecx, Aglaophamus, p. 941-946. La deuxième explication de Dion Cassius repose sur le retour périodiqué des heures consacrées aux planètes. » Si l'on compte, dit-il, les heures du jour et de la nuit, en partant de la première heure du jour, et en rattachant cette première heure à Saturne, la seconde à Jupiter, la troisième à Mars, la quatrième au Soleil, la cinquième à Vénus, la sixième à Mercure, la septième à la Lune, dans l'ordre où les Êgy ptiens rangent les planètes, de manière à recommencer toujours par Saturne: on trotvera, après avoir parcouru la série des vingt-quatre heures. que la première heure du jour suivant sera attribuée au Soleil, celle du troisième jour à la Lune, en un mot que la première heure de chaque jour correspond à la planète à laquelle ce jour emprunte son nom. » De mème Paulus d'Alexandrie, mathématicien astronome du 1v° siècle, fait présider à ehaque jour de Ja semaine la planète qui donne son nom à l'heure par laquelle la journée commence.
Cette manière d'expliquer les appellations des jours de la semaine avait été jusqu'ici généralement considérée comme la plus exacte: mais Letronne, S'appuyant sur le zodiaque de Bianchini longtemps délaissé dans les collections du Louvre, ét sur lequel, frappé moi-même d'une singulière ressemblance entre un zodiaque grec et un zodiaque des Tartares kirghises, j'avais en 1812, attiré l'attention des archéologues, Letronne, dis-je, déclare adopter de préférence une troisième explication qui consiste à répartir, comme on l'a vu plus haut, à l’aide d'une multiplication, trois planètes sur chaque signe du zodiaque (Letronne, Obsereations criliques et archéologiques sur l’objet des représentalions zodiucales, 182%, p. 97-99). Cette distribution des planètes entre les trente-six décans de la dodécatémorie est précisément celle que déerit Julius Firmieus Maternus (lib. IE cap. 4: Signorum decani eorumque domini.) Si. dans chaque signe, on prend la planète qui est la première des trois, on obtient la série des jours planétaires de la semaine. Le tableau qui suit peut servir d'exemple pour les quatre premiers jours de la semaine: Dies Solis, Lunx, Martis, Mercurii. La Vierce: le Soleil, Vénus, Mercure: la Bazaxce : la Lune, Saturne, Jupiter; le Scorpion: Mars, le Soleil, Véaus ; le SAGiTTAIRE: Mercure. Comme d'après Diodore, les Chaldéens comptaient originairement non pas sept planètes mais cinq seulement, ne reconnaissant pour telles que celles qui avaient une apparence stellaire, toutes les combinaisons dont nous venons de parler, dans lesquelles figurent plus de einq planètes, ne paraissent pas remonter aux Chaldéens, et doivent avoir une origine astrologique beaucoup plus récente. Voyez Letronne, sur l'Origine du Zodiaque grec, 1840, p. 29. |
Quelques lecteurs pourront être bien aises de trouver ici de courts éclaircissements sur la concordance que présentent Ja série des jours de la semaine et la répartition des planètes entre les décans, dans le zodiaque de Bianchini. Si l’on représente chaque planète, en suivant l’ordre qu'avaient adopté les anciens, par un caractère de l'alphabet: Saturne par a, Jupiter par b, Mars par e, le Soleil par d, Vénus par e, Mercure par f, la Lune par g, et que l’on forme ainsi de ces sept termes la série périodique:
abcdefg,abcd...…
on obtiendra, en se rappelant que chaque décan est préposé à trois planètes, dont la première donne son nom à l'un des jours
[br dr 4 ele) es
de la semaine, et en supprimant deux termes sur trois, la nouvelle suite périodique a dgcfbre,. ad:g cc.
c'est-à-dire, Dies Saturni, Solis, Lunæ, Martis, etc. On obtiendra aussi la même série
adgc....
par la méthode de Dion Cassius, d'après laquelle chaque planète donne son nom au jour dont la premiére heure Jui est spécialement affectée. Pour arriver à ce résultat, il suffit d'extraire 4 terme sur 24 dans chacune des 7 séries. Il est indifférent en effet dans une suite périodique, de supprimer un certain nombre de termes, ou de supprimer ce mème nombre augmenté d'un multiple quelconque du nombre de termes qui composent la période; or Ja période dont il s'agit ici est formée de 7 termes, et 25 — 5 X 7 + 2, Il revient done absolument au même de retrancher 25 nombres, suivant la méthode de Dion Cassius, ou d'en retrancher seulement 2, d'après celle que propose Letronne.
