‹ Costumes historiques des XIIIe, XIVe et XVe siècles, extraits des monuments les plus authentiques de peinture et de sculpture, dessinés et gravés (volume 2)Chapitre 28 sur 87 · JEÛNE FLORENTINE · texte numérisé non relu

JEÛNE FLORENTINE

Voici encore une récalcitrante aux lois que les magistrats de Florence promulguèrent contre le luxe des femmes. Sa posture humble et soumise , et sa modestie, lui feront-elles trouver grâce devant ses juges; oseront-ils prononcer contre elle une sévère sentence? Elle est coiffée d’un petit bonnet où j’entrevois des broderies d’or : j’aperçois encore une ceinture et des ornemens à sa robe, que l’article 2 de la loi défend expressément. L’article 5 ne lui accorde soit pour les agrafes, soit pour les autres ornemens, qu’une livre d’argent , et partout je vois briller l’or sur ses vêteraens. Le même article et le suivant interdisent rigoureusement les fourrures , et l’hermine double et garnit sa simarre, dont la couleur est encore une contravention à l’article 5. Heureusement l’article 6 me rassure , car j’y lis une exception en faveur des femmes des chevaliers , des docteurs des lois canoniques ou civiles , des jeunes fdles et des étrangères. Comme la jeune fille dont je donne ici le costume n’a pas encore subi le joug de l’hymen ( n05 i5 et 29 ) , elle a pu échapper à la réforme qui a dû frapper ses compatriotes *.

La figure suivante est extraite des peintures de Taddeo Gaddi , dans l’église de Sainte-Croix à Florence. La jeune Florentine que ce peintre y a représentée est coiffée d’un petit bonnet vert avec des découpures à fond rose et des broderies en or. Elle porte autour du cou un léger voile blanc également brodé en or. Sa simarre rouge est garnie et doublée d’hermine. La ceinture est noire et or ; la robe de dessous est verte , et les manches sont

* Melch. Stéfani , pag. 357 et seg.

Murator., Àntiq. Italie, medii ævi. Dissert. XXIII.

de tissu d’or. Toutes les broderies qui ornent la simarre sont également

en or.

Cette figure fait partie des peintures qui ornent le chœur derrière le grand autel. Elles sont allusives à l’Invention de la Sainte- Croix.

DES XIII% XIVe ET XVe SIÈCLES.

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