‹ CosmosChapitre 37 sur 56 · IV · texte numérisé non relu

IV

TArcadie^ qu'à reSroyabie solitude du pays^ et au mythe d'après lequel elles tiraient leur origine du Tartare. Un jeune et savant philologue , Théodore Schwab^ est parvenu avec beaucoup de peine, il y a quelques années, jusqu'au rocher à pic d*oii la source tombe goutte à goutte, absolument comme la représentent Homère, Hésiode et Hérodote. Il a bu de cette eau excessivement firoide , mais très-pure au goût, sans en avoir ressenti le moindre malaise. Yoy. Schwab , Arkadierij seine Natur und GesdHchU, 1852, p. 15-^. On assurait, dans Pantiquité, que le froid des eaux du Styx fendait tous les vases, et qu'elles ne pouvaient être contenues que dans des sabots d'ftne. Il est certain que les légendes du Styx remontent à une haute antiquité ; mais le bruit de ses qualités vénéneuses ne parait avoir été généralement répandu qu'au temps d'Aristote. D'après le témoignage d'Antigone de Caryste {HisU Miràb., § 174), elles auraient été décrites en détail dans un livre de Théophraste, qui n'est pas venu jusqu'à nous. Plutarque et Arrien ont réfuté cette calonmie d'un empoisonnement d'Alexandre avec de l'eau du Styx, qu'Aristole aurait fait parvenir à Cassandre par Tintermédiaire d'Antipater^ fable répandue par Vitruve, Justin et Quinte-Curce, sans cependant que le Stagirite soit nommé. Voy . Stahr, Aristoteliaj 1- part., 1830, p. 137-140. Pline (1. XXX, c. 53) dit en termes un peu ambigus : a Magna Aristotelis infamia excogitatum. t Comp. Emst Curtius, Pelopormesos, 1851, 1. 1, p. 194- 196 eiU^', Saint-Croix, Examen critique des anciens historiens S Alexandre, p. 496. L'ouvrage de Fiedier (Reise durch Criedienlandy 1. 1, p. 400) contient un dessin représentant la chute du Styx, vue à distance.

(65) [p. 232]. a Des gttes métallifères très-importants, les plus nombreux peut-^tre, paraissent s'être formés par voie de dissolution, et les filons concrétionnés n*étre autre chose que d'immenses canaux plus ou moins obstrués, parcourus autrefois par des eaux thermales incrustantes. La formation d'un

grand nombre de minéraux qu'on rencontre dans ces gttes^ ne 8U[q>06e pas toujours des conditions ou des agents trèséloignés des causes actuelles. Les deux éléments principaux des sources thermales les plus répandues^ les sulfures et les carbonates alcalins, m^ont suflS pour reproduire artificiellement^ par des moyens de synthèse très-simples, vingt-neuf espèces minérales distinctes, presque toutes cristallisées, appartenant aux métaux natifs (argent, cuivre et arsenic natifs); au quartz, au fer oligiste, aux fer, nickel^ zinc et manganèse carbonates; au sulfate de baryte, à la pyrite^ malachite^ pyrite cuivreuse; au cuivre sulfuré, à l'argent rouge^ arsenical et antiraonial... On se rapproche le plus possible des procédés de la nature^ si Ton arrive à reproduire les minéraux dans leurs conditions d'association possible^ au moyen des agents chimiques naturels les plus répandus, et en imitant les phénomènes que nous voyons encore se réaliser dans les foyers où la création minérale a concentré les restes de cette activité, qu'elle déployait autrefois avec une tout autre énergie. » (H. de Senarmont, sur la formation des minèraxixpar la voie Iwmide, dans les Annales de Chimie et de Physique, 3* série, t. XXXII^ 1851, p. 234). Voy. aussi Élie deBeaumont,5ur les èmanaiions volccmiques et métaUifhreSf dans le Bulletin de la Société géologique de France, ^ série, t. XV, p. 129.

(60) [page 233]. Pour déterminer la différence entre la température moyenne des sources et celle de Tair, le docteur Edouard Halknann a observé à llarienb^, près de Boppard^ sur le Rhin, la température de Tair, la hauteur des pluies et la température de sept sources différentes. Ses observations, prolongées pendant cinq années, du i^' décembre 1845 au 30 novembre 1850 , sont devenues la base d'un nouveau travail sur les rapports thermonoétriques des sources. « Les sources dont la température est absolument constante, c'estrà-dire les sources purement géologiques, ne sont pas comprises dans ce travail; mais il embrasse toutes

celles qui subissent un changeaient de température dans le cours de Tannée.

