Diego Gutienrez, Tan
1565, sous le Goaverneiïieat de Jean Vasqaez de Coroaado, on considérait justement le pays comme acquis à la couronne d'Espagne. '
Nous n'avons pas à raconter ici l'histoire de la conquête de Costa Rica; qu'il nous suffise de dire qu'elle ne diffère en rien de celle de pays beaucoup mieux connus : Cuba, le Mexique et le Pérou. Aussitôt après la conquête, la race primitive commença à dépérir. Les^ quelques indigènes qui ont survécu à la disparition successive des diverses tribus, sont ceux qui habitaient loin du plateau et avec lesquels les Européens a^oat jamais eu de relations suivies. Les Indiens actuels soat dégénérés et leur nombre diminue chaque année. C'est à grand peine que MgrB. A. Thiel, évêque de Costa Rica, après plusieurs voyages dans l'intérieur du pays, a réussi à aborder quelques-ua&d'eatre eux et à gagner peu à peu leur confiancew La linguistique a retiré grand proftt des voyages du couorasgeux et ioifatigable évêque ; nous possédons maintenant, grâce à lui, un vocabulaire des principaux dialectes indiens du pays (1), Les tribus enxîore existantes aujourd'hui comr prennent les Guatusos établis dans le ba^in du Rio Frio au N. 0. du pays,^ les Indiens de Boruca et de Térraba, occupaiït te bassin du fleuve auqaiel ils oat donné' te ur nom sur le ver»sant du Ptoîflque, et ceux du Talamaaca. divisés en Cabecae cares, Bifibris etTiribis.^^ Tous ces Indiens réunis formeatua total d'ea.vir©& 3;000 habitanjis..
(i)i Àptmtes lêanco(f/*a(wo8 de tas kngua» y diaiactos de los Indios de Tala^ numca, porB. A» Thiel, obispo de Costa Rica. S.J. de C. R.1882.
Voyez aussi : Tribus y Venguas indigena» de Qosta Rica, par le Df W» Gaj^b,, traduit de Tançais et publié dans les « Documenlos^^ pana la ^ktûvia de Costa Rica » de D. L. Fernandez, tome IIL
Laplas grande partie de la population descend des Espâr gnols qui s'établirent dans le pays, à la suite des vaillants conquistadores de la dernière moitié du XVP siècle. Costa Rica, malgré son nom, n'a pas offert autrefois de grandes ressources, à ceux qui venaient s'y établir, aussi le courant de population, avide de richesses, et en grande partie composée d'aventuriers, qui s'est dirigé vers l'Amérique aussitôt après sa découverte, n'y a-t-il laissé pendant longtemps que de faibles traces. On doit attribuer à la pauvreté des premiers habitants — - pauvreté qui s'est continuée jusqu'au commencement de notre siècle — la conservation des vertus principales de la race : la sobriété, la simplicité, la moralité et l'amour du travail, vertus restées intactes jusqu'à nos jours dans une population robuste et saine. Malgré l'esprit moderne qui, peu à peu, efface, dans le monde entier, les caractères liistinctifs des peuples, ce qui prédomine encore dans le pay&, est une manière de vivre vraiment patriarcale. Le propriétaire d'une grande exploitation de café ou de bananes est certes au-dessus des paysans qui travaillent sur ses terres ; il vit pourtant avec eux sur un pied presque complet d'égalité, du moins pendant tout le temps qu'il passe à la campagne.Jamais citoyens d'une république ne furent plus démocrates. Pas ou très peu de distinctions de naissance, de fortune ou de position : on j uge Thomme d'après ses aptitudes et sa conduite. Le respect de Tordre et de la propriété est poussé jusqu'au plus haut degré. Le peuple — et nous entendons ici la grande masse des coi^tariciens — obéit aux lois avec une soumission exemplaire et ne résiste jamais à l'autorité. Les crimes sont excessivement rares et la propriété a toujours été sauvegar--
dée, même quand les passions armaient les partis l'un contre l'autre.
Hâtons-nous d'ajouter cependant qu'il y a bien quelques ombres au tableau. En effet, si ce peuple garde les anciennes vertus de la mère patrie, il en a aussi les défauts.
L'augmentation anormale de la richesse du pays, surtout ces dernières années, n'a pas laissé que d'avoir une influence fâcheuse sur les mœurs. Le luxe tend à envahir la capitale ; l'amour du jeu, — vice commun à tous les peuples méridionaux et à bien d'autres encore, — est peut être plus développé qu'autrefois, l'abus des liqueurs fortes devient plus fréquent. Disons aussi que le Costaricien a un défaut de race, dû peut-être à la douceur énervante du climat. Il manque, en général, d'initiative et de résolution. Demain, manana, est un mot qui revient trop souvent dans sa bouche, de même que les expressions peu affirmatives : qui sait ? quien sabe ? peut-être : talvez, quizas, etc. Il ne croit guère non plus à l'axiome américain que t Time is'money »; ni que « l'exactitude est le commencement de la politesse ». Vous pouvez avoir à Costa Rica des amis véritablement dévoués ; comptez sur leur honneur, leur loyauté, leur fidélité, mais ne comptez jamais sur leur ponctualité.