Nous avons déjà signalé quelques pages plus haut (note 13) une singulière analogie entre le nom latin du quatrième jour de la semaine dies Mercurii, l'appellation indienne Budha-vara, et l'ancien nom saxon Z'édanes-dag (Jacob Grimm, Deutsche Mythologie, 1844, t. I, p. 11%). La question d'identité que William Jones prétend établir entre Bouddha, fondateur du Bouddhisme, ct Odin, autrement appelé Wuotan où Wotan, fameux dans les chants héroïques et dans l'histoire de la civilisation des races septentrionales, paraîtra peut-être plus intéressante encore, si l'on songe que le nom de Wotan est celui d'un personnage moitié fabuleux moitié historique, célèbre dans une partie du Nouveau-Monde, et sur lequel j'ai rassemblé un grand nombre de documents, dans mon ouvrage sur les monuments et les croyances des races américaines. (7’ues des Cordillères et Monuments des peuples indigènes de l'Amérique, t. 1, p. 208 et 52-384: t. I, p. 556). D'après les traditions des babitants de Chiapa et de Soconusco, ce Wotan américain est le descendant de l'homme qui, lors du grand déluge. se sauva dans une barque et renouvela Je genre humain. Il fit faire de grandes constructions qui, de même que la pyramide mexicaine de Cholula, amenèrent la confusion des langues, la guerre et la dispersion des races. Son nom s'introduisit aussi. comme celui d'Odin en Germanie, dans
Pr rt 554 LE
le calendrier des naturels de Chiapa, dont le vrai nom était Téochiapan. On nomma, d'après lui, une des périodes de cinq jours qui, réunies quatre par quatre, formaient le mois en usage chez les Aztèques et les Chiapanèques. Tandis que lés Aztèques désignalent feurs mois par des noms empruntés aux plantes et aux animaux, les Chiapanèques distinguaient les mois par Îles noms de vingt chefs, venus du Nord, qui les avaient conduits jusque dans ces lieux. Les quatre plus héroïques d’entre ces chefs: Wotan ou Wodan, Lambat, Been et Chinax, ouvraient les sémaines de cinq jours; inaugurées chez les Aztèques par les symboles des quatre éléments. Wotan et les autres chefs apparteñaient incontestablement à la race des Toltèques qui au vue siècle envahirent le pays. Le prémier historien de la nation des Aztèques, Ixtlilxochitl, dont le nom chrétien était Fernando de Alva, dit positivement dans des manuserits qui datent du commencement du xvi° siècle, que Ta province Téochiapan et tout le Guatémala, d'une côte à l'autre, étaient peuplés de Toltéques. Dans les premiers temps de la conquête espagnole, il y avait encore au village de Téopixea, une famille qui se vantait de descendre de Wotan. L'évêque de Chiapa, Francisco Nunez de la Véga: a recueilli beaucoup de documents sur la légende américaine de Wotan. dans sen Préambulo de las Constiluciones diocesanas. La légende du premier Odin scandinave(Odinn, Othinus), où Wuotan. parti, dit-on, des rives du Volga. a-t-elle une origine historique? c’est R encore un point très-indécis (Jacob Grimm, Deutsche Mythologie, t. 1, p. 420-150). A vrai dire, l'identité des deux héros, bien qu'appuyée sur d'autres motifs qué Ja ressemblance des sons, n’est pas moins douteuse que celle de Wuotan avec Bouddha, ou celle que lon est tenté d'établir entre Te nom du législateur des Hindous et le nom de la planète Boudha.
