IS
En considérant chaque saison séparément, on a constaté à Greenwieh quelques particularités remarquables. En 1847, il n'y eut, en hiver, qu'un seul maximum, à 2*», et un seul minimum, à 12^ (minuit) ; en été, la progression fut double, mais le second minimùin tomba à 14^^ au lieu de 16^, (p. 236). La plus grande élongation vers TOuest, c'est-à-dire le premier maximum, resta en été, comme en hiver, fixée à 2**. La plus petite, c'est-à-dire le second minimum, fut, dans Tété de 1846, à 20^, comme d'ordinaire, et à 12!» dans Thiver (p. 94). Durant rhiver de cette même année 1846, Taugmentation moyenne de rélongation occidentale se produisit sans interruption depuis 12^ jusqu'à 2*». (Voy. aussi pour l'année 1845, p. 5). A Makerstown, situé en Ecosse, dans le comté de Roxburgh, est l'observatoire qui témoigne du zèle de sir Thomas Brisbane pour les intérêts de la science (voy. John Allan Broun, ObservcUians in Magnetism and Meteorology mode at Makerstown in 1843^ p. 221-227). Au sujet des observations horaires faites jour et nuit à Saint-Pétersbourg, on peut consulter Kupffer, Compte rendu météorologique et magnétique à M, de Brock en 1851, p. 17. Sabine, dans le tracé très-ingénieusement combiné, par lequel il a représenté la courbe de la déclinaison horaire àToronto {PhUos. Transact. for 1851 , 2« part., plate 27), indique un repos fort remarquable de deux heures, de 9^ à 1 1 **, précédant le petit mouvement vers l'Est qui se produit la nuit à partir de 11^ jusqu'à 15^. On lit dans Sabine : a We fin altemate progression and retrogression at Toronto twice in the 24 bours. In 2 of the 8 quarters (1841 and 1842) the inferior degree of regularity during the night occasions the
pccuience of a triple maximum and minimum; \n the remaining quarters the tuming hours are ihe saine as those of the mean of the 2 years» {Observations mode at the magaeU and meteorol.Observatoryal Toronto in Canada, 1. 1, p. xi? etxxiv, 183-191 et 228, and OnuswU magnet. Disturbances, i^ part., p. Ti). Au sujet des observatious fort complètes fiedtes à Washington ^ Yoy. Gilliss, Magnet. and meteorol. Observations mode at Washington, p. 325 (gênerai Law)^ et comp. Bâche, Observât, at the magnet. and meteorol. Observatory at the Girard CoUege (Philadelphîa), made in the years 1840 to 1845 (trois volumes contenant 3212 pages), t. I, p. 709; t. U, p. 1285; t. m, p. 2167 et 2702. Malgré la proximité de Washington et de Philadelphie, puisqu'il n'y a d'intervalle entre ces deux villes que i^Âf en latitude^ O» T 33" en longitude, je trouve de la difiërence entre les petites périodes da second maximum occidental et du second minimum occidental : le maximum avance à Philadelphie de 1^ 1/2, le voinimum de 2^ 1/4.
(81) [page 141 ]. Gilliss^ dans ses Magnet. Observations of Washington (p. 328), cite des exemples de ces faibles avances de temps. Dans le nord de l'Ecosse, à Makerstown , par 55<^ 35' de latitude , on a constaté aussi des oscillations dans le petit minimum qui, durant les trois premiers mois de l'année et les quatre derniers, tombe à 21^, et, durant les cinq autres mois, du mois d'avril au mois d'août, avance de deux heures. C*est le contraire de ce qui se passe à Greenwich et à Berlin (voy. Allan Broun, Observât, made at Makerstoum, p. 225). Bien que le minimum tombe, le matin, presque en même temps que le minimum de la température, et que le maximum coïncide aussi à peu près avec le maximum de chaleur, le second maximum et le second minimum^ qui tous deux se produisent pendant la nuit, démentent la part qu'on pom^ rait attribuer à la chaleur dans les changements réguliers de la déclinaison horaire, ail y a, dit Resihuber (Poggendorff*s An-
nalm, t. LXXXV, 1852, p. 416)^ deux maxima et deux minima de ta déclinaison en 24 heures^ et il n'y a qu^un seul maximum et un seul minimum de température. » Sur la marche normale de Taiguille aimantée dans TAllemagne du Nord| on peut lire la description extrêmement fidèle qu'en a donnée Rose (Poggendorffs Ànnalen, t. XIX, p. 364-374).
(82) [page 142]. Voyage en Islande et au Groinlandj exé* cutè en 1835 et 1836 sv/r la corvette la Recherche (Physique), 1838, p. 214-225 et 358-367.
(83) [page 142]. Sabine, Account ofthePendulum Experiments, 1825, p. 500.
(84) [page 143]. Barlow, BericKt uber die Beobachlvngen von Port-Bowen, dans Edinb. new Philos. Journal, t. II, 1827, p. 347.
(85) [page 143]. Le professeur Orlebar d'Oxford, autrefois Superintendant de l'observatoire magnétique construit dans rite de Golaba, aux frais de la Compagnie des Indes, a cherché à débrouiller les lois si complexes des changements de la déclinaison dans les périodes secondaires. Voy. Observor lions mode at the magnet, and meteoroL ObserocUory at Bombay in 1845 (Results, p. 2-7). Je suis très-frappé de voir la marche de Taiguille, pendant la première période d'avril à octobre (minim. occid. 19*» 1/2, maxim. 0*» 1/2, minim. 5*» 1/2, maxim. 7^), s'accorder si exactement avec ce que l'on a observé dans l'Europe centrale. Le mois d'octobre lui-même est une période de transition, car, en novembre et en décembre, la quotité de la variation diurne atteint à peine 2 minutes. Bien que Bombay soit encore à 8® de distance de l'équateur magnétique, il est déjà difficile d'y reconnaître des changements de période réguliers. Toutes les fois que, dans la nature, des causes diverses de perturbation agissent sur un phénomène de mouvement, pendant des périodes dont
la durée nous est inconnue, l'élément régulier reste longtemps perdu au milieu de ces actions contraires, ou qui, si elles concourent au môme but, ne peuvent le faire uniformément.
(86) [page iAA]. Voyez les preuves de ce fait dans mon Examen critique de rhistoire de la Géographie du Nouveau Continentf U IIl, p. 34-37. La plus ancienne indication de déclinaison magnétique, due à Keutsoungchy, écrivain du commencement du xii« siècle, était Est 5/6 Sud. Yoy. la lettre de Klaproth sur Vinvention de la boussole^ p. 68.
(87) [page iU]. Sur les antiques relations de commerce des Chinois avec Java, attestées par Fahian, dans le Fo-kouekif voy. Guillaume de Humboldt, uber die KawirSprache, 1. 1, p. 16.
(88) [page 144]. Philos. Transactions for 1795, p. 340- 349; for 1798, p. 397. J*ai quelque doute sur le résultat que Macdonald a extrait lui -môme de ses observations au fort Marlborough, situé dans Tile de Sumatra, au-dessus de la ville de Bencoolen, par 3^47' de latitude australe, d'après lequel Télougation orientale croîtrait depuis 19^ jusqu'à 5^. A partir de midi, les observations n'ont été faites avec suite qu'à 3, à 4 ou à 5 heures, et des observations isolées, recueillies en dehors des heures régulières, rendent vraisemblable que, dans l'tle de Sumatra, le passage de Télongation orientale à l'élongation occidentale a lieu à 2^, exactement comme à Hobarton. Macdonald a réuni une série d'observations sur la déclinaison embrassant vingttrois mois, de juin 1794 à juin 1796, et j'y vois qu'en toutes saisons le mouvement de Faiguille de l'Ouest à l'Est se prolonge, et accroît, depuis 19^1/2 (7^ V^ ^^i matin) jusqu'à midi, la déclinaison orientale. Bien ne rappelle ici le type de rhémisphère septentrional que représente Toronto, et qui règne à Singapore du mois de mai au mois de septembre; ce-
pendant le fort Marlborough est situé presque sous le même méridien que Singapore, et n'en est séparé que par 5*4' 4e latitude; roaisl'équateur géographique passe dans l'intervalle.
(R9) [page 145]. Sabine^ Magnet. Observations mode at Hobanon, 1. 1, \Ui et 1842, p. xxxv, 3 et 148; t. II, 1843-1845, p. m-xxxY et 172-344; et Observât, mode at St-Helena. Voyez aussi le même savant, dans les PhUos. Transactions for 1847, l'* part., p. 55, pi. IV; for 1851, 2« part., p. 636, pi. XXVII.
(90) [page 146]. Cosmos, i. I, p. 205 et 206.
(91) [page 148]. Sabine, Observations mode at the magnet. and meteor. Observatory at St-Helena in 1840-1845, t. I, p. 30, et dans les Philos. Transactions for 1847, 1~ part., p. 51-56, pi. m. Pour bien se représenter, dans ce qu'elle a de saisissant, l'opposition régulière qui existe entre deux parties de Tannée : de mai à septembre, type des latitudes moyennes de Thémisphère septentrional; d'octobre à février, type des latitudes moyennes de l'hémisphère méridional, il faut, en considérant la courbe de la déclinaison horaire, comparer entre elles les inflexions qui répondent aux trois parties du jour, de 14* à 22*», de 22*» à 4*», et de 4* à 14*». Chaque courbure placée au-dessus de la ligne qui exprime la déclinaison moyenne fait pendant à une autre courbure presque ^ale placée au-dessous (voy. ibid.y t. I, pi. IV, les courbes AA et BB). Même dans la période de nuit, l'opposition est sensible; mais ce qui est plus remarquable encore, c'est que, dans les mêmes mois où Sainte- Hélène et le cap de Bonne-Espérance offrent le type de l'hémisphère septentrional, les changements de période avancent sous ces latitudes si méridionales comme à Toronto dans le Canada. Voy. Sahme^Observations at Hobarton, 1. 1, p. xxxvi.
