INTRODUCTION
A LA PABTIE URANOLOGIQUE
va COUP d'cbil rëtrospbctif sur les vouiubs mtctDtKis.
Je poursuis le but que je me suis fixé et que je n'ai pas désespéré d'atteindre, dans la mesure de mes fcHTXs et seloD l'état actuel de la science. Couforménteat au plan que je m'étais tracé, les deux volumes du Cosmos publiés jusqu'à ce jour présentent la natore considérée d'un double point de vue. J'ai essayé d'abord de la reproduire sous son aspect extérieur et purement objectif; puis j'ai dépeint son image réfiédiie à l'inlérieur de l'homme par l'intermédiaire des sens, et j'ai recherché la trace de l'influence qu'elle a exercée sur les idées et les sentiments des différents peuples.
3,q,i,i=dbvGoogIe
Le monde extérieur a été décrit dans ses deux grandes sphères, la sphère céleste et la sphère terrestre, sous la forme scientifique d'un tableau général de la Nature. Ce tableau offre d'abord aux regards les étoiles qui brillent parmi les nébuleuses, dans les régions les plus reculées de l'espace; de là, il nous fait redescendre à travers notre système planétaire jusqu'à la couche végétale dont est couvert le sphéroïde terrestre, et aux organismes infiniment petits qui flottent souvent suspendus dans les airs et se dérobent à l'œil nu. Pour rendre sensible l'existence du lien commun qui eulace tout l'univers, et le gouvernement des lois étemelles de la nature; pour faire saisir, autant qu'elle peut être connue jusqu'à ce jour, celte connexion génératrice qui unit des groupes entiers de phénomènes, il fallait éviter soigneusement l'acctunutation des faits particuliers. Une telle réserve était surtout nécessaire dans la sphère terrestre du Cosmos, où, à côté de l'action dynamique des forces motrices, se manifeste énergiquement l'influence produite par la diversité spécifique des substances. Dans ta sphère sidérale oa uranologique, tes problèmes sont, pour tout ce que l'observation peut atteindre, d'une admirable simplicité, et se prêtent, en raison des mass^ énormes et des forces attractives de la matière, à des calculs rigoureux, fondés sur la théorie du mouvement. Si nous sommes, ainsi que je le crois, autorisés à re- 'garder tes astéroïdes ou pierres météoriques comme des parties de notre système planétaire, ces corps sont les seuls qui, en tombant sur la terre, nous mettrait
3,q,i,i=dbvGoogIe
CD contact avec des substances évidemment hétérogènee, qui circulent dans l'espace (1). J'indique ici les causes pour lesquellefi la méthode matbématique a été . jusqu'à ce jour moins généralement et moins heureusement appliquée aux phénomènes terrestres qu'aux mouvemeDts des corps célestes, gouvernés uniquement dans leurs perturbations réciproques et leurs retours périodiques par ta force Tondamenlale de la matière bomogène, aussi loin du moins que peuvent s'étendre nos perceptions.
Je me suis surtout eflbrcé, en traçant le tableau de la Terre, de disposer les phénomènes suivant un ordre qui laissât soupçonner le lien générateur par lequel ils se rattachent l'un à l'autre. J'ai décrit la cooBguratî(Mi du corps terrestre; je l'ai représenté avec sa doisilé moyenne, avec les variations de sa température agissant en raison de la profondeur, avec ses courants électro-magnétiques et les phénomènes de la lumière polaire. La réaction de l'intérieur contre l'extérieur de la Terre est le principe de l'activité volcanique : c'est à cette cause que doivent être rapportés les ondes d'ébranlement qui se propagent dans des cercles plus ou moins étendus, et les effets de ces â>raa]ements, qui ne sont pas toujours purement dynamiques, comme les éruptions de gaz, de boue et d'eau chaude. Le soulèvement des montagnes ^TCHnes est la plus haute manifestation des forces ml^ieures de la Terre. Nous avons re[vésenté les tolcans centraux et les chaînes de volcans, non pas seoluneot comme des âémrats de destruction, mais
aussi comme des agents producteurs, qui coutiauent à former sous nos yeux , et le plus souvent à des * époques fixes-, des roches d'éruption. En opposition avec les roches d'éruption, nçus avons montré les roches de sédiment se précipitant aujourd'hui encore du sein des milieux liquides dans lesquels leurs dernières particules flottaient suspendues ou dissoutes. Cette comparaison des parties de la Terre en voie de développement, dont la figure n'est pas encore déterminée, avec celles qm,^1idifiées depuis longtemps, forment les différentes couches de la croûte terrestre, nous conduit à déterminer avec certitude la série successive des formations qui renferment dans un ordre chronologique les familles éteintes des animaux et des plantes, et permettent de reconnaître distinctement la Faune et la Flore de l'ancien monde. La naissance, la transformation et l'exhaussement des couches, aux diverses époques géologiques, sont les conditions d'où dépendent tous les accidents de la surface terrestre : la répartition de l'élément liquide et de l'élément solide, ainsi que l'étendue et l'articulation des masses continentales, en lar^ur et en hauteur. Ces relations, à leur tour, déterminent la température des courants marins, l'état météorologique de l'océan gazeux qui enveloppe la Terre, et la distribution géographique des différents organismes. Le souvenir du lien qui unit les phénomènes terrestres, et que j'ai tenté de mettre en lumière dans la première partie du Cosmos, suffit, je pense, pour prouver qu'il est impossible de rapprocher les résultats si vastes et en apparence si
3,q,i,i=dbvGoogIe
complexes de l'observatioD , sans approfondir la coanesité qui rallaclgBés'" causes aux effets. La signifilatioD de la natuR est d'ailleurs considérablenient a^iblie, lorsque, par une trop grande accumulation lies laits isolés, on eDiève «ux descriptioDS dans lesiiuelles OQ cherche à la reproduire, toute leur chaleur vivifiante.