L'existence d'une semaine hebdomadaire au Pérou, qui a souvent été présentée comme une analogie sémitique entre les deux continents, est un fait erroné. Le père Acosta qui visita le Pérou pri de temps après la conquête espagnole, l'avait déjà démontré, dans son Historia natural y moral de las Indias (1991, lib. VE, cap. 5). L'inca Garcilaso de Ia Véga rectifie lui-même le renseignement qu'il avait donné d’ abord (re part., lib. IL cap. 55) en disant clairement: que dans chacun des mois qui étaient calculés sur le cours de la Lune, il y avait trois jours de fête. et que le peuple devait travailler huit jours pour se reposer le neuvième (tre part., lib. VE cap. 25). Les semaines péruviennes étaient
done formées de neuf jours. Voyez à ce sujet mes 7wes des Cordillères, & E, p. 541-545.
(45) [page 564]. Bæckh; Phélolaus, p. 102 et 447.
(46) [page 566]. II faut, lorsqu'on veut écrire l'histoire des découvertes, distinguer l'époque où une découverte a été faite de celle où elle à été publiée. C’est en négligeant cette précaution que lon a laissé s'introduire dans les manuels astronomiques des nombres fautifs et mal concordants. Ainsi, par exemple, Huy gens découvrit le Sixième satellite de Saturne, Titan, le 25 mars 1655 (Hugenii, Opera varia, 172%, p. 525), et ne le fit connaitre que le 5 mars 1656 (Systema Saturniuin 1659, p. 2). Le même astronome qui, depuis le mois de.mars 1655 s'oceupait sans interruption de Saturne, avait acquis, dès le 17 décembre 4657, une notion claire et complète de l’anneau qui entoure cette planète (Syst. Sat, p. 21): ce ne fut cependant qu'en 1659 qu'il publia une explication scientifique de tous les aspects sous lesquels se présente ce phénomène. Galilée avait eru apercevoir seulement de:chaque côté de la planète deux disques circulaires détachés,
(47) [page 566]. Cosinos, € FE, p. 70, 71. Voyez aussi Encke . dans les #stronomische Nachrichten de Schumacher, & XAXVE 1848, n° 629, p. 347.
(ZS) [page 575]. Bæckh, de Plalonieo Systemate, p. NXIV. ct Philoluus. p. 100. La série des planètes, telle qu'elle est donnée par Gésénius, celle qui a servi, comme nous venons de le voir (note 44), à dénommer les jours de la semaine, et à les mettre sous l'invocation des dieux, est positivement désignée comme la plus ancienne par Ptolémée (4linageste, lib. XI, cap. 1). Ptolémée blâme les motifs pour lesquels + les modernes ont piacé Vénus et Mercure en deçà du Soleil. >
(49) [page 575]. Les Pvthagorieiens prétendaient, afin d'établir la réalité des sons muüsieaux produits par la rotation des sphères, que l'on ne peut entendre que Bà où il y a alternative de bruit et de silence. (Aristote, de Cæto, lib. 1L' cap. 9; p. 250, n° 24-50, éd. Bekker). On exeusait aussi par la surdité, la non-perception de ces accords des sphères (Cicero, de Republica, lib. VE, cap. 11). Aristote Jui-même qualifie la fable musicale de Pythagore de belle et d'ingénieuse (xouŸoc ai reperrôc), il ne lui reproche que de n'être pas vraie (/bid., n°s 19-45).
on
— J90 — (0) [page 576]. Bæckh, Philolaus, p. 90.
