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V. Iles de l'asie orientale

Depuis le déIroitdeTorres, qui sépare la Nouvelle- Guinée de r Australie, par 10* de latitude australe, et depuis les volcans fumeux de Flores^ jusqu^aux plus septentrionales des lies Âleoutiennes, situées par 55' de latitude Nord, s'étend tout un monde dettes, volcaniques pour la plupart, qui, dans la région du midi, gagnent considérablement en étendue, et considérées, d'un point de vue général, sont, en raison de leur connexité originaire, difficiles à classer en groupes distincts. Pour commencer par le Nord, nous voyons d'abord Tare de cercle formé par les lies Aleoutiennes (5), qui partant de la presqu'île américaine d'Alaska , et rejoignant l'Ile Attou, voisine de l'île de Cuivre et de l'île de Behring, relient le nouveau continent à l'ancien , en même temps qu'elles ferment, au Sud, la mer de Behring. Au delà du cap Lopatka, pointe extrême de la presqu'île du Kamtschatka, se succèdent, dans la direction du Nord au Sud , l'archipel des lies Kouriles, qui bornent, à l'Est, la mer de Sagbalin, ou mer d'Okhot^, rendue célèbre par La Pérouse ; Jézo, qui peut-être faisait autrefois partie de l'île Karaflo, appelée aussi île Saghalin ou Tchoka (6), et par delà le détroit de Tsougar, les trois lies qui composent l'empire du Japon : Niphon, Sikok et Kiou-siou, comprises d'après l'excellente carte de Siebold, entre 41* 32' et30M8'. Depuis le volcan Kliutschewsk, le plus

— 40T — septentrional de ceux qui bordent la côte orientale du Kamtschatka, jusqu'à l'Ile volcanique d'Iwogasima, située à T extrémité Sud du Japon , dans le détroit de Diémen, exploré par Krusenstern, l'activité volcanique de la Terre se manifeste à travers son écorce fendillée, en suivant régulièrement la direction du Nord*Est au Sud-Ouest. Cette direction se prolonge, par l'Ile Jakouno-sima, qui sépare les deux détroits de Van Diémen et de Golnet, et renferme une montagne conique, haute de 1780 mètres (5 478 pieds); par l'archipel que Siebold a désigné sous le nom de Linschote ; par l'Ile de Soufre du capitaine Basil Hall, autrement appelée Lung-Huang-Schan ; par le petit groupe de Lieou-Khieou et celui de Madjikosima, qui s'approche jusqu'à la distance de 23 milles géographiques de la côte orientale de l'tle Formose (Thal-wan), située le long du rivage de la Chine.

L'tle chinoise Formose, située entre 25* et 26* de latitude Nord^ est le point où les lignes de sou* lèvement cessent de suivre la direction du Nord- Est au Sud-Ouest, pour prendre celle du Nord au Sud , qu'elles conservent jusque vers 5 ou 6* do latitude australe. Ces lignes de soulèvement sont faciles à reconnaître dans l'île Formose et dans les deux ^andes Philippines, les lies de Luçon et de MindanaOy où, sur une étendue de près de 20 degrés, elles coupent, dans le sens du méridien, tantôt une seule côte , tantôt les deux côtes opposées. On les retrouve encore sur la côte orientale de la grande lie

Bornéo, qui se rattache à Ttle Mindanao par Tarchipel Soulou, et à Tile Mindoro par Tétroite et longue tle de Palawan; dans la partie occidentale des lies si richement articulées de Célèbes et de Gilolp ; enfin , ce qui est particulièrement digne de remarque, dans Farchipel volcanique et hérissé de coraux, destles Mariannes ou lies des Larrons , soulevées sur une faille méridienne qui s'étend à 350 milles géographiques du groupe des Philippines et sous la même latitude, suivant une direction générale N. 10* 0 (7).