Il coule dans les veines des habitants de la république un sang trop généreux, l'exemple des aïeux est encore trop vivant dans les mémoires pour que les défauts, que l'impartialité nous oblige à signaler, puissent jamais altérer d'une manière profonde l'heureux ensemble de qualités fondamentales dont nous avons esquissé le tableau. Le peuple costaricien est un peuple fortement trempé, comme toutes les nations surtout agricoles. Ardent patriote, il est très fier
de son indépendance, de son autonomie et d'une prospérité due exclusivement au travail. Sa devise pourrait être : Tra- Tail, Ordre et Liberté.
Les rec9en»e»Miits pratiqués depuis Tannée 1826 jusqu'à nos jours, à diverses époques, dénotent une forte augmentation de la population. Selon divers calculs, cette augmentation moyenne annuelle de la population est de 2 1/2 p. 100 ; le nombre des habitants a cependant plus que doublé depuis 40 ans. il est bien évident que les chiffres donnés, même pour les dernières années, ne doivent pas être considérés comme l'expression de la vérité absolue. Le recensement de tons les habitants de la république, présente, en effet, de grandes difficultés pratiques. En dehors du plateau central, la population est très dispersée et le peuple, encore ignorant, ne se prête pas toujours à ce dont il n'apprécie ni l'utilité ni le huA. Noxts admettrons cependant, comme assez probables, les chiffres fournis par le bureau de istatistique de la République pour les deux dernières années. Le 21 décembre 1887, on comptait à Costa Rica 200,197 habitants ; à la môme date, en. 1«88, 204,201 (1).
Lalftntsuedu pays est l'espagnol ; beaucoup de Costarîcîens savent l'anglais et le français qui s'enseignent jdans les
écoles, et dont la connaissance est de jour en jour plus pré-
1. Pour tout ce qui concerne les années antérieures, consulter V Annuaire de Statistiqu€j années i883, 84, 85, 86 et le livre déjà cité de J.-B. Calvo, -« Costa nica en 1886 ». Le chiffre que nous donnons ici est obtemi au moyen des feuilles de recensement; si Ton tient compte des omissions noml)reuse8 qui ont dû se produire, il faut admettre une population d'environ %25,0d0 habitants.
4^ieiïse, à mesure que ee développe le commerce et qu augmentent les relations avec Tétranger.
La peligifm de la république est la religion catholique romaine ; la constitiifion tolère l'exercice du culte des autres confessions (1). Le peuple n'est nullement fanatique, et, depuis le haut jusqu'au bas de Téchelle sociale, la plus grande tolérance règne dans le pays. Nul n'est jamais inquiété pour motifs religieux. Depuis le 1"' janvier 1888. il existe un registre général d'état*civil à San José, la capitale de la république.
B. "l^ilies «t vtUapefiu — Le centre de population le plus important du j)ays à tous les points de vue est sans contredit la xsapitale de la Jlépublique, Sah ^osé. Cette ville, qui compte aujourd'hui de 20 à JS5.000 habitants, est située à 1135 mètres au-dessus du niveau de la mer (2). Sa fondation ne reçaonte guère au-delà de la seconde moitié du xvni« siècle et oe^n'est qu'en 1813 que San José obtint des Cortès espagnols le titre de ville. Son heureux emplacement au milieu des princij)aux centres de populatiah déjà existants sur le plateaju central, joint à Ja ie^rtilité des terres gui l'environnent, donnèrent bientôt à la nouvelle cité une importance que ses fondateurs n'avaient certes pas rêvée. Principal foyer des idées libérales, ses habitants ^prirent, de concert avec ceux de la ville d'Alajuela, une telle part à rindépendance de la petite république qu'en 1823, San José devint la cafpitàle du pays, au détriment de rantique Çartago. Des raisons politiques, il est
i. ComtUucion politiva de d8H\ Article 51.
- 2. H. PïiiieTf MobtindelObsermtorio metearologico, wanée 1888.
vrai, motivèrent ce changement du siège des autorités ; néanmoins, la nouvelle ville méritait d'être placée aussi à d'autres titres à la tête du pays, tant à cause de son développement plus rapide que de sa position centrale.