Si je De pouvais sérieusement prétendra, quelque soin que j'y apportasse, à n'omettre aucune particularité dans le tableau des phéDomènes extérieurs, il n'était pas plus facile de tout dire , en dépeignant le reflet de la nature dans l'esprit de l'homme. Ici même les bornes devaient être plus étroitement circonscrites. L'immense empire du monde intellectuel , fécondé depuis des siètjes par les forces actives de la pensée, nous montre, dans les diverses races d'hommes et aux diflëreDts degrés de la civilisation , des dispositions d'esprit tanlâf-jpries, tantôt sombres (2), un vif amour du beau ou une insensibilité grossière. D'abord l'Ame (le rhoBBoe est conduite au sentiment de la Divinité porJKpectacle des forces naturelles et par certains lâifCRiu monde extérieur. C'est plus tard seulement qu^'bomme s'ë.ive à des inspirations religieuses plus pj^ et plus spirituelles (3) . Le rcflel du monde extériéUh dans l'homme, les impressions de la nature enviru^n^ et tes dispositions physiques exercent aussi pijis d'une .influence sur la formation mystérieuse des I^M^^ [&). L'humanité travaille au dedans d'elle la ta/h^ve que lui fournissent les sens, et les résultats de *elle opiîration intérieure sont aussi bien du do-
3,q,i,i=dbvGoogIe
nutioe du Cosmos que les phénomèoes sur lesquels elle s'accomplit.
Gomme l'éveil donné à rimagination créatrice ne permet pas que l'image réfléchie de la nature se conserve pure et fidèle, il exfele, à côté du moade réel ou extérieur, un monde idéal ou intérieur, rempli de mythes fantastiques et quelquefois symboliques, animé par des formes animales dont les parties hétérogènes sont empruntées au monde actuel ou aux débris des générations évanouies (5). Des formes merveilleuses d'arbres et de fleurs croissent aussi sur le sol de la mythologie, comme ce frêne gigantesque des chants de l'Edda, cet Arbre du Monde nommé Ygdrasi^ dont les branches s'élèvent au-dessus du ciel , tandis que l'une de ses trois racines s'enfonce, jusque dans les sources retentissantes du monde souterrain (6). Ainsi la région nébuleuse de la mythologie physique est, suivant la différence des races et des climats, peuplée de formes gracieuses ou effroyables qui passent de là dans le domaine des idées savantes et,,^uraat l'espace de* plusieurs siècles, se transmettent denHnération en génération.
Si le travail que j'ai livré au puDKc ne répond fas assez au titre dont j'ai souvent moi-même signal^ fa hardiesse imprudente, ce reproche d'insuffisance doit porter principalement sur la partie qui traite de latrie intellectuelle et du rellet de la nature dans le sentiment de l'homme. Pour celle parlie surtout, Je iQe suis borné aux objets les plus rapprochés des études qui ont rempli ma vie; j'ai recherché l'expressioiî dti
3,q,i,i=dbvGoogIe
seotinrait de la nature chez les peuples de l'antiquité dassique et chez les Dations modernes, recueillant les fragments de poésie descriptive qui ont emprunté lear couleur au caractère oatioiial de diacune de ces races, et à l'idée qu'elles se Faisaient de la création, ai tant que l'œuvre d'une puissance unique; j'ai dépeint le charme gracieux de la peinture de paysage; oiGn j'ai retracé l'histoire de la contemplation du monde, c'est-à-dire l'histoire des découvertes qui, ext se succédant pendant un laps de vingt siècles, ont permis à l'observateur d'embrasser l'ensemble de I'univ«s et de dégager l'unité qui domine tous les f^nomènes.
En admettant que, dans te premier essai d'uoeœnvre aussi vaste, qui se propose, tout en restap'^ scientiQque, de représenter l'image vivante de la nature, on puisse avoir la prétention d'être complet en quelque chose, du moins, doit-on chercher à l'être plus par les idées que l'on soulève que par lœ résultats que l'on fournit. Un Livre de la Nature vraiment digne de ce nom ne pourra apparaître que lorsque ies sciences, condamnées dès le principe à rester toujours in- «Knplèles, se seront du moins agrandies et élevées à force de persévérance, et qu'ahsi les deux sphères en lesquelles se décompose le Cosmos, le monde extérieur perçu par les sens et le monde intérieur réfléchi dans la pensée de l'homme, auront l'une et l'autre gagné en darté lumineuse.