De même que nous avons marqué dans le parallèle de rtle Formose, riche en houillères, le point oii la direction méridienne succède à la direction oblique des Kouriles, un nouveau système de failles commence au Sud de Célèbes et des côtes méridionales de Bornéo^ coupée déjà par des chaînes de montagnes transversales. Les grandes et les petites lies de la Sonde, depuis Timor-laut jusqu'à l'extrémité occidentale de Tlle Bali, suivent en général, durant Tespace de IS"" degrés de longitude, la direction moyenne du 8* parallèle austral. Dans la partie occidentale de Java, l'axe décline déjà un peu plus vers le Nord, et va presque de l' Est-Sud- Est à TOuest- Nord-Ouest. Depuis le détroit de la Sonde jusqu'à la plus septentrionale des llesNicobar, la faille prend franchement la direction du Sud-Est au Nord-Ouest. L'ensemble du soulèvement volcanique qui court de FEst à rOuest et du Sud-Est au Nord-Ouest a, d'après cela, une étendue de 675 milles géographiques environ, ce qui représente onze fois la longueur des

Pyrénées. Sur ce nombre , eu ne tenant pas compte de la faible inclinaison de Ttle de Java vers le Nord, 405 milles suivent la direction de TEst à FOuest, et 270 celle du Sud-Est au Nord-Ouest.

Ainsi les considérations générales auxquelles donnent lieu la forme et la disposition destles qui bordent les côtes orientales de FAsie trouvent à s'appliquer sans interruption à travers cette immense contrée de rOcéanie, comprenant 68 degrés de latitude, depuis les lies Aleoutiennes et la mer de Behring, jusqu'aux Holuques et aux tles de la Sonde. C'est surtout dans la zone qui s'étend 5 degrés au nord et 10 degrés au sud de Téquateur que se déploient les formes les plus variées. La direction suivant laquelle ont été soulevées les grandes îles se reproduit, par une merveilleuse coïncidence, dans des groupes voisins , de moindre étendue. Ainsi , près des côtes méridionales de Sumatra , est située parallèlement une longue rangée d'Iles. C'est le même phénomène qui se représente, en petite dans les filons métalliques; en grand, dans les chaînes de montagnes qui traversent des continents tout entiers. Souvent des chaînes accompagnantes , démembrements de la chaîne principale , courent à de grandes distances les unes des autres. Elles témoignent des causes identiques qui les ont produites, et d'une direction commune^ donnée aux rides de la Terre par l'activité volcanique. Le conflit des forces déchaînées à travers des failles ouvertes simultanément en sens inverse, paraît avoir produit quelquefois des configurations bizarres^ rendues plus

remarquables par leur rapprochement; telles sont, parmi les Moluques, celles de Célèbes et de Gilolo.

Après avoir mis en lumière le lien étroit qui, géologiquement parlant, unit les systèmes insulaires de l'Est et du Sud de TAsie, nous marquerons dans Ftle Formose , par 24'* de latitude boréale, la limite méridionale du système de l'Asie orientale, en d'autres termes le point où l'axe, abandonnant la direction du Nord-Est au Sud-Ouest, prend celle du Nord au Sud. Cette division et cette nomenclature géographique, bien qu'un peu arbitraires, sont consacrées par l'usage. Actuellement, nous allons revenir plus en détail sur les différents groupes énumérés ci-dessus, en commençant par les plus orientales des lies Aleoutiennes , qui tiennent plus, il est vrai, au continent de l'Amérique qu'à celui de l'Asie.

Les îles Aleoutiennes, riches en volcans, comprennent, en allant de l'Est à l'Ouest : les îles des Renards, parmi lesquelles se trouvent les lies les plus grandes de tout Tarchipel : Ounimak, Ounalasckha et Oumnak; les îles Andrejanowski, dont les plus célèbres sont Atcha avec trois volcans fumeux, et le puissant volcan de Tanaga, dont Sauer a déjà donné l'image ; les lies Rats et les lies Blynie, situées à quelque distance. A ce groupe, appartient rile Attou, qui, ainsi que je l'ai dit plus haut, rattache les îles Aleoutiennes au groupe du Commandeur, c'est-à-dire aux lies de Cuivre et de Behring , voisines des côtes de l'Asie. L'assertionsouvent répétée, que les chaînes vot-