Les sources à température variable se divisent en deux groupes naturels :

I. Les sources purement météorologiques, c'est-à-dire cdles dont on peut prouver que la température moyenne n'est pas augmentée par la chaleur de la Terre. La différence de la température moyenne de ces sources avec celle de Tair dépend de la manière dont les pluies annuelles sont réparties dans les douze mois. Si la pluie qui tombe durant les quatre mois froids^ depuis décembre jusqu'à mars, dépasse un tiers (33 1/3 pour 100) de la quantité de pluie annuelle , la température moyenne des sources météorologiques est moins élevée que celle de l'air. Si au contraire il tombe dans les quatre mois chauds, de juillet à octobre, plus d'un tiers de la pluie annuelle, la température moyenne de ces sources sera supérieure à celle de Tair. La différence en plus ou en moins entre la moyenne des sources et celle de Tair sera d'autant plus grande que l'excédant de pluie sera plus consid^aUe dans les quatre mois de chaleur ou dans les quatre mois de froid. On appelle sources météorologiques à moyentu exacte les sources dont la température moyenne^ comparée i celle de Tair, donne une différence normale^ c'est-àniire U plus grande possible^ d'après la quantité de pluie annuelle; celles au contraire pour lesquelles cette différence est amoindrie par rinfluence perturbatrice de la température atmosphérique^ pendant les parties de l'année qui s'écoulent sans pluie, s'appellent des sources purement météorologiques à moyenm rapprochée. Ce qui rapproche la moyenne des sources de celle de Tair, c'est Tqpération même par laquelle on mesure la température des eaux à l'extrémité du conduit qui les amène, ou bien c'est l'espace qu'elles parcourent à la surface de la iare et la maigreur de leurs filets. La différence entre la température moyenne des sources et celle de l'air est la même dans le cours d'une année pour toutes les sources purement météoro-

logiques, mais elle est plus petite pour les sources à moyenne rapprochée que pour les sources à moyenne exacte; elle est d'autant plus petite que l'influence perturbatrice de la chaleur atmosphérique a été plus considérable. Parmi les sources de Marienberg« quatre appartiennent au groupe des sources purement météorologiques : une d'elles -a une moyenne exacte; les trois autres ont des moyennes rapprochées à différents degrés. Pendant la première année des observations, il y eut excédant de pluie dans le tiers froid de Tannée^ et les quatre sources furent en moyenne plus froides que l'air. Au contraire^ dans les quatre années qui suivirent, les pluies furent relativement plus abondantes dans le tiers le plus chaud de Tannée^ et les moyennes annuelles des quatre sources se sont trouvées plus élevées que celle de l'air. La différence en plus était d*autant plus grande que l'excédant des pluies était plus considérable.

La justesse de cette opinion, émise par Léopold de Buch eu 1825, que la différence entre la moyenne des sources et celle de l'air dépend de la distribution des pluies dans le cours de Tannée, a été démontrée par les observations de UaUmann, du moins par celles qu'il a faites à Marienberg dans le grauwacke du Rhin. Les sources purement météorologiques à moyenne exacte ont seules de la valeur pour la climatologie scientifique. Il est intéressant de rechercher ces sources partout, et de les distinguer, d'un côté, des sources purement météorologiques à moyenne rapprochée; de l'autre, des sources météorologico-géologiques.

II. Sources météorologico-géologiques, c'est-à-dire sources dans la température desquelles on peut retrouver Tinfluence produite par la chaleur de la Terre. La moyenne annuelle de ces sources est toujours plus élevée que celle de l'air, quelle que soit la distribution des pluies. Les changements de température qu'elles subissent dans le cours d'une année sont causés par le sol qu'elles traversent. La quantité dont la moyenne d'une source météorologico-géologique dépasse la