Je crois avoir suffisamment indiqué les raisons qui devaient me déterminer à ne pas donner plus
3,q,i,i=dbvGoogIe
d'extension au Tableau géaéral de la Nature , me réservant, dans le troisième et dernier volume, de suppléer à ce qui manque, et de réunir les résultats de l'observation sur lesquels est fondé l'état actuel des opiaioDS scientifiques. Ces résultats seront rangés dans le même ordre que j'ai suivi déjà pour la des~ cription de la nature , conformément aux principes établis plus haut. Avant toutefois de passer à des faits particuliers et spéciaux , je demande la permission d'ajouter encore quelques considérations générales qui jetteront un nouveau jour sur l'objet de ce livre. La faveur inattendue avec laquelle un public considérable a accueilli mon entreprise, dans ma patrie et dans les pays étrangers, me fait doublement sentir |Je besoin de m'expliquer encore une fois, et d'une manière plus précise, sur la pensée fondamentale de cet ouvrage et sur les exigences que je n'ai pas ^ercbé à satisfaire, parce que je n'y pouvais prétendre, d'après l'idée que je me fais personnellement de nos connaissances expérimenlales. A ces considérations justificatives se rattacheront comme d'eux-mêmes les souvenirs historiques des premiers efforts faits en vue de découvrir la pensée du Monde, c'est-à-dire le principe unique auquel dosent être ramenés tous les phénouiènes, lorsqu'on s'efToi'ce d'en découvrir l'harmonie génératrice.
Le principe fondamental de mon livre (7), tel que je l'ai développé, il y a plus de vingt ans, dans des leçons professées en allemand et en français, à Paris et à Berlin, c'est la tendance constante à recomposer
MbvGoogle
avec les (dtéDomènes l'ensemble de la aalure, à montrer dans les groupes isoléâ de ces phénomènes les oooditions qui leur sont communes, c'est-à-dire les grandes lois qui régissent le monde; enSa à Taire voir comment de la connaissance de ces lois on reiDODte au lien de causalité qui les rattache les unes aux autres. Pour arriver à dévoiler le plan du monde H l'ordre de la nature, il faut commencer par généraliser les laits particuliers, par rechercher les conditions dans lesquelles les changements physiques se reproduisent uniformément. Ainsi l'on est conduit à une contemplation réfléchie des matériaux fournis par l'empirisme, et non o à des vues purement spéculatives, à un développement abstrait de la pensée, h une unité absolue indépendante de l'expérience. » Nous sommes, je le répète, encore bien loin de l'époque où l'on peut se flatter de faire rentrer toutes les perceptions sensibles dans une idée unique qui embrasserait l'ensemble de la nature. Déjà, un siècle avant François Bacon, la véritable voie avait été frayée et signalée en peu de mots par X,éonard de Vinci : ■ comiaciare dall' esperienza et per mezzo di quesla Ecoprime la ragione (S), n II y a, à la vérité, des ^^roupes nombreux de phéooniè'cs dont nous devons nous contenter de découvrir les lois empiriques; mais le but le plus élevé, celui qui a été le -plus rarement atteint, est la recherche des causes qui relient entre eux tous les phénomènes (9). On n'arrive à une complète évidence que lorsqu'il est possible d'appliquer aux Khs générales la rigueur du raisonnement iiiathé-
3,q,i,i=dbvGoogIe
matique. Pour certaioes parties de la science seulement, il est vrai de dire que la description du rnoode est Vexplication du monde. En général ces deux termes ne peuvent pas encore être considérés comme identiques. Ce qu'il y a de grand , d'imposant dans le travail intellectuel dont nous marquons ici les limites, c'est la conscience de l'effort fait pour tendre vers l'infini, pour embrasser l'immense et inépuisable plénitude de la création , c'est-à-dire de tout ce qui existe et se développe.
De tels efforts tentés à travers tous les siècles, ont di\ souvent, et de diverses manières, mnduire à cette illusion que le but était atteint, que le principe pétait trouvé, d'après lequel peuvent être expliqués tous les phénomènes sensibles qui se succèdent dans le monde matériel. Après la longue période où, conformément au premier mode d'intuition de l'esprit hellénique, les forces naturelles qui fixent la forme des choses , les changent et les détruisent , étaient honorées comme des puissances spirituelles voilées sous des formes humaines ( 10 ) , le germe d'une contemplation scientiSque de la nature se développa dans les fantaisies physiologiques de l'école ionienne. Cette école était partagée en deux directions différentes. Guidés tantôt par des considérations mécaniques , tantôt par des considérations dynamiques , les naturalistes, pour expliquer l'existence des choses et la succession des phénomènes, recouraient à l'hypothèse de principes concrets et matériels, que l'on appelait les éléments de la Nature, ou à la raré-
3,q,i,i=dbvGoogIe
bctioD et à la condensation des substances élëmenlaires (il). Cette hypothèse de quatre ou cinq éléments spécifiquement distincts, qui peut-être a tiré son origine de l'Inde, est restée mêlée à tous les systèmes de philosophie naturelle, depuis le poème didactique d'Empédocle, et témoigne du besoin que l'homme a éprouvé de tout temps, de viser à la généralisation et à la simplification des idées, qu'il s'agisse de l'action des forces ou seulement de ia nature des substances.
