I. IV. I
COSIUHIS BISTOaiQDSS. 51
ANNE DE BUETAtiNË, reine de France. ~ Fille de François II, duc de Bretagne, et de Marguerite de Foix, elle naquit à Nantea le lit février 1&76. A cinq ans, elte fut pro*
mise à Edouard, prince de Galles, qui mourut avant Tt^poque fixée pour leur union. Confiée par le vieux duc de Bretagne à Françoise de Dinan , dame de Lavai ; Anne , douée d*ai1leufB d'une grande beauté, devint une princesse accom* pKe. Elle fut recherchée, à treize ans, par tout ce que l*Europe avait de princes dignes d'elle. Alain , fiire d'Albert, Louis, duc d'Orléans, etMaxiniilien d'Autriche, roi des Romains, depuis empereur, se disputèrent sa main, par tous les ressorts de ia politique. Charles Vni,i*oi de France, la demandait aussi pour lui-même. Apr^s la mort du duc de Bretagne. Maximilien l'emporta sur tous les prétendants, en 1 A90 , et le mariage fut célébré par procuration. Il fut rompu dans la même année, et, le 16 décembre 1691, Charles YIII épousa Anne de Bretagne. Devenue veuve en l/i98, elle s'unit à Louis XII, qui avait fait rompre son alliance avec Jeanne de France. ËUe administra le royaume pendant les expéditions de son second mari en Italie , comme elle Tavait fait pendant les campagnes dé Charles VIll, c'est- fi-dire, avec sagesse et habileté. Elle mourut au château de Blois, le 9 janvier 151^
Cette figure est tirée du manuscrit qui nous a fourni déjà
la planche XVill de ce volume. Dans la miniature dédi-
càtoîre où elle se trouve ^ la reine Anne est représentée assise sur une grande chaire à bras de forme particulière.
Jean des Marests, la tète imr'. et le genou en terre, lui présente son livre, sans doute l'exemplaire même qui contient la miniature. A. la droite de la reine,'on voit les dames de sa cour, qui se tiennent debout, vêtues et coifiëes à peu près comme elle. On aperçoit on peu ph» loin quelques officiers de sa maison , qui sont aussi debout, le bonnet en tête. (MoNiFAUGON, t. lY, pl. VII, pag. 97.)
Anne db Bbxtagnb est vétoe d'une robe traînante, couleur bleu-outremer, doublée et bandée de fourrure, ouverte par devant et laissant voir le vêtement de dessous, qui est de soie blanche. Les manches de cette robe sont amples et ont de larges parements de fourrure. La coiffure est également blanche et plissée comme les cornettes de nuit que les femmes mettent encore à présent. Sur cette coiiïure repose un voile de drap d'or, orné de perles et de pierreries. La reine a deux colliers ; les ornements de Tun d*euz sont semblables & ceux du voile. La ceinture est d*or : elle se termine par un gland à fines pnpiiiottes d'or et tombe sur le devant jusqu'à mi-jambes.
OBSERVATIONS
L Fii LES d'hontseur. — On a dit ma! à propos que François l'' avait attiré les femmes à la cour : il trouva cet usage établi par la reine Anne, qui aimait la représentation, et gui appela auprès d*eUe un grand nombre de Damoisetle9 , auxquelles on donnait le titre de FÎHes d'honneur de la reine, titre bien mérité, car jamais les mœurs eu France ne furent meilleures qu'à cette époque.
COSTUMES UISTOUIQUBS. Ôâ
Les Filles de la reine ont été remplacées en 1675 par les Dames du palais,
II. Gabdës des reines. — Ànoe de Bretagne est la première reine de France» qui ait eu une garde particulière et des gentilshommes à elle, et qui ait donné, en son
nom, audionce aux ambassadeurs; mais elle agissait en cela comme souveraine du duché de Bretagne. « Mes Bretons sont sur la perche I » disait-^lle en parlant de ses fidèles gentilshommes qui veillaient jour et nuit sur une terrasse du château d^Amboise , qu'on appela par allusion à ce jeu de mots emprunté à la faucomierie, la Perche aux Bretons.