1) [page 576]. Platon, de Republica, lib. X, p. 6147. Ce philosophe calcule les distances des planètes d'après deux progres sions différentes dont l'une a pour raison 2, l'autre 5, ce qui compose la série 1.2, 5, 4, 9, 8, 27, C'est la même série que l'on lrouve dans le Timée, à l'endroit qui traite de la division arithmétique de l'ame du monde (p. 55, éd. Estienne). Platon a considéré simultanément les deux progressions géométriques 4, 9, 4,8 — et 4,5,9,97; puis il a intercalé les termes, ce qui a donné la suite des nombres 1, 2, 5, #, 9,8, 27. Voyez Bwkh, dans les Studien de Daub et Creuzer, t HE p. 54-45; H. Martin, Études sur le Timée, t. I, p. 58% et t. II, p. 64. Voyez aussi Prevost, sur l'ame d'après Platon, dans les Mémoires de l’Académie de Berlin. pour 1802, p. 90 et 97; et un autre écrit du même auteur dans la Bibliothèque brilannique, Sciences et Arts, t. XXXVIL, 1$08. p. 155:
(32) [page 576]. Voyez l'ingénieux écrit du professeur Ferdinand Piper, con der Harmonie der Sphæren, 1830, p. 12-18. Ideler fils (Hermapion, 1841, 1e part., p. 196-214) a traité en détail, et avec beaucoup de science et de critique; du prétendu rapport existant entre les sept voyelles de l'ancienne langue és, ptienne et les sept planètes, ainsi que d'hymnes astrologiques dans lesquels abondaient les voyelles et que chantaient les prétres égyptiens. Cette hypothèse, mise en avant par Seyffarth, qui se fondait sur un passage du Pseudo-Démétrius de Phalère peutétre Démétrius d'Alexandrie (de interpret., $ 71), sur une épigramme d'Eusébe et sur un manuscrit gnostique conservé à Leyde, avait été déjà contredite par les recherches de Zoëga et de Tælken. Comp. Lobeck, 4glaophamus, p. 952.
(5) [page 576]. Sur le développement progressif des idées musicales de Képler, vovezle commentaire de l Zarmonice Mundi, par Apelt, dans l'ouvrage intitulé: Johann Keppler's Weltansicht, 1849, p. 76-116, et Delambre, ZÆistoire de l’Astronomie moderne, t. 1, p. 552-560.
(34) [page 576]. Cosmos, t. IL, p. 269.
5) [page 577]. Tycho avait renversé l'hypothèse des sphères de cristal, dans lesquelles on supposait les planètes enchassées, Képler le loue de cette entreprise: mais il persiste à représen-
= Eh rs
ter le firmament comme une enveloppe sphérique solide, de deux milles allemands d'épaisseur, sur laquelle brillent douze étoiles de première grandeur, situées toutes à égale distance de la terre, et répondant aux angles d'un icosaëdre. Les étoiles, dit-il, lumina sua ab inlus emiltunt: et même pendant longtemps il erut les planètes lumineuses par elles-mêmes. jusqu'à ce que Galilée l'eut ramené à des idées plus justes. Bien que d'accord en cela avec plusieurs philosophes de Fantiquité et avec Giordano Bruno, il considerât toutes les fixes comme des soleils semblables au nôtre, cependant, en examinant l'hypothèse d'après laquelle chacune de ces étoiles serait entourée de planètes, il n'incline pas à l’adopter autant que je l'avais supposé d'abord (Cosmos, t. IL, p. 279). Voyez Apelt, Xeppler's Hellansicht. p. 21-24.
(26) [page 577]. C'est seulement en 4821 que Delambre (Aïistoire de l'Astron. Moderne, t. 4 p. 51%) a fait remarquer dans les passages qu'il a extraits des œuvres de Képler, et qui, complets au point de vue astronomique, ne le sont point au point de vue astrologique, l'hypothèse d'une planète imaginée par Képler entre Mercure et Vénus. « On n'a fait, dit-il, aucune attention à cette supposition de Képler, quand on a forme des projets de découvrir la planète qui (Selan une autre de ses prédictions) devait circuler entre Mars et Jupiter. »
. (7) [page 577]. Ce remarquable passage au sujet d'une lacune (hiatus) entre Mars et Jupiter se trouve dans l'ouvrage intitulé Prodromus dissertalionuin cosmographicarum , continens Mysterium coSmographicum de admirabili proportione orbium cœlestium, 1596, p. 7: « Cum igitur hac non succederet, alia via, mirum quam audaci, tentavi aditum, Inter Jovem et Martem interposui novum Planetam, itemque alinm inter Venerem et Mercurium, quos duos forte ob exilitatem non videamus, 1isque sua tempora periodiea ascripsi. Sie enim existimabam me aliquam æqualitatem préportionum efecturam, quæ proportiones inter binos versus Solem ordine minuerentur, versus fixas augeseerent: ut propior est Terra Veneri quantitate orbis terrestris, quam Mars Terræ. in quantitate orbis Martis. Verum hoc pacto neque uaius planetæ interpositio sufficiebat ingenti hiatu, Jovem inter et Martem: manebat enim major Jovis ad illum novum proportio, quam est Saturni ad Jovem. Rursus alio modo exploravi... » Képler avait vingt-cinq ans à l'époque où il'écrivit ces lignes. On voit combien son esprit mobile se plaisait à eréer des
ro
do) —
hypothèses, qu il abandonnait bientôt pour d’autres. 1} conserva toujours la ierme espérance de découvrir des lois numériques, Ja mème où les perturbations multiples des forces attractives ont déterminé Ja matière cosmique à se eondenser en globes planétaires, et à se mouvoir, tantôt isolément sur des orbites simples ct presque parallèles entre elles, tantôt: par groupes, sur des orbites merveilleusement entrelacées. Kepler ne comprenait point que, par suite de l'ignorance où nous sommes des conditions accessoires, ces perturbations compliquées échappent au calcul, et qu'il en est ainsi pour l'origine et pour la constitution d'un grand nombre d'objets dans la nature.