Un peu pins tard, lorsque la physiologie ionienne eut pris un nouveau développement, Anaxagore de Ciazomène s'âeva de l'hypothèse des forces purement motrices à l'idée d'un esprit distinct de toute espèce de matière, mais intimement mêlé à toutes les molécules homogènes. L'intelligence régulatrice [vot>() gouverne le développement incessant de l'univers; elle est la cause première de tout mouvement et par conséquent le principe de tous les phénomènes physiques. Anaxagore explique te mouvement apparent de la s[Aèpe céleste, dirigé de l'Est à l'Ouest, par l'hypo- Ihèse d'un mouvemen^ de révolution général dont l'interruption, comme on l'c chute des pierres méléoriqi tsl le point de dépatt de la 1
MbvGoogle
3,q,i,i=dbvGoogIe
philosophie de la mesure et de l'harmonie, ont longtemps influé sur le développement des sciences, et conduit des esprïts aventureux par des chemins détournés que doit retracer l'histoire de la Contemplation du Monde. Il y a dans les simples rapports du temps et de l'espace, révélés par les sous, les nombres et les lignes, un charme attachant qu'a célébré toute l'antiquité (15). L'idée de l'ordre et du gouvernement de l'univers ressort dans toute sa pureté et dans toute son élévation des écrits d'Aristote. Ses Auscuitationes physicœ représentent les phénomènes de la nature comme les efièts de forces vitales, émanant d'une puissance universelle. Le ciel et ta nature (16) , dit-il en désignant sous ce nom la sphère terrestre des phénomènes, dépend du moteur immobile du monde. L'ordonna^ur, ou en d'autres termes le dernier principe des phénomènes sensibles, doit être considéré comme distinct de toute espèce de matière et ne tombant pas sous les sens (17). L'unité qui domine tous les phénomènes par lesquels se manifestent les forces de la matière est élevée dans Aristote à la hauteur d'un principe esseptid, et ces manifestations elles-mêmes sont toujours ramenées à des mouvements. Ainsi le traita de Anima renferme déjà le germe de la théorie des ondulations lumineuses (18). La sensation de la vue est produite par un ébranlement, une vibration du milieu placé entre t'œil et l'objet, et non par d^ émanations qui s'échapperaient de l'un ou de l'autre. Aristote compare l'ouïe à la vue, parce que le son est aussi un effet des vibrations de l'air.
3,q,i,i=dbvGoogIe
Ârislote, tout en recommaDdant d'appliquer la raison à rechercher le g^éral dans le détail des particularités perçues par les sens, embrasse toujours l'easemble de la nature et la coDuezicm intime nonseulement des forces, mais aussi des formes oi^niques. Dans le livre qu'il a écrit sur les organes des animaux {de Partibus Ànimalium), il exprime clairement sa croyance à la gradation par laquelle les êtres s'élèvent successivement des formes inférieures à des formes plus hautes. La nature suit un dévek^ pem«it progressif et non interrompu, depuis les objets inanimés ou élémentaires jusqu'aux formée animales,'^ en passant par les plantes, et a en s'esseyant d'abord sur ce qui Q*est pas encore un animal proprement dit, mais qui en est si voisin qu'il y 8 en vérité peu de di^rence (19). » Dans cetle gradation des formes, les nuances intermédiaires sont insensibles (20) . Le grand problème du Cosmos est pour le Stagirite l'unité de la nature : « Dans la nature, dit-il avec une singulière vivacité d'expression, rien d'isolé ni de décousu, comme <^s une mauvaise tragédie (31). »
Tous les ouvrages physiques d'Aristote, observateur aussi exact que profond penseur, laissent voir clairement cette tendance philosophique à faire dépendre d'un principe unique tous les phénomènes de l'univers. Mais l'état imparfait de la science, l'ignorance où l'on était à cette époque de ta méthode expérimentale, qui consiste à susciter les phéncHuènes dans des conditions déterminées, ne permettait pas d'embrasser le lien de causalité qui unit ces phénomènes,
db,GoogIe
Btêtae en tes divîsanl «i groupes peu nombreux. Tout se bornait aux oppositions sans cesse renaissantes du froid et du diaud, de ta sécheresse et de l'humidité, de la raréfaction et de la densité primitives et aux altérations produites dans le monde matériel par une sorte d'antagonisme intérieur ( àmmfûtTxiTM ) , qui rafale les hypothèses modernes des polarités opposées et le contraste du -^ et du — (22). Les solutions proposées par Aristote ont le tort de déguiser les hi\s, et dans l'explication des phénomènes d'optique oa de raétéorotogie, le style d'ailleurs si énergique et si OHicis du Stagirite semble prendre plaisir à s'étendre, et emprunter quelque chose de la diffusion beUénique. Comme l'esprit d'Aristote était presque exclusivement dirigé vers l'idée de mouvement, et se préoccupait peu de la diversité des substances, il en résnlle que sa pensée fondamentale de ramener tous les phénomènes terrestres à l'impulsion donnée par le mouveaient du dd, c'est-à-dire par la révolution de la sphère céleste, se reproduit sans cesse, qu'on la retrouve partout, qu'elle est, de la part de l'auteur, l'objet d'une sorte de prédilection, mais que nulle part die n'est présentée avec une précision et une rigueur absolues (23).
