‹ Costumes historiques des XIIIe, XIVe et XVe siècles, extraits des monuments les plus authentiques de peinture et de sculpture, dessinés et gravés (volume 2)Chapitre 17 sur 87 · JEUNES PAGES · texte numérisé non relu

JEUNES PAGES

Ces deux jeunes pages semblent avoir tant de rapports avec la mort du jeune Gaston de Foix , que si les limites de cet ouvrage me le permettaient, je céderais au désir de transcrire ici le touchant récit que nous en a laissé Froissart dans ses chroniques. Mais j’invite à lire dans cet historien ce passage , où il décrit en même temps dans le plus grand détail la cour du comte de Foix. On y voit que les fils de ce prince remplissaient les fonctions de pages et le servaient à table. Gaston , comme son fils légitime et l’héritier de ses Etats , avÿt le privilège sur son frère de découper les viandes , de les servir lui-même à son père après les avoir goûtées auparavant. C’est cet usage qui avait fait imaginer au roi de Navarre l’infâme trahison qui causa la mort de son malheureux neveu. Il avait donné à ce jeune prince une petite bourse pleine de poudre , et lui avait persuadé que s’il en mettait sur les mets de son père il se réconcilierait à l’instant avec sa mère. Le jeune frère de Gaston s’aperçut de cette bourse , en parla à son père; la poudre fut reconnue être un poison violent , et ce prince furieux ôta lui-même la vie à ce malheureux enfant , victime de sa crédulité et de la malice infernale de son oncle.

Les deux pages suivans sont encore extraits du même tableau du Pinturicchio qui m’a fourni les costumes précédens. Le premier, dont la main droite est appuyée sur une canne, est coiffé d’une toque noire ornée d’un nœud rouge et de boutons dorés*' Le pourpoint est ouvert sur la poitrine , et laisse voir la chemisette ; sa couleur ainsi que celle des larges manches qui arrivent jusqu’au coude, est jaune; le reste du bras jusqu’au poignet est recouvert d’une manche noire. Ses longues chausses sont rouges , et ornées , à partir de la ceinture , de bandes vertes terminées au commencement de la cuisse par de petits glands mêlés d’or. La chaussure est noire.

Le second page est coiffé d’un chapeau vert : il porte une espèce de tunique assez courte , couleur de plomb , et garnie, dans la partie inférieure, d’une bande de velours noir brodée en or. Le pourpoint est à raies jaunes et noires. Les chausses sont entièrement jaunes.

DES XIIIe, XIVe ET XVe SIÈCLES.

MCCCC. — 1\° 22.

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