(38) [page 573]. New toni, Opuscula imathematica, philosophica et philotogica, 1744, LE Opuse. XVHE, p. 246: « Chordam musice divisam potius adhibui, non tantum quod cum phtnomenis (lucis) optime convenit, sed quod fortasse, aliquid circa colorum harmonias (quarum pictores non-penitus ignari sunt), sonorum concordantiis fortasse analogas, involvat. Quemadmodum verisimilius videbitur animadvertenti affinitatem, quæ est inter exumam Purpuram (Violarum colorem)ac Rubedinem, Colorum extremitates, qualis inter octavæ terminos (qui pro unisonis quodammodo haberi possunt) reperitur.. » Voyez aussi Prévost dans les Mémoires de l’Académie de Berlin. pour 1802, p. 77 et 95.
(59) [page 573]. Sénèque, Waturales Quæstiones, lib. VHE, cap. 15: « Non has tantum stellas quinque discurrere, sed solas observatas esse: ceterum innumerabiles ferri per occultum. »
(60) [page 579]. Je ne m'étais pas trouvé satisfait des explications données par Heyne, dans sa dissertation de Arcadibus Luna antiquioribus (Opusc. acad.; &. 1 p. 552), sur l'origine du mythe astronomique des Prosélènes, si répandu dans l'antiquité ; ee fut avec un plaisir d'autant plus vif que je recus d'un philologue doué d'une grande pénétration, mon ami le: professeur J. Franz, une solution nouvelle et fort heureuse d'un problème si souvent discuté. Cette solution, obtenue à l'aide d'une simple association d'idées, n'a aueuu rapport ni avec les dispositions du calendrier des Arcadiens, ni avec le culte de ce peuple pour la Lune. Je me borne ici à donner un extrait d'un travail inédit .et beaucoup plus complet, Dans un ouvrage où je me suis faitune loi de rapprocher fréquemment iéb émble de nos connaissances actuelles des connaissances de l'antiquité et des traditions véritables on
2 HgD6 —
généralement regardées comme telles; cette explication sera, j espère, bien venue de quelques-uns de mes lecteurs.
