II. Iles de l'océan atlantique
Le volcan d'Esk, dans Ttle Jean Mayen, a emprunté son nom au vaisseau de Scoresby, qui en a Tait l'ascension. Il atteint à peine 1 500 pieds de hauteur. Il a au sommet un cratère ouvert, mais non enflammé. Il est formé d*un basalte riche en pyroxène et de trass.
Au sud-ouest de l'Esk^ près du cap Nord de l'tle des Œufs^ est un autre volcan qui^ à partir du mois d'avril 1818^ a rejeté, de quatre mois en quatre mois, des quantités de cendres considérables.
Le Beerenbergy haut de 6 648 pieds, situé dans la partie Nord-Est de l'île Jean Mayen, par 71%4' de latitude, n'est point connu jusqu'ici comme ^^Ican (59).
Les volcans de l'Islande : rOErœfa, l^iHécla, le Rauda-Kamba, etc.
Le volcan de l'île Pico , Tune des Açores , a eu une grande éruption de lave, du T' i^ai au 5 juin 1800 (60),
Le pic de Ténérifle.
Le volcan de l'île Fogo, Tune des îles du cap Vert (61).
En ce qui concerne Vactivité volcanique aniérieure auœ temps hùtlariqueSf il est difficile de la rattacher, pour l'Islande, à des centres déterminés. On peut cependant diviser, avec Sartorius de Waltershausen , les volcans de cette île en deux classes : ceux qui n'ont eu qu^une seule éruption, et ceux qui ont rejeté des coulées de lave à plusieurs reprises, parune même
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faille principale. A la première catégorie appartiennent le Rauda-Kamba, le Scaptar, l'Ellidavatan^ situé au sud -est de Reykjavik et d'autres peutêtre; la seconde catégorie , qui témoigne d'une individualité persévérante , comprend les deux plus hauts volcans de l'Islande : l'Œrœra qui dépasse 6000 piedSy et le Snœfiall, puis l'Hécla, etc. De mémoire d'homme^ le Snœfiall n'a pas été en activité, rOËrœfa, au contraire, est célèbre parles formidables éruptions de 1362 et de 1727 (62). —Dans l'île de Madère (63), les deux plus hautes montagnes, le Pico Ruivo, de forme conique, quia 8685 pieds, et le Pico de Terres, qui n'en a guère moins, et dont les pentes abruptes sont couvertes de laves scorifiées, ne peuvent être considérés comme les centres de l'activité volcanique, attendu qu'en plusieurs endroits, notamment près des côtes, on a trouvé des ouvertures éruptives, et même un grand cratère, le cratère de la Lagoa voisine de Machico. Il n'est plus possible de suivre les dififérentes coulées de lave qui se sont confondues en se superposant. Des restes d'anciennes dicotylédonées et de fougères , soigneusement étudiés par Charles Bunbury, se retrouvent enfouis dans des soulèvements volcaniques de tuf et de terre glaise, recouverts quelquefois d'un basalte plus récent. — Le groupe Feiv nando de Noronha, situé 2'' 27' à l'est dePeruambuco, par S'^SO' de latitude australe, est composé de très-petites îles qui consistent en roches de phonolithe, contenant de la hornblende. Il n'existe point de cratères, mais seulement des crevasses en forme de
filons, remplies de trachyte et d'amygdaloïde basaltique, qui traversent des couches de tuf blanc (64). — Dans rtle de l'Ascension, la plus haute altitude est de 2690 pieds. Les laves basaltiques contiennent plus de feldspath vitreux que d'olivine, et forment des coulées très-distinctes, que l'on peut suivre facilement jusqu'au cône d'éruption, formé de trachyte. Cette dernière roche, de couleur brillante, et souvent décomposée comme du tuf, domine à l'intérieur et dans la partie sud -est de l'île. Dans les masses de scories rejetées par la Green Mountain, sont empâtés des fragments anguleux, contenant de la syénite et du granité, qui rappellent les laves du Jorullo (65). A l'ouest de la même montagne, se trouve un vaste cratère béant. Des bombes volcaniques, creuses en partie, et