(92) [page ikS]. Philos. Trantaaions for 1847, l^* part..
p. 52 et 57 ; Sabine^ Observations mode aX ihe magnet. and meteoroL ObservaUmf ai the cape of Good Hope, 1841-1846, 1. 1, p. iii-xxni^ pi. ni. Faraday a exposé ses vues ing^enses sur les causes de ces phénomènes subordonnés à la succession des saisons^ dans son livre intitulé Ej^erimenU on atmosplieric Magnetism, § 3027-3068. Voy. aussi sur les analogies avec Pétersbourg, le § 3017. 11 parait qu'un observateur fort assidu, M. d'Abbadie^ a trouvé sur les côtes méridionales de la mer Rouge le type rare, variable suivant les saisons, du cap de Bonne-Espérance , de Sainte-Hélène et de Singapore (voy. Airy, On the présent state of the scieîice of terrestrial Magrietism, 1850, p. 2). Suivant la remarque deSabine dans les Proceedings ofthe royal Society (1849^ p. 82 1)^ ala situation actuelle des quatre foyers de la plus grande intensité magnétique a vraisemblablement pour conséquence que la courbe importante qui représente la plus faible intensité relative (il n'est pas question de l'intensité absolue) court dans la partie méridionale de l'océan Atiantique^ du voisinage de Sainte-Hélène à l'extrémité méridionale de l'Afrique. La situation astrcmomique et géograpinque de la pointe africaine, où le soleil se tient toute l'année au nord du zénith^ fournit un argument décisif contre rexplication proposée par La Rive (Annales de Chinùe et de Physique, t. XXV, 1849, p. 3i0)^ au sujet du phénomène de Sainte- Hélène, qui peut paraître anomal au premier abords mais n'en est pas moins fort régulier et se reproduit sur d'autres points. »
(93) [page 149]. Halley, ilccoumo/"^ latesurprisingappe^rance ofLights in the Air, dans \esPhUos. Transactions, i» XXIX, 1714-1716, n« 347, p. 422-428. L'explication de la lumière boréale proposée par Halley a malheureusement trop de rapports avec l'hypothèse de fantaisie qu'il avait exposée vingt-cinq ans plus tôt (voy. Philos. Transactions for 1693, t. XVII, n« 193, p. 563). D'après cette hypothèse, à l'intérieur du globe terrestre j entre Tenveloppe extérieure sur la-
cpielle nous habitons et le noyau solide de la Terre également habité par des hommes, il se trouve un fluide lumineux, pour la commodité des relations auxquelles donne lieu cette vie souterraine, a In order to make that inner globe capable of being inhabited, there might not improbably bc contained some luminous médium between the balls, so as to make a perpétuai Day below. » Comme dans le voisinage des pôles de rotation, Técorce terrestre doit être, en raison de l'aplatissement, beaucoup moins épaisse que sousTéquateur, il est naturel qu'à certaines époques, surtout aux équinoxes, le fluide lumineux intérieur, autrement dit le fluide magnétique, se cherche une voie dans la région polaire, à travers les crevasses des roches; c'est l'écoulement de ce fluide qui, suivant Halley, produit le phénomène des aurores boréales. Les expériences faites avec de la limaille de fer, semée sur un aimant de forme sphéroldale, indiquent la position des rayons colorés et lumineux de la lumière polaire, a De même que chacun voit un arc-en-ciel qui n'est visible que pour lui, de même la couronne est placée à un point différent pour chaque observateur » (ibid., p. 424). Sur le rêve géognostique d'un observateur ingénieux, qui, dans ses travaux magnétiques et astronomiques, est allé d'ailleurs si au fond des choses, voy. le Cosmos, 1. 1, p. 193 et 496 (note 36^.
(94) [page 151]. Le professeur Oltmanns et moi, nous avons été pkisieurs fois soulagés de la fatigue que nous causaient des observations prolongées pendant plusieurs nuits consécutives, par des observateurs fort attentifs : MM. l'architecte Mxmpel, le géographe Friesen, un mécanicien fort instruit, Nathan Mendelsohn, et notre grand géognoste Léopold de Buch. Dans ce livre, comme dans mes précédents écrits, je suis heureux de citer tous ceux qui ont bien voulu partager mes travaux.
(95) [page 152]. Le mois de septembre iSOO, a été singu-
lièrement riche en grands orages magnétiques. J'extrais de mon Journal les notes stûvantes :
li septembre 4806 de 16" 36» à 17» 43"
de 16»» iO- à 40»» 2de 15»» 33" à 18»»27»
de 15»» 4» à 18»» 2»
de 14»» 22»»» à 16»» 30de U»»12- à 16^ 3»
de 13»» 55»»» à 17»» 27»
de 12»» 3"» à 13»»22«
Ce dernier orage fut moins violent que les autres, et la nuit s'acheva dans un repos profond.
Dans la n\iit du 29 au 30 commença aussi un petit orage qui dura depuis 10»» 20" jusqu'à 11»» 32% et auquel succéda un repos complet jusqu'à 17»» 6».
Enfin, dans la nuit du 30 septembre au i^ octobre, éclata, à i4»» 46", un orage violent, mais court. Le calme se rétablit ensuite, mais à 16^30" éclata un second orage, non moins fort que le premier.
Le violent orage du 25 au 26 septembre avait été précédé d'un autre, qui avait duré de 7»» 8" à 9»» 1 1", avec plus de force encore. Dans les mois suivants, les grandes perturbations magnétiques furent beaucoup moins nombreuses, et peuvent être comparées avec celles de Téquinoxe d'automne. J'appelle un grand orage celui dans lequel Faiguille accomplit
des oscillations de ^ à 38 minntes^ on dépasse toutes les di* visions du segment^ ou enfin rend l'observation impossible. Dans les petits orages j les oscillations de Taiguille sont irré« guUères et varient de 5 à 8 minutes.
(96) [page 153]. En dix années d'observations assidues^ Arago n'a pu voir à Paris d'oscillations n'entraînant pas de changement dans la déclinaison. Il écrivait en 4829 : c J'ai communiqué à TAcadémie les résultats de nos observations simultanées. J'ai été surpris des oscillations qu'éprouve parfois Taiguille de déclinaison à Berlin dans les observations de 1806, 4807, 48^ et 1829, lors même que la déclinaison moyenne n'est pas altérée. A Paris , nous ne trouvons jamais rien de semblable. Si l'aiguille éprouve de fortes oscillations, c'est seulement en temps d'aurore boréale et lorsque la direction absolue a été notablement dérangée ; et encore le plus souvent les dérangements dans la direction ne sont-ils pas accompagnés de mouvement oscillatoire.» Les phénomènes constatés en 4840 et 4841, à Toronto, par 43<> 39^ de latitude boréale, sont tout à fait opposés à la description d' Arago, et s'accordent parfaitement avec les expériences de Berlin. Les observateurs de Toronto étaient si attentifs à toute espèce de mouvement qu'ils indiquent les vibrations fortes ou faibles, les chocs et toute espèce de perturbations d'après des subdivisions de l'échelle, et ne se départent jamais de cette nomenclature. Voy. Sabine, Days of unusucU magnet. Disturbances, t. I, 4^* part., p. 46. Dans les deux années 4840 et 1 844 , on cite, au Canada, des groupes de jours consécutifs formant un total de 4 46, dans lesquels des oscillations très-fortes se sont produites (with strong shocks), sans altération sensible de la déclinaison horaire {ibid.y p. 47, 54, 74, 88, 95 et 404). Ces groupes sont marqués de la rubrique suivante : «Times of observations at Toronto, at which the magnetometers were disturbed, but the mean readings were not materially changed. » Presque toujours aussi, durant ces fréquentes apparitions de lumière polaire, les changements de dé-
dinaison étaient accompagnés à Toronto de fortes osciUations, qui souvent roèroe rendaient impossible de lire le résultat. Ces expériences^ qu'on ne saurait assez engager à renouveler^ nous apprennent que si les changements de déclinaison qui troublent momentanément Taiguille aimantée ont souvent pour conséquence des changements considérables et définitifs dans la variation (voy. Younghusband, Unusual Disturbances, ^ part, p. x)^ en somme, cependant, l'amplitude des oscillations est loin de répondre à la valeur du changement produit dans la déclinaison; que les oscillations peuvent être considérables, avec des changements de déclinaison insensibles, et que la marche de Taiguille à TEst ou à 1 Ouest peut être rapide et trèsmarquée, sans mouvement oscillatoire; enfin que ces effets de l'activité magnétique peuvent prendre, suivant les lieux, un caractère distinct et spécial.
(97) [ page 153 ] .Sabine, Unusual Dishirbances, t. T, l^* part., p. 69 et iOi.
(98) [page 154]. Ces expériences eurent lieu à la fin de septembre 1806. Le résultat en fut publié dans les Annalen de Poggendorff (t. XV, avril 1839, p. 330). On y lit ces mots: a Mes anciennes observations horaires, faites conjointement avec Oltmanns, eurent cet avantage, qu'à l'époque où elles avaient lieu, en 1806 et 1807, on n*en avait point encore foit de semblables ni en France, ni en Angleterre. Elles donnaient les maxima et les minima nocturnes ; elles faisaient connairre ces singuliers orages magnétiques qui, par la force des oscillations qu'ils impriment à TaiguiUe, rendent toute observatioD impossible, et se renouvellent à la même heure plusieurs nuits de suite, sans qu'on ait pu reconnaître jusqu'ici à quel concours de circonstances météorologiques ces phénomènes doivent être attribués. » Ce n'est donc pas en 1839 que Ton a constaté pour la première fois une certaine périodicité dans les grandes perturbations magnétiques. Voy. Report of the
fifleenth Meeting of the British AssocicUian at Cambridge, 1845, 2« part., p. 42.
(99) [page 154]. Kupffer, Voyage au mont Elbruz dans le Caucase, 4829, p. 408 : a Les déviations irrégulières se répètent souvent à la même heure et pendant plusieurs jours consécutifs. »
(100) [page 155]. Voy. Sabine, Unusual Disturbances, 1. 1, 4» part.^ p. XXI, et Younghusband^ onperiodical Laws in the larger magnetic Distn/rbances , dans les Philos. Transactions, for 4853, V^ part., p. 473.
(4) [page 155]. Sabine^ dans les Philos. Transactions for 1854, l'opart., p. 125-127 : nThe diumalvariation observed is in fact constituted by two variations superposed upon each other, having différent laws and bearing différent proportions to each othcr in différents parts of the globe. At tropical stations the influence ot what hâve been hitherto called the irregular disturbances (magnetic storms) is comparatively feeble; but it is otherwise at stations situated as are Toronto (Canada) and Hobarton (Van Diemen Island) where their iolluence is both really and proportionally greater and amounts to a clearly recognizable part of the whole diurnal variation. 1» Il se passe ici, dans l'influence complexe, produite par des causes de mouvements simultanées, mais différentes, la même chose qu'a si bien éclaircie Poisson dans sa théorie des ondes (Annales de Chimie et de Physique, t. VII, 4817, p. 293) : a Plusieurs sortes d'ondes peuvent se croiser. Dans Teau comme dans l'air, les petits mouvements se superposent. » Voy. aussi les conjectures de Lamont^ sur l'effet complexe d*une onde polaire et d'une onde équatoriale, dans les Annalen de Poggendorff, t. LXXXIV, p. 583.
(2) [page 156]. Voy. plus baut^ Cosmos, t. IV^ p. 452^ et 587 (note 92).
(3) [page 156]. Sabine, dans les Philos. Transacli4)ns far 4852, 2« part., p. HO; Younghusband, ibid., p. 169.
(4) [page 157]. D'après Lamont et Reslhuber, la période magnétique est de 10 années 1/3^ de telle façon que la moyenne du mouvement diurne augmente pendant cinq années, et décroît pendant cinq années, avec cette circonstance que i*amplitude de la déclinaison est toujours presque double en été de ce qu'elle est en hiver (voy. Lamont, Jahresbericht der Stemwarte zu Mmchen fur 1852, p. 54-60). Le directeur de rObservatoire de Berne, M. Rodolphe Wolf, a trouvé, à l'aide d'un travail beaucoup plus complet, que la période de coïncidence de la déclinaison magnétique et de la fréquence des taches solaires peut être évaluée à 11 années i/IO.
(5) [page 157]. Voy. le Cosmos, t. IV, p. 88, 89, 92, 95, 98 et 558 (note 90).
(6) [page 158]. Sabine, dans les PW/o5. Transactions for 1852, 1"» part., p. 103 et 121. — Voy. aussi, outre le Mémoire de Rodolphe Wolf, cité plus haut^ qui date du mois de juillet 1852 [Cosmos, t. IV.. p; 89), d'autres conjectures de Gautier^ publiés presque en môme temps dans la Bibliothèque universelle de Genhve, t. XXI, p. 189.
(7) [ page 188]. Voy. le Cosmos, t. IH, p. 454-458.
