‹ Costumes historiques des XIIIe, XIVe et XVe siècles, extraits des monuments les plus authentiques de peinture et de sculpture, dessinés et gravés (volume 2)Chapitre 22 sur 87 · CHEVALIER DU NOEUD · texte numérisé non relu

CHEVALIER DU NOEUD

Aux nœuds qui ornent le casque et entourent l’écu de ce chevalier, copié d’après une pierre sépulcrale dans l’église de Sainte-Catherine à Pise , il est facile de reconnaître que ce guerrier a appartenu au glorieux ordre du Nœud. Louis d’Anjou , roi de Sicile et de Jérusalem, en fut le fondateur en i352 : mais cet ordre prit fin avec lui , et se perdit si bien dans les désordres et les révolutions du royaume de Naples, qu’on l’aurait même ignoré, si l’original des constitutions étant tombé au pouvoir de la seigneurie de Venise, elle n’en eût fait présent à Henri III , roi de France , à son retour de Pologne. Ce prince trouva cet ordre si beau , que , sur les mêmes bases , il institua le célèbre ordre militaire du Saint-Esprit,

Les statuts de l’ordre enjoignaient expressément à chaque chevalier d’assister à l’assemblée générale qui devait se tenir tous les ans, le jour de la Pentecôte , au château d’OEuf, à Naples , et d’y apporter une relation écrite des aventures hasardeuses dans lesquelles il se serait trouvé engagé. Ils devaient, autant que possible, assister aux expéditions d’outre -mer tentées par l’Église ou quelques princes chrétiens pour chasser les infidèles de la terre sainte,

Les statuts obligeaient les chevaliers à porter le nœud sur leurs habits ou sur leurs armes , dans un endroit où il pût facilement être aperçu de tous. Sur le pommeau de l’épée devaient être gravés le nœud et la devise de l’ordre, se Dieu pleait. Il était encore enjoint aux chevaliers de jeûner tous les jeudis ou de faire l’aumône à trois pauvres. Le vendredi , ils devaient porter un chaperon noir en mémoire de la passion de Jésus-Christ *.

* Montfaucon , Trésor des antiquités de la couronne de France.

Cette figure réunit avec une précision qui ne laisse rien à désirer tous les détails des armures en usage dans le quatorzième siècle. On y trouvera beaucoup d’analogie avec les soldats que j’ai déjà donnés ( n° 1 2 ) ; et j’ai reconnu, d’après l’examen des miniatures des manuscrits français de la même époque , que les chevaliers qui y sont représentés sont également armés de la même manière. Je dois cependant ajouter que c’était en Italie, et principalement à Milan , que l’on fabriquait les meilleures armures : aussi étaientelles recherchées par la noblesse de tous les autres pays.

Ce costume étant extrait d’une pierre sépulcrale , et les parties principales de l’armure étant d’acier , il serait inutile de chercher ici à en détailler les couleurs.

DES XI1I% XIV’ ET XVe SIÈCLES.

MCCC. — N° 27.

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