Par l'impulsion dont j'essaye de donner l'idée, il ne faut entendre que la communkation du mouvetD«it, considéré comme le principe de tous les phé- DOmèoes terrestres. Les vues panthéisliques sont tout k Èril laissées de câté. La Diviaité est la plus haute unité ordonnatrice; « elle se manifeste dans tous les
cercles de l'univers, doDoe leur destination à tous les êtres distincts de la nature, el combÎDe tout en vertu de sa puissance absolue (2&). » Les idées de but et d'appropriation sont appliquées, non pas aux phénomènes subordonnés de la nature inoi^nique ou élémentaire, mais principalement aux organisnoes qui occupent une place plus élevée dans le règne anima) ou végétal (25). Il est remarquable que dans cas théories, la Divinité se sert d'une quantité d'esprits sidéraux qui retiennent les planètes dans leurs étemelles orbites , comme s'ils connaissaient la distribution des masses et les perturbations (26). Les astres sont, dans le monde matériel, l'image de la Divinité. En dépit du titre qu'il porte, je n'ai pas mentionné le Ivaité de Mundo, faussement attribué à Aristote et certaifiement émané de l'école stoïcienne. L'auteur, dans des descriptions ou l'on remarque souvent une couleur et une animation un peu factices, découvre à la fois aux regards le ciel et la terre, les courants de la mer et de l'océan atmosphérique; mais nulle part ne se manifeste la tendance à chercher dans les propriétés de la matière des principes généraux auxquels puissent être ramenés tous les phénomènes de l'univers.
Je me suis arrêté longtemps ^ l'époque de l'antiquité, où se sont fait jour les aperçus les plus brillants sur la nature, afin de pouvoir opposer ces premiers essais de généralisation aux tentatives des temps modernes. Dans ce mouvement des intelligences appliquées à élargir la contemplation du monde, le
3,q,i,i=dbvGoogIe
jin'eiècte et le commeDcemenl du xtv* se distinguent leotrelous les autres, aiosi qu'oo l'a pu voir dans le lent volume du Cosmos (27). Cependant VOpus ij'iu de Roger Bacon, le Miroir de la Nature de 'iûcenlde Beauvais, le Liber cosmographicus d'Albert Grand et ïlmago mundi du cardinal Pierre d'Ailly sool d^ ouvrages dont le contenu ne répond pas au titre, quelque influence qu'ils aient pu d'ailleurs exercer sur les contemporains. Parmi les adversaires delà physique péripatéticienne en Italie, Telesio, de Cosenza, est signalé comme le fondateur d'un système scientifique plus rationnel. Pour lui la matière est passive et tous les phénomènes sont les effets de ieai principes immatériels ou de deux Forces, le froid et le chaud. Toute la vie organique, les plantes « animées D aussi bien que les animaux eux-mêmes sont le produit de ces deux forces élernellemeat opposées, dont l'une, la chaleur, appartient à la sphère câeste, et dont l'autre, le frotd, rentre dans la sphère lerreslre.
Emporté par une fantaisie plus désordonnée encore, isais doué d'un esprit profond d'investigation, Jordano BranOfde Nola, a tenté d'embrasser l'ensemble de l'oDivers, dans trois ouvrages différents (28) : dans le traité de la Causa, Principio et Uno; dans ses Con~ jmpUuioni eirca h Infinito, Vniverso e Mundi innuneraiiïi. et dans le de Minimo et Maximo. La philosophie de la nature de Telesio, contemporain de Copernic, bine voir du moins l'effort tenté pour ramener les ttinsformations de la matière à deux de ses forces
3,q,i,i=dbvGoogIe
fondameatales qui, à la vérité, sont supposées agir du dehors, mais jouent néanmoins un râle anal.c^e à celui de l'attraction et de ta répulsion, dans la théorie dynamique de Boscowich et de Kant. lies vues de Jordano Bruno sur le Monde sont purement métaphysiques : loin de chercher dans la matière elle-même les causes des phéoomèoes sensibles, il touche à l'idée d'un espace infini, rempli de mondes qui brillent de leur lumière propre; il parle des âmes qui animent ces mondes et des relations de l'intellig^ice suprême, de Dieu, avec l'univers. Bien que moins versé dans les connaissances mathématiques, Jordano Bruno fut, jusqu'au jour de son martyre, admirateur enthousiaste de Copernic, de Tycbo et de Kepler (29). Contemporain de Galilée, il ne vit pas l'invention du télescope par Hans Lippershey et Zacharias Jansen, ni par conséquent la découverte « du petit Monde de Jupiter, » des phases de Vénus et des nébuleuses. Plein d'une généreuse confiance dans ce qu'il nomme lume interno, ragione naturale, altezza del^ intelletto, il se laissa aller à d'heureuses divinations sur les mouvements des étoiles fixes, sur la nature planétaire des comètes et sur la forme imparfaitement sphérique du globe terrestre (30). L'antiquité grecque est pleine aussi de ces pressentiments uranologiques , que te temps plus lard a réalisés.