moyenne de Tair dépend de la profondeur à laqodle sont descendues les eaux météorologiques dans llntérieur toujours tempéré de la terre^ avant de réapparaître sons forme de source. Cette différence n'a, par conséquent, aucun intérêt climatologique. Il est cependant important pour le météorologiste de connaître ces sources, afin de ne pas les confondre avec des sources purement météorologiques. La température des sources météorologico-géologiques peut aussi être rapprochée de la moyenne de Tair par les conduits qui les portent au point où leur chaleur est mesurée. Les sources ont été examinées à jours fixes, quatre ou cinq fois par mois, et on a soigneusement pris en considération la hauteur andessus de la mer de l'endroit où Ton mesurait la température atmosphérique^ et la hauteur de chacune des sources.! Après avoir comparé et discuté ses observations sur les sources de Harienberg, le docteur Hallmann est allé passer rhiver de 1852 à 1853 en Italie, où il a trouvé dans les Apennins, à côté de sources ordinaires, des sources d'un froid anormal. Il appelle ainsi les sources qui amènent manifestement le froid de points plus élevés. Ces sources peuvoit être envisagées comme des écoulements souterrains de lacs situés sur des hauteurs et exposés à l'air libre, ou bien des amas d'eau souterrains qui se précipitent en masse, et avec une extrême vitesse, à travers les fissures et les crevasses, pour so^ tir violemment sous forme de soivce du pied des roontaimes. Il faut donc entendre par des sources d'un froid anormal, des sources trop froides pour la hauteur à laquelle elles se font jour, ou, si Ton veut préciser davantage ces sortes de rapports, des sources qui sortent d'un endroit de la montagne trop peo élevé, eu égard à leur basse température. Ces vues, exprimées dans le 1^' volume de l'ouvrage de Hallmann^ intitulé : TmperalwverhcUtnissederOuellm, ont été modifiées par l'auteur dans le 2* volume, p. 181-183, parce que toutes les sources météorologiques, si rapprochées qu'elles soient de la surface de la terroi contiennent une partie de chaleur terrestre.

(67) [page 23S]. Humboldt, AHô centroky t. Il, p. 58. Sur la probabilité de cette conjecture que le Caucase, qui, pour les cinq septièmes de sa longueur, court entre le Rasbegh et FElburuz , de l'Est-Sud-Est à TOuest-Nord-Ouest, sous le parallèle moyen de 4^50^ est la continuation de la faille volcanique de FAsfera (Âktagh), et du Thian-schan« voy. ibid.jp* 54-61. Les deux chaînes de l'Asferah et du Thianschan oscillent entre les parallèles de 40o6(K et 43\ La grande dépression aralo-caspienne, dont la superficie, d'après les calculs précis de Struve, dépasse de 1680 milles géographiques carrés Taire de la France entière {ibid.j p. 309-312), est, à mon sens, plus ancienne que les soulèvements de TÂltal et du Thian-schan. La faille de soulèvement de cette dernière chaîne de montagnes ne s'est pas prolongée à travers cette vaste dépression. On ne la retrouve qu'à l'ouest de la mer Caspienne, avec quelque changement de direction et sous le nom de chaîne du Caucase^ mais avec tous les mêmes phénomènes volcaniques et trachytiques. Cette connexion géognostique a été reconnue par Âbich et confirmée à l'aide d'observations très-importantes. Dans un travail sur la liaison du Thian-schan et du Caucase^ que je tiens de ce grand géognoste, il est dit expressément : a La fréquence et la prédominance décidée d'un système de lignes parallèles de dislocation et de soulèvement, répandu sur toute la contrée comprise entre le Pont-Euxin et la mer Caspienne, à peu près dans la direction de l'Est à l'Ouest^ détermine de la façon la plus frappante l'axe moyen des grandes chaînes latitudinales de l'Asie centrale^ entre les systèmes du Kosyurt et du Bolor et l'isthme Caucasien. Le Caucase ^ dont la direction moyenne est du Sod-Est au Nord-Est^ passe, dans la partie centrale de la chaîne, de TEst-Sud-Est à l'Ouest- Nord- Ouest; quelquefois même il prend franchement la direction de l'Est à l'Ouest^ conune le Thian-schan. Les lignes de soulèvement qui unissent l'Ararat aux montagnes trachytiques de Dieriydagh et de Kargabassar , près d'Erzeroum , et dont

les parties méridkmales portenl FArgaeus, le SepaBda^ et le Sabalan disposés sur un même parallèle , afibrment de la manière la plus formelle l'existence d'un axe volcanique moyen j c'est-à-dire le prolongement occidental du Thiaoschan par le Caucase. Beaucoup d'autres chaînes de montagnes, qiii partent de F Asie cen^ale^ se réunissent dans cette remarquable contrée, et confondant leurs masses, forment de puissants nœuds de montagne et des maxima de soulèvements terrestres.