(8) [page 158]. Sabine, dans les Philos. Transactions for 1850, l'« part., p. 216. Voy. aussi Faraday, Exper. Researchcs on ElectricUy, 1851 , p. 56, 73 et 76, § 2891, 2949 et
(9) [page 158]. Voy. le Cosmos, t. I, p. 210 et 400 (noie 43); Poggendorff's AnnaUn, t. XV, p. 334 et 335, et Sabine, Unusual Distwbances, 1. 1, 1" part., p. xiv-xvm, où l'on voil des tables d'orages qui ont éclaté simultanément à Toronto, à Prague et dans la Terre de Van Diemen. Pendant les jours où
au Canada les orages magnétiques étaient le plus violents, le ^ mars y le 10 mai, le 6 août et le 25 septembre 1851^ les mêmes phénomènes furent observés dans Thémisphère méridional en Australie, voy. aussi Edouard Belcher, dans les Philos. Tramaclions /or 4843, p. 433.
(40) [page 459]. Voy. le Cosmos, t. I, p. 238.
(41) [page 161]. Voy. le Cosmos ^ t. l, p. 204, 205 et 503 (note 50); t. II, p. 339 et 572 (notes 93 et 94); t. IV, p5. 9-70.
(12) [page 162]. J'ai fait ressortir, à des époques très-différentes, Timportance de cette proposition : une fois, en 4809, dans mon Recueil (T Observations astronomiqrjtes (t. I, p. 368) ; une autre fois, en 4839, peu de jours après le départ de sir James Ross pour son expédition au pôle Sud, dans une lettre au comte Minto, alors premier Lord de TAmirauté ( voy. Report of the Committee of Physics and MeteoroL ofthe Royal Society relalive to the Antarctic Expédition, 4840, p. 88-94 ). J'écrivais : « Suivre les traces de Téquateur magnétique ou celle des lignes sans déclinaison , c*est gouverner (diriger la route du vaisseau) de manière à couper les lignes zéro dans les intervalles les plus petits , en changeant de mmb chaque fois que les observations d*inclinaison ou de déclinaison prouvent qu'on a dévié. Je n'ignore pas que d'après de grandes vues sur les véritables fondements d'une Théorie générale du Magnétisme terrestre, dues à M. Gauss, la connaissance approfondie de Tintensité horizontale, le choix des points où les trois éléments de déclinaison, d'inclinaison et d'intensité totale ont été mesurés simul-
tanément, suffisent pour trouver la valeur de ^ (Gauss, § 4
et 27), et que ce sont là les points vitaux des recherches futures; mais la somme des petites attractions locales, les be soins du pilotage, les corrections habituelles du Rumb et la IV. 38
sécurité des routes coutinuenl à donner une importance spéciale à la connaissance de la position et des mouvements de translation périodiques des lignes sans déclinaison. Je plaide ici leur cause, qui est liée aux intérêts de la géographie physique. » Il se passera encore bien des années avant que les cartes de variations construites d'après la théorie du magnétisme terrestre puissent servir de guide aux navigateurs ( voy. Sabine, dans les PhUos. Transactions for 4849, ^ part., p. 204), el les idées purement objectives, et dirigées vers l'observation réelle, que je défends ici, si elles étaient réalisées par des déterminations périodiques et des expéditions simultanées sur terre et sur mer, entreprises en vue d'un but fixé d'avance, auraient l'avantage de se prêter à une application pratique immédiate ; elles assureraient une connaissance exacte du déplacement séculaire des lignes; enfin elles fourniraient à la théorie de Gauss un grand nombre de données nouvelles, susceptibles d'être soumises au calcul (voy. Gauss, § 25). Pour rendre plus facile de déterminer exactement la translation des deux lignes sans inclinaison et sans déclinaison, il serait surtout important d'étaWir, tous les vingt-cinq ans, des Jalons, aux endroits où ces lignes entrent dans les continents et ensortenl. Dans ces expéditions, semblables aux anciennes expéditions de Halley, on couperet nécessairement beaucoup d'autres lignes isocliuiqucs et isogoniques, et l'on pourrait mesurer, sur les côtes, l'intensilé horizontale et l'intensité totale, de façon à poursuivre plusieurs buts àla fois. Le vœu que J'exprime ici a été appuyé par une grande autorité maritime, à laquelle Je m'en réfère toujours volontiers, par ûv James Ross (Voyage in the souAem and antarctic Régions, 1. 1, p. 405.)
(13) [page 4621. Acosta, Historia de las Indias, 4590, 1 1, c. 47. J'ai déjà touché la question de savoir si la croyance des marins hollandais à l'existence de quatre lignes sans déclinaison, en fournissant la matière d'un débat entre liood
et BeckborroWy n'eut pas de Tinfluence sur la théorie des quatre pAles magnétiques de Halley. Voy. le Cosmos, t. Il, p. 341 et 573 (note 94).
(14) [page 463]. A l'intérieur de TAfrique^ la ligne isogonique de 25^^ 1/4 Ouest, mérite une attention particulière, au point de vue de la physique du globe , en tant que ligne intermédiaire entre des systèmes très-différents y et parce que, d'après la construction théorique de Gauss^ elle joint la partie orientale de Tocéan Indien à la terre de Newfundland, à travers le continent africain. L'extension que le gouvernement de la Grande-Bretagne vient de donner généreusement à Texpédition africaine de Richardson, Barth et Overwegh, hâtera peut-être la solution de ces problèmes magnétiques.
(15) [p. 164]. Sir James Ross a traversé la courbe sans déclinaison, par 6i^ 3(y de latitude australe, 24^ 5(K de longitude Ouest de Paris {Voyage to the Southern Seas, t. n, p. 357). Par 1(fAy de latitude australe et iO^S' de longitude occidentale, le capitaine Crozier a trouvé, au mois de mars 1843, la déclinaison égale à 1^* 38'; il était, par conséquent, très-près de la ligne zéro. Comp. Sabine, on the magnet. declination inihe Atlantic Océan for 1840, dans les Philos. Transactions for 1849, 2* part., p. 233.
(16) [page 165]. Sir James Ross, Foyo^ to the Southern Seas, i. I, p. 104, 310 et 317.
(17) [p. 165]. EUiot, dans les Philos. Transactions for 185i, l'* part., p. 331, plate xni. L'Ile Sandalawood est une petite île allongée, dans 4aquelle on recueille le bois de sandal (en malais et en javanais tschendana, en sanscrit tschandana, en arabe ssandel).
(18) [page 166]. Cest Fopinion de Barlow, et c'est ainsi que la ligne est tracée sur la carte jointe au Report of the CommiUee for the antartic Expédition, 1840, sous le titre de
Lines of magnetic Dedinations computed according to the Theory of Mr. Gauss. D'après Barlow^ la ligne sans déclinaison qui vient de TAustralie entre dans le continent asiatique par le golfe de Cambay, mais se replie immédiatement vers le Nord-Est, et aboutit à la mer du Japon , près de Thaiwan ou Formosa, au-dessus du Thibet et de la Chine. D'après Gauss ^ la ligne australienne monte simplement en Laponie à travers la Perse et ^ishnei Nowgorod. Ce grand géomètre considère la ligne zéro de la nier du Japon et de l'archipel des Philippines, ainsi que celle qui enveloppe le groupe ovalaire fermé de l'Asie orientale , comme n'ayant aucun lien avec celle de TAustralie, de Tocéan Indien, de l'Asie occidentale et de la Laponie.
(19) [page 166]. J'ai traité ailleurs {Asie centrale, t. 1I(, p. 458-461)^ de cette identité qu'établissent mes propres obse^ vations dans la mer Caspienne , dans l'Ouralsk, au bord do Jaik, et dans la steppe qui entoure le lac Elton.
(20) [page 166]. Voy. Adolphe Erman, Map of the magnetic Declination, 1827-1830. Mais la carte d'Elliot prott?e positivement que la ligne australienne sans déclinaison ne traverse pas Java. Cette ligne court parallèlement au littoral méridional, à une distance de 1* 1/2 de latitude. Connue, suivant Erman , mais non suivant Gauss^ la ligne australi^uie sans déclinaison^ après avoir traversé la mer du Japon entre Malacca et Bornéo^ rejoint le continent à la côte septentrionale du golfe Ochotsk, près du groupe ovalaire fermé de l'Asie orientale, sous 59^ 30^ de laUtude, et en ressort par la presqu'île de Malacca, Tintervalle entre la ligne ascendante et la ligne descendante ne serait que Ae \i^, et, d'après ce tracée la courbe sans déclinaison de l'Asie occidentale., qui joint la mer Caspienne à la Laponie russe , serait le prolongement direct et le plus prochain de la partie de la ligne qui descend du Nord au Sud.
(21) [page 467]. Dès 4843, j'ai fait connaître des documents conservés dans les archives de Moskou et de Hanovre {Asie centrale j t. III, p. 469-476), d*où il résulte que Leibnitz, qui traça le premier plan d'une expédition française en Egypte, s'efforça aussi, avant que personne y songeât, de mettre à profit les relations qui s'établirent en 1742 entre TAllemagne et Pierre le Grand, pour faire déterminer régulièrement, à des époques périodiques, la position des courbes d'inclinaison et de déclinaison, dans tout Tempire russe, dont l'étendue dépasse la surface de la Lune visible aux habitants de la Terre. Dans une lettre adressée au Czar et trouvée par Pertz, Leibnitz parle d*un petit globe terrestre (terrella) que Ton conserve encore à Hanovre, et sur lequel il avait tracé la ligne sans dédinaison, linea magnetica primaria. U affirme qu'il n'exbte qu'une seule ligne sans déclinaison, qu'elle partage la Terre en deux parties à peu près égales , et qu'elle a quatre sinuosités , puncta flexas contraria dans lesquelles elle passe de la convexité à la concavité; que 'du cap Vert, cette ligne court vers les côtes orientales de rAmérique du Nord par 36^ de latitude, et que de là elle va rejoindre, à travers la mer du Sud, les côtes orientales de l'Asie et la Nouvelle-Hollande. Enfin il ajoute que cette ligne se referme sur elle-même, et qu'elle passe près des deux pôles, mais en s'arrôtant plus loin du pôle Nord, au-dessous duquel la déclinaison est de ^^ Ouest, que du pôle Sud, au-dessous duquel la déclinaison n'est que de 5^. De 0^ à 15"*, la déclinaison orientale domine dans une grande partie de Tocéan Atlantique , dans toute la mer du Sud, dans le Japon, dans une partie de la Chine et'de la Nouvelle-Hollande. « Puisque le médecin Donelli est mort, dit Leibnitz, il faut le remplacer par un autre, qui administre peu de médicaments, mais qui puisse donner beaucoup de conseils scientifiques sur les expériences de déclinaison et d'inclinaison. » Il faut bien reconnaître qu'aucune vue théorique spéciale ne ressort de ces documents, complètement oubliés jusqu'en 1843.
(22) [page 167]. Voy. mes Observations magnétiques dans Y Asie centrale, t. III, p. 460.
(23) [page 467]. Erman, Aslronom. and magnet. Beobadytungen, dans le livre intitulé Reise um dit Erde, 2® part., t. II, p. 532.
(24) [p. 467]. Hansieen, dans les Annalm de Poggendorff, t. XXI, p. 374.
(25) [page 470]. Sabine, Magnet. und meteoroL Observer tions (U the cape ofGoodHope, 1. 1, p. lx.
(26) [page 470]. Pour apprécier les mouvements de la ligne sans déclinaison, à des intervalles aussi rapprochés, et bien juger de Tordre dans lequel ils se sont accomplis, il ne faut pas oublier que les instruments et les méthodes alors en usage peuvent entraîner une erreur de i^.
(27) [page 470]. Voy. le Cosmos, 1. 1, p. 503 (note 50).