Telle qu'elle se présente aujourd'hui, la ville de San José est une des plus intéressantes de l'Amérique centrale. Vue des hauteurs voisines, elle a un aspect uniforme et produit une impression plutôt désagréable, avec la multitude de ses toits peu inclinés, vraie mer de tuiles grises d'où émergent de rares bouquets d'arbres, et par ci, par là, les principaux édifices. Mais l'impression change, quand on parcourt la ville. Les maisons sont en général basses, bonne précaution contre les elBfets des tremblements de terre ; mais les rues sont régulières et bien entretenues. Plusieurs édifices remarquables et de nombreuses maisons nouvelles s'élèvent de tous côtés. Deux parcs importants et quantité de petits squares égaient la ville.
San José ayant toujours été visité par un nombre assez considérable d'étrangers, les hôtels y ont un caractère international et offrent au voyageur toutes les commodités. Les monuments à citer sont les édifices nationaux, tels que le palais présidentiel et le palais national où sont établis les divers ministères, et les églises dont la principale, la cathédrale a en face d'elle un parc ombragé par de grands ficits et entretenu avec soin. Plusieurs bâtiments publics ou privés attirent encore l'attention : l'ancienne Université de Saint- Thomas où se trouvent réunis le Musée, la Bibliothèque et les Archives nationales ; les deux lycées de garçons et de filles, ce dernier en construction ; le marché couvert, l'hôpital de San Juan de Dios; l'Hospice des aliénés à peine achevé;
le palais de TEvêché et la Banque de TUnion. Quelques-uns de ces édifices, les églises surtout, ont souffert lors du dernier tremblement de terre, mais on travaille à réparer les dégâts. C'est surtout dans ces dernières années que la prospérité toujours croissante de San José s'est affirmée d'une foçon incontestable. Presque tous les bâtiments mentionnés par nous, sont de construction récente. La ville de San José se transforme si rapidement qu'elle ne tardera pas, selon toute apparence, à prendre le premier rang parmi les cités centroaméricaines.
Les maisons sont aujourd'hui généralement construites en briques ; très peu le sont en pierre qu'il faut faire venir de loin et dont la taille coûte excessivement cher. Les anciennes habitations ont leurs murs formés (Tadoves^ grosses briques de terre battue mélangée de paille hachée, et leurs parois ont leur étage supérieur fait de bajareque^ treillis de canne recouvert d'un mortier grossier Elles ont toutes au fond ou dans leur intérieur un jardin ou une cour (patio\ invisibles de la rue. Ces cours et jardins égaient l'habitation et permettent la distribution de l'air et de la lumière. Les chambres sont trop souvent, en effet, petites et incommodes, sauf la grande salle de réception. San José a un réseau complet de conduites d'eau pour son alimentation.
La ville est éclairée à la lumière électrique et les rues sont propres et bien entretenues dans les parties les plus fréquentées. L'administration municipale s'efforce d'ailleurs chaque année d'améliorer encore l'organisation des services publics.
A 6 ou 6 lieues à l'est de San José se trouve Cartan^o, l'ancienne capitale du pays. Cette ville occupe le centre d'une
Tallée admirable, au pied du volcan Tlrazu ; son altitude e^ ée 1417 mètres. Fondée au ^début de l'établissement des. Espagnols dans le pagrs, en J56E, elle a «onœrvé jusqu'à (te^ dernières années un certain cachet antique que sa reconstruction, après le tremblement de terre de 1841, ne lui a pas ôté. Son climat est plus frais que celui de San José, mais les terres qui l'environnent sont moins fertiles. Reliée ces dernières années avec la capitale par un chemin de fer, Carlagova être tête de ligne de la voie ferrée du plateau central à TAtlantique. L'affluence des travailleurs étrangers a naturellement enlevé à Faritique cité, ces dernières années, une bonne part de son ancienne physionomie, et la ville se transforme aujourd'hui à vue d'œil. Il y existait déjà de beaux édifices comme le palais municipal, le collège de San Luis et la caseme,saiis parler de plusieurs églises construites en pierre, abondante dans les environs ; on a bâti récemment un grand marché et plusieurs édifices particuliers. Un tramway conduit, en une demi heure, de la ville aux îmins d*Aguacalieiï4e dont nous avons parlé plus haut. Cartaga a aujourd'hui une population de 8 à 10.000 habitants.
Les deux principaux centres de < pqpulation sur le plateau central, un peu au N. et à VO. de San Joré, sont les villesd'ilepéiya et AlujpnelA, reliées avec la capitale par une voieferrée. Hérédia est située à 1118 m. au-dessus dmniveau de la mer, et Alajuelaà 900 m. Le climat de cettedernière ville eôt un peu plus chaud que celui des autres parties du plateau. -Oni évalue la population d'Hérédia à environ 7000 habitants et celle d'Alajuela à 8000, Toutes deux présenteat un aspect agréable et ont des édifices publics qui ne manquent pas
d'une certaine beauté autour de leurs places centrales ombra^ géés de grands arbres sur les côtés. Quoique capitales de provinces, toutes deux sont en bonne voie de prospérité ; leur importance est moindre que celle de San José et de Cartago ; elles sont habitées .par une population agricole et paisible gui vit dans Taisanjce.