Pline dit (1. VI^ c. 17) : « Persœ appellavere Caucasum montem Graucasim (var. Graucasum^ Groucasim^ Grocasum) hoc est nive candidum. » Dans ce nom^ Bohlen croyait reconnaître les mots sanscrits kâsy briller^ et gravant rocher (oomp. mon Asit centrale, 1. 1^ p. 109). Si le nom Caucasus est en effet une altération de Graucasus, il se pourrait^ comme le dit Clausen dans ses recherches sur les voyages d*lo {BheùUS' dies Musevm fur PhiMogiCf 3* année, 1845, p. 298)^ que ce nom^ dont chacune des deux premières syllabes rappelait aux Grecs Tidée de brûler , signifiât un mont bridant, auqud se serait rattachée naturellement et conune d'elle-même, la poétique légende de YaUumeur ou inventeur du feu (iropxa<6ç). On ne saurait nier que plusieurs mythes doivent leur origine à un nom; mais on ne peut pas faire dériver un mythe aussi grand et aussi important que celui du Typhon Caucasien d*une ressemblance accidentelle de son avec un nom mal compris. Il y a des argum^ts plus sérieux, dont un est mentîonoé aussi par Clausen. Il résulte du rq)prochem6nt de Typhon et du Caucase, et du témoignage foi^nel de Phérécydes de Syros, qui vivait au temps de la Lvm* olympiade, que VextrèmiU orientale du monde passait pour être une monUigne volcanique. D'après le acholiaste d'Apollonius de Rhodes {SchoUx tn ApolUmium, éd. Schaefferi, 1813, v. 1210, p. 5i4.) Phérécydes disait^ dans sa Théogonie, c que Typhon poursuivi se sauva sur le Caucase, que la montagne s*enflamma, ei que Typhon se réfugia de là en Italie, où Tlle Pithecusa Ait jetée et

pour ainsi dire coulée autour de lui. » L'Ile Pithecusa n'est autre que l'Ile Aenaria^ aujourd'hui Ischia^ dans laquelle VEtr pomeus (Epopon) rejeta des flammes et de la lave, 95 ans avant notre ère^ d'après Julius Ot)6equens^ et plus tard, sous Titus et sous Dioclétien, enfin; d'après le témoignage précis de Tolomeo Fiadoni de Lucca , alors prieur de Santa Maria Novella, en l'an 13(B. Un profond connaisseur de Tantiquité^ Boeckh, m'écrit : a II est étrange que Phérécydes représente Typhon fuyant le Caucase parce qu'il brûlait, lorsque lui-même est Fauteur de l'embrasement. Mais il nie parait incontestable, à moi aussi , que son séjour dans le Caucase est un souvenir des éruptions volcaniques de cette montagne». Apollonius de Rhodes, à l'endroit où il raconte la naissance du dragon de Colchos {Argonautica, 1. U, V. 4242-1217, éd. Beck), place également dans le Caucase le rocher de Typhorhy sur lequel ce géant fut frappé de la foudre par Jupiter, fils de Kronos. U se peut que les tor-* rents de lave et les cratères-lacs du plateau de Kely , les éruptions de l'Ararat et de l'Ëlburuz, ou les courants de pierre ponce et d'obsidienne, sortis des vieux cratères du Rbtandagh , tombent dans les temps anléhistoriques; mais les flanrunes qui, aujourd'hui encore, sortent par centaines à travers les crevasses du Caucase, sur des montagnes hautes de 7 000 à 8000 pieds, aussi bien que dans de vastes plaines, ont pu très-bien faire prendre la région montagneuse du Caucase pour un foyer typhonique.

(68) [page 237]. Humboldt, AsU cerUrak, t. II, p. 511 et 513. J'ai déjà fait remarquer (t. il, p. 201) qu'Edrisi ne parle pas des feux de Baku; puisque déjà deux cents ans avant lui, au X* siècle, Massudi Cothbeddin les décrit avec beaucoup de détaib comme un pays de Nefala, c'est-à-dire riche en fontaines de napbte brûlantes. Yoy. Fraehn, Ibn Fozlan, p. 245; et, sur Tétymologie du mot médique Naphta^ le Journal asiatique, t. XIII, p. 424.

(09) [page 237]. Comp. Maurice d'Engdhaidt et Frédérie Parroty Reise in die Krym und dm Kaukasru, iSlS^ l** part., p. il, avec Gœbd« Reise in die steppen der mdlichen Aus^ Imds, 4838, 4'* part., p. 248-353; S« part., p. 438-144.