(28) [page 470]. Euler^ dans les Mémoires de F Académie (fe5er«n,4757,p. 476.
(29) [page 470].' Barlow, dans les Philos. Transact. for 4833, 2« part., p. 674. Il règne une grande incertitude sur les observations magnétiques faites à Saint-Pétersbourg, dans la première moitié du xviu® siècle ; il en résulterait que, de 4726 à 4772, la déclinaison aurait été constamment de 3^i^ ou 3<» 30'! Voy. Hansteen, Magnetism. dcr Erde, p. 7 et 443.
(30) [page 471]. Voy. le Cosmos, 1. 1, p. 245-228, et Dove, dans les Annalen dePoggendorff, t. XIX, p. 388.
(3i) [page 172]. L'excellent travail de Lottin, Bravais, LilliehOOk et SiljestrOm, qui, du 47 septembre 4838 au 8 avril 4839 , ont observé les apparitions de la lumière polaire dans le Finnemark, à Bossekop (lat. 69''58'), et à Jupvig (lat. 70*" 6'), a paru dans la quatrième partie des Voyages en Scandinavie^ en Laponie^ au Spitzberg et aux
Feroë, sur la Corvette la Recherche (Aurores boréales). On a joint à ces observations (p. 401-435) les importants résultats obtenus de 1837 à 1840 par les inspecteurs anglais des mines de cuivre de Ealfiord (lat. 69^56').
(32) [page 172]. On peut voir, sur le Segment obscur de Taurore boréale, Touvrage cité dans la note précédente, p. 437-444.
(33) [page 172]. Schweîgger's Jahrbuch der Chemie wtd Physik, 1826, t. XVI, p. 198, et t. XVffl, p. 364. Le segment obscur et Tascension incontestable de rayons noirs ou de stries, dans lesquels le dégagement de lumière est annulé, peut-être par Teffet de l'interférence, rappellent les recherches de Qnet sw l' Électrochimie dans le vide et les belles expériences deRuhmkorff, dans lesquelles, au milieu d'un air raréfié, les boules métalliques positives brillaient d'une lumière rouge, les boules négatives d'une lumière violette, de telle sorte que les bandes lumineuses parallèles étaient séparées régulièrement par des couches complètement obscures. « La lumière répandue entre les boules terminales de deux conducteurs électriques se partage en tranches nombreuses et parallèles, séparées par des couches obscures alternantes et réguUèrement distinctes.» {Comptes rendus de r Académie des Sciences, t. XXXV, 1852, p. 949).
(34) [page 173]. Voyage en Scandinavie, etc. (Aurores boréales), p. 558; sur les couronnes et les pavillons des aurores boréales, voy. les excellentes recherches de Bravais, ibid.t p. 502-514.
(35) [page 173]. «Draperie ondulante, flamme d'un navire de guerre déployée horizontalement et agitée par le vent, crochets, fragments d'arcs et de guirlandes» (ibid., p. 35, 37, 45, 67 et 481). Une intéressante collection de ces aspects a été dessinée par l'artiste distingué, attaché à Texpédition, M. Bevalet.
(36) [page 474]. Voyage en Scandinavie, etc. (Aurores boréales), p. 523-528 et 567.
(37) (page 174]. Cosmos, 1. 1, p. 218 et 54 5 (note 74). Voy. aussi Franklin, Narrative ofajoumey to the shores ofthe Polar Sea, in 4819-4822, p. 597; Kamtz, Lehrbuch der MeUorologie, t. III, 4836, p. 488-490. Les plus anciennes conjectures sur la liaison entre la lumière polaire et la formation des nuages sont ceUes qu'a exprimées Frobesius dans le livre intitulé : Aurore borealis Spectacula, Helmst, 4739, p. 439.
(38) [page 475]. J'extrais de mon Journal de voyage en Sibérie un exemple remarquable : « J'ai passé, séparé de mon compagnon et à la belle étoile , toute la nuit du 5 au 6 août 4829, dans un poste avancé de Cosaques, à Krasnaja Jarki. Ce poste est placé sur rirtysch, à l'extrémité orientale du pays, le long de la frontière de la Dzoûngarie chinoise; il y a par conséquent quelque importance à en déterminer le lieu astronomiquement.— Nuit très-sereine— à la partie orientale du ciel se sont formées subitement, avant minuit, des traînées de cimis, de petits moutons également espacés, distribués en bandes parallèles et polaires. La plus grande hauteur est de 35*. Le point de convergence septentrional se meut lentement vers TEst. Ces nuages se dissipent sans atteindre le zénith, et quelques minutes après, des bandes polaires de cirrus, tout à fait semblables aux premières, se forment dans la région Nord-Esl du ciel, et se meuvent très-régulièrement pendant une partie de la nuit, presque jusqu'au lever du Soleil, où ils atteignent la position N. 70*» E. —Étoiles filantes en nombre inaccoutume ; anneaux colorés autour de la Lune.— Nulle trace de lumière polaire.— Nuages frangés, un peu de pluie. Le 6 août avant midi, le ciel redevient serein; il s'y forme de nouvelles bandes polaires, immobiles, dirigées du Nord-Nord-Est au Sud-Sud-Ouest, et qui ne changent pas d'azimuth, comme
je Tai vu si souvent à Quito et à Mexico. » *^ La déclinaison magnétique est orientale dans rAltaî.
(39) [page 175]. Bravais qui, contrairement à ce que j*ai observé j a trouvé à Bossekop les traînées de cirrus coupant presque toujours à angle droit le méridien magnétique (Voyages en Scandinavie, etc. {Phénomène de translation dans les pieds de l'arc des aurores boréales, p. 534-537), décrit avec son exactitude ordinaire les conversions des véritables arcs auroraux (voy. ibid., p. 27, 92 , 422 et 487). James Ross a observé aussi et décrit, dans des aurores australes , ces changements progressifs des arcs^ passant de TOuest-Nord- Ouest au Nord-Nord-Est (Voyage in the Southern and i4ntarctic Régions, t. I, p. 341). L'absence de coloration parait caractériser souvent les aurores australes (Ibid., t. I^ p. 266, t. II, p. 209). Au sujet des nuits sans aurore boréale dans la Laponie, voy. Bravais ^ Voyages en Scandinavie, etc., p. 545.
(40) [page 175]. Cosmos, t. l, p. 455 (note 43) et 545 (note 73), t. HI, p. 576. Les arcs auroraux vus en plein jour rappellent l'intensité lumineuse des noyaux et des queues des comètes qui, en 4843 et 1847^ purent être observées dans le Nord de l'Amérique « à Parme et à Londres, très-près du Soleil.
(44) [page 176]. Comptes rendus de l'Académie des Sciences, t. IV, 4837, p. 589.
(42) [page 176]. Voyages en Scandinavie, en Laponie, etc. (Aurores boréales), p. 559, et Martins^ dans la traduction de la Météorologie de Kœmtz, p. 460. Sur la hauteur présumée de la lumière polaire, voy. Bravais, Voyages en Scandinavie, etc., p. 549 et 559.
(43) [ page 177 ]• Voyages en Scandinavie, p. 462.
(44) [page 177]. Sabine^ unusual fnagnetic Distwrbances ^ i^ part., p. XYin, xxu, 3 et 54.
(48) [page 177]. Voy. Dove, dans les Annalm dePoggendorff, t. XX, p. 333-341. L'eflfet inégal qu'une aurore boréale produit sur la déclinaison de Taiguille aimantée, dans des points situés sur des méridiens fort rapprochés, peut, en beaucoup de cas, aider à reconnaître le lieu de la cause agissante, attendu qu'il s'en faut de beaucoup que les orages magnétiques partent toujours du pôle magnétique, et parce que, suivant Tassertion d'Argelander, confirmée par Bravais, le sonnnet de Parc lumineux s'écarte quelquefois du méridien de plus de iW
(W) [page 178]. «20 décembre 4806 : ciel azuré, sans trace de nuages. Vers 10 heures du soir parut au Nord-Nord-Oucsi, un arc lumineux d'un jaune rougeâtre, à travers lequel j'ai reconnu, avec une lunette de nuit, des étoiles de septième grandeur. A l'aide de Véga, qui se tenait presque au-dessus da point culminant de l'arc, j'ai pu déterminer l'azimuth de ce point. Il était un peu plus occidental que le plan vertical mené dans le sens de la déclinaison magnétique. La lumière polaire, qui éclairait la région du Nord-Nord-Ouest, repoussa l'extrémité Nord de l'aiguille, car, au lieu de continuer son mouvement vers l'Ouest, comme l'azimuth derarc, l'aiguille rétrograda vers l'Est. Les changements de déclinaison qui, dans ce mois, étaient ordinairement, la nuit, de 2' 27" à 3', s'élevèrent progressivement durant l'aurore boréale, et sans grandes oscillations, à 26' 28''. La déclinaison fut le plus faible au moment où le phénomène lumineux fut le plus intense, c'està-dire à 9" i2". Nous trouvâmes que, pendant l'aurore boréale, l'intensité horizontale était de 4' 37",73 pour 21 oscillatioiis- A 21*» 50", longtemps par conséqu^t après la fin de l'aurore, qui était éteinte complètement à 14^» IV, l'intensité était encore de 1' 37",17 pour le même nombre d'oscillations. La
température de la pièce où nous avons mesuré les oscillations de la petite aiguille était^ pendant l'aurore^ de 3»,2 du thermomètre centigrade; à âi^'SO', elle était de 2« 8. L'intensité ayait par conséquent un peu diminué pendant Taurore. La Lune n'offrait aucun anneau coloré. Voy. aussi Hansteen, Ma- (pietismus der Erde^ p. 459.
(47) (page 178]. Sabine^ on Days ofun\ASual magnetic Dis-^ turbances, f^ part., p. xvui. Voy. aussi Martins, dans Ibl Météorologie de Kaemtz^ p. 461 : a M. Bravais conclut, des observations de Lqx>nie^ que Tintensité horizontale diminue pendant la période la plus active du phénomène de Taurore boréale, o
(48) (page 478]. Delesse^ sv/r l'association des Minéraux dans les Roches qui ont un pouvoir magnétique élevé ( Comptes rendue de V Académie des Sciences, t. XXXI, 4850, p. 806). Voy. aussi Annales des Mines, 4» série, t. XV, 4849, p. 130.
(49) [page 479]. Reicb, ueber Gebirgs-und Gesteins-Magnetismus, dans les Annalen de Poggendorff, t. LXXVII, p. 35.