Eq suivant la marche des idées auxquelles ont donné naissance les relations des diverses parties de l'univers, on trouve que Kepler fut celui qui approcha le plus près d'une théorie mathématique de la gravita-
db,GoogIe
— i9 — tàœ, et cela , soixaDte-dix-huit ans avaot l'apparition je rimmortel ouvrage de Newton, des Principia phibaopkiœ naturalis. Si UB philosophe éclectique, Simplidos, exprima d'une manière générale cette pensée qœ l'équilibre des corps célestes tenait à ce que la fnte œntrifuge avait la haute mnin sur la pesanteur, c'est-à-dire sur la force qui attirait ces corps vers les r^ODS inférieures; si Jean Philopno, élève d'Ammonins flerméas, attribua le mouvement de ces corps à ooe impulsion primitive et à un effort constant pour tnaber; si eofia, comme nous l'avons remarqué déjà, 3 De &nt voir dans ces mémorables paroles de Copernic : « Gravitatem non aliud esse quam appelentiam qoamdam naturalem partibus inditani a divina pro- T^tia opificis universorum , ut in unitatem inle- ^rttatemque suam sese conférant, in formam globi coeflDtes » que l'idée générale de la gravitation, telle ^'elle s'exerce par le Soleil, centre du monde plaaé- 9kt, sur la Terre et sur ta Lune; ce n'est pourtant 9» dans l'introduction au traité de Stella S/arlts de S^4er que Ton trouve, pour la première fois, une ifpréciation numérique de la gravitation réciproque k h Terre et de la Lune, suivant le rapport de leurs MEses (31). Kepler cite le flux et le reflux comme «({ffenve que la force attractive de ta Lune {virtus Imtorîa) s'étend jusqu'à la Terre; il croit même fn cette force, semblable à l'action de l'aimant sur b fer,.ailèverail à la Terre toute l'eau qui la recoum, ■ cette eau d'aube part n'était attirée par la Ibtc (33). HalbeuFeuaement, dix aonécs [4us tard,
3,q,i,i=dbvGoogIe
en 1619, ce grand homme, peut-être par déférence pour Galilée qui rapportait les marées à la rotation de la Terre, abandonna l'explication véritable, pour représenter la Terre, dans son Harmonice Mundi, comme un monstre qui, lorsqu'il s'endort ou s'éveille à des moments réglés sur la marche du Soleil , produit par sa respiration, semblable à celle d'une baleine, le gonflement ou l'abaissement de l'Océan. D'après le sens malhémalique dont témoigne d'une manière éclatante l'un des ouvrages de Kepler, ainsi que l'a déjà reconnu Laplace, on ne saurait trop regretter que l'homme auquel est due la découverte des trois grandes lois qui président à tous les mouvements planétaires, n'ait pas persévéré dans la voie à laquelle l'avaient conduit ses vues sur l'attraction des corps célestes (33) .
Plus versé que Kepler dans l'étude des sciences naturelles, et fondateur de plusieurs parties de la physique mathématique, Descartes entreprit d'embrasser dans un ouvrage qu'il appelait Traité du Monde ou Summa Pkilosopkiœ, le monde entier des phénomènes, la sphère céleste et (oui ce qu'il savait de la nature vivante ou de la nature inanimée. L'organisation des animaux, particulièrement celle de l'homme, avec laquelle il s'était ramitiarisé pendant onze ans par de sérieuses études anatomiques , devait terminer l'ou- - ^vrage (3à) . Dans les lettres de Descartes au Père Mersenne, on rencontre souvent des plaintes sur ta lenteur avec laquelle avançait le travail, et sur la diflîculté de rattacher entre eux tant de matériaux divers. Le
3,q,i,i=dbvGoogIe
Cami, que Descartes Dommaît toujours sou Monde, derail être dé&DitiTement livré à l'impression vers la fin de l'année 1633, lorsque le bruit de la condamnation de Galilée, répandu par Gassendi et Bouillaud, qoatre mois seulement après qu'elle eut été pronoDcée par l'inquisition romaine, fit tout rompre et priva la postérité de ce vaste ouvrage, composé avec tant de soins et tant de peine. Descaries renonça à publier GOD Cosmos, de peur de compromettre le repos dont il jouissait dans sa solitude de Deventer, et aussi pour ne pas paraître nanquer de respect à l'autorité du Saint-Siège, en soutenant de nouveau le mouvement planétaire du globe terrestre (35). Ce fut seulement en 167/|, quatorze ans par conséquent après la mort de Descartes, que quelques parties de son Cosmos furent imprimées sous ce singulier titre : Le Monde ou Traité ie la lumière (36) ; cependant les trois chapitres où il est question de la lumière forment à peine un quart de fouTTage. D'autres fragments, qui contenaient des considérations sur le mouvement des planètes et leurs distances relativement au Soleil, sur le magnétisme lerresbB, les marées, les tremblements de terre et les vdcans, ont été reportés dans la troisième et la quatrième partie du célèbre ouvrage intitulé : Principes de la philosophie.