(70) [page 238]. Payen, de l'acide borique des SuffUmi de la Toscane, dans les Annales de Chimie et de Physique, 3* série, 1. 1, 4841, p. 247-255; Bischof, Chemisdieundphysikalische Géologie, 1. 1, p. 669-691 ; Établissements industriels pour V extraction de r acide borique en Toscane, par le comte de Larderai, p. 8.

(71) [page 239]. Sir Roderik Impey Murchison, an Ihs vents ofhot Yapour in Tuscany, 4850, p. 7. Voy. aussi, dans le Recueil de Rarsten et de Decheu, Archiv fur Mineralogii (t. XIII, 4839, p. 49), les observatioDs géognostiques d'Hoffmann antérieures aux travaux de Murchison. Targioni Tozzetti affirme , d'après des traditions anciennes mais dignes de foi, que quelques-unes de ces sources boraciques, qui n'ont pas cessé de jaillir, tantôt d'un côté, tantôt de l'autre, avaient été vues jadis, pendant la nuit, brillantes, c'est-à-dire enflanmiées. Afin d'augmenter l'intérêt géognostique pour les réflexions de Murchison et de Pareto sur la nature volcaniqne des formations de serpentine en Italie, je rappellerai que dans TAsie Mineure , près la ville de Deliktasch, Tancienne Phaselis, sur la côte occidentale du golfe d'Adalia, la flamme de la Chimère qui brûle depuis plusieun milliers d'années, s'élève également d'une colline située sur le versant du Solimandagh, où l'on a trouvé des serpentines in situ et des blocs de calcaire. Un peu plus au Sud, dans la petite lie de Grambusa, on voit le calcaire superposé à la serpentine de couleur sombre. Voy. le travail riche en matériaux de l'amiral Beaufort {Survey of the coasts of Karamor nia, 4848, p. 40 et 48), dont les résultats ont été pleinemeni confirmés par les roches qu'a rapportées, au mois de mai 4854, un artiste heureusement doué, Albert Berg. Voy. Pierre de Tchihateheff, Asie Mineurey 4853, 1. 1, p. 407.

(72) [page 239]. Bischof, Chemischeundphysikalische GeO' logie, p. 682.

(73) [p. 239], Sartorius de Waltershaiisen , Physisch-geographische Skizze von Island, 4847, p. 423; Bunsen, ueber die Processe der vuUkanischen Gesteinsbildwigen IsUmds, dans PoggendorflTs Annalen, i. LXXXIII, p. 257.

(74) [page 239]. Waltershausen, Und., p. 418.

(75) [page 242]. Humboldt et Gay-Lussac, Mémoire sur V analyse de Vair atmosphérique y dans le Journal de Physique publié par Lamétherie. t. LX, an xm, p. 454 (réimprimé dans les Mélanges de Géologie et de Physique générale, 1. 1, p. 372).

(76) (page 242]. «C'est avec émotion que je viens de visiter un lieu que vous avez fait connaître il y a cinquante ans. L'aspect des petits volcans de Turbaco est tel que vous l'avez décrit : c'est le môme luxe de la végétation, le même nombre et la même forme des cônes d'aigle ^ la même éjection de matière liquide et boueuse; rien n'est changé^ si ce n'est la nature du gaz qui se dégage. J'avais avec moi, d'après les conseils de notre ami commun, M. Boussingault , tout ce qu'il fallait pour l'analyse chimique des émanations gazeuses, même pour faire un mélange frigorifique dans le but de condenser la vapeur d'eau, puisqu'on m'avait exprimé le doute, qu'avec cette vapeur on avait pu confondre l'azote. Mais cet appareil n'a été aucunement nécessaire. Dès mon arrivée aux Yolcancitos l'odeur prononcée de bitume m'a mis sur la voie, et j'ai commencé par allumer le gaz sur l'orifice même de chaque petit cratère. On aperçoit même aujourd'hui à la surface du liquide qui s'élève par intermittence, une mince pellicule de pétrole. Le gaz recueilli briUe tout entier sans résidu d'azote ( T ) et sans déposer du soufre (au contact de l'atmosphère). Ainsi, la nature du phénomène a consternent dumgé depuis votre voyage, à nums ^admettre une erreur

