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III. Deuil des bois. — On doit remarquer qu'après

la mort d'Anne de Breta^^ne, Louis XII porta le deuil en noir, contre la coutume des rois de France qui le portaient toujours en violet

iizûo by CjO ■

COBTliMUS HiâïOAIQUJiS.

ANNE DE BRETAGNE, reine de France. Vayei la notice précédente.

Cette figure est empruntée au manuscrit d*ob nous avons tiré la planche XX de ce volume, (MoNrrAucoif , t. lY,

pl. Vlll.)

ÀNN6 DB Bbbtagnb cst 888180, OR habit de deuil; un petit chien blanc est couché sur les bords traînants de sa

fobe; une pièce d'étoffe carrée couvre jusqu'aux yeux le front de la princeâse et surmonte sa coiûure blanche. Près d*eUe, on voit un perroquet vert dans une cage.

OBSERVATIONS

L Dsun. BN Feangb* — Deuih du mot latin Dolar,

s'entend non-seulement de raffliction que fait éprouver la perte d'une personne chère ou un événement qu'on regarde comme funeste» mais encore de Thabit que Ton porte pour marquer sa tristesse à cette occasion. Les Latins disaient : fèstis luçùbns, VesHmetUum funèbre*

BaFraoM, le diai^ noie saai onMaMtàr 4e»iiiMteiM lOBfs, le liage^wtt «k le grand crêpe, compossnl le grand

deuil; celui des veuves se distingue par une barbe et un gnand voiiedis orépe» fin pâlit ésuiii émmmfkàM

56 GOSTDMBS HISTORIQUES.

des étoffes et des rubans noirs mélangés de blanc Le deuil du roi et des cardinaux est violet

En Espagne, h h mort des priDces , on se vêtait de serge blanche. On prit ce deuil pour la dernière fois en 1/Î98, à la mort du prince don Juan, fils du roi Ferdinand et d'Isabelle d* Aragon.

En Chine, on se couvre d'habits blancs que Ton conserve pendant trois ans. Le deuil en Turquie est bleu ou violet; enÉgypte, jaune ou feuille-morte ; gris, chez les

Éthiopiens ; noir, en Europe 5 gris-de-souris, au Pérou. 11 était blanc pour les dames grecques et romaines. Dès le commencement du 11* siècle , Teiupereur Adrien fut pendant neuf jours habillé de noir, quand il perdit sa femme Piétine.

Chaque nation croit justifier par de bonnes raisons la couleur qu*elle a choisie pour marquer le deuil. Le violet mêlé de bleu et de noir exprime, en même temps que la tristesse» Tespérance que les morts ont obtenu le séjour du

ciel; le bleu présente aussi cette dernière signification. Le blanc désigne la pureté; le jaune ou feuille-morte rappelle les feuilles qui tombent des arbres à Tautomne, et les herbes qui se flétrissent quand elles sont fauchées. Le gris figure la terre où les morts retournent ; le noir marque Tabsence de la vie, puisqu il est produit par Tabsence de lumière.

G*est donc une coutume, aussi générale qu^ancienne chez tous les peuples, surtout chez les Français, de témoigner par le deuil Taffliction que cause la perte des parents^ Cependant, en i7dd, le gouveraeme&t qui pesait akMS sur la France tenta d*abolir cette coutume et voulut défendre aux regrets de se manifester par des habits de

COSTUMES UlSTORiQU£8« 57

deuil et mâmç par des larmes» Le noir était si rigoareuse^ ment proscrit, qu'un habit decette couleur, qui avait coûté

quatre-vingts francs, ne se vendait que trois francs aux brocanteurs. Dans le temps même que le sang ruisselait BUT les échafauds, et qu*une multitude de* familles avaient à déplorer la mort tragique de quelques-uns de leurs membres, tout signe extérieur de tristesse eût passé pour une preuve de royalisme et d'aristocratie. 11 est vrai que si le ' deuil avait été permis, les deux tiers des habitants de la France auraient été alors vêtus de noir. On s'en aperçut bien api^ le 9 thermidor.