Malgré son titre significatif, le Cosmotheoros de Hiqr^iens, qui ne fut publié qu'après sa mort, mérite à peine de trouver place dans cette énumération des «sais cosmologiques. Ce ne sont que les rêveries et Ips va^ïues hypothèses d'un grand homme sur le règne
végétal et le règne animal des astres les plus éloignés, particulièrement sur les altérations qu'a dû subir la forme Jiumaine dans ces corps célestes : ou crtNt lire le Somnium astrononàcum de Kepler ou le voyage extatique de Kircher. Comme Huyghens , ainsi que les astronomes de notre temps, refuse déjà à la Lune l'air et l'eau, il en résulte que les habitants de la Lune l'embarrassent plus encore que ceux des planètes plus éloignées, a qui sont entourées de nuages et de vapeurs (37). »
A rimmortel auteur des Phitosopkiœ naturalù principia matkematica , tl était réservé d'embrasser toute la partie céleste du Cosmos, en expliquant la connexité des phénomènes à l'aide d'un principe moteur qui seul domine tout. N^cwton est le premier qui ait fait servir l'astronomie à la solution d'un grand problème de mécanique, et l'ait élevée à la hauteur d'une science mtithématique. La quantité de matière contenue dans chaque coips céleste donne la mesure de sa force attractive, force qut agit en raison inverse du carré des distances et détennine ta grandeur des actions perturbatrices que non~seulement les planètes mais toutes les étoiles remplissant les espaces célestes, "exercent i«B unes sur les autres. La théorie de la gravitation, si admirable par sa simplicité et sa généralité, n'est pas même bornée à la sphère uranoiogique ; elle règne aussi sur les phénomènes terrestres, et, daBs ce domaine, a frayé des voies qui, en partie du moins, n'avaient pas encore été explorées. Elle donne la ciel des mouvements périodiques qui s'accomplissent dans
3,q,i,i=dbvGoogIe
l'OcéaD et dans l'aUnospbère (38), et mène à la solulioo des |HX>blèmes de la capillarité, de l'eDdososme et d'un grand oombre de phénomènes chimiques , organiqties ou électro-magnétiques. Newton alla jusqu'à distinguer l'attracliOD des masses, telle qu'elle se malifeste dans les mouvements de tous les corps célestes et dans le phénomène des marées, de l'attracliGO moléculaire qui s'exerce à des distances infiniment petites et au contact immédiat (39) .
Ainsi, dans tous les essais tentés pour ramener les phénoatènes variables du monde sensible à un principe unique et Tondamental, la théorie de la gra- Ttialùn apparaît toujours comme le principe le plus cofflpréfaeQsif et celui qui promet le plus pour l'explicatioD du monde. Sans doute, malgré les brillants progrès acoHuplis récemment dans la stoscfaiométrie. c'eM-è-dire dans le calcul appliqué aux. éléments chimiques et aux volumes des gaz qui se combinent, on n'a pu encore soumettre toutes les théories physique de la matière h des démonstraUons mathématiques. Od a découvert des lois expérimentales, et grâce à l'esur nouveau qu'a pris la philosophie atomistique ou corpusculaire, un gr&nd nombre de phénomènes sont devenus susceptibles d'être calculés mathématiquement. Hais telle est l'hétérogénéité sans fin de h matière, tels sont lelt divers états d'agrégation suinnt lesquels se combinent les atomes, que l'on n'a pu trouver encore le moyen d'expliquer ces lois empiriques par la théorie de l'attraction moléculaire, avec le degré de certitude nue donne, aux trois grandes lois
3,q,i,i=dbvGoogIe
- 2/1 expérimeotales de Kepler, la théorie de la gravilation. Alors même qu'il avait déjà reconnu que tous les mouvements des corps célestes sont les effets d'une seule et même force, Newion ne considérait pas encore la gravitation, ainsi que l'a Tait Kant depuis, comme une propriété essentielle de la matière (&0) ; selon lui, elle était dérivée d'une autre force plus haute qu'il ne connaissait pas encore , ou produite par a l'action de ' l'éther qui remplit l'espace, et qui, plus rare dans les intervalles des molécules , croit en densité à l'extérieur. » Ce dernier aperçu est développé en détail dans une lettre à Robert Boyle, datée du 28 février 1678, et finissant par ces mots : u Je cherche dans l'éther la cause de la gravitation (fil), m Huit ans plus lard, ainsi qu'il résulte d'une lettre à Haltey, Nevrtoo abaodonna complètement l'hypothèse d'un élher plus rare ou plus dense, suivant la nature des espaces qu'il remplit {k2). I) est particulièrement digne de remarque que neuf ans avant sa mort, en 1717, dans la courte introduction placée en (été de la seconde édition de son Optique, il crut nécessaire de déclarer en termes précis qu'il ne considérait nullement la gravitation comme une propriété essentielle des corps, essenUal property ofbodies (&3) : tandis que, dès l'année 1600, Gilbert proclamait te magnétisme une force inhérente à toute matière. Telles étaient les hësflations de Newton luimême, le plus profond des penseurs, mais en même temps l'observateur le plus docile aux leçons de l'expérience, sur n la dernière cause mécanique de tout mouvement, n