qui n'ont pas moins de 10 pouces de diamètre, sont dispersées à l'entour, en quantité innombrable^ ainsi que de grandes masses d'obsidienne. — Toute nie de Sainte-Hélène est volcanique. A l'intérieur, dominent des couches de lave feldspathiques ; près des côtes, règne un basalte traversé par d'innombrales filons (dikes), comme à Flagstaff-Hill. Entre Diana-Peak et Nest-Lodge, dans la chaîne centrale, existe un précipice creusé à pic et arrondi en demilune, reste d'un vaste cratère détruit, où sont amoncelées des scories et de la lave cellulaire (the mère wreck of one greatcrater is left) (66). Les couches de lave ne sont pas nettement limitées , et l'on ne peut en suivre le cours aussi facilement que celui des coulées proprement dites, qui ont une moindre largeur, ly. 25
— Tristan da Guuha, située par 3T3' de latitude australe, 13*" 48' de longitude, et découverte dès Tannée 1506 par les Portugais, est une petite lie circulaire, qui n'a pas plus d'un mille et demi de diamètre, au centre de laquelle s'élève une montagne conique, haute d'environ 7 800 pieds, d'après le rapport du capitaine Denham , et formée, suivant le même témoignage, de roches volcaniques (67) . — Au Sud- Bst, par Sd"" de latitude australe, est située l'Ile de Thompson, également volcanique, et entre les deux, dans la même direction, l'ile Gough, nommée aussi Diego- Alvarez. Puis viennent l'île de la Déception , qui a la forme d'un anneau étroit (latit. austr. 62'' 55') et rtle Bridgman, appartenant au groupe de South-Schetland. Ces deux îles volcaniques offrent des couches de glace, de pierre ponce, de cendre noire, d'obsidienne, et fournissent des émissions perpétuelles de vapeurs chaudes (68). Au mois de février 1842, on vit l'ile de la Déception vomir des flammes, sur treize points différents, disposés en cercle. Il y a lieu de s'étonner, que, l'océan Atlantique possédant encore tant d'autres îles volcaniques, ni la petite lie complètement plate de Saint-Paul (Penedo de San Pedro)» située un degré au nord de l'équateur, et qui contient un grunsten schisteux légèrement lami naire, passant à la serpentine (69) , ni les Malouines avec leur schiste argileux quartzifère, ni la Géorgie du Sud, ni les îles Sandwich, ne paraissent renfermer de roches volcaniques. Au contraire, une région de l'océan Atlantique, située par O"" 20' au sud de l'équateur
et par 22* de longitude occidentale ^ est considérée comme le siège d'un volcan sous-marin (70). Le 19 mai 1806, Krusenstern a vU; dans ces parages^ des colonnes de fumée noire s'élever du sein de la mer, et Ton a présenté en 1836, à la Société asiatique de Calcutta, des cendres volcaniques, recueillies à deux reprises sur le même point, au sud-est du rocher de Saint-Paul. Souvent les bâtiments ont éprouvé d'étranges secousses, et la mer s'est gonflée démesurément, dans cette Volcanic Région; c'est ainsi que sont désignés ces parages dans la belle carte de l'Amérique dressée par le lieutenant Samuel Lee , et intitulée : Track of the surveying Brig Dolphin, 1854. D'après les recherches fort exactes de Daussy, ce phénomène, attribué à des secousses souterraines qui ébranlaient le lit de la mer, s'est reproduit cinq fois depuis l'année 1747, jusqu'au voyage de circumnavigation de Krusenstern, et sept fois dans l'intervalle de 1806à 1836. On n'a cependant rien constaté de particulier, au mois de janvier 1852, dans l'expédition du brick le Dauphin , qui en souvenir du Krusenstem's Volcano, avait reçu l'instruction de pratiquer des sondages entre Téquateur et 7"* de latitude australe, et entre 18*" et 27** de longitude; la même remarque s'applique à VExploring Expédition de Wilkes, qui remonte à 1838.
