‹ Costumes historiques des XIIIe, XIVe et XVe siècles, extraits des monuments les plus authentiques de peinture et de sculpture, dessinés et gravés (volume 2)Chapitre 19 sur 87 · CARDINAL · texte numérisé non relu

CARDINAL

On a tellement discuté sur l’origine et l’institution des cardinaux , qu’il serait hors de propos de prétendre ici résoudre les difficultés et l’obscurité dans lesquelles sont encore enveloppées les premières époques d’une dignité qui paraît se confondre avec celle de titulaire ou principal bénéficier d’une église , soit évêque , soit prêtre ou diacre. Il me faudrait , pour remplir cette tâche , répéter en partie ce qu’en ont écrit Muratori , le père Thomassin et le père Bonanni. Cependant dans un recueil dont les costumes ecclésiastiques sont nécessairement une partie intéressante , je crois devoir faire connaître succinctement les variations qu’éprouva le costume de cette illustre partie du clergé , qui a le privilège exclusif de choisir dans son sein le chef suprême de l’Eglise.

Ce ne fut que dans le douzième siècle que les cardinaux , jusqu’alors divisés en plusieurs classes , reçurent d’Alexandre III une certaine égalité ; il fut décidé que la majorité des deux tiers des cardinaux suffirait pour l’élection du pape. Nicolas II, en 1059, leur avait déjà attribué le droit d’élire le souverain pontife.

Innocent IV, dans le concile tenu à Lyon la veille de Noël 1 2/j4 » leur donna le chaperon rouge , indiquant par là qu’ils devaient être prompts à verser leur sang pour la défense de l’Eglise. C’est aussi l’époque de l’exaltation de leur dignité au-dessus de celle des évêques ; et le concile de Lyon est le premier où les cardinaux prirent tous séance au - dessus des archevêques et des évêques. Boniface VIII, après l’année i3oo, leur donna le manteau écarlate.

Les peintures des quatorzième et quinzième siècles présentent trois varia-

tions remarquables dans le manteau ou cape écarlate dont étaient revêtus les cardinaux. Je les ferai observer dans la suite de cette collection.

Le costume suivant est extrait d’un précieux tableau d’Ambroise Lorenzetti , conservé dans l’académie des Beaux -A rts à Sienne. Ce peintre y a figuré le Jugement dernier , et a placé parmi les élus plusieurs ecclésiastiques avec les costumes de cette époque.

Ce cardinal porte un ample manteau rouge , entièrement fermé sur le devant; il le relève avec les mains. Le père Bonanni, dans sa Hiérarchie ecclésiastique j assure que la forme de ce manteau fut généralement en usage parmi les premiers membres du clergé catholique. Le surplis est de toile blanche , la soutane est bleu de ciel , et la chaussure est rouge. Le chapeau est rouge , n’a ni glands ni cordons , et repose sur un bonnet écarlate. L’aumusse est doublée d’hermine.

DES XIII% XIVe ET XV* SIÈCLES.

MCCC. — I \° Va.

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