d observation, îvatà&èt par Tétat moms avancé de la chimie expérimentale à cette époque. Je ne doute plus maintenant que la grande éruption de GàUra Zamba^ qui a éclairé le pays dans un rayon de 100 kilomètres, ne soit un phénomène de Saises, développé sur une grande échelle, puisqu'il y exbte des centaines de petits c6nes, vomissant de Targile salée^ sur une surface de plus de 400 lieues carrées. Je me propose d'examiner les produits gazeux des ctaes de Tubarà, qui sont les saises les plus éloignées de vos Yolcancitos de Turbaco. Diaprés les manifestations si puissantes qui ont fait disparaître une partie de la péninsule de Galera Zamba, devenue une lie, et après Tapparition d'une nouvelle lie, soulevée du fond de la mer voisine en 4848 et disparue de nouveau, je suis porté à croh« que c'est près de Galera Zamba, à l'ouest du delta du Rio-Biagdalena^ que se trouve le principal foyer du phénomène des saises de la province de Carlbagène.» (Extrait d'une lettre que m'a écrite, de Turbaco, le colonel Acosta, le ^i décembre 1850.) — Gomp. aussi Hosquera^ Memoria politica sobre la Nueva Granada, 4852, p. 73, et Lionel Gisbome^ the Isthmus of Darien, p. 48.

(77) [page 242]. Pendant toute la durée de mon expédition en Amérique, j'ai suivi religieusement le conseil de Vauquelin, sous lequel j'ai travaillé quelque temps avant de partir pour mes voyages, à savoir : d'écrire le jour même et de conserver le détail de chaque expérience. J'extrais ce qui suit de mon Journal, à la date du 47 et du 18 avril 1801 : a Puisque le gaz traité avec du phosphore et du gaz nitreux n'a donné tout au plus que 4 pour lOOd'oxygène, et n'a pas donné avec del'eau dechaux 2 pour 100 d'acide carbonique,je me demande ce que sont les 97 autres parties. Je supposais d'abord que c'était de l'hydrogène carboné et de l'hydrogène sulfuré > mais il ne se dépose pas de soufre, au contact de l'atmosphère, sur les petits bords du cratère, et l'odorat ne révélait aucune trace d'hydrogène sulfuré. On pouvait croire que celte partie inconnue était

de Tazote pur, parce que^ comme il est dit phishaut^ une bougie aUumée ne causaUpas d^inflammation. Maisles analyses quej'ai faites jadis des feux grisous m'ont appris que de Thydrogène léger et pur de tout acide carbonique, qui se trouvait dans la partie supérieure d'une galerie, bien loin de s*al!umer, éteignait la chandelle du mineur, tandis que cette chandelle jetait une lumière claire dans les parties basses, où Tair se trouvait chargé d'une partie considérable d'azote. On en peut donc conclure que le reste du gaz des Volcandtos est de fazatey avec une certaine quantité d^hydrogène, que nous ne pouvons jusqu'à présent déterminer. Existerait-il donc au-dessous des Volcancitos le même schiste bitumineux que j'ai vu plus à l'Ouest, sur les bords du Rio Sinu? ou bien s'y trouve-t-il de la marne et de l'alumine? L'air peut-il pénétrer par d'étroites crevasses dans des cavernes formées par les eaux, et se décomposer par le contact avec de la terre glaise d'un gris noir, comme dans les mines creusées au milieu de Fargile bitumineuse de Halleki et de Berchtholdsgaden, où les excavations se remplissent de gaz qui éteignent la lumière? Ou bien, enfin, la tension des gaz élastiques qui sortent avec impétuosité fermeraient-ils l'accès à l'air aUnosphérique? » Telles sont les questions que je me posais à Turbaco, il y a cinquante-trois ans. D'après les der« nières observations de M. Yauvert de Méan (1854), le gaz qui s'échappe a complètement conservé sa propriété inflammable. Le voyageur a apporté des échantillons de l'eau qui remplit les petits cratères des Volcandtos. Boussingault y a trouvé, sur un litre, 6 grammes 59/100 de sel ordinaire, 0,34 de carbonate de soude, 0,â0 de sulfate de soude. L'analyse a révélé aussi des traces de borate de soude et d'iode. Après un examen au micrc^cope de la boue rejetée par le volcan, Ehrcnbcrg n'y a trouvé aucune parcelle de chaux ni aucune scorificalion, mais des grains de quartz mêlés de petites feuilles de mica et beaucoup de petits prismes cristallisés d'augite noire, comme il s*en trouve souvent dans le tuf volcanique. n n'y avait d'ailleurs aucun vestige d'épongés siliceuses ou