caniques dirigées du Nord-Nord-Est au Sud-Sud-Ouest commencent^ dans la presqu*ile du Kamtschatka , à Tendroit où la faille au-dessus de laquelle sont soulevées les îles Aleoutiennes forme une intersection sous-marine avec la presqu^tle à laquelle elle semble préparer la voie, paraît avoir peu de fondement. D'après la carte de la mer de Behring, due à l'amiral Lutke, rUe Attou, extrémité occidentale de Tare décrit par les lies Aleoutiennes, est située sous le parallèle de 52* 46'. L'Ile de Cuivre et l'île Behring, dépourvues de volcans l'une et l'autre, s'étendent entre 54" 30' et 55* 20', et la chaloe volcanique du Kamtschatka a déjà pris naissance sous le parallèle de 56*40', avec le grand volcan de Schiwelutsch, à l'ouest du cap Stolbowoy. La direction des failles éruptives est aussi très -différente et presque opposée. C'est dans l'Ile d*Ounimak que s'élève le plus haut volcan des lies Aleoutiennes; il a, d'après Lutke, 7 578 pieds. Près de l'extrémité septentrionale d'Oumnak, l'Ile d'Agaschagokh ou de Sanctus Iheologus JoharmeSy qui est restée près de huit ans allumée, a été soulevée au-dessus de la mer, dans le mois de mai 1796, avec des circonstances très-remarquahles, fort hien décrites dans le Voyage de découverte de Eotzehue (8). D'après une relation de Krusenstem, le périmètre de cette lie était de 4 milles géographiques, et elle avait encore 2100 pieds de hauteur. C'est surtout dans TUe d'Ounalaschka, qu'un savant, familier avec l'état actuel de la géolc^ie, et capable d'analyser sûrement la composi-

tion des roches, pourrait étudier les rapports signalés par ringénieux Chamisso, entre le trachyte riche en hornblende du volcan Matouschkin, haut de 5 1 36 pieds, ce que Ton croit être du porphyre noir, et le granité, voisin du porphyre. L'île Saint-Paul , Tune des deux lies qui composent le groupe Pribytow, situé isolément dans la mer de Behring, est volcanique à un haut degré; la lave et la pierre ponce y abondent. Au contraire l'île Saint-Georges ne contient que du granité et du gneiss.

D'après le recensement le plus complet que nous possédions jusqu'ici, les 240 milles géographiques, sur lesquels s'étend la longue file des îles Aleoutienues, paraissent renfermer plus de 34 volcans, ayant donné des preuves de leur activité à des époques relativement récentes. Ainsi, de 54 à 60"* de latitude et de 162 à 198* de longitude occidentale, le sol de la mer forme, entre deux grands continents, une saillie dont l'énergie volcanique s'exerce incessamment à créer ou à détruire. Combien d'îles, dans la suite des siècles, ont disparu aussitôt après leur apparition audessus de la surface de la mer, comme le groupe des Açores en a donné un exemple ! Combien d'autres, soulevées depuis longtemps au-dessus des flots, se sont évanouies en totalité ou en partie, sans que nul les ait observées! La longue file desîles Aleoutiennes offre, pour le mélange des peuples et les migrations des races, une route de 13 à 1& degrés plus méridionale que le détroit de Behring; c'est cette route que paraissent avoir traversée lesTchouktcbii

lorsqu'ils émigrèrent d'Amérique en Asie, et s'avan* cèrent au delà du fleuve Anadir.

L'archipel des Kouriles, depuis Textrémité du Kamtschatka jusqu'au cap Broughton , situé à la pointe Nord-Est de Ttle Jezo, présente, sur une longueur de 180 milles géographiques, 8 ou 10 volcans, dont la plupart sont encore actifs. Le plus septentrional, situé dans llle Alaid, et célèbre par les grandes éruptions de 1770 et de 1793, mériterait bien d'être mesuré enfin avec exactitude, puisqu'on évalue sa hauteur à douze ou quatorze mille pieds. Llle Mataua, à laquelle appartient le pic Sarytschew, beaucoup moins élevé, et qui n'a, suivant Horner, que 4227 pieds, a Tait preuve aussi d'une grande énergie volcanique, de même que les Kouriles japonaises : Ouroup, Itoroup et Kounachir.

Après les Kouriles, vient l'Ile Jezo et les trois grandes îles du Japon, sur lesquelles un célèbre voyageur, M. de Siébold, a mis fort obligeamment à ma disposition un grand et important travail, qui me permet de rectifier ce que j'ai pu avancer d'inexact dans mes Fragments de Géologie et de Climatologie asiatiqueSy et dans Y Asie cerUraley sur la foi de V Encyclopédie japonaise (9).