(aO) (page 180]. Cette question fut surtout agitée en 4796, lorsque je remplissais les fonctions de Directeur général des Uines en Franconie , et que je signalai dans le Fichtelgebirge, près de Gefress, les remarquables propriétés polaires de la montagne de serpentine nommée Haidberg qui, en certains points, agit sur la déclinaison de l'aiguille, à la distance de Ti pieds (voy. Intelligenz-Blatt der aXlgemeinen Jenaer Litteratvâ''Zeihmg, décembre 4796, n® 469, p. 1447, et mars 4797, n® 38, p. 323-326; Gren's neues Journal der Physik, t. IV, 4797, p. 436; Annales de Chimie, t. XXIl, p. 47). J'avais cm trouver que les pôles magnétiques de la montagne étaient en sens inverse des pôles terrestres , mais les recherches de Bischoff et de Goldfuss {Beschreîbung des Fichulgebirges, U I, p. 496), tout en confirmant pour Tannée 4816, Texistence d'axes magnétiques qui traversent le Haidberg et présentent des pôles contraires sur les versants opposés de la
montagne^ ont prouvé que Torientation des axes était différente de celle que j'avais indiquée. Le.Haidberg est formé de serpentine d'un vert porracé^ dont une partie se transforaie en chlorite et en amphibole schisteuses. Nous avons trouvé près du village Voysaco, dans les Andes de Pasto^ des galets de porphyre argileux, et sur le Chimborazo, des groupes de trachyte en forme de colonnade^ qui^ à trois pieds de distance, mettaient Taiguille en mouvement. Je fus surpris de rencontrer^ dans les obsidiennes noires et rouges de Quinche^ au nord de Quito , comme dans les obsidiennes vertes do Gerro de las Navajas, à Mexico, de gros fragments avec des pôles nettement déterminés. Toutes les grandes montagnes magnétiques de TOural^ telles que le Blagodat, près de Kuschvira^ la Missokaja Gora^ près de Nishne Tagilsk, le Ratschkanar^ près de Nishne Turinsk^ ont surgi du milieu d'un porphyre augitique, ou plutôt ouralitique. Dans la grande montagne magnétique de Blagodat, que j'ai visitée en 18^ avec Gustave Rose, l'action commune des diverses parties polarisantes ne paraît pas avoir produit un axe magnétique déterminé et reconnaissable. Les pôles magnétiques sont semés confusément^ à côté les uns des autres. Erman avait déjà fait la même observation (Reise vm die Erde, t. I, p. 362). Sur rintensité de la force polaire dans la serpentine, le basalte et le trachyte , comparée avec la quantité des parties de fer magnétique et d'oxyde de fer mêlées à ces roches^ comme aussi sur le développement de la polarité par le contact de l'air, phénomène déjà observé par Gmelin et par Gibbs, on peut consulter les nombreuses et importantes expériences de Zaddacfa, dans ses Beobachtungen uber die magnetische Poloritat des Basaltes \md der trachytischeti Gesteiney i85i, p. 56^ 65-78 et 95. Après avoir comparé, dans un grand nombre de fragments basaltiques^ la polarité de colonnes depuis longtemps isolées et de parois de colonnes mises pour la première fois en contact avec l'atmosphère, et avoir dépouillé des masses rocheuses de la terre qui les entourait, en commen-
çant par les parties supérieures, le docteur Zaddach croit pouvoir conclure {ibid., p. 74 et 80) que la propriété polaire, qui paraît toujours le plus intense au libre contact de l'atmosphère et dans une roche sillonnée de crevasses, se propage habituellement du dehors au dedans, et de haut en bas. Gmelin dit de la grande montagne magnétique Ulu-utasse-Tau, dans le pays des Baskires, près du Jaik, que les parties exposées au jour ont la plus forte intensité magnétique, et que celles qui sont engagées dans le sol , ont une force beaucoup moins grande. (Reise durch Sibirien, i740-i743, t. IV, p. 345). Mon illustre mattre Wemer s'est prononcé aussi aflSrmativeraent, dans ses leçons, à propos du fer magnétique de la Suède, sur llnfluence du contact de Tair, qui augmente assurément la polarité et Tat traction par un procédé tout autre que celui d'un accroissement d'oxydation. Le colonel Gibbs s'exprime en ces termes, au sujet de la mine d'aimant située près de Sucassuny à New-Jersey : a The ore raised from the bottom of the mine has no magnelism at first, but acquires it afler it has been some time exposed to the influence of the atmosphère n (on the Connexion of Magnetism and Light, dans V American Journal of Science de Silliman, t. 1, 1819, p. 89.) Une telle affirmation est bien de nature a donner le désir do la vérifier par des expériences exactes. — Lorsque j'ai signalé ce fait, que ce n'est pas seulement la quaUté des petites parties de fer mêlées aux roches , mais aussi leur distribution relative qui agit comme résultante, et détermine l'intensité de la force polaire, j'ai considéré ces petites parties comme autant de petits aimants. On peut consulter sur cet objet les vues nouvelles exposées dans un Mémoire de Melloni, que ce grand physicien a lu au mois de janvier 1853, devant l'Académie royale de Naples {Esperienze intomo al magnetismo délie Rocche, Mem. i, sulla polarità). — Le préjugé depuis si longtemps répandu, particulièrementsur la mer Méditerranée, que le frottement d'une barre de fer aimantée avec de l'oignon, ou que seulement l'haleine de gens ayant
mangé de Toignon suffit pour affaiblir la propriété directrice de l'aimant et pour désorienter le pilote qui tient le gouvernaily est déjà mentionnée dans le conunentaire de Produs sur Ptolémée : Prodi Diadochi paraphrasis Ptolem. libri lY de Siderum affecti(mibu$, 1635, p. 20. Voy. aussi Delambre^ Histoire de rAstronomie ancienne^ 1. 11^ p. 545. Il est difficile de deviner l'origine de ce préjugé populaire.
(1) [ page 182]. Cosmos, t. III, p. 39.
(2) [page 182]. Ibid., t. I, p. 226-228.
(3) [page 184]. Ibid., t. III, p. 43, 473, 530 et 538^540.
(4) [page 185]. Ibid., t. I, p. 239.
(5) [page 185]. Ibid., p. 253. Ck)mp. Bwtrand-Geslin, sur les roches lancées par le volcan de boue du Monte Zi&to, près du bourg de Sassmlo , dans Humboldt, Relation historique du voyage aux régions tquinoxiales du Nouveau-Continent, t. III, p. 566.
(6) [page 186 ]. Robert Mallet, dans les Transactions ofthe Royal Irish Academy, t. XXI, 1848, p. 51-113; voyez aussi du même savant : First Report on ihe facts ofEarthquake Phsenomenay dans le Report of tlie Meeting oftlie British Association for ihe advancement of Science , held in 1850, p. 1-89, Manual of scientific Enquiry for theuse of the British Navy, 1849, p. 196-223. On peut aussi consulter William Hopkîns, on the geological théories of Elévation and Earthquakes, dans le Report of the British Assoc. for 1847, p. 33-92. J'ai souvent mis à protit la critique sévère à laquelle M. Mallet a soumismon travail antérieur dans ses précieux Mémoires (Irish Trcmsact.^ p. 99-101, et Meeting ofthe British Assoc. held at EdUé., p. 209).
(7) [ page 186 ]. Thomas Young, Lectures on Natural PhUosophy, 1807, 1. 1, p. 717.
(8) [ page 188]. Je m'en réfère à la statistique que le corrëgidor de Tacunga m*a communiquée en 1802. D'après ce document la perte s'élevait de 30000 ou à 34000 hommes. Cependant, vingt ans après environ^ le cbiffire des victimes tuées sur le coup fut réduit d'un tiers.
(9) [page 188]. Cosmos, 1. 1^ p. 240.
(10) [page 189]. Hopkins, dans le Report of ihe Meeting of the British Assoc. in 1847, p. 57, exprime des doutes au sujet de l'effet produit sur le u molten subjacent fluid confined into internai lakes ))^ comme Mallet en a élevé sur : « the subteraneous lava tidal wave , moving the solid crust above it ». {Meeting, in 1850, p. 20). Poisson, avec lequel je me suis souvent entretenu de Fhypothèse du flux et du reflux souterrains^ considérés comme Teffet du Soleil et de la Lune, ne niait pas cette influence^ mais il la jugeait insigni&ante^ parce que la différence du niveau n'est en pleine mer, que de 14 pouces. Ampère disait au contraire :<x Ceux qui admettent la liquidité du noyau intérieur de la Terre paraissent ne pas avoir songé assez à Taction qu'exercerait la Lime sur cette énorme masse liquide : action d'où résulteraient des marées analogues à celles de nos mers^ mais bien autrement terribles , tant par leur étendue que par la densité du liquide. 11 est difficile de concevoir^ comment Tenveloppe de la Terre pourrait résister , étant incessamment battue par une espèce de bélier hydraulique (?) de 1 400 lieues de longueur (Ampère, Théorie de la Terre, dans la Revue des Deux-Mondes, juillet 1833, p. 148). On ne peut guère douter que l'intérieur de la Terre ne soit liquide, puisque les molécules restent mobiles, malgré la pression énorme qu'elles supportent ; mais alors les mômes conditions qui produisent le flux et le reflux de l'Océan à la surface de la Terre se retrouvent dans l'intérieur, et la force qui est la cause du flux, doit diminuer, à mesure que Ton approche du centre , parce que la différence des distimces entre deux
points opposés^ considérés relativement aux astres qui les attirent^ diminue à mesure que la profondeur augmente; or la force dépend uniquement de la différence des distances. Si i'écorce solide de la Terre résiste au déplacement de la masse liquide, cette masse se bornera à exercer une pression contre des points déterminés de Técorce terrestre. D n'y aura pas, suivant les expressions de mon ami Tastronome Brunnow, plus de marée que si l'Océan avait une couverture de glace qu'aucun effort ne pût briser. On calcule Tépaisseur de la croûte solide de la Terre d'après le point de fusion des diverses espèces de i*oches et d'après la loi qui règle l'augmentation de la chaleur, de la surface à Fintérieur du globe. J'ai déjà établi dans le premier volume du Cosmos (p. 30 et 443), la probabilité, que, à une profondeur d'un peu plus de 5 milles géographiques (5 4/10), se trouve une chaleur à fondre le granité. Élie de Beaumont, dans sa Géologie publiée par Vogt (1846, 1. 1, p. 32), représente à peu près par le ménne nombre, 45 000 mètres ou 6 milles géographiques, à 7 419 mètres par mille, l'épaisseur de la croûte solide de la Terre. D'après les ingénieuses expériences^ si importantes pour le progrès de la géologie, auxquelles s'est livré Bischof , sur la fusion de différents minéraux , l'épaisseur des couches de la Terre , non fondues, serait de 115 000 à 1^ 000 pieds ou, en moyenne, de 5 1/3 milles géographiques (voy. Bischof , Wàrmelehre des Innem wnseres Erdkosrpers, p. 286 et 217). Je suis d'autant plus étonné que Hopkins , qui adopte une limite déterminée, et non pas une transition graduelle entre la partie solide de la Terre et les matières en fusion , arrive à la conséquence suivante : a The thickness of the solid shell c^mnot be less than about one fourth or one fifth (?) of the radius of its extemal surface. » (Meeting of the Brit. Assoe. held at Oxford, in 1847, p. 51). La première supposition de Cordier n'allait cependant pas au delà de 14 milles géographiques, sans la correction nécessitée par la pression des couches augmentant avec la profondeur, et par les inégalités
hypsométriques de la surface terrestre. L^épmsseur de la partie solide de la Terre est loin probablement d'être partout la même,
(H) [page 1901. Voy. Gay-Lussac, Reflexions sur les Volcans, dans les Annales de Chimie et de Physique, t. XXÎI^ 1823, p. 418 et 426. L'auteur, qui a observé avec Léopold de Bucli et avec moi la grande éruption de lave du Vésuve, en septembre 1805, a eu le mérite de soumettre les hypothèses chimiques à une critique sévère. Il cherche la cause des phénomènes volcaniques dans une a affinité très-énergique et non encore satisfaite entre les substances, à laquelle un contact fortuit leur permettait d'obéir p ; il se montre en général favorable à rhypothèse abandonnée de Davy et d'Ampère : a en supposant que les radicaux de la silice, de Talumine, de la chaux et du fer soient unis au chlore dans l'intérieur de la Terre. » U admet aussi que, sous certaines conditions, l'eau de la mer pénètre à l'intérieur du globe (p. 419, 420, 423 et 426). On peut voir, au sujet des difficultés d'une théorie fondée sur la filtration de l'eau, Hopkins, dans le Meeting of 1847, p. 38.