« Nous commencerons par les passages principaux qui, chez les -anciens, ont trait aux Prosélénes. Étienne de Bfzance, au mot Apxz:, indique le logographe Hippys de Rheginm, contemporain de Xerxès et de Darius, comme le premier qui ait nommé les Arcadiens roo7shmvous. Le Scoliaste d'Apollonius de Rhodes (lib. IV, v. 26%) et celui d'Aristophane (Wubes, v. 597) S'accordent à dire que la haute antiquité des Arcadiens est surtout attestée par la qualification de 7po72avor. Ainsi, il Y avait un peuple qui était réputé antérieur à la Lune: c'est ce qu'affirment aussi Eudoxe et Théodore; le dernier même ajoute que la Lune apparut peu de temps avant le combat d'Hercule. Aristote dit, en traitant de la constitution des Tégéates: Que les Barbares qui peuplaient originairement l’Arcädie avaient été chassés et remplacés par d’autres habitants, avant l'apparition de la Lune, d'où leur vint le nom de 720722xv01. D'autres racontent qu Endymion découvrit le mouvement dé la Lune, et que, comme il était Arcadien, ses compatriotes furent appelés 7p072nv0r. Lucien s'élève contre les prétentions des Arcadiens (de #strnogia, cap. 26): « C’est folie de leur part, dit-il, de vouloir être antérieurs à la RUE, » Le Scoliaste d'Eschyle (ad Promefh., v. 456) remarque que 7p052h1)u2:y69 à le mème sens que Yépr£ousvey; et que les Arau L furent surnommés F2272)%%0r, à cause de leur violence. Tout le monde connaît les passages d'Gvide sur l'existence antélunaire des Arcadiens. Une nouvelle ôpinion s’est fait jour dans ces’ derniers temps: c'est que l'antiquité entière se serait laissée tromper par la forme rposehavor, qui ne serait autre que le mot rposaior, et Signifierait: antérieur aux Hellènes. On sait que l'Arcadie étaît en effet habitée par des Pélasges. »
« Si on peut prouver, continue le professeur Franz, qu un autre peuple rattachait aussi son origine à celle d'un autre astre, on sera dispensé de recourir à des étymologies trompeuses. Cette preuve existé de la manière la plus formelle. Le savant rhéteur Ménandre, qui vivait dans la séconde moitié du Ie siècle après -Jésus-Christ, dit textuellement dans son Traité de Encomiis (seet. Î, cap. 5, éd. Heeren): « Le troisième point qui ajoute à la valeur des choses et peut servir à leur éloge, c'est le temps: c'est un mérite qu'on ne manqué pas d'invoquer pour tous les objets très-anciens, lorsque par exemple nous disons d'une ville ou d’un pays qu'ils furent fondés où habités avant tel ou tel as-
tre, où au moment mème de son apparition, aprés ou avant Je déluge, comme les Athéniens prétendent être nés en même temps que le Soleil, comme les Arcadiens croient remonter au delà de la Lune, comme les habitants de Delphes affirment qu'ils sont venus au monde immédiatement après le déluge: car ce sont là des points de départ dans le temps, et comme autant d'éres distinctes,
Ainsi l'ile de Delphes, dont la relation avec le déluge de Deucalion ss établie d’ailleurs par d'autres témoignages (Pausanias, lib. X, cap. 6), le cède en ancienneté à l'Arcadie, et l'Areadie le cède à Athènes. Apollonius de Rhodes s'est inspiré des mèmes traditions, lorsqu'il dit (lib. IV, v. 261) que l'Égypte fut la premiére contrée qui reçut des habitants: « Tous les astres ne décrivaient pas encore leurs orbites dans le firmament:; nul n'avait entendu parler des fils de Danaüs: une seule race exisiait, les Arcadiens, qui, suivant les poëtes, vivaient avant la Lune et se nourrissaient de glands sur les montagnes. » Nonnus dit aussi, de la ville de Béroë en Syrie, qu'elle fut habitée antérieurement à l'apparition du Soleil (Dionys., lib. XL).