dinfusoires polygastriques^ rien qui aniioncàt la proximité de la m^r; mais beaucoup de restes de dicotylédooées^ d'berbes et de sporanges de lichens^ qui nq>pelaient les parties constitutives de la Moya de Pelileo. Ch. Sainte-Glaire Deville et George Bomemann^ dans leurs belles analyses de la Macalube di Terrapilata ont trouvé que le gaz rejeté au dehors contenait 0,99 d'hydrogène carboné; tandis que celui qui s*élève dans VAgua Santa di Limosina , près de Gatane, a fourni, comme autrefois Turbaco, 0,98 d'azote, sans aucune trace d'oxygène. Voy. les Comptes rendus de t Académie des Sciences, t. XLIU, 1856, p. 361 et 366.

(78) [page ^3|. Humboldt, Vues des CordiUères et Monuments des peuples indigènes de FAmèriquef pi. Xli, p. 239. Le beau dessin des Volcandtos de Turbaco, qui a servi de modèle à la gravure, est de la main de mon compagnon de voyage Louis de Rieux. Sur Tancien Taruaco des premiers temps de la Conquista espagnde, voy. Herr^ra Dec., I, p. 251.

(I9i [page 245). Lettre de M. Joaquin Acosta à H. Ëlie de Beaumont, dans les Comptes rendus de l'Académie des Sciences, t. XXIX, 1849, p. 530-534.

(80) [page 246]. Dans VAsie centraU (t. D, p. 519-540), le plus souvent d'après des extraits d'ouvrages chinois faits par Klaproth et Stanislas Julien. L'ancienne méthode chinoise de forage au moyen d'une corde, qui a été mise en pratique plusieurs fois de 1830 à 1842, et quelquefois avec succès, dans les houillères de la Belgique et de TAIlemagne/a été déjà décrite au xvu' siècle, dans la Relation de l'ambassadeur hollandais van Hoorn, ainsi que Ta fait voir Jobard. Le missionnaire français Imbert, qui a résidé tant d'années à Kia-tingfou, est cependant celui qui a donné les détails les plus précis sur cette méthode de forage appUquée aux fontaines de feu (Ho-

tsing). Voy, les Annales de rAssoeicUùm de la Propagation de Ia/cn,18S9,p. 369-381.

(8i) [page 247). D'après Tanalyse de Diard (voy. Asie centrale, t. II, p. 515). Outre les volcans boueux de Damak et de Surabaya, on trouve dans d'autres lies de Tarchipel indien ceux de Pulu-Semao, de Pulu-Kantbing et dePulu-Roti. Voy. Junghuhn, Javaj seine Gestalt \md Pflanzendecke, 1852, 3* part., p. 830.

(82) ( page 248 ]. Junghuhn, ibid., 1" part., p. 201-, 3«part., p. 854-858. Les grottes du Chien de Tlle Java, qui produisent un effet plus faible, sont désignées sous les noms de Gua-Upas et de GxMrGalan. Gua est le mot sanscrit guhây qui signifie grotte. Il ne peut y avoir de doute sur ridentké de la grotta del Cane, voisine du logo di Agnano, avec celle que Pline (1. 11, c. 93) a décrite, il y a près de dix-huit siècles : a In agro Puteolano, Ctuuronea scrobis mortiferum spiritum exhalans. s On peut donc s'étonner avec Scacchi (Memorie geolog. sulla Campor nia, 1849, p. 48) qu'un phénomène aussi minime que le dép6t renouvelé d'une faible quantité de gaz carbonique ait pu se maintenir sans changement et sans trouble dans un terrain meuble, si souvent remué par des tremblements de terre.

(83) [page 248]. Blume, Rumphia sive Commentationes botanicx, 1. 1, 1835, p. 47-59.

(84) [page 249]. Humboldt, Essai gèognostique sur le gisefnent des rodies dans les deux hémisphères, 1823, p. 76; Bous- «Dgault, dans les Annales de Chimie et de Physique, t. LU, 1833, p.ll.

(85) (page 250 1. Voy. sur la hauteur d'Âlausi, dans le Gerro Cuello, près de Ticsan, mes Observations astronomiques ^ 1. 1, p. 311 (nivellement barométrique, n* 206).