II. P£aE0Q(j£T8. — Il paraît que les perroquets avaient été apportés en France, peu de temps av^nt cette époque, et sans doute par suite de la découverte de 1* Amérique;

car, en i/i68, lorsqu ; Louis XI fit enlever aux Parisiens tous les oiseaux qui avaient appns ajargonner, pour savoir s'il n'y en avait pas quelqu'un qui parlât de l'affaire de Péronne, on ne confisqua, selon Fauteur de la, Chronique seandaieuse, que des pies, des geais et des ckouettes* L'auteur de cette Chronique, Jean deTroyes, n'aurait pas manqué de parler des perroquets, s'il y avait eu alors des papegeais à Paris.

SI s A N N E , / tMUr.r,re t/f For^x. .

COSTUMES âlSTOElQUES.

SUSANNE DE BEAUJEU, comtesse de Forez. — Fille unique de Pierre 11, sire de Beaujeu, et d'Anne de France, elle était ûée en 1491; elle épousa, le 10 nui 1505, Charles III , duc de Bourbon , comte de Montpensier, depuis

connétable de France. Eiie mourut le 28 avril 1521, sans laisser d'enfants.

Cette figure a été copiée diaprés les vitraux de Fab» bayedeSavigny.

La longue robe traînante , de couleur bleu-céleste , est décolletée et ouverte par devant. Le vêtement de dessous, qui recouvre lia gorge, est blanc, relevé de filets et d'ornements en or. Les manches à taillades blanches sont de même couleur que la robe et formées de deux pièces, et les attaches qui les réunissent sont laque-foncée. Le vêtement, qu^onaperçoitdansrintervalledesdeux pièces dont se composent les manches, est blanc et semble être une chemise d*un tissu très fin. La coiffure , qui couvre exactement le front et qui porte un eiiCû/jwu, est noire.

■ Csmu

Fl.OUIMONn l)F. HOHKllTK.T.

COBT0IIS8 BiSïOAlQUfiS.

FLOAIMOND DE ROBËRTET.-^SecrétairedeBânances BOUS les n'^gnesde Charles YITI, de Louis XII ét de François I", cet homme de bien exerça sa charj^o avec une science et une intégrité auxquelles les histuneus rendeiit hommage.

Cette figure est tii-ée des portefeuilles de GaigxNières.

Florimond de RoBËKTfii porte un petit manteau de couleur laque-foncée. Le pourpoint est bleu; les manches sont composées de deux pièces, séparées par urt intervalle dans lequel on voit le vêtement de dessous ou la chcniisc. Les lacets qui réunissent ces deux pièces sont en or. Le bonnet est noir, bordé d*or. Le pantalon est jaune-indien, orné d^une bande de damas violet, ainsi que la traie ou haut-de-chausse.

QBSBRTATION.

ÛBifiiMK DBS PAMf AL0N8. ^ La hroie était une sorte de eaieçtm ou de kautHÈe^'ekauêse, dontie servaient autrefois les GauloispoursBCOUvrir depuis la ceinture jusqu'au milieu de» cuisses eimémo jusqu'aux genoux. On l'appelait c/m«.'ï • se, bragm ou braic, d'un mot celtique qui avait fait donner à la Gaule Narbemiaise le nom de Gallia Braeeala^

62 COSTUMKS HI8TOBIQDB8.

parce que les habitautâ do cette province portaient tous des braies.

Quant à la partie des Gaules la plus voisine de Ronoe,

cette province , dont les habitants imitèrent les premiers et les mœurs et les habillements des Romains, s'intitulait fièrement GalUa Togata, du nom de la toge, manteau à la romaine que ses habitants avaient adopté» après la conquête de Jules-César.

Les vêtements quoles anciens Gaulois noinmaieni />/v/i黫 ou brayettes sont devenus les culottes , qui couvrent la partie inférieure du corps, depuis la ceinture jusqu'au dessous du genou.

La modo des culottes a soulFert beaucoup de variations. Sous François 1", elles ne descendaient qu'au milieu des cuisses. Pendant le règne de Charles IX , elles étaient extrêmement bouffantes , composées de bandes ou taillades, et d'une forme tout-à-fait indécente; les chausses ou bas couvraient les deux tiers de la cuisse : elles étaient attachées au-4essous de la trousse par des canons qui ont été longtemps d'usage, et qui se composaient de rubans de différentes couleurs. On voit, dans les comédies de Molière que cette parure était encore , à l'époque où il écrivait, une de celles que les gens du bon ton portaient de préférence.