Aux alentours des villes ci-dessus mentionnées, la campagne est couverte d'une multitude de villages florissants et à. demi enfouis au milien des plantations qui couvrent le plateau. Là vit la véritable population de Costa Rica, puisque c'est laque se trouvent les robustes et simples travailleurs qui arrachent à la terre les produits qui font la richesse du pa^ys. Un air de bien être, s'alliant à une simplicité antique, caractérise la pkiipart de ces villages, sïipériem's, sous quelques rapports, à ceux de certaines parties de la vieille Europe.
En dehors du plateau central, il faut citer les deux ports, de l^wwteawna^ , et de ILiimMMi sur les deux océans qui baignent le Costa Rica* Ije. Bacifique et l'Atlantique, et la petite ville de UbeM^,. capitale .de la province de Guanacaste, qui n'a pas plus de. 4Ô0Q habitants et dont le développement ne se fera jamais ^qu'avec lenteur, à cause de son éloignement des autr^ centres dje population. Puntarenas et Limon sont les chfifs-lieux de deux demi- provinces {o.omar*cas). Le premier de ces deux ports a été pqndant longtemps le prin-
ctpal entrepôt du commerce du pays, tant pour l'importation que pour l'exportation. Il a perdu sa prépondérance par suite de la construction du tronçon de voie ferrée de liimonâ 'CarriUo surrAtlantique; son port, envahi par le&
sables, n'est plus aussi fréquenté aujourd'hui par les navires étrangers qu'il Tétait anciennement. Puntarenas jouit d'un climat sain la plus grande partie de l'année et sert de lieu de villégiature pour les familles aisées de l'intérieur du pays qui vont passer quelques mois sur la côte, pendant la belle saison. Limon, quoique peu salubre, comme tous les ports de la côte de l'Atlantique, de l'embouchure de l'Amazone à celle du Mississipi, est cependant appelé à un grand avenir. La construction du chemin de fer du Reventazon en fera le port de plus facile accès pour les habitants de l'intérieur du pays, et le point de débarquement le plus avantageux pour les marchandises venant d'Europe ou des Etats-Unis.
Au point de vue administratif, Costa Rica est divisé en 5 provinces et 2 demi-provinces qui, a leur tour, se partagent en cantons. Le tableau suivant permettra de juger l'importance de chacune de ces divisions.
Statistique de Tannée 1888.
Province de San-José (6 cantons). . ^ • . • ♦ ^ 63.406 hab.
Province d'Alajuela (6 cantons) « « • « 51.087 »
Province de Gartago (3 cantons) , 33.887 »
Province d'Hé,rédia (5 cantons) , , 29.409 »
Province de Guanacaste (5 cantons) 16.323 »
Comarcade Puntarenas (3 cantons) 8.409 »
Comarca de Limon (1 canton) 1.707 »
Total , , 204.228 hab.
3. L.e Gouvernement. — Depuis la date mény^rable du 15 septembre 1821, jour où fut proclamée à Guatemala Tindé-
pendance de l'Amérique centrale, Costa Rica est une république représentative. La constitution actuellement en vigueur fut proclamée le 7 décembre 1871 . Elle garantit notamment aux citoj^ens l'égalité devant la loi, le droit de propriété, Tinviolabilité du domicile, les droits de pétition et de réunion, la liberté de pensée et la liberté de parole et le droit d'habeas corpus. La jouissance de tous les droits civils du citoyen s'applique aux étrangers aussi bien qu'aux Costariciens.
La division des pouvoirs est nettement établie. Un contre» dont les membres sont nommés par des électeurs à qui le peuple a déféré ses droits, forme le pouvoir législatif. Ce congrès compte actuellement 28 membres et siège généralement du mois de mai à la fin de juin. Il est cependant souvent prorogé jusqu'en août. Au terme de sa session annuelle, il choisit dans son sein une commisision permanente de 5 membres qui s'occupe pendant tonte Tannée des affaires les plus urgentes. La discussion du budget est toujours la partie principale des travaux du congre^. Néanmoins, depuis quelques années, les contrÉ^ts que Je Gouvernement passe avec les compagnies ou les particuliers -^ nationaux ou étrangers — sont soumis à ses délibérations. Dans leurs décisions,les assemblées législatives de Costa Rica ont toujours montré un véritable esprit de modération et de justice, et un grand intérêt pour le progrès et le développement du pays.