La grande lie Jezo, située entre 41* 30' et 45^30' de latitude, de forme très-rectangulaire dans sa partie septentrionale, et séparée de l'île Niphon par le détroit de Sangarou Tsougar, de l'île Karafto (Karafou-to) par le détroit de La Pérouse, ferme avec son cap Nord-Est l'archipel des Kouriles. Mais à peu de dis-

tance du cap Romanzow, qui forme Textrémité Nord- Ouest de rtle ; et s'avance un degré et demi de plus vers le Nord dans le détroit de La Pérouse, est située, par 45M1^, une montagne volcanique, appartenant à la petite tie Risiri, le pic de Langle, haut de 5 020 pieds. Jezo elle-même paraît être traversée par une chaîne volcanique , depuis la baie de Broughton jusque vers le cap Nord; fait d'autant plus remarquable que, dans l'Ile étroile de Krafto, qui n'est autre que le prolongement de Jezo, les naturalistes attachés à l'expédition de La Pérouse ont trouvé la baie de Castries jonchée de laves rouges poreuses et de scories. Siebold compte, dans l'Ile Jezo, dix-sept montagnes coniques, qui pour la plupart paraissent être des volcans éteinte. Le Eiaka, nommé par les Japonais Ousouga-take, c'est-à-dire Montagne du Mortier, à cause de la dépression profonde du cratère, parait être encore enflammé, ainsi que le Kajo-hori; du moins le Commodore Perry a vu, de la baie des Volcans, deux montagnes volcaniques situées près du port Endermo, par 42* iV de latitude. La haute montagne de Manye, désignée par Krusenstem sous le nom de Pallas, est située au milieu de l'Ile Jezo, par 44* de latitude environ, un peu à l'est-nord-est de la baie Strogonow.

Les historiens du Japon ne mentionnent que six volcans actifs, soit avant, soit après l'ère chrétienne : deux dans l'île Niphon et quatre dans l'Ile Kiou-Siou. Les volcans de l'île Kiou-Siou, la plus rapprochée de la presqu'île de Corée, sont, en remontant du Sud

au Nord, le volcan Mitake, qui s'élève sur Tîlot de Sayoura-sima, dans la baie de Kagosima, ouverte au midi^ et fait partie de la province de Satsouma (lat. 31* 33', longit. 128* 21'); le volcan Kiorisima, dans le district Naka, de la province Fouga (lat. 31*45'); le volcan Âso-jama, dans le district Aso, de la province Figo (lat. 32* 45'); le volcan Wunzen, dans la presqu'île Simabaraet dans le district Takakou (lat. 32* 45'). D'après une mesure barométrique, le Wunzen n'a pas plus de 1 253 mètres ou 3856 pieds; il dépasse de cent pieds à peine le point culminant du Vésuve, la Rocca del Palo. La plus violente des éruptions du Wunzen, dont l'histoire ait conservé le souvenir, est celle du mois de février 1793. Wunzen et Âso-jama sont situés tous deux à Test-sud-est de Nangasaki.

Le plus septentrional des volcans de la grande tie Nîphon est le volcan Fousi-jama , situé à quatre milles géographiques tout au plus de la côte méridionale, dans la province Sourouga et le district Fousi(latit. 35* 18', longit. 136* i5'). La hauteur de ce volcan, mesurée, comme celle du Wunzen, par de jeunes Japonais, élèves de Siebold, atteint 3 793 mètres, ou li 675 pieds; il] est ainsi de près de 300 pieds plus haut que le pic de TénérifTe, avec lequel Kdempfer Ta déjà comparé (10). Le soulèvement de cette montagne conique, rapporté à la cinquième année du règne de Mikado YI (286 ans avant notre ère), est décrit en ces termes, remarquables au point de vue géologique : « Une vaste étendue de terrain s'abaisse

