‹ Costumes historiques des XIIIe, XIVe et XVe siècles, extraits des monuments les plus authentiques de peinture et de sculpture, dessinés et gravés (volume 2)Chapitre 11 sur 87 · SOLDATS ITALIENS · texte numérisé non relu

SOLDATS ITALIENS

Les villes d’Italie étaient divisées en quatre ou en six quartiers, qui prenaient ordinairement leurs noms de la porte la plus voisine , parce que les habitans de ce quartier étaient plus particulièrement chargés de la défense de cette porte et de la muraille qui en dépendait. .Ces quartiers formaient des corps militaires chacun avec sa bannière. Ils choisissaient parmi leurs plus riches citoyens et parmi les nobles , une ou deux compagnies de cavaliers armés de pied en cap. Le même quartier formait ensuite deux autres compagnies ou corps d’élite dont chacun était du double plus nombreux que le précédent. C’étaient les arbalétriers et l’infanterie pesante. Cette dernière était armée du pavois 3 espèce de grand bouclier , de la cervellière ou coiffe de fer , et de la lance. Les autres citoyens étaient également obligés de se rendre armés sur la place d’armes de leur quartier toutes les fois que le tocsin sonnait. Tous sans exception étaient sujets au service militaire depuis l’âge de dixhuit ans jusqu’à celui de soixante-dix. Les consuls, et plus tard le podestat, commandaient l’armée , et avaient sous leurs ordres le capitaine du quartier, son gonfalonnier ou porte-étendard, et le capitaine de chaque corps. L’ordre était de combattre , et la seule règle de ne pas s’écarter de son gonfalon qu’on avait toujours en vue *.

L’invention du carroccio est due à l’archévêque Eribert de Milan , dans le onzième siècle. Il le mit à la tête de l’armée en imitation de l’arche d’alliance des Israélites.

Le carroccio était un char porté sur quatre roues et traîné par une ou plusieurs paires de bœufs. Il était peint en rouge , et les bœufs qui le traî-

Murator., Antiq. Italie, medii ævi , Dissert. XXVI.

naient étaient couverts d’un tapis rouge. Une antenne également rouge s’élevait du milieu du char à une très-grande hauteur ; elle était terminée par un globe doré ou par une croix. Au-dessous, entre deux voiles blancs, flottait l’étendard de la commune, et plus bas, vers le milieu de l’antenne , était un Christ placé sur sa croix. Sur le devant du char une plate-forme était occupée par quelques-uns des plus vaillans soldats destinés à le défendre. Sur le derrière une autre plate-forme servait aux musiciens et à leurs trompettes. Les saints offices étaient célébrés sur le carroccio avant qu’il sortît de la ville , et souvent un chapelain y était attaché , et l’accompagnait sur le champ de bataille.

La perte du carroccio était regardée comme la plus grande ignominie à laquelle une cité pût être exposée ; aussi tout ce que chaque ville avait de valeureux soldats , tout le nerf de l’armée, était-il choisi pour former la garde du char sacré ; aussi tous les coups décisifs se portaient-ils autour de lui *.

Les soldats représentés dans la planche suivante sont extraits des peintures de Spinello Arétin , dans le palais public de Sienne. Le sujet du tableau est Alexandre III donnant au doge de Venise une épée pour combattre Frédéric Barberousse, Ces soldats portent tous une cotte d’armes uniforme , couleur de terre de Sienne brûlée ; le reste de leurs armures est de fer noirâtre. Celui qui tient la bannière de l’église porte une espèce de chapeau blanc enrichi d’ornemens en argent. Ils ont tous pour armoirie le lion de Saint-Marc sur leurs cottes d’armes ; le lion est d’or en champ rouge. Les clefs de la bannière sont dorées sur un fond écarlate. L’aigrette du chef est cramoisie.

* Murator., Antiq. Italie, medii ævi , Dissert. XXVI.

MOCCC JTf 13,.

DES XIIIe, XIVe ET XVe SIECLES.

MCCCC. — 12.

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