3,q,i,i=dbvGoogIe
C'est assurément ud problème brillant et digne d'occuper l'esprit humain que de Tonder une science g^iérale de la nature, dont tous les éléments, depuis les lois de la pesanteur jusqu'à la force créatrice qui préside aux phéuDmènes de la vie, formeraient un ensemble organique. Mais l'état d'imperfectiou où sont retenues encore tant de branches des sciences naturelles, oppose à ce projet des difficultés inviacibles. L'impossibilité de compléter jamais l'expérience, et de limiter la sphère de l'observation, font du problème qu c(Hisiste à ex[^iquer tous les changements de la matière par les lois de la matière elle-même, un problème indéterminé. La perception est loin de pouvoir épuiser le champ des phénomènes perceptibles. Si, pour nous borner aux progrès accomplis de nos jours, Dous .comparODS les connaissances incomplètes de Gilbert, de Robert Boyie et d'Haies avec celles que nous possédons actuellement; si nous songeons en même temps à la rapidité avec laquelle l'impulsion augmente tous les dix ans, peut-être pourrons-nous embrasser les changements périodiques et indé&nis qui sont aujourd'hui encore à l'horizon des sciences naturelles. De nouvelles substances et de nouvelles forces ont été découvertes. Si un grand nombre de phénomènes, tels que ceux de la lumière , de la chaleur et de l'électromagnéiisme, ont été ramenés à la loi des ondulations, et se prêtent aujourd'hui à la rigueur des formules mathématiques, il en est d'autres qui sont peut-être insolubles. De œ nombre sont la diversité chimique dps substances, la loi suivant laquelle varient, d'uno
3,q,i,i=dbvGoogIe
planète à l'autre, le volume, la densité, la portion des grands axes, l'exceDtridté de leurs orbites, le nombre et les distauces de leurs satellites, la forme des contiuenls et la situation des plus hautes chaînes de montagnes- Ces relations que souvent déjà nous avoiiB signalées, ne peuvent être considérées jusqu'ici que comme des faits ; leur existence seule nous est connue. Ce n'est pas une raison pourtant, parce que les causes et la liaison de ces phénomènes sont encore ignorées, pour qu'on puisse n'y voir que des acddeots fortuits. Ils sont le résultat d'événements accomplis dans les espa<^ célestes, lors de la formation de notre système planétaire, de phénomènes géologiques qui ont précédé ou accompagné le soulèvement des couches terrestre, dont sont formés les continents et les chaînes de montagnes. Nos connaissances ne remontent pas assez haut dans tes premiers âges de l'histoire du Monde, pour que nous puissions rattacher complètement l'état actuel des choses au passé et à l'ave-* nir (44).
Bien que le lien de causalité qui unit tous les phénomènes ne soit pas encore suffisamment connu, l'étude du Cosmos ne saurait êtreconsidérée comme une branche à part dans le domaine des sciences naturelles. Elle embrasse plutôt ce domaine en entier, les phénomène du ciel aussi bien que ceux de la terre, mais elle les embrasse d'un certain point de vue, qui est celui d'où l'on peut le mieux recomposer l'ensemble du Monde (45) . De même que pour retracer les faits accomplis dans la sphère morale et politique, l'hi.'jlo-
3,q,i,i=dbvGoogIe
rien, placé au point de vue de t'bumanité, ne peut discerner directement le plan sur lequel est réglé le gouvernement du Monde, mais est réduit à soupçonner les idées par lesquelles ce plan se manireste, de même l'observateur de la nature, en considérant les rapports qui unissent les diverses parties de l'univers, se laisse aller à la conviction que le nombre des forces auxquelles les objets doivent le mouvement, la forme ou Teustrace, est loin d'être épuisé par celles qu'ont révélées la contemplation immédiate et l'analyse des phénomènes (A6).
3,q,i,i=dbvGoogIe