» L'habitude d'emprunter des termes fixes aux grandes époques de Ja création du monde à pris naissance dans cette période contemplative dont les fictions nous semblent encore si vivantes, et ont plus d'intérêt pour nous que les conceptions des âges postérieurs: elle appartient à la poésie généalogique qui a fleuri dans chaque.localité. Ainsi il n’est pas invraisemblable que la légende du combat des géants en Areadie, à laquelle font allusion les paroles citees o. haut de l'historien Théodore, natif de la Samothrace, suivant quelques critiques, et dont l'ouvrage devait embrasser une vaste matière, que cette légende, de chantée par quelque poëte de l'Areadie, ait répandu l'usage du mot 7205: havou appliqué aux Arcadiens. »
Au sujet de la double dénomination de A'onddze Mszryor, “ef sur la distinction entre les deux races qui se sont succédé en Arcadie, voyez l'excellent ouvrage d'Ernest Curtius, der Peloponnesos, 1851, p. 160 et 180, J'ai déjà montré ailleurs (Æleine Schriften, t. 1, p. 115) que dans le nouveau continent, sur le plateau de Bogota, la peuplade des Muyseas où Mozcas se vantait aussi de remonter au delà de la Lune. La naissance de la Lune se rattache à la légende d'une grande inondation, causée par les sortiléges d’une femme nommée Huythaca ou Schia, qui accompagnait le magicien Botschika. Chassée par Botschika, cette femme
quitta la Terre et devint la Lune, « qui jusqu'alors n'avait pas encore lui sur les Muyseas. » Botschika, ayant pitié de l'espèce humaine, ouvrit d'une main puissante un pau de rocher abrupte, près de Canoas, à l'endroit où le Rio de Funzha forme aujourd'hui la célèbre cascade de Tequendama. La vallée inondée fut ainsi mise à sec. — Ce roman géologique se répète en divers lieux: notamment dans la vallée alpestre de Cachemire, où le génie puissant qui chassa les eaux se nomme Kasvapa.
(61) [page 379]. Charles Bonnet, Contemplation de la Nature, traduction allemande par Titius, 2 édition, 1772, p. 7, note 2 (la première édition était de 1776). Dans l'ouvrage original de Bonnet, il n'est nullement question de cette loi des distances. Voyez aussi Bode, 4aleilung zur Kenniniss des gestirnten Himmels, 2 édit. 1772, p. 462.
(62) [page 581]. Si, avec Titius, l'on divise en cent parties la distance du Soleil à Saturne, réputé à cette époque la planète la plus reculée, et si lon fixe les distances des autres planètes ainsi qu'il suit, d'après la prétendue progression 4, #£5, 446, 4-A2, 449%, 448: à
Mercure Vénus la Terre Mars Pet. Plan. Jupiter
on peut, en évaluant la distance de Saturne à 197,5 millions de milles géographiques, dresser le tableau suivant, qui permet de juger des erreurs qu'entraine la loi de Titius:
DISTANCES AU SOLEIL DISTANCES VRAIES en milles géogr. de 45 au degré en | à D'APRÈS TITIUS Pt geogr. de 15 au degré | | Mercure . : . : . . 79 millions. millions.
| 0 M: CHER Lire 13.8 | 15.0 EF LA Terre, 42 UE 19,7 | 20,7 Mars pre LES TE 51.5 | 51.5 |Les petites planètes... 55.2 | 33,2 FJUPIET. ©, {eee 102,6 | 107,5 HSM 122 197,5 | 197,5 | PERS, US LE 386, | 396,7 Neptune. 2-2 27/0 765,5 | 621,2 | l
(65) [page 581}. Voyez Würm, dans Bode's 4stron. Jahrbuch fur 1790, p. 168, et Bode, von dem neuen zwischen Murs und Jupiler entdeckten achten Hauplplaneten des Sonnensystems, p. 45. En adoptant la correction de Wurm, on trouve, pour les distances des diverses planètes au Soleil, les résultats suivants:
Mercure. 937 parlies
Vénus. 587 + 293 = "16080 La Terre. 3817 + 2'K°995 =1075
Mans. ue uso 88 4ichod 4x 0050 455!
Les petites’ planètes. 587 4. 8.X 295 =: 2751
Jupiter. siens. 12 087 +16, X 903 5075, Satupgne. Hl01 0 G8eku 3220095 1097068
Urapus. 4: 2. 88714064 X 0293 23 19459 Neptune“: 1. 337 + 198 X 295 — 5789
Afin que l'on puisse apprécier l'exactitude de ces résultats, j mdique, dans la table ci-dessous, les véritables distances moyennes des planètes, telles qu'elles sont admises aujourd'hui, en y joignant les chiffres que Képler regardait comme vrais, il y a deux siècles et demi, d’après les observations de Tycho. J'emprunte ces nombres à l'ouvrage de Newton, de Mundi Systemate (Opuse. mathem. philos. et philol., 174%, t. IL p: 11):