Le pouvoir exécutif est entre les mains du président de la République qui l'exerce avec l'aide de secrétaire»
d'Etat choisis par lui et formant son cabinet. Le président est nommé pour quatre ans ; il n*est pas rééligible immédiate-
i^eurs portefeuilles. Le ministre des affaires étrangères est en même temps ministre de la justice et. des cultes* Celui des finances est aussi ministre du commerce et de Tinstructioa publique. Pendant longtemps Costa Rica n'a eu que deux se- <îrétaires d'Etat à côté du président de la République ; le développement considérable qu'a pris le pays, ces dernières années, a rendu nécessaire la division d'un travail devenu trop lourd. Chaque secrétaire d'Etat présente annuellement au €ongrès un rapport détaillé exposant les actes de l'administration auxquels il a pris part. Les crises ministérielles qui se produisent de temps en temps, comme dans tous les pays vraiment déniocratiqueSr n'influent généralement en rien sur la bonne marche des affaires; en tout cas, elles laissent rim-^ mense majorité de la population très indifférente.
A la tête de chaque province se trouTp un ■dépendarit directement du pouvoir exéci|tif. Les agents immédiats du gouverneur sont placés à la tête dechague canton •et ils ont, à peu de chose près, les mêmes fonctions que les maires-en France. On leur donne le nom de efcete y if ttguea^ A côté des chefe politiques, et pour la même division territoriale,, il existe une m mifeip^ Mté, chargée des intérêts purement locaux.
L'organisation des tribunaux eât très simple, et la justice se rend sans grands frais. Les alcaldes sont à la base de L'échelle: hiérarchique j:udieiaire ; aat-dessus d eux viennent
ie»|i4peade yiPen^âve i»«to »c e , deux coMn» dt m^n^ ' ^*
wm» eovar de cass atto ». Ces trois dernières cours réuniest
forment la Cfnnr si^panteie de Jastiee qui a SOn siège à San
— cernent. En cas de maladie grave ou pour tout autre motif Tor bligeant à se séparer de sa cliarge; il appelle au pouvoir uu des trois personnages que le congrès indique au commencement de chaque période présidentielle et qui portent le nom de^ésM^né». (1) Le président de la République est nommé par les mêmes électeurs que le congrès. Il jouit d'un pouyoir
assez étendu : la nomination des secrétaires d'Etat, des agents
•diplomatiques et de tous les employés de radministration lui appartient, et, depuis plusieurs années, il joint à sa charge le commandement général de l'armée. Cette dernière mesure a mis Costa Rica à Tabri des révolutions militaires si fréquentes dans l'histoire des républiques hispano-américaines. Le président jouit du droit de veto, mais limité. Si le congrès mainr tient, à la majorité des deux tiers des voix, une loi votée par lui et frappée de veto par le. pouvoir exécutif , celui-ci ne peut plus refuser sa sanction.
D'après le budget pour l'exercice 1889-90 le président, chef suprême de l'armée jouit d'un traitement mensuel d'environ 1500 piastres. Il lui est assigné, en plus, une somme de 6000 piastres pour frais de représentation, et la nation prend à sa charge certaines dépenses de sa maison.
Les meevêtBfve» dPETtat, à qui la loi — peut-être démocratique à l'excès — reflise le titre de ministre, sont actuellement au nombre de quatre ; chacun d'eux est chargé de plu-
i. Ee présideot actuel, lé général Don Bemardo Sèto, à qui le pays doit la plus grande partie de son développement pendant ces dernières années, vient ainsi de reœettTO le pouvoir peur reiaon» de* santèjf. su second désigné ^ Boa Aecenâon. EsquiiiRel, junssonsalte dont la^ réputation a dépassé les frontières du Costa Rica (juillet id80)«.
José, et dont les membres sont nommés par le Congrès. Le jury est établi dans la République ; 11 se compose de sept membres seulement. (1)
Les tendanc^es actuelles du gouvernement de CostaRica font le plus grand honneur aux hommes qui, depuis quelques années, exercent le pouvoir. Après une période de dictature qui comprend les années 1870 à 1882, ce paj'^s semble renaître au souffle de la liberté, sagement respectée par les derniers présidents au pouvoir. Après avoir contracté, pendant la période à laquelle nous venons de faire allusion, une dette intérieure et extérieure énorme, et vu son crédit s'épuiser presque complètement, Costa Rica, rendu à luimême, s'est efforcé de faire honneur à ses engagements. Sa situation financière actuelle -— comme nous le verrons plus loin — est aujourd'hui très satisfaisante. Le gouvernement s'impose toutes les économies compatibles avec les travaux et les réformes qu'exige le progrès du pays. Il corrige peu à peu tous les anciens abus, mais sans négliger aucun intérêt vital. Le budget de l'instruction publique augmente chaque année ; tout ce qui a rapport au développement de Tagriculture ou de l'industrie est sûr de trouver un appui sérieux auprès du gouvernement. La marche en avant, mais la marche prudente, sans luttes, sans froissement des idées d'autrui, la marche à la conquête de la richesse et de la prospérifà nationales, voilà ce qui caractérise, dans son ensemble, l'œuvre du gouvernement costaricien.Quelques légers
1. Le meilleur résumé des institutions politiques de Costa Rica est le petit traité d'Imtruçiion civique publié par Don Ricardo Jimenez, jeune avocat de be lucoup de talent et ex-ministre. San José 1888.
abas traditionnelsj^ des erreurs momentanéest les vices même, non eooore disparus, n'ont plus dés lors qu une im-; portance secondaire pour Tobservateur impartial qui, comparant le présent au passé, peut prévoir à coup sûr un heureux avenir.