(12) [page 190]. D'après les belles analyses qu'a faites Boussingault, aux bords de cinq cratères (Tolima, Purace, Pasto, Tuqueras et Gumbal), les vapeurs exhalées par les volcans de l'Amérique du Sud sont complètement dépourvues d'acide hydrochlorique, tandis qu'il en existe dans les vapeurs des volcans d'Italie. Voy. Annaks de Chimie^,. LU, 1833, p. 7 et 23.
(13) [page 190]. Cosmos^ 1. 1, p. 270. Davy, tout en abandonnant de la manière la plus formelle l'opinion que les éruptions volcaniques sont causées par le contact des métaux alcalins avec l'air et l'eau, admet cependant que la présence de métalloïdes oxydables dans l'intérieur de la Terre
Vf. 39
peut concourir à déterminer les phénomènes volcaniques qui ont déjà commencé de se produire.
(44) [page 494 ]. a J'attribue, dit Bousstogault, la plupart des tremblements de terre dans la Cordillère des Andes à des éboulements qui ont lieu dans llntérieur de ces montagnes par le tassement qui s'opère et qui est une conséquence de leur soulèvement. Le massif qui constitue ces cimes gigantesques n'a pas été soulevé à l'état pâteux; le soulèvement n'a eu lieu qu'après la solidification des roches. J'admets, par conséquent, que le relief des Andes se compose de fragments de toutes dimensions , entassés les uns sur les autres. La consolidaUon des fragments n'a pu être teUement stable, dès le principe, qu'il n'y ait des tassements après le soulèvement, qu'il n' y ait des mouvements intérieurs dans les masses fragmentaires. » (sur les TremblemenU de terre des Andes, dans les Annales de Chimie et de Physiqiie, t. LVm, 4835, p. 84-86.) Dans le récit de sa mémorable ascension auChimborazo (46 décembre 4834), on litcesmots: a Comme le Cotopaxi, l'Antisana, le Tunguragua, et en général les volcans qui hérissent les plateaux des Andes, la masse du Chimborazo est formée par raccumulation de débris trachytiques, amoncelés sans aucun ordre. Ces fragments, d'un volume souvent énorme, ont été soulevés à l'étal solide par des fluides élastiques qui se sont fait jour sur les points de moindre résistance; leurs angles sont toujours tranchants. » (/5W., p. 476; voy. aussi Humboldt, MèUmges de Géologie et de Physique générale, t. 1, 4854, p. 2«2). La cause des tremblements de terre indiquée ici est celle qu'Hopkins , dans sa théorie analytique des phénomènes volcaniques, appeUe : a A shock produced by the falling of the roof of a subterranean cavity » (Meeting oftheBrU. Assoc, al Oxford, 4847, p. 82).
(15) [page 494 ]. Mallet, Dynamics of Earthquakes, p. 74, 80 et 82; Hopkins, dans Meeting al Oxford, p. 74-82. Tout ce
qiie nous savons des ondes d'ébranlement et des vibrations dans les corps solides démontre l'impossibilité de soutenir les anciennes théories sur la propagation du mouvement à travers une suite de cavités. Les cavités ne peuvent agir que d'une manière secondaire dans les tremblements de terre^ c'està-dire comme des réservoirs ouverts aux vapeurs et aux gaz condensés. Gay-Lussac dit très-bien {Annales de Chimie et de Physique, t. XXII, 1823, p. 428) : «La Terre, vieille de tant de siècles, conserve encore une force intestine, qui élève des montagnes (dans la croûte oxydée), renverse des cités, et agite la masse entière. La plupart des montagnes, en sortant du sein de la Terre, ont dû y laisser de vastes cavités, qui sont restées vides, à moins qu'elles n'aient été remplies par Feau (et des fluides gazeux). C'est bien à tort que Deluc et beaucoup de géologues se servent de ces vides, qu'ils s'imaginent se prolonger en longues galeries, pour propager au loin les tremblements de terre. Ces phénomènes, si grands et si terribles, sont de très-fortes ondes sonores, excitées dans la masse solide de la Terre par une commotion quelconque, qui s'y propage avec la même vitesse que le son s'y propagerait. Le mouvement d'une voiture sur le pavé ébranle les plus vastes édifices, et se communique à travers des masses considérables, comme dans les carrières profondes au-dessous de Paris, b
(16) [page 191]. Sur les phénomènes d'interférence dans les ondes de la Terre, analogues à ceux qui se produisent dans los ondes sonores, voy. Humboldt, CosmoSy 1. 1, p. 229, et Mélanges de Géologie et de Physique générale, t. 1, 1854, p. 435.
(17) (page 191]. Mallet, on vorticose shocks and cases oj twisUng, dans Meeting of the Brit. Assoc. in 1850, p. 33 et 49, et dans YAdmiralty Manual, p. 213. Voy. aussi le Cosmos, 1. 1, p. 230.
(18) [page 192]. Boussingault a visité les cAnes de Moya,
49 ans après moi. « Rarement on séjourne quelques années dans les Andes, sans voir des érupUons boueuse, suites du tremblement de terre, comme ceUes de la Moya de Pelileo, qui ont enseveli des villages entiers. » (Amales de Chmie et de Physique^ t. LVIU, p. 81. Voy. aussi Cosnws, 1. 1, p. MO). (19) Ipage 193]. On peut consulter, sur le déplacement des édifices et des plantations, par suite du tremblement de terre de laCalabre,Lyell,Pnncipleso/'Geolo^,t. I,p. 484-491. Au sujet du moyen de salut qu'ont fourni les crevasses dans le graiid tremblement de terre de Riobamba, voy. Humboldt, Relation historique, t. H, p. 642. U fermeture des crevasses est attestée par ce fait que, lors du célèbre tremblement de terre qui eut lieu durant l'été de 1854 , dans la province napoKtaine de la Basilicate, à Barile, près de Melfi,a on trouvé, d'après le rapport de Sacchi, une poule dont les deux pattes étaient prises dans le pavé.
(20) [page 195]. Cosmos, t. 1, p. 230. Hopkins a très-bien démontré théoriquement que les crevasses produites par les tremblements de terre sont d'un grand secours pour étudier la formation des filons, et le phénomène du rejet d'un filon par un autre de formation plus récente. Werner, dans sa Théorie der Gange, publiée en 1791 , a étabU, longtemps avant Philips, les rapports d'âge entre la veine déplacée ^ celle qui la traverse. Voy. aussi Report of the Meetmg of the Brit. Assoc. aX Oxford, 1847, p. 62.
(21) [page 196]. Voy. sur l'ébranlement simultané du calcaire tertiaire de Cumana et de Maniquarez, depuis le grand tremblement de terre qui a détruit Cumana, le 14 décembre 1796, Humboldt, Relation historiqiie, t. I, p. 314, Cosmos. t. î, p. 238, et Mallet, dans Meeting ofthe Bnt. Assoc. tniSoO,
(22) [page 196]. Abich, uber Daghestan, Sdiagdagh %md Chilan, dans Poggendorffs Annalen, t. LXXVl, 1849, p. 157.
Pur suite du tremblement de terre du 29 juillet 1846 , dont le cercle d'ébranlement, parti, à ce que Ton suppose, de Saint- Goar sur le Rhin , se fit sentir à de grandes distances, Teau salée qui remplissait le fonds d'un puits artésien situé près de Sassendorf en Westphalie, s'est accrue, d'après une mesure fort exacte, d*un et demi pour cent, probablement, parce que de nouvelles failles s'étaient ouvertes et avaient livré passage aux eaux. Voy. Noeggerath, dos Erdbeben im Rheingebieîe vom^juli 1846, p. 14. D'après la remarque de Charpentier , la température de la source sulfureuse de Lavey, au-dessus de Saint-Maurice, sur le bord du Rhône, est montée de 31<> à 36^,3, pendant le tremblement de terre qui s^est fait sentir en Suisse, le 25 août 1851.
(23) [page 197]. A Schemacha , située sur une hauteur de 2245 pieds. Tune des stations météorologiques que le prince Woronzow a fait établir dans le Caucase sous la direction d'Abich , l'observateur a consigné dans son Journal dix-huit tremblements de terre^ durant la seule année 1848.
(24) [page 197]. Voy. Asie centrale, 1. 1, p. 324-329; t. II, p. 108-120, et surtout ma carte des Montagnes et Volcans de r Asie, comparée avec les cartes géognostiques du Caucase et du plateau de l'Arménie, publiées par Abich, et avec la carte de l'Asie Mineure de Pierre Tchihatchef, 1853. Voy. aussi Rose, Reise nach dem UrcU, Allai und kaspischen Meere, t. II, p. 576 et 597. J^écrivais autrefois dans Y Asie centrale : a Du Tourfan, situé sur la pente méridionale du Thian-schan, jusqu'à Tarchipel des Açores, il y a 120 degrés de longitude. C*est vraisemblablement la bande de réactions volcaniques la plus longue et la plus régulière, oscillant faiblement entre 38 et 40 degrés de latitude, qui existe sur la Terre ; elle surpasse de beaucoup en étendue la bande volcanique de la Cordillère des Andes dans l'Amérique méridionale. J'insiste d'autant plus sur ce singulier alignement d'arêtes, de soulè*
vementS; de crevasses et de propagations de commotions, qui comprend un tiers de la circonférence d'un parallèle à réqaateury que de petits accidents de la surface , l'inégale hauteur et la largeur des rides ou soulèvements linéaires^ comme l'interruption causée par les bassins des mers (concavité Aralo-Caspienne, Méditerranée et Atlantique), tendent à marquer les grands traits de la constitution géologique du globe. Cet aperçu hasardé d'une ligne de commotion régulièrement prolongée n'exclut en aucune manière d'autres lignes selon lesquelles les mouvements peuvent se propager également». Ck)mme la ville de Khotan et le pays qui se trouve au sud du Thian-schan ont été les plus anciens et les plus célèbres centres du bouddhisme, la littérature bouddhique s'est occupée de bonne heure et très-sérieuseiaent des causes des tremblements de terre ( voy. Foe-koue-ki ou Relation des royaumes bovfddhiques, trad. par M. Abel Rémusat, p. 217). Les partisans du Sâkhyamuni en comptent huit, parmi lesquelles une roue en acier, à laquelle sont suspendues des reliques (5'artra, mot sanscrit qui signifie corps), joue le principal rôle. — Une explication mécanique pour un phénomène dynamique n'est guère plus déraisonnable que plusieurs de nos mythes géologiques et magnétiques, auxquels on n'a renoncé que bien tard. D'après une remarque de Rlaproth , les Religieux, et principalement les moines mendiants (Bhikchous) auraient eu le pouvoir de faire trembler la Terre et de mettre en mouvement la roue souterraine. Les voyages de Fahian, auteur dnFoe-koue-kiy datent du commencement du v« siècle.
(25) [page 198 J. Gurtius, Peloponnesos, 1. 1, p. 42-46.
(26) [page 4981. Lydus, de Ostentis, c. 54, p. 489, éd. Hase.
(27) [page 1981. Cosmos, t. III, p. 733.
(28) [page 198 J. Aristote, Ueteorologica. t. II, p. 368.
(29) [page 198]. LeXrome , la Statue vocale de Memon, 1833, p. 23-27 et 255.
(30) [page 199]. Voy. Acosta, Yiaies oimtificoi àlosAnr des ecuatoriales, 4849; p. 56.