Les aiguillettes attachaient la culotte au pourpoint,

Les culottes, sous Henri V, furent larges et enflées. Celles qu'on portait au commencement du règne de Louis XII! étaient fort larges aussi et descendaient jusqu'au dessous des genoux, où on les attachait par devant avec des rubans dont les extrémités pendaient en rosettes ; elles se boulonnaient des deux côtés depuis les hanches jusqu'en bas. L'usage des pourpoints et des grandes culottes se sou-

COSTDMItS HISTORI^UIS. $5

tintencore quelque temps, pendant la minorité de Louis XV, mais, peu après, on s'accoutuma à porter les culottes fort étroites, serrées par des jarretières au-Klessous du genou.

Sainte-Foi raconte plaisamment que les Chirigones, peuples de l'Amérique méridiouale, vivent tout nus. Ces sauvages ont pourtant des culottes, mais ordinairement ils les portent sous le bras, comme nous faisons de nos chapeaox appelés dagues.

Le pantalon, qui est seul en usage aujourd'hui, n'est pas autre chose qu'une culotte longue, terminée par des chausses larges*

COITVMB* HISTOtlOmS. 66

AGNÈS DE SAVOIE, comtesse de LongueviUe. —Fille

de Louis, duc de Savoie, et d*Ann3 de Chypre, elle mourut le 16 mars 1508. Son corps fut transporté à Notre-Dame de Gléry et ses entrailles à Sainte-Geneviève de Paris. Cette princesse avait «épousé, à Montargîs, en ift66, François d^Orléans, comte de Dunois et de LongaeviUe.

Cette ligure est tirée des portefeuilles de Gaignières.

La rolns est longue et traînante, et laisse à nu une partie des épaules. La couleur de cette robe est vert-clair,

mais les taillades, les attaches qui réunissent les deux pièces dont se forment les maaches et leurs ornements, sont jaune*gomme-gatte. La ceinture est également jaune avec des dessins en or. La coiffure qui renferme une partie

des cheveux se compose d'un réseau dont le fond est blanc et les ornements en or, et d' ua chapeau laque-rose, à échancrures, relevé sur le côté. La chaussure est blanche.

XVH SIKCLK . I{t',/ne i/i- /.oïlùi' .ML

ODKT l)K lOI.X.

dit Lautrec-

GOSTUKBS HISTORIQUES

ODET DE FOiX, plus connu sous le nom de Lautrec, maréchal de France. — Il suivit Louis XII dans ses expé~ ditions d'Italie et fut laissé pour mortsurle champ de bataille

de Ravenne (1512). François I" le nomma son lieutenantgénéral. Ce capitaine, habile et vaillant, reprit Brescia, Vérone, etforçales Impériaux à lever lesiégedeParmeen 1521. Mais il perdit la bataille de la Bicoque et tomba en disgrâce; sa sœur, madame de Chateaubriand, lui rendit la faveur du roi, dont elle était alors la maîtresse. iXoiamé goiivoi nour de la Guyenne, Lautrec protégea Bayonne (15!2â) contre les Espagnols; il repassa en Italie avec François P' et fut blessé à lamalheureusejonmée dePavie. Investi denouveau (1 527-) du commandement en chef do ranni^o française, il s'assura de Gènes, s'empara d'Alexandrie, saccagea Pavie et marcha sur Naples dont il entreprit le blocus ; mais il mourut, devant cette place, le 16 juin d*une épidémie qui ra^ vagcait son armée.

Cette figure est tirée des portefeuilles de Gaignières.

Le manteau , garni de bandes d'or et de dessins noirs , est laque-foncé. IjC pourpoint, entr*ouvert sur la poitrine, est blanc ainsi que les trousses et le pantalon. Le vêtement

de dessous , qui semble être une espùco de corsage par dessus la chemise, est laque-jaune, brodé de noir. Le chapeau, en forme d*aumusse, est noir, orné de trois boutons d'or.

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