(86) [page 250]. « L*existence d'une source de naphte sottant au fond de la mer d'un micaschiste grenatifère, et répan-

dant, selon rexpression d'un historien de la Gonquista, 0?iedo, une liqueur résineuse^ aromatique et mé<Ueinaley est un bit extrêmement remarquable. Toutes celles que Ton connatt ' jusqu'ici appartiennent aux montagnes secondaires^ et ce mode de gisement semblait favoriser Tidée que tous les bitumes minéraux étaient dus à la destruction des matières Tégétal( s et animales, ou à Tembrasement des houilles (?o;. Uafchett, dans les Transact. of the Linnaean Society y 1789, p. 129). Le phénomène du golfe de Cariaco acquiert une nouvelle importance, si Ton se rappelle que le aiéme terrain dit primitif renferme des feux souterrains ; que, sur le bord des cratères enflammés, Y odeur de pétrole se fait sentir de temps en temps (par ex. dans Téruption du Vésuve, en 1805, lorsque le volcan lançait des scories), et que la plupart des sources trèschaudes de r Auiérique méridionale sortent du granité (las Trincheras, près de Portocabfllo), du gneiss et du schiste micacé. Plus à Test du méridien de Gumana, en descendant de h Sierra de Mcapire, on rencontre d'abord le terrain creux (tierra hueca) qui, pendant les grands tremblements de t^ie de 1766, a jeté de l'asphalte enveloppé dans du pélrole visqueux; et puis au delà de ce terrain, une infinité de sources chaudes hydrosulfureuses. » (Humboldt, RekOion historique du voyage aux régions équinoxiales, 1. 1, p. 136, 344, 347 et 447.)

(87) [page 255]. Cosmos^ 1. 1, p. 266.

(88) [page 256]. Strabon, 1. 1, p. 58, édit. de GasauboD. L'épithète ^«upoç prouve qu'il ne s'agit pas ici de volcans de boue. A l'endroit où Platon fait allusion à ces volcans, dans SCS fantaisies géognostiques, mélangées de mythes et d'obsciTations réelles, il dit expressément, par opposition au phénomène que Strabon a décrit, îr^pcS moXoO mropH. J'ai parlé aQ leurs des mots mikéç et puoÇ appliqués aux éruptions volcaniques {Cosmos y t. I, p. 528, note 25). Je me bornerai à rappeler ici un autre passage de Strabon (I. VI, p. 269), oti il caractéria^de

la façon la plus claire la lave qui se durcit^ par les expressions de irexbç {itXac. On lit dans sa description deTEtna : a Le torrent enflammé ( puo^); en se solidifiant^ pétrifie la surface de la Terre jusqu'à une profondeur assez considérable pour que ce* lui qui voudrait la mettre à nu ait à faire un travail de carrier. Puisque les roches sont fondues dans les cratères avant d^en être expulsées, il est naturel que la matière en fusion qui s'échappe du sommet et coule le long de la montagne soit une masse noire et pftteuse (imXoc) qui, en durcissant, devient une pierre meulière et garde sa couleur primitive. »

(89) ( page S56]. Cosmos, 1. 1, p. 530 (note 28).

(90) [ page 257 ]. Leop. de Buch, ueber basaltische Insein md Erhebungskraier, dans les Abhandlungen der Komigl. Altademieder Wissenschaften zu Berlin, années 18t8 et 1819, p. 51. Voy. aussi du même : PhysiccUische Beschreibung der Canarischen Insein, 1825, p. 213, 262, 284, 313, 323 et 341. Cet ouvrage qui a marqué dans l'histoire de la connaissance des phénomènes volcaniques, est le fruit du voyage que de Buch a fait à Madère et à Ténériffe, depuis le commencement d'avril jusqu'à la fin d'octobre 1815; mais Naumann, dans son Lehrbuch der Geognosie^ rappelle avec raison que la théorie des cratères de soulèvement et la différence essentielle qui les distingue des volcans proprement dits ont été déjà énoncées dans des lettres écrites d'Auvergneen 1802 par Leop. de Buch, à l'occasion de la description du Mont-Dore {Geognostische Beobachtwngen aufReisen durch Deutschland tmd Italien, t. II, p. 282). Les Âçores font aux trois cratères de soulèvement des iles Canaries, Gran Canaria, Ténériffe et Palma, un pendant qui fournit la matière de comparaisons très-instructives. Les excellentes cartes du capitaine Vidal, dont nous devons la publication à l'Amirauté anglaise, font comprendre la singulière constitution géologique de ces iles. Dans Pile de San Miguel est située l'immense Caldeira dos sete Cidades, cratère de soulèvement qui renferme, à une hauteur de 812 pieds, deux

Page 1