4. TIe piBbli%[se. — Il est d'usage de considérer en Europe les pays de Fancienne Amérique espagnole comme la terre par excellence des luttes politiques à main armée et des révolutions militaires. Cette opinion est absolument erronée pour Costa Rica. Rien ne serait plus contraire à la vérité que de croire que le jour de proclamation de son indépendance a commencé pour ce pays Vère des pronunciamienios. Il est vrai, que, depuis 1821, les présidents ne se sont pas succédé toujours légalement II y a certes es des luttes où la force a primé le droit ; on compte, dans lliistoîre de Costa Rica, quelques révolutions de caserne ; mais je ne crains pourtant pas d'affirmer, en toute justice, que ce pays se place, sous ce rapport, J)ien au-dessus de beaucoup d'autres jeunes républiques américaines. £n tout cas, la grande masse (te la population, le peuple d^ campagnes princij^Iement, n'a^ jamais pris une part active à ces agitations passagères. Le sang n'a coulé sur la terre costaricienne, versé par des mains, firatricides, qu'en de si rares et si exceptionnelles circonstances, qu'il est inutile d'en faire mention.
Ce qui Caractérise plutôt les luttes politiques à Costa Rica« c'est un calme parfait. Comme il n'existe pas de partie nettement définis, on discute plutôt la personne des candidats.
San José OU Caytago voient bien, il est vrai, à l'approche d'une élection pour la présidence, paraître nombre de journaux à polémî(}ue assez acerbe, mais le peuple n'aime guère A politiquer et les élections se passent toujours avec beaucoup d'ordre et de calme- La politique extérieure mérite aussi, depuis longtemps, les plus grands éloges. Nous avons cité plus haut, en parlant des frontières et du canal de Nicaragua, les arbitrages auxquels Costa Rica a soumis ses différents avec ses voisins, la Colombie et le Nicaragua, au lieu d'avoir recours aux armes, exemple digne d'être imité. On travaille activement à réaliser, par les voies pacifiques, l'union de toutes les républiques centro-américaines. Un congrès s'est tenu Tannée dernière â San José, et plusieurs de ses décisions prouvent que l'entente n'est pas loin de se faire entre les cinq nations sœurs. On obtiendra par la voie pacifique ce que le général Barrios, président du Guatemala, aurait voulu exécuter de vive force.
li'armée se compose de tous les citoyens de la république qui doivent le service militaire de l'âge de 18 à 50 ans ; mais, en pratique, il en est autrement. Seuls les jeunes gens de la campagne sont appelés tour à tour à passer deux ou trois mois dans les casernes où on leur donne quelques rudiments d'instruction militaire. Cette instruction est très suffisante, d'ailleurs, pour les combats de guérrillas qui se livreraiôïit à Costa Rica, si jamais ce paj'^s cessait d'être en paix avec Bes voisins. Quels que soient les bouleversements qui se produisent encore dans l'Amérique centrale, Costa Rica
échappera toujours facilement à l'invasion étrangère, grâce à sa situation retirée et à la concentration de sa population sur un plateau de difficile accès, coûtant très peu à défendre. L'armée a prouvé sa valeur en 1856 en prenant la part la plus active à Texpulsion des flibustiers de Walker, qui avait envahi et déjà conquis le territoire de la république voisine de Nicaragua.
En temps de paix, le nombre de soldats de l'armée permanente peut s'élever jusqu'à 1000 hommes. Dans les cas de révolution intérieure, la force armée peut être portée à 5000 hommes ; en temps de guerre, enfin, Costa Rica peut mettre sur pied de 20 à 30,000 soldats.
L'organisation de la police, objet de lattention spéciale, du gouvernement, est très bonne, surtout dans les villes principales. Les agents se distinguent non seulement par l'activité et l'exactitude de leur service, mais encore par leur bonne tenue et leur politesse. On peut, sans le moindre danger, parcourir seul et sans armes jusqu'aux parties lès plus reculées et les plus isolées de la République.
5. Instruction publique. — Dans aucun domaine, Costa^ Rica n'a fait autant de progrès,ces dernières années,que dans celui de l'instruction publique. Il est juste de dire ici que céâ. progrès sont dus surtout au zèle infatigable du ministre en charge depuis 4 ans, Monsieur Mauro Fernandez, que tout
le monde s'accorde à reconnaître comme le véritable organi* sateur de Tinstruction publique du pays.