(31) [page 199]. Voy. Humboiat, Cosmos, U I, p. 232- 235 et 519, et Relation historique, t. IV, c. U, p. 34 -38. On trouve dans Report of the Meeting of ihe British Assoc. in 1850, p. 44-46, et dans Admiralty Manml, 4849, p. 204 et 217, des considérations théoriques très-profondes de Mallet sur les ondes sonores à travers la terre et sur les ondes sonores dans Tair. Certains animaux, sous les tropiques, ressentent avant Thomme les plus légères commotions du sol; êe sont, ainsi que je m'en suis assuré moi-même : les poules, les cochons, les chiens, les ânes et les crocodiles (Caïmans). Les crocodiles quittent instantanément le lit des fleuves.
(32) (page 499]. Cosmos, t. I, p. 234 et 649.
(33) [page 201]. Voy. Jules Schmidt, dans Nceggerrath, utber dos Erdbeben vom 29 Mi 4846, p. 28-37. Avec la vitesse du tremblement de terre de Lisbonne, telle qu'elle est indiquée dans le texte, le tour de Téquateur pourrait être fait en 45 heures environ. Michell {Philos. Transact., t. LI, 2® part., p. 572], n'a trouvé, pour le tremblement de terre du 4*^ nov. 4755, que 50 milles anglais par minute, c'est* à-dire 4 470 pieds de Paris par seconde, au lieu de 7 464. Il est probable que ces différences tiennent à l'inexactitude des observations anciennes et à la différence des voies par lesquelles s'est propagé l'ébranlement. Un passage de Proclus, dans son Commentaire sur le Cratyle de Platon, éclaircit d'une manière remarquable le rapport que Ton supposait exister entre Neptune et les ébranlements souterains {Cosmos, t. IV, p. 202) : «Parmi les trois divinités, la divinité intermédiaire, Poséidon, est une cause de mouvement pour toute chose, même pour ce qui est immobile. Conmie principe de mouvement, il s'appelle iyvoaîTatGc. C'est à lui qu'est échu le lot du milieu, c'est-à-dire la mer mobile, lorsque les dieux ont
tiré au sort Tempirede Kronos. Voy. Creuzer, Symholîkma Mythologiey t. III, 4842, p. 260. L'Atlanlis de Solon et la Lyctonie qui, ainsi que je le conjecture, a beaucoup de rapport avec celte contrée, ne représentent autre 'chose que des mythes géologiques ; aussi, ces deux pays, anéantis par les tremblements de terre, sont -ils considérés comme soumis à la domination de Neptune et opposés aux continents de Saturne. D'après Hérodote (I. U, c. 43 et 50), Neptune était une divinité de la Lybie, inconnue à TÉgypte. Sur ces relations diverses, sur la disparition du lac Tritonis en Lybie, détruit par un tremblement de terre, et sur la croyance à la rareté des ébranlements souterrains dans la vallée du Nil, voy. mon Examen critique de la Géographie du Nouveau Cmtinent, X. I, p. 171 et 179.
(34) [page 204]. Les explosions du Sangay ou volcan de Macas se suivaient en moyenne tous les I3",4 (voy. Wisse, dans les Camptes rendus de l'Académie des Sciences, t. XXXVI, 1853, p. 720). J'aurais pu citer aussi, comme exemple de commotions circonscrites dans un très-petit espace, le Rapport du comte Larderel sur les Lagoni de Toscane. Les vapeurs qui contiennent du bore ou de l'acide borique annoncent leur présence et leur éruption imminente à travers les crevasses, en ébranlant les roches environnantes. Voy. le Mémoire de Larderel, sur les Établissements industriels de la production cPacide boradque en Toscane, 4852, p. 15.
(35) [page 205]. Je me félicite de pouvoir citer, à l'appui de ce que j'ai essayé de développer dans le texte, une grave autorité, u Dans les Andes, dit Boussingault {Annales de Chimie et de Physique, t. LVm, 1835, p. 83), Toscillation du sol, due à une éruption de volcans, est pour ainsi dire locale, tandis qu'un tremblement de terre, qui, en apparence du moins, n'est lié à aucune éruption volcanique, se propage à des distances incroyables. Dans ce cas, on a remarqué que les se-
- en —
cousses suivaient de préférence la direction des chatnes de montagnes^ et se sont principalement ressenties dans les terrains alpins. La fréquence des mouvements dans le sol des Andes, et le peu de coïncidence que l'on remarque entre ces mouvements et les éruptions volcaniques, doivent nécessairement faire présumer qu'ils sont, dam le plxts grand nombre de cas, occasionnés par une cause indépendante des volcans, »
(36) [page 206]. Voici la suite des grands événements naturels arrivés dans les années i796 et 1797, 1811 et 1812 :
27 septembre 1796 : Éruption du volcan de la Guadeloupe, dans les petites Antilles, après un repos de plusieurs années.
Novembre 1796 : Le volcan situé sur le plateau de Pasto, entre les rivières Guaytara et Juanambu, s'allume et commence à fumer sans interruption.
14 décembre 1796 : Tremblement de terre et destruction de la ville de Cumana.
4 février 1797 : Tremblement de terre et destruction de lUobamba. Dans la même matinée, disparut pour toujours la colonne de fumée du volcan de Pasto, situé à 48 milles géographiques de Riobamba, sans qu'aucune commotion ait été ressentie dans les environs du volcan.
30 janvier 1811 : Première apparition de l'tle Sabrina dans le groupe des Açores, près de File San Miguel. Le soulèvement de cette lie, comme celui de la petite lie Kameni (Santorin) et celui du volcan de JoruUo, précéda l'éruption enflammée. Après une éruption de scories qui dura six jours , nie s'éleva jusqu'à 300 pieds au-dessus de la mer. C'était la troisième fois que réapparaissait cette île, à des intervalles de 91 et 92 années, et toujours près du même lieu.
Mai 1811 : Plus de 200 secousses souterraines dans l'Ile Sainte-Vincent, jusqu'au mois d'avril 1812.
Décembre 1811 : D'innombrables secousses souterraines dans les vallées de l'Ohio, du Mississipj et de TArcansas jus-
qu*eii 4813. Entre Nett-Hadrid^ Little-Prairie et la Saline au nord de Cincinnati^ les tremblements de terre se succédèrent presque à chaque heure, pendant plusieurs mois.
Décembre 1811 : Secousse isolée à Caracas.
^ mars 1812 : Tremblement de terre et destruction de la ville de Caracas. Le cercle d'ébranlement se r^)aDdit jusqu'au delà de Santa-Marta, de la ville de Honda et de la haute plaine de Bogota, à 135 milles de Caracas. Le mouvement dura jusqu'au milieu de Tannée 1813.
30 avril 1812 : Éruption du volcan de Saint-Vincent Le même jour, à deux heures du matin, on entendit un grand fracas souterrain, semblable à une décharge d'artillerie, qui retentit avec la même intensité sur les côtes de Caracas, dans les Llanos de Calabozo et du Rio Apure, sans être accompagné d'aucun ébranlement souterrain (voy. plus haut p. 199.) Ce bruit fut également entendu dans l'île Saint- Vincent; ce qu'il y a de remarquable, c'est qu'il était phis fort à quelque distance sur la mer.
(37) [page 209 ]. Humboldt^ Voyage aux régions équinoonor' les, l. II, p. 376.
(38) [page 209]. Afin que l'on puisse comparer la température des sources, sous les tropiques, au moment où elles jaillissent des couches de la Terre, avec celle des fleuves qui coulent à ciel découvert, j'extrais de mes journaux de voyage les nombres moyens qui suivent :
Rio Apure: latitude 7^45'; température 27<»,2.
Orénoque : latlt. entre A» et S% lempér. de 27«,5 à 29»,6.
Sources dans la forêt, jaillissant de rochers de granité, près de la cataracte de Maypures, 27%8.
Cassiquiare , le bras de l'Orénoque supérieur qui forme la jonction avec le fleuve des Amazones : 24%3 seulement.
Rio Negro, au-dessus de San Carlos: latit. bor. 1*53^ tout au plus^ tempér. 23<*,8 seulement.
Rio Atabapo : latit. 3» 50^; tempér. 26%2.
Orénoque^ près de l'endroit où il reçoit TAtabapo : 37^, 8.
Rio Grande de la Magdalena : latit. de ^""i^' à 9^56^ tempér. 260,6.
Fleuve des Amazones, en face du Pongo de Rentema, dans la province Jaen de Bracamoros : latit. austr. 5° 31', hauteur au-dessus de la mer du Sud 1200 pieds à peine, tempér. 22°,5 seulement.
La température de la grande masse d'eau de TOrénoque approche par conséquent de la température moyenne de l'air environnant. £n inondant au loin les savannes, ses eaux jaunâtres, qui exhalent l'odeur de Fhydrogène sulfuré, s'échauffent jusqu'à 33*^,8; c'est la température que j'ai trouvée dane la Lagartera, remplie de crocodiles, qui se trouve à l'est di Guayaquil. Le sol couvert par les eaux reçoit, comme dans, les rivières peu profondes, la chaleur qui rayonne du Soleil. — Sur les causes diverses qui maintiennent la température plus basse dans les eaux du Rio Negro, colorées, au reflet de la lumière, de la teinte brune du café, et dans les eaux blanches du Gassiquiare, à savoir : un ciel toujours couvert, des pluies abondantes, les vapeurs qu'exhalent d'épaisses forêts, l'absence de plaines de sable brûlant sur les bords, voyez ma Relation historique , t. II, p. 463 et 509. J'ai trouvé que la température du Rio Guancabamba ou Chamaya, qui se jette dans le fleuve des Amazones, près du Pongo de Rentema, ne dépassait pas i^fiy ce qui tient à ce que les eaux descendent avec une très-grande rapidité du lac de Simicocha, »tué à^une grande hauteur sur la Cordillère. Durant les 52 jours que j'ai mis à remonter le fleuve de la Madeleine, depuis Mahates jusqu'à Honda, j'ai reconnu clairement, à la suite d'observations réitérées, que l'élévation de la surface de l'eau est annoncée plusieurs heures d'avance par l'abaissement de la température du fleuve. Le refroidissement s'opère avant que les eaux froides des montagnes descendent des Paramos voisins. La chaleur et Teau se meuvent , pour ainsi dire, en sens opposé» et avec une vitessse très-inégale. Lors*
que nous vtmes près de Badillas^ le niveau des eaux monter subitement, la température s'était abaissée longtemps auparavant de ^V à 23<»,5. Pendant la nuit» lorsqu'on est campé avec tout ses bagages sur une tle de sable peu élevée^ ou sur le bord du fleuve, une crue subite (avenida) peut être dangereuse ; il n'est donc pas sans intérêt d'être prévenu à temps par un signe précurseur. — Je croîs devoir rappeler que toutes les fob que le contraire n'est pas spécifié, les degrés de température indiqués dans cet ouvrage sont ceux du tlle^ momètre centigrade.
(39) [page 210]. Voy. Léopold de Buch, Physicdische Beschreibung der Canarischen Insein ^ p. 8; Poggendorffs, Annalen, t. XII, p. 403; Bibliothèque britannique (Sciences et arts), t XIX, 1802, p. 263; Wahlenberg, de Yeget. et «tm. in Helvetia septmtrioncUi observatis, p. lxxviii et lxxxiv, et Flora Carpathica^ p. xcnr, et dans Gilbert's Annalen, t. XLI, p. 115 ; voy. aussi Uumboldt, dans les Mémoires de la Sodétè dArcucU, t. III, 1817, p. 599 (voy. aussi Mélanges de Géologie et de Physique générale, 1. 1, p. 304 et suiv.).