dans la contrée d^Omi; un lac se forme, et le volcan Fousi apparaît. » Les éruptions les plus caractéristiques qui se soient produites à partir de l'ère chrétienne sont celles des années 799, 800, 863, 937, 1032, 1083 et 1707. Depuis cette dernière époque, le volcan se repose. Plus au Nord est TAsama-jama, le plus central des volcans actifs reculés à Tintérieur du pays. L*Asama-]ama, situé dans le district Sakou de la province Sinano, par 36"" 22' de latitude, 136*18' de longitude, c'est-à-dire entre les méridiens des deux villes principales Mijako et Jedo, est à 20 milles géographiques de la côte Sud-Sud-Est, à 13 milles de la côte Nord- Nord- Ouest. En 864, FÂsama-jama eut une éruption en même temps que le Fousi-jama. Celle du mois de juillet 1783 fut plus violente et plus funeste qu'aucune autre. Depuis, l'activité de TAsama-jama ne s'est point interrompue. Outre ces volcans , les navigateurs européens ont observé encore deux petites îles avec des cratères fumants : la première est l'Ile d'Iwoga-sima ou Iwosima, c'est-à-dire l'île de Soufre; sima signifie lie et iwo soufre ; ga est simplement un affixe du nominatif. Krusenslern l'appelle l'île du Volcan. Iwosima, située au sud de Kiou-siou, dans le détroit de Diémen, par 30* 43' de latitude boréale et 127*58' de longitude occidentale, n'est pas à plus de 54 milles anglais du volcan de Mitake; sa hauteur est de 2 220 pieds (715 mètres). Linschoten en fait déjà mention en 1596. « L'île Iv\ro-sima, dit-il, renferme un volcan qui est une montagne de

soufre ou de feu. » Cette lie est indiquée aussi dans les plus anciennes cartes marines des Hollandais, sous le nom de Vulcanus (11). Krusenstern Ta vu fumer, en 1804. Le même spectacle s'est offert au capitaine Blake, en 1 838; à Guérin et à de la Roche Poncié » en 1846. D'après ce dernier navigateur^ la hauteur du cône est de 2 218 pieds (715 mètres). Cet Ilot de rocher, mentionné comme un volcan par Landgrebe, dans son Histoire naturelle des volcans^ d'après le témoignage de Kaempfer (12), qui le place près de Firato ou Firando, est incontestablement Iwo-sima; car le groupe auquel Iwo-sima appartient s^appelle Kiousiourkou-sima , ce qui signifie les 9 îles de Kiousiou, et non les 99 lies, comme on Ta dit; il n'existe pas de semblable archipel près de Firato, au nord de Nagasaki, ni dans aucune autre partie du Japon. Enfin, en quatrième lieu, vient Tile Ohosima ou lie de Barneveld (l'Ile de Yries de Krusenstern) ; elle fait partie de la province Idsou, dans rtle Niphon, et est située devant la baie de Wodav^ara, par 34*" 42^ de latitude boréale et 137*4' de longitude orientale. Broughton a vu, en 1797, de la fumée sortir du cratère; une éruption très-considérable avait eu lieu peu de temps auparavant. Ohosima est le point de départ d'une rangée d'tlots, groupés dans la direction duSudjusquà Fatri-sjo, par 33* 6' de latitude Nord, dont l'axe se prolonge jusqu aux lies Bonin, situées ellesmêmes par 26* 30' de latitude Nord, et 139* 45' de longitude Est. Ces lies, d'après Â, Postels, sont aussi iT. 27

Tolcaniques, et ont été ébranlées par de violents tremblements de Terre (13).

Tels sont les huit volcans ayant donné , dans les temps historiques, des témoignages de leur activité, qui appartiennent au Japon proprement dit, c'est-àdire qui sont situés dans les les Kiou-siou et Niphon, ou dans le voisinage de ces lies. En dehors de ces volcans, on peut encore citer une file de montagnes coniques, dont quelques-unes> caractérisées d'une manière manifeste par des cratères creusés à ime grande profondeur, paraissent être des volcans depuis longtemps éteints. C'est le cas du cône Kaimon, le pic Borner de Krusenstern, situé dans la partie la plus méridionale de Tîle Kiou-siou, dans la province Satsoum, sur la côte dû détroit de Diémen (latit. 31*9'). Six milles géographiques à peine séparent cette montagne du volcan actif de Mitake, qui s'élève au Nord -Nord -Est. Tel est encore, dans Tile de Sikok, le Kofousi ou petit Fousi, situé dans l'Ilot de Koutsouna-sima, de la province d'Ijo , par 33" 45', sur la côte orientale du grand détroit Souwo-Nada ou Van der Capelleriy qui sépare les trois grandes parties de F empire japonais : Kiousiou, Sikok et Niphon. La plus considérable de ces îles, Niphon , renferme neuf cônes, vraisemblablement trachytiques, qui suivent la direction du Sud- Ouest au Nord-Est, et dont les plus remarquables sont: Sira-jama, ou la Montagne Blanche, dans la province Kaga, par 36"* 5^ qui, ainsi que le Tsjo-kaisan de la province Dewa (lat. SO"" KK), est considéré comme