Sûr le budget destiné à l'exercice 1889-90, budget quimonté
à «a pea plus da qsatre millions deptastres* 350000 sont destinées à rinstnictiœi publique. Ce département occupe donc le 8"« rang.
L'instruction primaire est gratuite et obligatoire pour tous, les en&ots de 7 à 14 aus. £lte embrasse la lecture» récriture, Tarithmétique, k géométrie objective» la géographie, rhistoire nationale, la morale, l'instruction civique, la cbant et la gymnastique. Ils &ut joindre i ce programme^ pour tes garçons, les exercices militaires et, dans les compa* gaes,des notions d'agricultmre ; pour les filles^ les ouvrage a la main et des notions d'économie domestique.
Le nombre des écoles primaires est aujourd'hui de près de 300, que fréquentent 15 à 20000 élèves. Ces chilBfres nous paraissent d'autant plus satisfaisants que, d'après le recensement de 1S83 environ 12 0/0 de la popukUiosi de Costa j^ca savait lire et éerii^.
Poar&cllit^radmini8trati<m scolaire, le territoire de ki république a été divisé en districts spéciaux correspondant, à peu près, aux divisions politiques des cantons. La dissémination des BMtis(ms sur ^quelques points du t^ritoire empêche encore^ que tous les enfants jouissent des bienfaits de rinstruction primaire. On peut prévoir cependant que, dans. une vingtaine d'années, le nombse des illettrés aura dindnuédans une énorme proportion et que ceux-ci constitu^ont noiL' pluskrégte, mais Texceptiou.
Le gouvernement a fondée il y a quatre ans, a San José, uneécele «onMile p(^r laquelle il a créé 50 bourses. Celles-ci sont réparties entre les diverses p9X>vinces et destinées aux . eoiies getts pauvres et ^udîenx que leurs goâts portent A
«uivre ht carrière €te renseignanent. L'école normale, arprès tfbumbtes débtttsr, a pris anjosrdlitti vtn tel déTetopfiag&eiift «qu'elle s*est traEsfarmée en xm lyeée complet^ oè près de 5Q0 enfants reçoivent Fînstniction primaire el secondaire. La division supérieure du lycée qui comprend 4 années d'études «et d^où l'on ne sort qu'à Page de 18 ans, se divise en trois sections : classique, commerciale et normale. Le lycée déKvre, à la suite d'examens spéciaux» des certificats de maturité, équivalents aux baccalauréats étrangers, et correspondant à cha- -cune des trois sections dont nous venons de pî^ler. Des professeurs européens engagés spécialement sont aujourdTiuî «chargés de renseignement supérieur, mais le gouvernement fait étudier, dans les universités ou les académies de la Suisse» -de la France ou delà ^Igique, un certain nombre de jeunes «costsoriciens bien doués qui mettront certainement un jour lextr pays à même de ne plus rien demandera t'étranger, dans ce domaine.
Divers im^iteto privés existaient avant ki fondaliotî du ly^ cée, ils oui aujourtî'bui disparu et soial remplaces par un imr titut national, i Âlaj ueta,et par un collège particulier, à Càrt^ go. Hérédla aura bientôt aussi son établissement d'instro^* lion supérieure. H existe, à San Joisé, un séminaire placé sous la b^ute directk)m de Févéque.
On va terminer, cette année, à San José un magnifique édifice destÎBB à FSe^le s«péiHI«ue Ae» ^Bii»e»jUl«9. L'OTga-
misation de cette écote est calquée ea^ partie sur celle du Lycée •et possède une section normale très fréquentée. S existe auis^ dans la capitale un internat dirigé par des sœurs françaises de Sion,
En 1844, s'était fondé à San José un établissement d'instruction supérieure sous le nom d'Université de Saint-Thomas- Destinée surtout aux études juridiques, cette université s'est déteinte l'année dernière. On Fa remplacé par une £cole de ^drolt, à côté de laquelle on établira prochainement d'autres .écoles spéciales, afin de préparer les jeunes gens pour les études supérieures dans les universités étrangères.
La culture intellectuelle générale du paj^s. devons nous ajouter,est déjà arrivée à un degré très satisfaisant.Des presses de I4mprimerle nationale sortent d'excellentes publications : livres destinés aux écoles, recueils de statistique, bulletins de l'Institut physico-géographique et du Musée,journaux d'éducation, opuscules utiles aux agriculteurs, annales juridiques publiées par la Société des avocats, sans parler du Journal officiel, des rapports annuels des différents dèpartements ministériels et de beaucoup d'autres travaux.
•^ La presse du paj^s est représentée, en temps ordinaire, par cinq ou six journaux qui s'impriment presque tous à San Jo- -î^é et font autant de littérature que de politique. En temps d'éiéction, surtout d'élection présidentielle, comme nous l'avons déjà dit, leur nombre augmente considérablement, mais l'existence de presque tous ces- nouveau-nés n'est que passagère.