(40) [page 210]. Voy. de Gasparin, dans la Bibliothèque universelle {Science et arts), t. XXXVIII, 1828, p. 54, 113 et 264; Mémoires de la Société centrale d^ Agriculture, 1826, p. 178; Schouw, Tableau du climat et de la végétation de V Italie, t. I, 1839, p. 133-195; Thurmann, sur la Tempéror ture des sources du Jura, comparée à celle des sources de la plaine suisse des Alpes et des Vosges, dans V Annuaire mètéorol. de la France, 1850, p. 258-268. — M. de Gasparin partage l'Europe , sous le rapport de la fréquence des pluies d'été et d'automne, en deux régions bien tranchées. On trouvera de nombreux matériaux sur ce sujet dans Kaemtz, Lehrbuch der Météorologie, 1. 1, p. 448-506 et au chap. lit de la trad. franc. D'après Dove (PoggendorflPs Annalen, t. XXXV, p. 376), les maxima des courbes de la plus grande quantité de pluie mensuelle tombent, en Italie, dans les mois de mars et de novembre
pour les lieux abrites au Nord par une chatne de montagnes^ en avril et en octobre pour ceux qui ont au contraire les montagnes au Sud. On peut résumer ainsi, d'une manière générale , l'ensemble des relations météorologiques concernant la pluie dans la zone tetnpérée. La période des pluies d'hiver dans la région intertropicale se sépare de plus en plus, à mesure que Ton s'éloigne de cette zone, en deux maxima reliés entre eux par des .pluies moins abondantes, et qui se réunissent de nouveau en Allemagne, pour former un maximum d'été , d'où il résulte que dans cette contrée la période sans pluie cesse complètement d'exister. Voy. à ce sujet le chapitre Geothermik, dans l'excellent ouvrage de Naumann : Lehrtnjtch der Geognosie, 1. 1, 1850^ p. 41-73.
(«) [page 210). Cosmos, t. IV, p. 61.
(42) [page 214]. Ibid, 1. 1, p. 197 et 499 (note 39), t. IV, p. 46 et 548 (note 56).
(43) [page 214]. Ibid., t. IV, p. 41.
(44) [page 214]. Mina de Guadalupe, une des Minas de Chota, ibid., p. 47.
(45) [page 215]. Humboldt, Tableaux de la naXwe, t. II, p. 213, de la traduct. franc, publiée par Gide.
(46) [page 21 5]. Cette mine est située sur la grande Fleuss, dans leMoll-Thal des monts Tauem. Voy. Hermaun et Adolt Schlagintweit : Untersuch uebei' die pkysicalische Geogi-aphie derAlpen, 1850, p. 242-273.
(47) [page 217]. Hermann et Adolf Schlagintweit : Monte- Rasa, 1853, c. VI, p. 212-225.
(48) [page 218]. Humboldt, itfélan^e^ de Géologie et de Physique ghxtraley 1. 1, p. 156 et suiv., de la traduct. franc.
(49) [page 219]. Ibid., p. 159 et 215.
(50) [pageîîi]. Ici je ne puis partager ropinion tfun physicien de mes amis, auteur d'excellents travaux sur la distribution de la chaleur terrestre. Voy., sur les causes qui produisent les sources chaudes de Louèche et de Wannbrunn, Bischof, Lehrhuch der chemischen xmd physiccUischm Géologie^
(51) [page 223]. Sur ce passage trouvé par Dureau de la Malle, voy. le Cosmos, 1. 1, p. 251, 252 et 529 (note 9) : «Est autem, dit saint Patricius, et supra firmamentum cœli et subter terram ignis atque aqua ; et quœ supra terram est aqua, coacta in unum, appellationem marium; quœ vero intra, abyssorum suscepit; ex quibus ad generis humani usus in terram velut siphones quidam emittuntur et scaturiunt. Ex iisdem quoque et thermae exislunt; quarum quœ ab igné absuntlongius, provida boni Dei erga nos mente, frigidiores; quœ vero propius admodum, ferventes fluunt. In quibusdam etiam locis et tepidse aquœ reperiuntur, prout majore abigoe intervallosuntdisjunctse». (Acta primorum Marty^rum, opéra et studio Theodorici Ruinart, AmsUlodami, 1713, p. 555, D'après une autre relation (il. 5. Mazochii in vêtus marmoreum sanctœ Neapolitanx Ecclesix Kalendarium Commentor rius, t. II, Neapoli, 1744, p. 385), saint Patricius développait à peu près la même théorie de la chaleur de la Terre devant Julius Consularis; mais à la fin du discours, l'enfer froid e&i plus clairement désigné : a Nam quœ longius |ib igné suble^ raneo absunt, Dei optimi providentia, frigidiores erumpunt. At quae propiores igni sunt, ab eo fervefact», intolerabili calore praeditse promuntur foras. Sunt et alicubi tepidae, quippe non parum sed longiuscule ab eo igné remotae. Atqui ille infemus ignis impiarum est animarum camificina; non secus ac subterraneus frigidissimus gurges, in glaciei glebas concretus, qui Tartarus nuncupatur. » Le nom arabe hammam cJrenf signifie « bains de nez. » et est tiré, comme Temple l*a déjà fait observer, de la forme d'un promontoire voisin, non
pas de rinfluence sanitaire que ses eaux thennales exerçaient sur les maladies du nez. Les mots arabes ont été diversement altérés : on en a fait indifféremment hammam l'Enf ou Lif, Emmamelif (Peyssonel); la Mamelif (Desfontaines). Gomp. Gumprecht^ die Mineralquellen auf dem FestUmde von Africa, i85i, p. 440-144.
(52) [page 223]. Humboldt, Essai politiqtJLe swr la Nouvelle Espagne, 2* édit., t. III, 1827, p. 190.
(53) [page 224]. Relation historique du voyage aux régions èquinoxiales, t. II, p. 98; Cosmos, 1. 1, p. 249 et 250. Les sources chaudes de Carlsbad doivent également leur origine au granité. Yoy . Léopold de Buch, dans PoggendorfTs Annalen, t. XII, p. 416. n en est exactement de ces sources comme de celles de Momay qui jaillissent près de Changokhang, dans le Tibet, à 15000 pieds au-dessus de la mer, avec une température de 46% et qu'a visitées Joseph Hooker {Himalayan Joumals, U n, p. 133.
(54) fp. 224]. Boussingaull, Considérations sur les Eaux thermales des Cordillères, dans les Annales de Chimie et de Physique, t. LU, 1833, p. 188-190.
(55) [page 226]. Newbold, on ihe température of the wells and rivers in India and Egypt, dans les Philosoph. Transao tûms for 1845, i^ part., p. 127.
(56) [page 227]. Voy. Sartorius von Waltershausen, Physisch^ographische Skizze von Island, mit hesonderer Rucksicht auf vuUianische Erscheinwigen, 1847, p. 128-132: Bunsen et Descloiseaux, dans les Comptes rendue des séances de l* Académie des Sciences, t. XXIII, 1846, p. 935; Bunsen, dans les Annalcn der Chemieund Pharmacie, t. LXII, 1847, p. 27-45. Lottin et Robert avaient déjà trouvé que la température du jet d'eau du Geyser diminue de bas en haut. Une des quarante sources siliceusesqui jaillissent du sol, dans les environs du grand
Geyser et de Strok&r, s'appelle le petit Geyser. Son jet ne s'élève que de âO à 30 pieds. Le mot kochbrufnnen (fontaine cuisante) est formé par analogie du mot geyser, qui vraisemblablement se rattache au mot islandais giosa (cuire). D'après le rapport de Csoma de Kœrœs^ il se trouve aussi sur le plateau du Tibet, près du lac alpin Mapham^ un geyser^ dont le jet est de 12 pieds.
(57) [page 227]. Sur iOOO parties d'eau des sources de Gastein , Trommsdorf ne trouve ^que 0,303 de résidu; Lû&wîg n'en trouve, dans celles de Pfefifers, que 0,29i; Longchamp, dans celles de Luxeuil, que 0,236; tandis qu'on en trouve dans iOOO parties de l'eau de fontaine ordinaire de Berne, 0,478; dans les eaux jaillissantes de Garisbad, 5,459, à Wiesbade, jusqu'à 7,454. Voy. Studer, Physikal. Géographie und Géologie, 2« édit., 1847, c. I, p. 92.
(58) [page 227]. Les eaux chaudes qui sourdent du graniu de la Cordillère du littoral de Venezuela sont presque pures; elles ne renferment qu'une petite quantité de sUice en dissolution, et du gaz acide hydrosulfurique, mêlé d*un peu de gaz azote. Leur composition est identique avec celle qui résulterait de l'action de Feau sur le sulfure de silicium (Annales de Chimie et de Physique, t. LU, 4833, p. 189.) Sur la grande quantité d'azote mêlé à la source chaude d'Orense, qui marque 68^^ voy. Maria Rubio, Tratado de las FuerUes minérales de EspafUi, 1853^ p. 331.
(59) [page 227]. Sartorius de Waltershausen, Skizze von Islandy p. 125.
(60) [page 228]. 1^ savant chimiste Morechini, à Rome, avait évalué à 0,40 Toxygène contenu dans la source de Noccra, située à 2100 pieds au-dessus de la mer; Gay-Lussac n'en a trouvé exactement, le 26 septembre 1805, que 0,299. Nous avions trouvé, dans les eaux pluviales, 0,31 d'oxygène.
Sur Tazote^ mêlé aux eaux acidulés de Néris et de BourbonrArchambauHy ou peut consulter les travaux d'Anglade et de Longchamp (i 834); et sur les exhalaisons d'acide carbonique en général, les excellentes recherches de Bischof , dans sa Chemische Géologie, 1. 1^ p. 243-350.
(6i) [page 229]. Voy. Bunsen, dans PoggendorflTs AnncUen, t. LXXXIII, p. 257; Bischof, GeologiCy 1. 1, p. 271.
(62) [page 230]. Voy. TExamen des Sources sulfureuses d'Aix-la-Chapelle, par Liebig et Bunsen^ inséré aux AnncUen der Chemie md Pharmacie (t. LXXIX^ 1851, p. 101). Dans les analyses chimiques de sources minérales, qui contiennent du sulfure de sodium, on accuse souvent du carbonate de soude et de l'hydrogène sulfuré, lorsqu'il s'y trouve en réalité un excédant d'acide carbonique.
(63) [page 230]. Une de ces cascades est représentée dans mesVues des Cordillères (plancheXXX). Sur l'analyse des eaux du Rio Yinagre, voy. Boussingault, dans les Annales de Chimie et de Physique, 2« série, t. LU, 1833, p. 397, et Dumas, ibid., 3« série, t. XVIII, 1846, p. 503. On trouvera des détails sur la source qui sort du Paramo de Ruiz, dans Joaquin Acosta, ViOfjes dentificos à los Andes ecuatoriales, 1849^ p. 89.
(64) [page 231 ]. Les exemples de changements de température survenus dans les thermes de Mariara et de las Trincheras conduisent à la question de savoir si les eaux du Styx, dont la source presque inaccessible est cachée en Arcadie, dans la contrée sauvage des monts Aroaniens, près de Nonakiis, sur le territoire de Pheneos, n*ont pas perdu de leur propriété nuisible par des changements survenus dans les crevasses souterraines qui leur servaient de conduits, ou bien si elles n'étai^it funestes aux voyageurs que de temps à autre, en raison de leur froid g^al. Peut-être ne doivent-elles leur mauvaise réputation, conservée jusque chez les habitants actuels de