dépassant leFousi-jama, plus méridional ^ qui s'élève déjà à plus de 11 600 pieds. Entre le Sira-jama et le Tsjo-kaisan, est situé, dans la province Jetsigo^ par 36*" 53', le Jaki-jama, ou Montagne des Flammes. Les deux montagnes coniques les plus septentrionales qui s'élèvent sur les bords du détroit de Tsougar, en face de la grande lie Jezo, sont : riwaki-jama, par 40* 42' de latitude , le pic Tilésius de Erusenstem, à qui ses études sur la géographie du Japon ont créé un titre immortel à la reconnaissance des savants; et le Jake-jama, ou Montagne br&lante, situé par 41* 20', à la pointe Nord- Est de Niphon, dans la province de Nambou. Cette montagne a vomi des flammes de* puis les temps les plus reculés.

Malgré l'analogie de configuration entre la presqu'île duEamtschatkaet celle de Corée, Corea ou Corai, qui, sous les parallèles de 34* et de 34*30', se relie presque avec l'Ile de Kiou-siou, par les lies de Tsou-sima et d'Iki , on n'a découvert jusqu'ici aucun volcan dans la partie continentale de cette presqu'île. L'activité volcanique de la contrée paraît s'être circonscrite dans les tles voisines. Ainsi, en 1007, on vit surgir du fond de la mer le volcan Tsinmoura que les Chinois appellent Tanlo. Un savant, TienkoDg-tschi , fut envoyé pour décrire le phénomène , et en tracer l'image (14). C'est surtout dans l'île Sehe-soure (le Quelpaerts des Hollandais), que les montagnes affectent partout une forme conique. D'après La Pérouse et Broughton , la montagne centrale atteint une hauteur de 6000 pieds. Combien d*élé-

ments Tolcaniques ue restent pas à découvrir dans cet archipel occidental, dont le chef, qui est en même temps roi de la presqu'île de Corée, s'intitule souverain de 10 000 ties.

Du pic Borner (Kaimon-ga-take), situé sur la côte Sud-Ouest de Tîle Kiou-siou, dans le royaume insulaire du Japon , part un arc de cercle décrit par une rangée de petites îles volcaniques dont Touverture est tournée vers TOuest et qui renferme : entre les détroits de Diémen et de Golnett, Jakounosima et Tanega-sima; au sud du détroit deColnett, dans le groupe des Linschotende Siebold (l'archipel Cécille du capitaine Guérinj, qui s'étend jusquau 29* parallèle, Tlle Souwase-sima (l'île du Volcan du capitaine Bêcher), située par 29" 39' de latitude, 127' 21' de longitude, et qui s'élève, d'après de la Roche Poncié , à 2 630 pieds ou 855 mètres de hauteur (15); puis rile de Soufre de Basil-Hall (Sulphur- Island ), appelée Tori-sima ou lie des Oiseaux par les Japonais, Loung-Hoang-schan, par le Père Gaubil, et située par 27* 5r de latitude, 125*54' de longitude, d'après les mesures astronomiques du capitaine de la Roche Poncié (1848.) Gomme cette île porte aussi le nom d'Iwo-sima, il faut prendre garde de la confondre avec son homonyme, située plus au Nord , dans le détroit de Diémen. L'Ile de Soufre a été fort bien décrite par Basil Hall. En s' avançant vers le Sud, entre le 26* et le 27* parallèle, on rencontre le groupe de Lieoukhieou ou Lew-Ghew, appelé Loo-Ghoo par les indigènes,

dont Kldproth a publié une carte spéciale, dès Fanoée 1824. Eofin, vers le Sud-Ouest, se trouve le petit archipel de Madschiko-sima , qui s'étend jus* qu'à la grande lie Formose, et que je considérerai comme l'extrémité des lies de l'Asie orientale. Près de la côte orientale de Formose, par 2iyie latitude, le lieutenant Boyle a observé, en mer, une grande éruption volcanique, au mois d'octobre 1853. Dans les lies Bonin, appelées Bouna-sima par les Japonais et situées entre 26^30' et 27*45' de latitude, sous le méridien de 139*55', l'Ile de Peel possède plusieurs cratères, entourés d'une grande quantité de soufre et de scories, qui paraissent éteints depuis peu de temps (16),

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