Les Costariciens sont amis des art8,de la musique surtout. Il existait à San José un ancien théâtre municipal que le tremblement de terre du 30 décembre 1888 a fort endommagé ; on a-le projet d'en bâtir un autre. Des troupes de passage y
représentaient des vaudevilles et des opérettes et faisaient des recettes suffisantes. Aujourd'hui, le principal divertissement de la population consiste à aller entendreje jeudi et le dimanche, le concert que la musique militaire donne dans Taprësnaidi au parc central, et qu*elle répète le soir devant le palais présidentiel. Une société philharmonique, dont les membres se réunissent deux ou trois fois par semaine^ donne de temps en temps des concerts vocaux et instrumentaux. Dans presque toutes les maisonsenân,on trouve unpianoqui,touchépar des mains habiles,donne un peu de gaieté aux réunions du soir ou tertulias, et permet aux fiancés de faire un tour de valse sous Tœil des vieux parents, discutant le dernier prix courant des cafés, ou les petites nouvelles du jour.
6. Les étrang^ers.— L'article 13 de la constitution actuellement en vigueur dit :
« Les étrangers jouissent,dans le territoire de la nation,de « tous les droits civils de citoyen : ils peuvent exercer leur « industrie et pratiquer leur commerce, posséder des biens- « fonds, les acheter et les vendre, naviguer sur les côtes ou € dans les rivières, exercer librement leur culte, servir de té- « moins et se marier conformément aux lois. Ils ne sont pas « obligés à se faire naturaliser, ni à payer des contributions « forcées extraordinaires. »(1).
Ces privilèges ont toujours été fidèlement observés ; aussi les étrangers ont-ils afflué à Costa Rica de tout temps, mais principalement dans ces dernières années. Suivant la statisti-
1 Constituciôn polUica de la Repûblica de Costa Rica, i87i . Tit. IL Sec. 3; Art. 12.
que officielle,leur nombre s'élèverait aujourdTiui à 6856 indi- Tidns; nos propres renseignements noas portent cependant & 'croire que ce chiffre est au-dessous de la vérité,et la proportion véritable est d'environ un étranger pour ^habitants. La colonie européenne la plus nombreuse est la colonie espagnole qui compte de 7 à 800 membres ; viennent ensuite, par rang d'importance, les colonies allemandes, anglaise et française qui marchent de pair avec celle des Etats-Unis, et comprennent toutes de 2 à 300 membres, suivant la statistique officielle. Les travaux du chemin de fer du Reventazon ont été la cause de l'augmentation passagère de quelques colonies. Les Italiens se sont trouvés ainsi Tannée passée au nombre de près de 1500 ; les nègres de la Jamaïque, qui les ont remplacés, sont aujourd'hui très nombreux dans la province de Cartago. Les habitants du Nicaragua et ceux de la Colombie forment à eux seuls un quart de la population étrangère.
Ce qui attire en premier lieu les étrangers, ce sont les excellentes conditions climatériques dans lesquelles se trouve Costa Rica, conditions qui permettent à l'européen, comme nous l'avons vu, de vivre sans danger un peu partout dans le pays. Maïs leur affluence provient aussi, et surtout, de la protection décidée des autorités et de l'excellent accueil que les habitants de toutes les classes ont toujours fait aux éléments nouveaux établis parmi eux. Plus sage que beaucoup de ses congénères trop jalouses, de Thomogénérté de leur population, la petite République a compris, dès sa naissance qu'elle n'avait que des avantages à retirer du courant de capitaux, d'idées et de bras robustes qui se dirigeait vers elle. Au lieu de repousser l'étranger, elle l'a attiré sur son territoire, l'a considéré comme un hôte et lui a généreuse-
ment facilité son établissement chez elle. Plusieurs des émigrants arrivés à Costa Rica, il y a 50 ans, sont aujourd'hui chefs de familles nombreuses, tellement assimilées àla nation •dont elles ont fait leur seconde patrie, qu'il est difficile de les ♦distinguer des familles de souche purement costaricienne.
Les ministres OU <^Bsiils étranf^rs accrédités auprès
de la République ont d'ordinaire leur résidence â Guatemala •et s'occupent des intérêts delearsnationaux réparti&daiffî t(»gite TAmérique œatrale. 11 a y cep^idant à San-José des reprèseûtants officiels des Etats-Unis» de l'Allemagne» de la France, de l'Angleterre, de TEspagne^ de l'Italie et des principales républiques de F Amérique centrale et de l'Amérique du Sud. Le Gouvernement de Costa Rica a toujours résolu, à l'amiable, avec eux, toutes les questions se rapportant aux intérêts •de leurs nationaux.
La République est représentée à l'étoranger par des Agents •diplomatiques et consulaires.