‹ Costumes historiques des XIIIe, XIVe et XVe siècles, extraits des monuments les plus authentiques de peinture et de sculpture, dessinés et gravés (volume 2)Chapitre 20 sur 87 · NOBLE SIENNOIS · texte numérisé non relu

NOBLE SIENNOIS

Sienne a perdu la majeure partie de cette belliqueuse population qui la rendit une fois maîtresse des destinées de sa rivale , la riche et puissante Florence , dont elle est devenue la proie : elle a perdu cette liberté qui lui coûta de si généreux sacrifices ; elle se trouve enfin réduite à la triste condition d’une médiocre ville de province. Malgré tant de revers , le patriotisme de ses habitans a lutté contre sa décadence , et a su lui conserver encore de si glorieux débris de sa grandeur passée , que l’admiration est partagée entre les citoyens qui firent tant pour l’ornement et la civilisation de leur patrie , et ces hommes qui , l’ayant perdue , en ont conservé avec un religieux respect les précieux monumens.

Il m’est doux de pouvoir placer ici au premier rang des hommes qui ont mérité l’amour de Sienne moderne dont ils prolongent la gloire , le respectable chanoine de Angelis. Par ses soins infatigables , par ce noble ascendant que l’homme de bien exerce sur ses compatriotes , cette ville a vu naître et se former dans son sein une académie des beaux-arts susceptible de produire des artistes dignes de ceux qui rendirent sa première école si célèbre. La bibliothèque publique dont il est le conservateur, et dont il pourrait, à tant de titres, être appelé le régénérateur, lui doit son accroissement. Une foule de manuscrits rares, arrachés aux ravages de l’incurie, ou retirés des mains d’indignes revendeurs, sont venus, par son noble désintéressement, se classer dans une des plus précieuses collections. Un grand nombre d’entre eux sont ornés de miniatures , belles si on les considère sous le rapport de l’art , admirables si on réfléchit à leur antiquité. Celui surtout dont j’ai extrait la figure suivante est remarquable par les costumes dont il est enrichi. Il traite de jurisprudence ecclésiastique. Les monastères offraient alors dans

leur sein des écoles publiques où la jeunesse prenait quelque teinture des lettres et se formait à la pratique des exercices religieux *. Ce costume représente un père de famille au moment de payer une somme d’argent à des moines, en leur consignant son fils. Le bonnet ou chaperon est jaunâtre, l’habit de dessous bleu clair , la soubreveste est écarlate et ornée d’une broderie d’or et de petits glands noirs. La chaussure est noire.

Murator., Anticj. Italie, medii ævi , Dissert. LXV.

DES XIIIe, XIVe ET XVe SIÈCLES.

MCCC. — 25.

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