IIL AFRIQUE.
Le volcan Mongo-roa Leba, situé dans la chaîne des monts Cameroun^ par 4*" 1 2f de latitude boréale^
à Touest du poiDt où le fleuve du même nom se jette dans la baie de Biafra et à l'est du delta formé par le Kowara ou Niger, a eu, d'après le capitaine Âllan, une éruption de lave, en 1838. La faille qui court du Sud-Sud-Ouest au Nord-Nord-Est, sur laquelle sont disposées en ligne droite les quatre lies volcaniques d'Anobon, de Saint-Thomas, des Princes et de San Fernando Po , est dirigée vers le Cameroun qui, d'après les mesures du capitaine Owen et du lieutenant Boteler, atteint la hauteur d'environ 12 200 pieds (71).
Dans l'Afrique orientale, un peu à l'ouest de la montagne neigeuse Kignea, par 1* 20' environ de latitude méridionale, le missionnaire Krapf a découvert, en 1849, une montagne voisine des sources du Dana, et située à 20 milles géographiques au nord-ouest des côtes de Mombas, que l'on suppose être un volcan. Sous un parallèle de deux degrés environ plus méridional que celui de Kignea, une autre montagne neigeuse, le Kilimandjaro, qui n'est guère éloignée de plus de 50 milles géographiques du même littoral, a été découverte en 1847, par le missionnaire Rabmann. Un peu plus à l'Ouest, on rencontre une troisième montagne neigeuse, le Doengo Engay, signalée par le capitaine Short. Ce n'est qu'au prix de beaucoup d'efforts et de dangers, qu'on a pu reconnaître l'existence de ces Nevados.
L'activité volcanique dont ce vaste continent, si peu exploré à l'intérieur, fait preuve entre 7* de latitude boréale et 12"* de latitude australe, c'est-à-dire
eutre le parallèle d'Adamaua et celui du mont Lubalo, qui forme le partage des eaux , est attestée , d'après Ruppell, parles alentours du lac Tzana, dans le royaume de Gondar, et, suivant Rochet d'Héricourt, par les laves basaltiques et les couches de trachyte et d'obsidienne de Schoa. Les échantillons qu'a rapportés d'Héricourt, très-analogues aux roches du Cantal et du Mont-Dore, ont été analysés par Dufrénoy (72), Bien que dans le Kordofan, la montagne conique de Koldghi ne jette plus ni flammes ni fumée; il paratt constant néanmoins qu'on y trouve des roches noires, poreuses et vitrifiées (73).
A Adamaua, au sud du grand fleuve Benue, s'élèvent les montagnes isolées de Bagele et d'Alantika, qui, l'une par sa forme conique, l'autre par sa forme arrondie en dôme, se sont révélées au docteur Barth, dans son voyage de Kouka à lola, comme des montagnes trachytiques. Un naturaliste, enlevé trop tôt à la science, Overweg, a trouvé, à l'ouest du lac Tsad, dans la contrée de Gudschéba, des cônes dé basalte, colonnaires et riches en divine, qui ont percé, tantôt des couches de grès rouge argileux^ tantôt des couches de granité quartzifère; ce fait est attesté dans les notices que Pétermann a extraites des Journaux d'Overweg, de Barth et de YogeK
Lai rareté des volcans actifs dans ce continent peu articulé, dont le littoral est sufiisamment connu , est un phénomène singulier. Faut-il donc supposer qu'il existe, dans les régions inconnues de l'Afrique centrale, surtout au sud de l'équateur, de vastes bassins
analogues au lac Ouniamesi, nommé antérieurement N'yassi par le docteur Cooley, %ur les bords desquels s'élèvent des volcans^ tels que celui de Demavend, près de la mer Caspienne. Aucune Relation émanant des indigènes, qui ont cependant le goût des voyages^ ne nous a fourni jusqu'ici le moindre renseignement à ce sujet.